Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

MaPrimeRénov’ Copropriété 2026 : vote en AG, dossier Anah, refus d’aide et recours

Le sujet revient au premier plan depuis les annonces logement du 23 avril 2026. Le Gouvernement veut relancer la rénovation, remettre des logements sur le marché et confier davantage de leviers aux collectivités, notamment autour de MaPrimeRénov’. Pour les copropriétaires, le vrai risque n’est pas seulement administratif. Il est juridique : un projet mal voté, un syndic qui dépose trop tôt ou trop tard, une copropriété qui ne remplit pas les critères, ou un refus d’aide peuvent bloquer plusieurs dizaines de milliers d’euros de travaux.

La demande Google confirme l’intérêt immédiat du sujet. Les requêtes « ma prime renov copropriété » et « ma prime renov copro » représentent environ 1 300 recherches mensuelles en France, avec une concurrence faible et un CPC haut observé à 1,73 euro. À Paris, le même cluster ressort autour de 260 recherches mensuelles. Ces recherches ne sont pas purement informatives : elles apparaissent souvent au moment où un conseil syndical prépare une assemblée générale, où un bailleur veut sortir un logement d’une mauvaise classe énergétique, ou où un copropriétaire découvre que sa quote-part de travaux devient difficile à financer.

Le bon réflexe consiste donc à traiter MaPrimeRénov’ Copropriété comme un dossier de copropriété, pas comme une simple aide en ligne. Il faut vérifier l’éligibilité, faire voter les bonnes résolutions, sécuriser le rôle du syndic, conserver les pièces et anticiper les recours.

MaPrimeRénov’ Copropriété : qui demande l’aide ?

MaPrimeRénov’ Copropriété n’est pas une aide individuelle demandée séparément par chaque copropriétaire pour les parties communes. Elle est demandée pour le syndicat des copropriétaires, en pratique par le syndic ou par l’administrateur provisoire lorsque la copropriété est placée sous ce régime.

Cette précision change tout. Un copropriétaire favorable aux travaux ne peut pas, seul, remplacer le vote collectif lorsque les travaux portent sur les parties communes ou sur des travaux d’intérêt collectif réalisés sur parties privatives. Il peut pousser le sujet, demander l’inscription d’une résolution, réunir des devis, saisir le conseil syndical, mais le projet doit être porté correctement au niveau de la copropriété.

L’aide vise les travaux de rénovation énergétique des parties communes et des équipements communs : isolation, ventilation, chauffage collectif, étanchéité, réseaux, et plus largement les travaux nécessaires au projet énergétique validé. Elle peut aussi concerner des parties privatives lorsqu’elles présentent un intérêt collectif, par exemple dans une opération globale votée par l’assemblée.

L’article R. 321-12 du Code de la construction et de l’habitation confirme que l’Anah peut accorder des subventions aux syndicats de copropriétaires pour des travaux portant sur les parties communes, les équipements communs et, le cas échéant, des travaux d’intérêt collectif réalisés sur parties privatives sous maîtrise d’ouvrage du syndicat.

Les critères à vérifier avant l’assemblée générale

Avant de convoquer une assemblée, il faut contrôler les critères pratiques. Selon les informations officielles disponibles en 2026, la copropriété doit notamment être immatriculée et à jour au registre national des copropriétés. Elle doit être composée d’une proportion suffisante de résidences principales : 65 % pour les copropriétés de 20 lots ou moins, 75 % pour celles de plus de 20 lots. Elle doit en principe avoir été construite depuis au moins 15 ans à la date de notification de la décision d’octroi de l’aide.

Le projet doit également viser un gain énergétique minimal. La règle générale est un gain d’au moins 35 %. Une expérimentation existe pour certaines petites copropriétés qui ne parviennent pas à atteindre ce seuil, avec un gain plus bas, mais ce point doit être vérifié avant de bâtir le plan de financement.

Les travaux doivent être réalisés par des professionnels RGE. Une évaluation énergétique avant et après travaux est nécessaire. Pour les dossiers importants, une mission de maîtrise d’oeuvre complète peut être exigée. L’assistance à maîtrise d’ouvrage est obligatoire : l’opérateur AMO accompagne le syndicat dans le montage, le suivi et la demande d’aide.

Ces critères doivent être contrôlés avant le vote. Une assemblée qui vote un programme flou, sans audit, sans estimation crédible du gain énergétique, sans AMO ou sans plan de financement sérieux expose la copropriété à un refus ou à une contestation.

Quel vote en assemblée générale ?

Les travaux d’économies d’énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre relèvent en principe de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Ils sont votés à la majorité des voix de tous les copropriétaires. Cette majorité est plus exigeante que la majorité simple de l’article 24.

L’article 25 vise expressément les travaux d’économies d’énergie ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il précise que ces travaux peuvent comprendre des travaux d’intérêt collectif réalisés sur les parties privatives et aux frais du copropriétaire du lot concerné, sauf si ce dernier prouve avoir réalisé des travaux équivalents dans les dix années précédentes.

La passerelle de l’article 25-1 est donc centrale. Si le projet n’obtient pas immédiatement la majorité de l’article 25 mais recueille au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, la même assemblée peut procéder immédiatement à un second vote à la majorité de l’article 24. Pour les travaux d’économies d’énergie, lorsque le tiers n’est pas atteint, une nouvelle assemblée convoquée dans les trois mois sur un projet identique peut aussi statuer à la majorité de l’article 24.

En pratique, la convocation doit donc être construite avec précision. Elle doit permettre de voter le principe des travaux, le budget, les appels de fonds, la désignation ou la validation de l’AMO, le mandat donné au syndic pour déposer le dossier, et les conditions de signature des marchés.

Le rôle du syndic : déposer, suivre, répartir

Le syndic n’est pas un simple transmetteur. L’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 lui impose notamment d’assurer l’exécution des décisions de l’assemblée générale, d’administrer l’immeuble, de pourvoir à sa conservation et de gérer la comptabilité du syndicat.

Dans un dossier MaPrimeRénov’ Copropriété, son rôle doit être cadré par les résolutions. Il doit vérifier l’immatriculation de la copropriété, coordonner les pièces, déposer la demande unique, suivre les échanges avec l’Anah, attendre la validation avant l’engagement des travaux lorsque cette condition est requise, puis faire apparaître l’aide dans les comptes et dans la répartition entre copropriétaires.

L’aide est versée au syndic et répartie selon les quotes-parts. Ce point doit être expliqué en assemblée, car il évite une confusion fréquente : l’aide ne supprime pas nécessairement l’avance de trésorerie, les appels de fonds ou les difficultés individuelles de certains copropriétaires.

Si le syndic tarde à inscrire le sujet, refuse de transmettre les pièces, dépose un dossier incomplet ou engage des marchés avant la sécurisation de l’aide, le conseil syndical doit documenter les échanges. Selon la gravité, une mise en demeure, une résolution corrective, une action contre le syndic ou un changement de syndic peuvent être envisagés.

Refus d’aide, dossier incomplet ou travaux déjà engagés : que faire ?

Le refus d’aide doit être lu attentivement. Il peut tenir à l’inéligibilité de la copropriété, à un taux insuffisant de résidences principales, à un défaut d’immatriculation, à un gain énergétique non démontré, à un problème de devis, à un défaut d’AMO, à un dépôt tardif ou à des travaux engagés trop tôt.

La réponse n’est pas la même selon le motif. Un dossier incomplet peut parfois être corrigé. Une erreur factuelle sur les lots, l’immatriculation ou les résidences principales peut se discuter. Un vote irrégulier en assemblée générale peut nécessiter une nouvelle assemblée avec des résolutions plus propres. Un programme de travaux qui n’atteint pas le gain énergétique attendu impose souvent de revoir le projet technique.

Il faut conserver les pièces : convocation, ordre du jour, annexes, devis, audit, procès-verbal, mandat donné au syndic, échanges avec l’AMO, dépôt sur la plateforme, décision de l’Anah, notifications, appels de fonds et contrats signés. Sans ces documents, le recours devient abstrait.

Le copropriétaire bailleur doit aussi vérifier l’incidence locative. S’il attend ces travaux pour améliorer la performance énergétique d’un logement, préserver une location ou éviter un litige avec le locataire, le calendrier de la copropriété devient un enjeu stratégique.

Contester une assemblée générale qui bloque ou vote mal les travaux

Un copropriétaire opposant ou défaillant peut contester une décision d’assemblée générale dans le délai de deux mois à compter de la notification du procès-verbal. C’est la règle de l’article 42 de la loi du 10 juillet 1965.

Ce délai est court. Il ne commence pas le jour de l’assemblée pour les opposants et défaillants, mais à compter de la notification du procès-verbal, sans ses annexes. Le syndic doit notifier ce procès-verbal dans le mois de l’assemblée.

La contestation peut viser plusieurs situations : résolution imprécise, majorité erronée, absence de documents nécessaires, vote qui excède l’ordre du jour, atteinte injustifiée aux parties privatives, répartition de charges discutable, ou refus abusif d’un projet indispensable à la conservation, à la décence énergétique ou à la valorisation de l’immeuble.

Il ne faut pas confondre désaccord et irrégularité. Un copropriétaire ne peut pas obtenir l’annulation d’une décision simplement parce qu’il trouve les travaux trop chers. Il doit démontrer une faute juridique, une irrégularité de vote, un abus de majorité ou un préjudice juridiquement pertinent.

Paris et Île-de-France : pourquoi le sujet est plus sensible

À Paris et en Île-de-France, les copropriétés anciennes, les petites surfaces, les immeubles mixtes, les règlements anciens et les contraintes patrimoniales rendent les dossiers plus difficiles. Une rénovation énergétique peut supposer des arbitrages entre façade, toiture, chauffage collectif, ventilation, conduits, lots commerciaux, chambres de service et parties privatives.

Le sujet est aussi plus sensible pour les bailleurs. Dans un marché locatif tendu, un logement mal classé, un calendrier de travaux incertain ou une assemblée générale bloquée peuvent avoir un impact direct sur la mise en location, le loyer, les travaux exigés par le locataire ou la valeur du bien.

Le dossier doit donc être préparé avant l’assemblée : audit lisible, devis comparables, AMO identifié, mode de financement, conséquences par type de lot, calendrier, articulation avec les obligations DPE, et explication claire des majorités. Une résolution mal rédigée peut faire perdre plusieurs mois.

Les erreurs à éviter

La première erreur consiste à confondre MaPrimeRénov’ individuelle et MaPrimeRénov’ Copropriété. Pour les parties communes, la demande se construit au niveau du syndicat.

La deuxième erreur consiste à voter trop tôt un programme insuffisant. Un vote qui ne précise ni le périmètre des travaux, ni le coût, ni le gain énergétique, ni le mandat donné au syndic expose à un dossier faible.

La troisième erreur consiste à engager les travaux avant la sécurisation du dossier. Lorsque la décision d’aide exige d’attendre une validation, un engagement prématuré peut coûter cher.

La quatrième erreur est de laisser passer le délai de contestation de l’article 42. Deux mois passent vite, surtout lorsque le copropriétaire attend un devis complémentaire ou une réponse informelle du syndic.

La cinquième erreur est de traiter le refus d’aide comme définitif sans analyser son motif. Certains refus relèvent d’un problème corrigible. D’autres révèlent une erreur de stratégie, qu’il faut régler par une nouvelle assemblée ou par un recours ciblé.

Que faire maintenant ?

Si vous êtes copropriétaire, demandez d’abord le dossier complet : audit, devis, projet de résolution, statut d’immatriculation, taux de résidences principales, mission AMO et calendrier de dépôt. Vérifiez ensuite la majorité applicable et les conséquences financières pour votre lot.

Si vous êtes membre du conseil syndical, faites inscrire des résolutions précises. Le vote doit autoriser le syndic à déposer le dossier, fixer les limites financières, prévoir les appels de fonds, encadrer les marchés et organiser le suivi.

Si vous êtes bailleur, reliez la question à votre stratégie locative : DPE, décence, calendrier de relocation, travaux privatifs complémentaires, charges récupérables ou non, et risque de contestation du locataire.

Si vous recevez un refus d’aide ou un procès-verbal d’assemblée contestable, le calendrier devient prioritaire. Il faut qualifier le motif, réunir les pièces et décider rapidement s’il faut corriger le dossier, convoquer une nouvelle assemblée ou saisir le tribunal judiciaire.

Sources juridiques utiles

À lire aussi

Pour replacer ce sujet dans une stratégie plus large, vous pouvez consulter notre article sur l’interdiction de location des logements DPE E, notre article sur le droit à la prise en copropriété et notre page dédiée à l’avocat en droit immobilier à Paris.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou décrivez votre situation via le formulaire de contact.

À Paris et en Île-de-France, une première analyse permet de vérifier le vote, le rôle du syndic, les pièces Anah, le délai de contestation et la stratégie à adopter avant travaux ou recours.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».