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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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Cambrioleurs passés par votre cave en 2026 : qui paie la porte fracturée et que couvre l’assurance ?

Vous descendez à la cave et la porte a été forcée. Rien n’a été pris chez vous, ou presque : quelques bouteilles, des outils, un vélo d’enfant. Les cambrioleurs ne venaient pas pour vos affaires. Ils sont passés par votre cave pour atteindre, de sous-sol en sous-sol, la bijouterie ou la société de transport de fonds de l’immeuble voisin. C’est le mode opératoire que les policiers appellent les termites, et il a encore frappé à Paris en 2026. La réponse tient en quatre gestes : déposer plainte sans attendre, déclarer le sinistre à votre assurance dans les deux jours ouvrés, faire constater les dégâts par écrit avant toute réparation, puis désigner qui doit payer la porte et indemniser le vol, l’assureur, le bailleur ou le syndicat des copropriétaires selon l’origine exacte des désordres. Avec deux réserves à garder en tête tout au long de cet article : chaque contrat d’assurance a ses plafonds et ses exclusions, notamment pour les caves, et aucune règle ne fait du syndicat ou du bailleur le payeur automatique de toutes les effractions. Ce qui suit sépare les faits établis par la presse et les juges, les promesses commerciales des assureurs, et les responsabilités de chacun : occupant, bailleur, syndicat et auteur du vol.

I. Des cambrioleurs dans votre cave : le fait et les preuves à figer

A. Les termites, un mode opératoire documenté à Paris en 2026

Le fait est public et répété. Le 23 juin 2026, TF1 Info révèle qu’un cambriolage a eu lieu au coeur de Paris, dans les locaux d’une société de transport de fonds, et que les malfaiteurs sont repartis avec au moins trois millions d’euros en bijoux : Selon nos informations, ils sont passés par la cave d’un immeuble voisin. Le même reportage précise que Les policiers les appellent les termitiers et qu’une enquête a été confiée à la brigade de répression du banditisme. Le scénario n’est pas nouveau : dès le 26 décembre 2025, le journal de 20 heures racontait une tentative contre une bijouterie du 2e arrondissement où ils sont rentrés par effraction dans une cave d’un immeuble voisin, bien choisi, collé à la bijouterie, avant de circuler d’une cave à l’autre jusqu’à l’intérieur de la boutique. Cette fois-là, les malfaiteurs avaient neutralisé les caméras mais n’avaient pas réussi à percer le coffre-fort et s’étaient enfuis sans un seul bijou. Et le 15 septembre 2026, une nouvelle tentative par les sous-sols d’un immeuble voisin a déclenché une importante opération de police dans le 2e arrondissement, avec des images reprises le jour même par TF1.

Pour le copropriétaire ou le locataire de la cave fracturée, la conséquence est très concrète et inattendue : il n’était pas la cible, mais c’est sa porte qui est détruite, éventuellement ses affaires qui disparaissent, et c’est à lui que tout le monde demande ensuite des comptes, l’assureur, le syndic, parfois les voisins. Le spécialiste police-justice de TF1 décrit ainsi la méthode : Dans le jargon policier, on appelle ça des termites. En général, pendant des jours, même souvent on s’en est rendu compte pendant des semaines entières, ce type de cambrioleur va vérifier, va scruter, va examiner les plans et va tester tel immeuble, tel mur, telle cave. Autrement dit, les repérages durent, les allées et venues d’inconnus dans les parties communes précèdent souvent le passage à l’acte, et ces signes auraient pu alerter. Retenez aussi les limites de ce que la presse établit : les enquêtes sont en cours, les auteurs du casse de juin 2026 étaient toujours recherchés au moment du reportage, et aucun article de presse ne désigne qui doit indemniser les occupants des caves traversées. C’est le droit commun du vol, de l’assurance et de la copropriété qui répond, et c’est l’objet de la suite.

Sur le plan pénal, forcer votre porte de cave n’est pas un simple dégât matériel. La loi définit l’effraction sans détour : L’effraction consiste dans le forcement, la dégradation ou la destruction de tout dispositif de fermeture ou de toute espèce de clôture, et Est assimilé à l’effraction l’usage de fausses clefs, de clefs indûment obtenues ou de tout instrument pouvant être frauduleusement employé pour actionner un dispositif de fermeture sans le forcer ni le dégrader. Le vol simple est déjà puni en ces termes : Le vol est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. La peine grimpe quand les circonstances des termites se cumulent : Le vol est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, notamment 1° Lorsqu’il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice, sans qu’elles constituent une bande organisée, 6° Lorsqu’il est commis dans un local d’habitation ou dans un lieu utilisé ou destiné à l’entrepôt de fonds, valeurs, marchandises ou matériels et 8° Lorsqu’il est précédé, accompagné ou suivi d’un acte de destruction, dégradation ou détérioration. Et Les peines sont portées à sept ans d’emprisonnement et à 100 000 euros d’amende lorsque le vol est commis dans deux des circonstances prévues par le présent article. Une équipe qui force une porte de cave pour vider un entrepôt de bijoux coche donc potentiellement trois aggravations à la fois. Ces peines concernent les auteurs, pas votre indemnisation, mais elles expliquent pourquoi votre plainte compte : elle alimente une procédure criminelle où vous pourrez vous constituer partie civile, comme on le verra.

B. Ce qu’il faut figer dans les quarante-huit heures, avant de réparer

Le premier réflexe est policier, pas assurantiel. Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie en décrivant précisément ce que vous avez trouvé : porte fracturée, traces d’outils, pièces fouillées, objets manquants, heure de découverte. Le récépissé de plainte est la première pièce de tous vos dossiers, assurance, bailleur, syndic et plus tard partie civile. Si des voisins ont vu ou entendu quelque chose, demandez-leur une attestation écrite avec copie de leur pièce d’identité, et signalez au syndic que d’autres caves ont peut-être été visitées : dans une affaire jugée à Paris, l’existence du cambriolage a été confortée parce que plusieurs caves avaient été cambriolées le même jour, selon les déclarations de deux habitants de l’immeuble. Un dernier conseil sur ce point : ne nettoyez pas la falaise de preuves, traces de pesée, éclats de bois ou de métal, serrure tordue. Les gendarmes et l’expert d’assurance doivent voir l’effraction telle quelle.

Le deuxième réflexe est photographique et chiffré. Photographiez la porte sous tous les angles, les traces d’outils en gros plan avec un objet d’échelle, l’intérieur de la cave, chaque bien endommagé, et conservez les factures d’achat, les photographies anciennes et les objets abîmés jusqu’au passage de l’expert. Dans l’affaire tranchée par la cour d’appel de Dijon le 3 février 2026, les assurés avaient déclaré le vol d’un robot de piscine, de mobilier de jardin et de bouteilles de grands crus stockées dans la cave, et la cour a retenu que Les traces d’effraction sont décrites et photographiées et l’enquête conclut à l’existence d’un vol par effraction dans un local d’habitation. À l’inverse, l’assuré parisien dont la cave avait été vidée en 2016 a failli tout perdre parce que l’enquêteur de l’assureur soutenait qu’il était impossible d’y stocker tous les objets déclarés et relevait des achats répétés du même objet ; il n’a été sauvé que parce que les tickets de caisse originaux prouvaient une partie des biens. Moralité : la liste chiffrée des objets volés doit être exacte, datée et adossée à des justificatifs, ticket, facture, photo ancienne. Gonfler la liste, même un peu, discrédite tout le dossier, et l’assureur fera expertiser la cohérence entre le volume de la cave et les biens déclarés.

Le troisième réflexe est de faire constater par un tiers avant de réparer. Ne remplacez pas la porte et ne refaites pas la serrure avant le passage de l’expert d’assurance, sauf mise en sécurité d’urgence, bâchage, porte provisoire, changement de cylindre si la cave ne ferme plus. Si l’expert tarde, faites dresser un constat par un commissaire de justice, dont le procès-verbal fige l’état des lieux à une date certaine, et envoyez-le à l’assureur en recommandé. Un point mérite d’être isolé car il fait perdre beaucoup de dossiers : le contenu de la lettre de déclaration. Ne vous contentez pas d’un appel téléphonique à votre assureur, même si la plateforme vous dit que c’est noté. Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception, ou déposez la déclaration sur l’espace client en conservant la preuve de dépôt et l’horodatage, en précisant la date et l’heure de découverte, l’adresse exacte, la description de l’effraction, la liste même provisoire des biens disparus avec leur valeur estimée, et la référence du dépôt de plainte. Mentionnez expressément que vous compléterez la liste après inventaire, et demandez par écrit la désignation d’un expert et la communication du tableau des plafonds applicables aux dépendances. Dans le dossier parisien, tout le litige a tourné autour d’un plafond caves que l’assuré disait n’avoir jamais connu : exiger le tableau des garanties dès la déclaration, c’est se donner les moyens de contester ensuite un chiffrage sous-évalué. Si l’assureur vous oppose une exclusion, demandez-en la copie exacte et sa date d’opposabilité : une clause d’exclusion doit être formelle et limitée pour être valable, et un simple renvoi à des conditions générales que vous n’avez jamais reçues ne suffit pas.

Gardez aussi la preuve de chaque relance écrite : mise en demeure du bailleur ou du syndic, déclaration à l’assurance, échanges avec l’expert. Dans le dossier bordelais des termites comme dans votre cave, le temps joue contre vous : les traces s’effacent, les souvenirs des voisins aussi, et l’assureur oppose plus facilement le doute quand le dossier arrive nu six mois après les faits.

II. Qui paie la porte et qui indemnise le vol

A. L’assurance habitation : garantie, plafonds et preuve du vol

Votre premier payeur potentiel est votre assurance habitation, à condition que le contrat couvre le vol et que la cave soit comprise dans les lieux assurés. Dans le dossier dijonnais, le contrat stipulait pour la garantie vol et vandalisme que le vol, dûment prouvé, des biens assurés, commis à l’intérieur de vos locaux d’habitation et de leurs dépendances, est garanti. La cave entre généralement dans les dépendances, mais vérifiez votre tableau de garanties : certains contrats plafonnent sévèrement le contenu des caves ou exigent un niveau de fermeture minimal, porte pleine, serrure à points, pour que la garantie joue. Dans l’affaire parisienne, l’assureur opposait justement un plafond : l’application du contrat d’assurance concernant la limite de garantie en cas de vol dans les caves qui est limitée à 5 251 euros assortie d’une franchise de 131 euros, et son expert avait chiffré les pertes à 5 398,37 euros. La cour a finalement condamné l’assureur à payer 5 120 euros au titre de l’indemnité de garantie du vol des objets dans la cave et 500 euros au titre de l’indemnité concernant la détérioration de la porte de la cave, avec intérêts au taux légal. Deux enseignements : la porte elle-même peut être indemnisée au titre du contrat, et le plafond caves s’applique strictement, même quand le préjudice réel le dépasse.

La charge de la preuve pèse sur vous, mais le régime probatoire est favorable. La cour de Dijon rappelle que la preuve du vol allégué incombe aux assurés, présumés de bonne foi, et que S’agissant d’un fait juridique, la preuve peut être rapportée par tous moyens. Concrètement, le dépôt de plainte, l’enquête de gendarmerie concluant au vol par effraction, les photographies des traces et les factures suffisent à établir le vol, et c’est ensuite à l’assureur de renverser cette preuve par des éléments concrets et matériellement vérifiables, pas par de simples soupçons. Dans le dossier dijonnais, l’assureur suspectait une fausse déclaration et avait mandaté un enquêteur privé, mais la cour a jugé que l’assureur ne peut se borner à critiquer les constatations effectuées par la gendarmerie ou à parler d’un scénario mais doit apporter des éléments concrets et matériellement vérifiables. Résultat : Condamne la société Allianz IARD à payer à Mme et M. [L] la somme de 30 000 euros en exécution de la garantie contre le vol, avec intérêts au taux légal et 2 500 euros au titre des frais de procès. Si votre assureur refuse en invoquant un doute, exigez qu’il motive par écrit et opposez-lui vos pièces : plainte, enquête, photos, factures. Un refus fondé sur un simple scénario ne tient pas devant le juge.

Reste le délai, qui est piégeux en matière de vol. La loi impose à l’assuré de déclarer tout sinistre dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, mais elle verrouille le minimum : Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, et surtout Ce délai minimal est ramené à deux jours ouvrés en cas de vol. Pour une cave fracturée découverte un samedi, deux jours ouvrés courent très vite : déclarez dès le lundi par lettre recommandée ou via l’espace en ligne avec accusé, quitte à compléter la liste des biens ensuite. Si vous dépassez, tout n’est pas perdu : Lorsqu’elle est prévue par une clause du contrat, la déchéance pour déclaration tardive au regard des délais prévus au 3° et au 4° ci-dessus ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que le retard dans la déclaration lui a causé un préjudice. Et la Cour de cassation veille au grain : le 21 janvier 2021, elle a cassé un arrêt qui avait débouté un assuré pour déclaration tardive sans vérifier la validité de la clause fixant à quatre jours seulement, à peine de déchéance, le délai de déclaration de sinistre, alors qu’une telle clause est nulle comme contraire à la règle interdisant un délai inférieur à cinq jours ouvrés. En clair : une clause qui vous impose moins de cinq jours ouvrés pour déclarer, hors vol où le plancher est de deux jours, est nulle, et une déchéance suppose une clause valable plus un préjudice prouvé de l’assureur. Vérifiez donc votre contrat ligne par ligne avant d’accepter un refus pour tardiveté.

B. Le bailleur, le syndic et les auteurs : trois débiteurs à ne pas confondre

Si vous êtes locataire, la porte de cave fracturée renvoie d’abord au bailleur. La loi est explicite : Le bailleur est obligé, par la nature du contrat, et sans qu’il soit besoin d’aucune stipulation particulière, notamment 3° D’en faire jouir paisiblement le preneur pendant la durée du bail, et Le bailleur est tenu de délivrer la chose en bon état de réparations de toute espèce. Il doit y faire, pendant la durée du bail, toutes les réparations qui peuvent devenir nécessaires, autres que les locatives. Le tribunal judiciaire de Tours l’a appliqué à un cas très proche du vôtre : un locataire cambriolé le 21 mai 2023, plainte le 22 mai, dont la porte d’entrée fracturée avait été condamnée par un cadenas posé par la commune bailleresse. Le tribunal juge que le bailleur est obligé d’assurer au preneur une jouissance paisible du bien loué et d’entretenir les locaux en état de servir à l’usage prévu par le contrat et de faire toutes les réparations autres que locatives, nécessaires au maintien en état d’entretien normal des lieux loués, constate le manquement pour la porte condamnée de mai à septembre 2023, et Condamne la mairie à verser à Monsieur [K] [B] la somme de 500,00 euros au titre de son préjudice de jouissance du fait du manquement à son obligation de garantie, plus 800 euros de frais de procès. Transposé à votre cave : mettez le bailleur en demeure en recommandé de réparer la porte et la serrure, chiffrez votre préjudice de jouissance si la cave devient inutilisable, et conservez les factures de relogement de vos affaires, garde-meuble ou box de remplacement. En revanche, le bailleur ne doit ni les biens volés ni la franchise d’assurance : son obligation porte sur les lieux, pas sur votre patrimoine mobilier. Et si c’est vous, locataire, qui aviez laissé la cave sans serrure ou grande ouverte, l’assureur puis le bailleur vous opposeront votre propre négligence.

Si vous êtes copropriétaire, le raisonnement se déplace vers le syndicat dès que l’effraction vient des accès collectifs : porte d’immeuble qui ne ferme plus, digicode hors service, sous-sol accessible à tout vent, éclairage des caves en panne. Le tribunal judiciaire de Pontoise a rappelé le 8 avril 2026, dans un litige où une copropriétaire imputait la dégradation de son box au défaut d’entretien des parties communes, que Le syndicat est responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers ayant leur origine dans les parties communes, sans préjudice de toutes actions récursoires, que L’article 14 précité ne distingue pas entre les parties communes générales ou spéciales, et donc qu’Il est donc responsable des dommages ayant leur origine dans les parties communes, qu’elles soient spéciales ou générales. Mais le même jugement déboute la demanderesse : Déboute Mme [P] de ses demandes à l’égard du syndicat des copropriétaires en dommages et intérêts, faute de manquement démontré et de préjudice justifié. La leçon est nette : pour engager le syndicat après une effraction de cave, il ne suffit pas d’invoquer l’article 14, il faut prouver un défaut d’entretien précis des accès, porte battante depuis des mois, serrure signalée et jamais réparée, et un lien avec le passage des cambrioleurs. Écrivez donc au syndic en recommandé dès la découverte, exigez la déclaration au contrat d’assurance de la copropriété, demandez l’inscription des travaux de sécurisation à l’ordre du jour de la prochaine assemblée, et joignez vos signalements antérieurs s’il y en a. Le fondement général de la garde des choses renforce ce raisonnement : On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde. Quand le dossier mêle votre assurance, celle de la copropriété, le bailleur et le syndic qui se renvoient la charge pendant des mois, il est utile de se faire accompagner par l’aide d’un avocat en droit immobilier à Paris pour ordonner les recours et chiffrer chaque préjudice au bon débiteur.

Précisons l’articulation entre votre assurance personnelle et celle de la copropriété, car les deux contrats coexistent et se renvoient souvent la facture. Votre assurance habitation couvre vos biens et, selon les contrats, la porte de votre cave lorsqu’elle est partie privative. L’assurance de l’immeuble, souscrite par le syndic, couvre les parties communes : porte d’entrée de l’immeuble, couloirs de caves, canalisations collectives, toiture. Quand les termites fracturent la porte palière de l’immeuble puis votre porte de cave, il y a deux sinistres et deux déclarations : la vôtre pour vos biens et votre porte, celle du syndic pour les accès collectifs. Exigez du syndic qu’il déclare, et demandez une copie du récépissé de déclaration : sans elle, vous ne pourrez pas prouver que la copropriété a fait son devoir. Une fois qu’il vous a indemnisé, votre assureur peut se retourner contre le responsable grâce à la subrogation, c’est-à-dire récupérer auprès de l’auteur du vol ou du tiers fautif ce qu’il vous a versé. Concrètement, cela signifie que votre indemnisation n’éteint pas les responsabilités : l’assureur paie vite, puis poursuit. C’est aussi pour cela qu’il vous demandera le procès-verbal de plainte et vos constats : ce sont ses armes pour son recours. Ne signez jamais, en échange d’un chèque rapide, une quittance générale qui renoncerait à vos autres recours, contre le bailleur, le syndic ou les auteurs, sans l’avoir fait relire.

Le troisième débiteur, ce sont les auteurs eux-mêmes, s’ils sont identifiés et jugés. Constituez-vous partie civile dès l’enquête ou au plus tard à l’audience : c’est la voie qui permet au juge pénal de chiffrer vos préjudices financier et moral en même temps que la culpabilité. Le tribunal judiciaire d’Angoulême a ainsi jugé le 24 juin 2025 les intérêts civils de victimes d’un vol par effraction commis en réunion : les prévenus ont notamment été déclaré coupables de vol par effraction et en réunion en état de récidive légale, faits commis à JARNAC le 27 Septembre 2024, et le tribunal a retenu que la pénétration par effraction à l’intérieur du domicile familial et la fouille des lieux ont créé un trouble et des contrariétés, donc un préjudice moral qui peut être indemnisé à hauteur de 2 000 euros, soit 1 000 euros par victime, plus le préjudice financier justifié. Notez la modestie des sommes quand seules des broutilles ont été prises, 27,50 euros chacun de préjudice financier dans ce dossier, et la contrepartie : la solidarité des condamnés et l’absence de plafond contractuel, contrairement à l’assurance. Même si les termites courent toujours, votre constitution de partie civile reste enregistrée au dossier et peut aboutir des mois plus tard, y compris par la voie de l’aide au recouvrement si les condamnés sont insolvables.

Enfin, pensez à la prévention collective, car les termites repèrent avant de frapper. Le reportage de décembre 2025 insiste sur des semaines de repérages, de tests de murs et de caves. Dans votre immeuble, cela se traduit par des signes faibles : inconnus croisés au sous-sol, porte d’entrée qui ne claque plus, tags ou marques près des caves, boîtes aux lettres fracturées. Signalez chaque fait au syndic par écrit, même bref, et demandez que la sécurité des accès soit inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée générale : réfection de la porte, serrure trois points, éclairage à détection, voire vidéoprotection des sous-sols votée en assemblée. Ces écrits serviront deux fois : ils protègent l’immeuble, et ils constituent la preuve du défaut d’entretien si, malgré vos alertes, une effraction survient ensuite. À l’inverse, un syndic qui peut produire les factures de remise en état de la porte et les procès-verbaux d’assemblée montrera qu’il a fait son devoir, et votre recours contre lui échouera comme celui de la copropriétaire de Pontoise. La prévention écrite, c’est donc à la fois de la sécurité et du droit de la preuve.

En résumé, votre cave fracturée par des cambrioleurs de passage vous impose une méthode : sécurisez sans dénaturer les traces, figez les preuves par la plainte, les photos et si besoin un constat, déclarez à l’assurance dans les deux jours ouvrés en complétant ensuite la liste des biens, puis désignez chaque débiteur pour ce qu’il doit vraiment, l’assureur pour le vol garanti dans la limite des plafonds caves, le bailleur pour la remise en état des lieux loués, le syndicat seulement si un défaut d’entretien des accès est démontré, et les auteurs devant le juge pénal pour le solde moral et financier. Chaque étape doit être écrite, datée et conservée : en matière d’effraction comme ailleurs, un dossier documenté dès le premier jour vaut souvent plus qu’une longue procédure engagée trop tard.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».