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Borne de recharge en copropriété 2026 : droit à la prise, refus du syndic et aides Advenir

Depuis le 1er avril 2026, les aides Advenir pour la recharge en résidentiel collectif ont été revalorisées. Le sujet revient donc dans beaucoup de copropriétés : un copropriétaire veut installer une borne sur sa place de parking, un locataire veut charger son véhicule électrique, le syndic annonce qu’il faut attendre la prochaine assemblée générale, ou la copropriété pousse une solution collective avec un opérateur unique.

La question n’est pas seulement technique. Elle est juridique. Le « droit à la prise » permet, sous conditions, d’installer une borne ou une prise dédiée sur une place de stationnement à usage privatif. Mais ce droit n’autorise pas à lancer des travaux sans dossier, sans notification, sans convention d’intervention, ni sans respecter les contraintes des parties communes.

L’enjeu financier est devenu plus sensible en 2026. Les plafonds Advenir annoncés pour le résidentiel collectif peuvent changer l’arbitrage entre une borne individuelle et une infrastructure collective. Mais une aide ne remplace pas une procédure régulière. Si le syndic refuse sans saisir le juge, s’il bloque l’accès aux locaux techniques, ou s’il impose une société choisie par la copropriété sans vérifier le fondement juridique, le dossier doit être traité vite et par écrit.

Le cabinet intervient en contentieux immobilier et en copropriété. Pour replacer ce sujet dans une stratégie plus large, vous pouvez consulter la page consacrée au droit de la copropriété.

Pourquoi le sujet remonte en 2026

L’actualité immédiate vient du programme Advenir. Le 23 mars 2026, le programme a annoncé une évolution de ses barèmes pour la recharge en résidentiel collectif, avec une entrée en vigueur à compter du 1er avril 2026 pour certains projets.

Le signal est clair : les parkings d’immeubles restent très insuffisamment équipés, alors que la demande de recharge augmente. Les copropriétaires qui hésitaient à inscrire la question à l’ordre du jour ont désormais un argument financier. Les locataires et occupants qui ne peuvent pas charger chez eux ont aussi un argument pratique : le droit à la prise existe déjà, et l’assemblée générale ne peut pas le transformer en autorisation discrétionnaire.

Les recherches Google confirment l’intention. Les requêtes « installation borne de recharge copropriété », « borne de recharge copropriété », « borne électrique copropriété » et « droit à la prise copropriété » présentent un volume réel et des coûts par clic élevés. Ce sont des recherches de décision : le lecteur veut savoir s’il peut agir, combien cela coûte, si le syndic peut refuser, et quelles pièces envoyer.

Le droit à la prise : ce qu’il permet vraiment

Le droit à la prise repose principalement sur l’article L. 113-16 du Code de la construction et de l’habitation. Le principe est le suivant : dans un bâtiment doté de places de stationnement d’accès sécurisé à usage privatif, le propriétaire ou, en copropriété, le syndicat des copropriétaires représenté par le syndic ne peut pas s’opposer sans motif sérieux et légitime à l’installation d’un équipement de recharge pour véhicule électrique ou hybride rechargeable.

Ce droit bénéficie au locataire, à l’occupant de bonne foi, et aussi au copropriétaire occupant. L’installation doit permettre un comptage individualisé des consommations. Elle est réalisée aux frais du demandeur, sauf décision différente de la copropriété dans le cadre d’un projet collectif.

Deux conséquences pratiques en découlent.

D’abord, le syndic ne dispose pas d’un pouvoir de veto simple. Il ne peut pas répondre : « la copropriété n’a pas encore voté », « nous préférons attendre », ou « l’assemblée générale est contre », sans entrer dans les motifs sérieux et légitimes prévus par les textes.

Ensuite, le demandeur ne peut pas agir comme si la place de parking était totalement isolée du reste de l’immeuble. Le câble, le tableau électrique, les locaux techniques, le cheminement et les règles de sécurité touchent souvent aux parties communes. Il faut donc notifier correctement le projet et joindre un dossier technique.

La notification au syndic : le point qui conditionne tout

Le dossier commence par une notification écrite. Si le demandeur est copropriétaire, il notifie son intention au syndic. Si le demandeur est locataire, il notifie d’abord le propriétaire bailleur, avec copie au syndic, et le bailleur transmet les informations nécessaires.

La notification doit être précise. Elle doit contenir la volonté de faire usage du droit à la prise, le descriptif des travaux, le plan ou schéma de raccordement, le prestataire pressenti, la puissance envisagée, le mode de comptage, les modalités d’accès aux parties communes et les précautions de sécurité.

Un simple courriel du type « je souhaite installer une borne » ne suffit pas toujours. Il ouvre une discussion, mais il ne sécurise pas forcément le délai d’opposition. Le bon réflexe est d’envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception ou un équivalent traçable, accompagnée des pièces techniques.

La lettre doit rester factuelle. Elle ne doit pas menacer inutilement le syndic. Elle doit montrer que le projet est sérieux, que le prestataire est qualifié, que les consommations seront individualisées, et que les interventions sur les parties communes seront encadrées par une convention.

Le syndic peut-il refuser ?

Oui, mais seulement dans un cadre limité.

L’article L. 113-16 vise le motif sérieux et légitime. Il cite notamment deux hypothèses : la préexistence d’installations de recharge, ou la décision du syndicat des copropriétaires de réaliser de telles installations dans un délai raisonnable.

En pratique, cela ne signifie pas que n’importe quel projet collectif permet de bloquer une demande individuelle. Le syndic doit être en mesure de démontrer que la copropriété a réellement décidé ou engagé une solution sérieuse, techniquement crédible, financée ou finançable, et destinée à équiper les places concernées dans un délai raisonnable.

Un simple débat à venir, une intention orale, un devis incomplet ou une préférence du conseil syndical ne suffisent pas nécessairement. À l’inverse, une infrastructure collective votée, assortie d’un calendrier, d’un opérateur identifié et d’un dispositif permettant aux occupants de se raccorder peut constituer un motif d’opposition plus solide.

Le point décisif est procédural : le syndic qui entend s’opposer doit saisir le président du tribunal judiciaire compétent, selon la procédure accélérée au fond, dans le délai prévu par les textes. Il ne suffit pas d’envoyer une lettre de refus. Si la copropriété ne saisit pas le juge dans le délai, le demandeur dispose d’un argument fort pour poursuivre son projet, à condition de respecter le dossier technique et la convention d’intervention.

Le délai de trois mois : à surveiller dès la réception

Le délai d’opposition est l’un des pièges du dossier. Il se calcule à partir de la notification régulière du projet. Si la notification est imprécise ou mal adressée, le syndic soutiendra que le délai n’a pas commencé.

Lorsque le dossier est complet, le syndic doit réagir vite. S’il estime avoir un motif sérieux et légitime, il doit saisir le juge. Il doit ensuite informer le demandeur de cette saisine.

Le demandeur doit donc conserver toutes les preuves : date d’envoi, accusé de réception, contenu exact du dossier, échanges du syndic, éventuelle inscription à l’ordre du jour, courrier d’opposition, et preuve ou absence de preuve de la saisine du tribunal.

Il ne faut pas commencer les travaux le lendemain de l’envoi. Si le délai court encore, le risque est de se voir reprocher une intervention irrégulière dans les parties communes. En revanche, si le syndic bloque sans base juridique et sans saisir le juge, il faut le mettre en demeure de confirmer sa position et de signer la convention d’intervention.

Borne individuelle ou infrastructure collective : deux logiques différentes

La borne individuelle répond au besoin d’un occupant précis. Elle est installée à ses frais, sur sa place, avec comptage individualisé. Elle correspond au réflexe classique du droit à la prise.

L’infrastructure collective répond à un besoin d’immeuble. Elle prépare ou organise la recharge pour plusieurs places. Elle peut être portée par le syndicat des copropriétaires, par le gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité, ou par un opérateur privé. Elle suppose souvent un vote, un contrat, un schéma de gestion, et une répartition claire des coûts.

La loi du 10 juillet 1965 contient des dispositions spécifiques sur l’inscription à l’ordre du jour et sur les travaux permettant l’alimentation des emplacements de stationnement. L’article 24-5 impose au syndic, dans les immeubles concernés, de faire examiner l’étude ou les travaux nécessaires lorsque l’immeuble n’est pas équipé. L’article 24-5-1 facilite certaines décisions relatives aux infrastructures collectives, notamment lorsqu’une convention est conclue avec le gestionnaire du réseau public ou un opérateur d’infrastructures.

Le conflit naît souvent lorsque la copropriété a choisi un opérateur collectif et que le copropriétaire veut une solution individuelle différente. La réponse dépend du calendrier, du contenu du vote, de la convention signée, du délai de réalisation, des conditions économiques imposées aux occupants, et de la possibilité réelle d’obtenir une recharge adaptée.

Les aides Advenir depuis le 1er avril 2026

Les nouvelles aides Advenir ne changent pas le droit à la prise, mais elles changent l’économie du dossier.

Depuis le 1er avril 2026, les barèmes annoncés pour le résidentiel collectif prévoient notamment une aide de 50 % pour certaines infrastructures collectives, avec un plafond pouvant atteindre 12 500 euros jusqu’à 100 places, puis une majoration par place supplémentaire. Les travaux de voirie, réseaux divers et cheminement de câbles en extérieur peuvent aussi bénéficier d’un plafond renforcé. Le point de recharge individuel en résidentiel collectif est également concerné par un plafond revalorisé.

Ces chiffres doivent être vérifiés au jour du dépôt du dossier, car une prime dépend toujours des conditions du programme, de la date d’engagement, du vote d’assemblée générale, du devis, de l’installateur, des factures et des justificatifs.

Pour une copropriété, la difficulté est souvent la date de référence. Pour l’infrastructure collective, le vote d’assemblée générale peut être déterminant. Pour une borne individuelle, la date de signature du dossier ou du devis peut être discutée. Il faut donc éviter les votes flous et les procès-verbaux imprécis.

Un procès-verbal utile doit indiquer la solution retenue, les devis, le financement, les primes attendues, les éventuels restes à charge, les modalités d’exploitation, l’identité de l’opérateur, les conditions de raccordement individuel et les conséquences pour les copropriétaires qui ne souhaitent pas installer immédiatement de borne.

Le locataire peut-il imposer une borne ?

Un locataire peut se prévaloir du droit à la prise lorsqu’il occupe de bonne foi une place de stationnement concernée. Il doit toutefois respecter un circuit plus strict : il informe le bailleur, avec copie au syndic lorsque l’immeuble est en copropriété, et le bailleur doit transmettre la demande dans les formes utiles.

Le bailleur ne doit pas bloquer sans raison. Mais il peut exiger un dossier complet, un prestataire qualifié, une installation conforme, une convention avec le syndic et un dispositif de remise en état ou d’entretien si cela se justifie.

Le point sensible est la fin du bail. La borne peut-elle rester ? Le locataire doit-il l’enlever ? Le bailleur peut-il la racheter ? Le contrat de bail, l’accord écrit du bailleur, la convention avec le syndic et le devis doivent anticiper cette question. À défaut, le litige apparaît au départ du locataire, au moment où chacun découvre que la borne a une valeur, un coût de démontage et parfois un abonnement.

Le syndic peut-il imposer une société choisie par la copropriété ?

La réponse dépend du fondement invoqué.

Si la copropriété n’a rien voté et ne dispose d’aucune infrastructure, le syndic ne peut pas simplement imposer son prestataire préféré. Il peut demander un dossier technique sérieux, vérifier les assurances, exiger une convention d’accès et s’assurer que les parties communes ne sont pas exposées à un risque. Il ne peut pas transformer ces vérifications en exclusivité commerciale.

Si une infrastructure collective a été votée ou est déjà installée, la situation change. Le syndic peut soutenir que le raccordement doit passer par cette infrastructure pour éviter des installations concurrentes, des cheminements anarchiques et des risques électriques. Encore faut-il que la solution collective permette réellement au demandeur d’accéder à une recharge adaptée, dans un délai raisonnable et à des conditions contractuelles claires.

Le point à contester n’est donc pas seulement le nom de la société choisie. Il faut demander le fondement juridique, le procès-verbal d’assemblée générale, la convention signée, le calendrier de déploiement, les tarifs, les conditions de résiliation et les raisons pour lesquelles une solution individuelle serait techniquement ou juridiquement impossible.

Paris et Île-de-France : les difficultés fréquentes

À Paris et en Île-de-France, les parkings de copropriété sont souvent anciens, souterrains, exigus ou dépourvus de réserves électriques suffisantes. Les colonnes, les gaines, les tableaux et les cheminements peuvent rendre le dossier plus coûteux qu’un simple devis en ligne.

La densité des copropriétés ajoute une contrainte : un projet mal traité peut déclencher plusieurs demandes en chaîne. Le syndic a donc intérêt à anticiper une solution collective, mais il doit le faire avec un calendrier et des documents. Le copropriétaire, lui, doit éviter de poser une borne sans accord formel sur les accès et les cheminements.

Dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, les Yvelines ou l’Essonne, les résidences avec parkings extérieurs sont également concernées. L’actualité Advenir vise précisément les surcoûts liés aux parkings extérieurs : génie civil, passage des câbles, contraintes climatiques, fixations et protection des équipements.

Le réflexe local consiste donc à comparer trois scénarios : droit à la prise individuel, infrastructure collective opérateur privé, et infrastructure relevant du réseau public. Le meilleur choix dépend de la configuration du parking, du nombre de demandes probables, des aides disponibles, du coût d’abonnement, et de la liberté de chaque occupant de choisir son fournisseur.

Que faire si le syndic bloque

Commencez par relire votre dossier d’envoi. Si la notification était incomplète, corrigez-la. Joignez un descriptif technique, un schéma, un devis, l’attestation de qualification de l’installateur, l’assurance, le mode de comptage et le projet de convention d’intervention.

Ensuite, demandez au syndic de préciser sa position. S’agit-il d’une simple demande de pièces ? D’un refus ? D’une opposition judiciaire ? D’une attente liée à un vote collectif ? La réponse doit être écrite.

Si le syndic invoque un projet collectif, demandez le procès-verbal de l’assemblée générale, le calendrier, le contrat ou projet de contrat, et les modalités d’accès pour les occupants. Si le projet n’est pas sérieux ou reste indéfini, l’opposition peut être contestée.

Si le syndic refuse sans saisir le juge, une mise en demeure peut être adressée. Elle doit rappeler la date de notification, l’absence de saisine connue, les textes applicables et la demande de signature de la convention permettant au prestataire d’intervenir dans les parties communes.

Si les travaux deviennent urgents parce que le véhicule électrique est déjà commandé ou livré, il faut rester prudent. L’urgence personnelle ne suffit pas toujours à neutraliser les règles de copropriété. Elle peut toutefois justifier une mise en demeure rapide et une demande de calendrier contraignant.

Pièces à réunir avant de saisir un avocat

Réunissez le titre de propriété ou le bail, le règlement de copropriété, le descriptif de la place de parking, les derniers procès-verbaux d’assemblée générale, les échanges avec le syndic, la notification initiale, l’accusé de réception, le devis IRVE, le schéma de raccordement, les attestations de l’installateur, les réponses du syndic, et toute convention proposée par un opérateur.

Ajoutez les éléments financiers : devis de la borne, devis d’infrastructure collective, primes Advenir mentionnées, reste à charge, abonnement, frais de raccordement, coût de démontage, clause de résiliation et éventuel engagement de durée.

Pour un locataire, ajoutez le bail, l’accord ou le refus du bailleur, les échanges avec l’agence, et la preuve de la copie au syndic. Pour un bailleur, ajoutez l’échange avec le locataire et les conditions dans lesquelles la borne restera ou sera retirée à la fin du bail.

Sources utiles

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Nous vérifions la notification, le délai de trois mois, le motif d’opposition du syndic, le vote éventuel d’une infrastructure collective, les aides mobilisables et la stratégie de mise en demeure ou de contestation.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact du cabinet.

À Paris et en Île-de-France, l’analyse doit intégrer la configuration du parking, les contraintes des parties communes, le calendrier de l’assemblée générale, les conventions opérateur et la possibilité de saisir rapidement le tribunal judiciaire compétent.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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