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Maître Reda KOHEN
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Fin du réseau cuivre en 2026 : votre téléphone fixe va s’éteindre, qui doit raccorder votre logement à la fibre ?

Votre téléphone fixe va se taire, et ce silence peut coûter plus cher qu’un simple changement d’abonnement. Dans les communes où Orange ferme son réseau cuivre, avec des échéances commerciales calées sur le 31 janvier 2026 puis le 31 janvier 2027 selon les communes, la prise murale en T ne sonnera plus. La réponse tient en trois gestes : vérifier dès maintenant tout ce qui vit encore sur votre ligne historique, demander le raccordement à la fibre dans les formes qui obligent votre interlocuteur à répondre, et faire trancher le coût et les dégâts avant de signer quoi que ce soit. Avec deux réserves à garder en tête tout au long de cet article : chaque immeuble a son histoire technique, ses gaines, sa convention déjà signée ou non, et aucune règle ne promet la gratuité totale ni l’absence de travaux. Ce qui suit sépare les faits établis par le régulateur et les juges, les promesses des démarcheurs, et les responsabilités de chacun : occupant, propriétaire, syndicat de copropriétaires et opérateur.

I. Ce qui s’éteint vraiment quand le cuivre ferme

A. Un calendrier par communes et des équipements orphelins

La fermeture du réseau cuivre est d’abord un fait industriel, pas une rumeur. L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse le présente simplement : La fermeture du réseau cuivre est un projet d’Orange, propriétaire du réseau. Le téléphone commuté historique s’éteint par étapes, et l’Arcep précise que La fermeture commerciale du RTC a déjà eu lieu. Concrètement, pour les abonnés restés sur l’ancienne technologie, la consigne officielle est la suivante : Si vous êtes déjà abonné DSL, il vous sera demandé de passer à une autre technologie en amont de la fermeture du réseau DSL, prévue dans cette zone.

Il faut distinguer deux fermetures, car les confondre fait prendre de mauvaises décisions. La fermeture commerciale, c’est l’arrêt des ventes de nouveaux abonnements utilisant le réseau cuivre, quel que soit l’opérateur. À cette échelle, le mouvement est déjà massif : Environ 30 millions de lignes étaient déjà fermées commercialement en février 2025. Mais si vous êtes déjà abonné, votre ligne n’est pas coupée pour autant : Les abonnements déjà souscrits sont en revanche maintenus jusqu’à la fermeture technique. La fermeture technique, elle, c’est le moment où le réseau est éteint pour de bon, commune par commune. Moralité : le fait de ne plus pouvoir souscrire du cuivre dans votre commune ne veut pas dire que votre ligne sera coupée dès demain, et inversement un report de calendrier ne veut pas dire que vous pouvez dormir tranquille. Renseignez-vous auprès de votre opérateur et de votre mairie sur la date technique de votre commune, et utilisez ce délai pour organiser la bascule au lieu de la subir.

Le calendrier s’écrit commune par commune. Pour l’ensemble des communes, la fermeture commerciale est annoncée par Orange soit au 31 janvier 2026, soit au 31 janvier 2027, et près de 8 000 communes ont vu leur calendrier reporté afin, selon l’opérateur historique, de sécuriser la bascule de chaque abonné avant toute extinction, selon la presse des maires du 30 janvier 2026. Autrement dit : même dans une commune annoncée comme fibrée, des logements et des équipements restent accrochés au cuivre, et ce sont eux qui trinquent quand la ligne s’éteint.

Car la conséquence inattendue ne touche pas seulement le combiné du salon. Tout ce qui respire encore par la ligne historique peut s’arrêter : le téléphone fixe RTC bien sûr, mais aussi les installations anciennes qui l’utilisent comme cordon de secours. L’affaire jugée par la cour d’appel de Paris le 20 avril 2023 raconte exactement ce scénario : des propriétaires de maison équipés depuis février 2004 d’un système d’alarme intérieur et extérieur relié à leur ligne analogique souscrivent fin août 2017 une offre fibre, le technicien installe la fibre le 8 septembre 2017, et l’alarme, qui ne fonctionnait que sur le réseau historique RTC, devient muette. Un cambriolage survient ensuite, et les propriétaires demandent à l’opérateur de payer. Avant d’aller plus loin dans les responsabilités, retenez la leçon pratique : faites l’inventaire de tout ce qui dépend de votre ligne cuivre. Téléphone fixe, alarme et télésurveillance, ligne de l’ascenseur de votre copropriété, téléassistance d’un parent âgé, parfois le raccordement du portail ou de l’interphone : appelez chaque prestataire et demandez par écrit si son service survit à la coupure du cuivre et au passage à la fibre. Cette vérification écrite, faite avant la fermeture, vaut de l’or si un litige naît ensuite.

Pensez aussi aux occupants les plus fragiles. Une personne âgée équipée d’une téléassistance reliée à la ligne fixe, un patient suivi à domicile par un dispositif qui appelle sur le RTC, un petit commerce dont le terminal de paiement ou l’alarme utilise encore la prise en T : pour eux, la coupure n’est pas un désagrément, c’est une perte de sécurité. Prévenez vos proches concernés, contactez le prestataire de téléassistance pour exiger par écrit la solution de remplacement compatible avec la fibre ou le mobile, et ne laissez pas un démarcheur débrancher l’ancien boîtier avant que le nouveau ait été testé en situation réelle, appel d’alerte compris. Dans une copropriété, signalez au syndic les lignes collectives concernées : l’ascenseur et ses appels d’urgence, le portail, l’interphone général. Le syndic n’est pas l’opérateur téléphonique de l’immeuble, mais c’est lui qui centralise les informations et qui fera inscrire à l’ordre du jour les travaux nécessaires si les gaines ou les locaux techniques doivent être adaptés.

B. Démarcheurs, promesses commerciales et faits vérifiables

Quand une fermeture de réseau est annoncée, les sonnettes retentissent. Opérateurs historiques, fournisseurs alternatifs, sous-traitants pressés : tous proposent de « passer à la fibre » avec des arguments qui mélangent le vrai, l’exagéré et le faux. La première chose à séparer, c’est l’information contractuelle que vous avez déjà reçue de la promesse orale du démarcheur. Dans l’affaire de l’alarme muette, la cour d’appel de Paris écarte la responsabilité de l’opérateur notamment parce que l’incompatibilité était écrite noir sur blanc dans les conditions générales : les conditions générales de l’offre prévoyaient expressément que la fibre n’était pas compatible avec les services fonctionnant sur ligne fixe, comme les téléalarmes et la télésurveillance, relève la cour d’appel de Paris dans son arrêt du 20 avril 2023 (RG 20/04797). La leçon est double. D’une part, lisez vos conditions générales avant d’accuser l’opérateur de vous avoir « coupé » : la cour considère qu’il n’y a pas eu de coupure fautive de la ligne analogique, mais l’installation d’un nouveau service expressément incompatible avec la téléalarme préexistante (cour d’appel de Paris, 20 avril 2023, RG 20/04797). D’autre part, sachez que l’obligation de conseil du vendeur professionnel a des limites : la cour d’appel de Paris (20 avril 2023, RG 20/04797) juge que la compatibilité d’une offre fibre récente avec une téléalarme posée plus de treize ans plus tôt et fonctionnant uniquement sur le réseau historique RTC ne constituait pas une information prévisible à la charge du vendeur. Traduction pour votre dossier : si votre alarme a quinze ans et ne parle que le RTC, c’est à vous de poser la question de la compatibilité avant de signer, et de garder la réponse écrite.

Le démarchage agressif appelle une deuxième vigilance : personne ne peut vous imposer son calendrier en se prévalant de la fermeture du cuivre. La fermeture est un projet d’Orange, pas un arrêté d’expulsion de votre abonnement, et le report de près de 8 000 communes montre que les dates bougent. Exigez du démarcheur son identité exacte, le nom de l’opérateur pour lequel il travaille, un devis écrit distinguant ce qui est gratuit de ce qui est facturé, et le sort réservé à votre ligne actuelle : maintien, portage du numéro, résiliation. Dans l’affaire parisienne, les propriétaires n’avaient jamais demandé le maintien de leur ligne analogique : la cour relève aussi que les époux n’avaient jamais demandé le maintien de leur ligne analogique alors même que l’offre fibre prévoyait expressément un autre système téléphonique (cour d’appel de Paris, 20 avril 2023, RG 20/04797). Si vous voulez garder votre numéro historique ou votre ligne le temps de basculer l’alarme, demandez-le par écrit avant l’intervention du technicien, pas après le cambriolage ou la coupure.

Troisième vigilance : le sort de votre numéro et de vos contrats annexes. Le portage du numéro fixe vers la fibre n’est pas automatique dans tous les cas de figure, et la résiliation de l’ancien abonnement peut générer des frais ou une période de double facturation si les dates se chevauchent. Demandez par écrit la date exacte de bascule, la conservation de votre numéro, la liste des services associés qui seront interrompus, et la confirmation que votre ancien contrat est bien soldé. Enfin, méfiez-vous des interventions réalisées à la hâte dans les parties communes par un sous-traitant que vous n’avez jamais mandaté : câbles apparents dans l’escalier, trous rebouchés à la va-vite, boîtier posé sur votre palier sans autorisation. Photographiez immédiatement, datez les clichés, et écrivez au syndic le jour même. Ces dégradations relèvent de la responsabilité de celui qui les a causées, et vos photos feront foi si l’armoire du sous-sol finit comme celle du litige parisien de 2024.

II. Qui décide, qui paie, comment se défendre

A. Le droit à la fibre, mode d’emploi pour l’occupant et la copropriété

Bonne nouvelle : la loi interdit au propriétaire de faire barrage sans raison. La cour d’appel de Colmar, dans son arrêt du 29 septembre 2025 (RG 24/02890), rappelle le mécanisme du « droit à la fibre » issu de la loi de modernisation de l’économie de 2008 et de l’article 1er de la loi du 2 juillet 1966 : le propriétaire ne peut s’opposer sans motif sérieux et légitime au raccordement à la fibre demandé par un ou plusieurs locataires ou occupants de bonne foi, à leurs frais, ni à l’installation, à l’entretien ou au remplacement des équipements nécessaires. Ce droit profite aux propriétaires comme aux locataires et occupants de bonne foi, et le raccordement se fait à leurs frais, pas à ceux du bailleur. Deux motifs sérieux et légitimes permettent au propriétaire de s’opposer : la préexistence de lignes en fibre optique qui répondent déjà aux besoins du demandeur, ou sa décision, prise dans les six mois de la demande, d’équiper lui-même tout l’immeuble dans des conditions qui satisfont ces besoins, avec une convention d’opérateur à la clé.

La procédure commence par une information en règle, et c’est là que la plupart des dossiers se gagnent ou se perdent. Le décret du 15 janvier 2009, tel que rappelé par la même cour, impose au locataire ou à l’occupant d’informer le propriétaire par tout moyen donnant date certaine à la réception, avec une description détaillée des travaux et un plan ou un schéma joints, sauf impossibilité imputable au propriétaire. Et dans un immeuble en copropriété, l’information doit être adressée à la fois au bailleur et au syndic représentant le syndicat des copropriétaires. Notez bien ce double destinataire : écrire seulement au bailleur quand c’est l’assemblée générale qui fera obstacle, c’est se tromper de cible, et la cour d’appel de Colmar l’a dit clairement en jugeant recevable l’action dirigée contre le syndicat des copropriétaires dès lors que c’est sa décision qui avait fait obstacle au raccordement.

Quand les travaux touchent les parties communes, l’assemblée générale entre en scène. Selon le règlement de copropriété et la nature des travaux, la décision relève du syndic ou d’un vote en assemblée, sous l’empire de la loi du 10 juillet 1965 qui gradue les majorités selon la gravité de la décision : majorité simple des voix exprimées pour l’administration courante, majorité absolue de tous les copropriétaires pour les décisions plus importantes, double majorité pour les travaux les plus lourds. Vérifiez dans votre règlement de copropriété qui est compétent pour autoriser le passage de câbles, la pose de goulottes ou l’installation d’un boîtier en partie commune, et faites inscrire la question à l’ordre du jour avec un dossier complet. L’arrêt de Colmar est à cet égard un avertissement sévère pour les demandeurs pressés : l’occupant avait obtenu du syndic une autorisation de raccordement par les fourreaux existants, mais les gaines de son logement étaient trop étroites pour y passer un câble supplémentaire, et sa demande de goulottes en parties communes ne précisait ni le cheminement ni les conséquences en termes de percement ou d’esthétique. La cour approuve le refus de l’assemblée et retient, dans son arrêt du 29 septembre 2025 (RG 24/02890), qu’il appartenait au demandeur de prouver le caractère fautif de cette décision et le préjudice qui en résultait pour lui, faute de quoi sa demande est rejetée. Dans les immeubles parisiens aux gaines étroites et aux paliers classés, faites établir par l’opérateur un relevé précis du cheminement, des percements et de l’aspect des goulottes avant l’assemblée : un descriptif précis des travaux est votre meilleure assurance contre un refus motivé par l’imprécision.

Si vous êtes locataire, un point mérite d’être martelé : le droit à la fibre s’exerce à vos frais, et c’est à vous de mener la procédure. Informez votre bailleur et le syndic par des courriers séparés permettant de donner date certaine à chacun, joignez le plan de l’opérateur, et conservez les accusés. Si le bailleur ne transmet pas au syndic, écrivez au syndic directement, puisque le décret vous impose de l’informer lui aussi. Et si l’assemblée générale vote un refus ou impose des travaux dont vous contestez le principe ou la répartition, faites examiner sans attendre la régularité du vote et les voies de recours ouvertes : en copropriété, les délais pour agir sont courts et les résolutions mal contestées deviennent définitives.

À Paris et en Île-de-France, où les immeubles anciens cumulent gaines étroites, colonnes saturées et caves encombrées d’armoires successives, demandez à l’opérateur un diagnostic écrit du cheminement avant toute assemblée générale, et exigez du syndic qu’il annexe ce document à la convocation : un vote éclairé sur pièces précises résiste aux contestations, un vote à l’aveugle les attire.

Reste la question que tout le monde pose : qui paie le fibrage de l’immeuble ? La réponse de principe figure dans le code des postes et des communications électroniques : l’installation, la gestion, l’entretien et le remplacement des lignes en fibre dans les parties communes font l’objet d’une convention entre cet opérateur et le propriétaire, le syndicat de copropriétaires ou l’association syndicale de propriétaires, et Cette convention définit les conditions de réalisation des opérations d’installation, de gestion, d’entretien et de remplacement des lignes mentionnées à l’alinéa précédent. Surtout, Ces opérations se font aux frais de l’opérateur, sauf lorsque le propriétaire, le syndicat de copropriétaires ou l’association syndicale de propriétaires a refusé deux offres consécutives de cet opérateur dans les deux ans qui précèdent. Autrement dit, le déploiement vertical dans l’immeuble est en principe gratuit pour la copropriété, sauf si elle a déjà repoussé deux fois l’opérateur. En revanche, le raccordement final de votre logement, du boîtier d’étage à votre prise, et votre abonnement restent à votre charge, comme le rappelle le droit à la fibre qui s’exerce « aux frais » du demandeur. Et une fois l’immeuble fibré par un opérateur, vous n’êtes pas prisonnier de lui : la loi garantit la mutualisation, puisque Toute personne établissant ou ayant établi dans un immeuble bâti ou exploitant une ligne de communications électroniques à très haut débit en fibre optique permettant de desservir un utilisateur final fait droit aux demandes raisonnables d’accès à ladite ligne, et que Tout refus d’accès est motivé. Si un opérateur vous dit que « seul l’opérateur d’immeuble peut vous raccorder », exigez un refus écrit et motivé.

B. Quand ça se passe mal : preuves, mise en demeure et juge des référés

Les litiges de la fibre en copropriété ont un décor reconnaissable : une armoire au sous-sol éventrée par les passages successifs des sous-traitants, des câbles emmêlés et tendus, des coupures à répétition, et un syndic qui écrit dans le vide. L’ordonnance du tribunal judiciaire de Paris du 18 avril 2024, rendue entre un syndicat de copropriétaires et la société Orange, montre la méthode qui fonctionne. D’abord, un constat de commissaire de justice décrivant précisément le désordre : racks de travers, raccordements anarchiques, câbles emmêlés et pendants, tensions excessives. Ensuite, deux mises en demeure écrites, à quelques mois d’intervalle, exigeant la mise en conformité sous huit jours. C’est seulement armé de ces pièces que le syndicat a saisi le juge des référés sur le fondement de la convention signée avec l’opérateur, qui l’obligeait à entretenir ses équipements, et de l’article 835 du code de procédure civile, qui permet au juge, Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, d’ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.

Le résultat est instructif jusque dans ses limites. Le juge a enjoint à Orange de reprendre les cinq branchements restés défectueux sous huit jours à compter de la signification, sous astreinte provisoire de 200 euros par jour de retard pendant trois mois au maximum, et l’a condamnée aux dépens et à 1 500 euros de frais. Mais il a refusé d’ordonner tout le programme de mise en conformité réclamé sur la base d’un guide pratique de l’Arcep de 2011, au motif tranchant qu'[il n’est pas établi] le caractère obligatoire des recommandations invoquées de l’Arcep. Retenez cette distinction, car les plaquettes des opérateurs et les guides du régulateur sont souvent brandis comme des normes : une recommandation, même officielle, n’est pas une obligation, et seul le contrat, la convention ou la loi fondent une injonction. Si votre syndic veut obtenir la remise en ordre de l’armoire, qu’il vise la convention d’immeuble et les manquements constatés, pas un guide de bonnes pratiques.

Le même réalisme s’impose pour les demandes d’argent. Le droit commun de la responsabilité s’applique : Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer, et Chacun est responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence, et en matière contractuelle, Le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure. Mais faute prouvée ne suffit pas : il faut un préjudice prouvé. L’occupant de Colmar, qui avait finalement été raccordé en lieu et place du câble TNT, ne démontrait ni micro-coupures ni privation de services, et la cour a confirmé le rejet de sa demande , la cour d’appel de Colmar (29 septembre 2025, RG 24/02890) confirme le rejet de la demande, faute de preuve suffisante du caractère fautif du refus, d’une privation durable d’accès à la fibre et d’un préjudice en résultant. De même, les propriétaires de l’alarme muette n’ont pas démontré que le maintien de la ligne analogique aurait évité le cambriolage. Conservez donc tout : relevés de coupures, attestations du télésurveilleur, factures de bascule vers une alarme compatible, échanges écrits avec l’opérateur et le syndic. Sans ces pièces, même un dossier sympathique se perd.

Face à ce maquis technique et procédural, il est souvent utile de faire relire votre dossier avant d’assigner ou de signer une convention : un avocat en droit immobilier à Paris vérifie qui devait décider, ce que la convention met à la charge de l’opérateur, et si votre préjudice est chiffrable et prouvable. Cette relecture préalable coûte moins cher qu’un référé perdu ou qu’une armoire refaite à vos frais.

En conclusion, la fin du cuivre n’est ni une catastrophe ni une simple formalité : c’est un transfert de responsabilités. Le réseau s’éteint par communes, vos vieux équipements branchés dessus s’éteignent avec lui, et personne ne viendra spontanément vérifier votre alarme, votre ascenseur ou votre téléassistance. Le droit vous donne des armes réelles, le droit à la fibre aux frais du demandeur, la convention d’immeuble aux frais de l’opérateur, le référé pour faire exécuter l’entretien promis, mais chacune exige sa preuve : une demande détaillée avec plan, une double information au bailleur et au syndic, un constat d’huissier, des mises en demeure, un préjudice documenté. Faites l’inventaire cette semaine, écrivez avant de subir la coupure, et ne signez avec un opérateur ou un syndic que ce que vous avez lu et compris. Votre logement mérite mieux qu’un silence imposé.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».