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Maître Reda KOHEN
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Dégât des eaux : que faire, qui paie et comment se faire indemniser à Paris en 2026

Un plafond qui goutte un dimanche soir d’octobre, une auréole brune qui s’étend au-dessus du lit d’un enfant, un voisin du dessus qui ne répond pas : le dégât des eaux est le sinistre le plus fréquent des logements parisiens, et celui qui déclenche le plus de questions pratiques dans l’urgence. Qui doit couper l’eau et appeler le plombier ? Faut-il prévenir le propriétaire, le syndic, les deux assurances ? Que faire quand le voisin refuse d’ouvrir sa porte pour la recherche de fuite ? Qui paie les travaux quand la canalisation est encastrée dans une partie commune ? Et comment réagir quand l’assureur traîne ou propose une indemnité manifestement insuffisante ? Les gestes des premières heures, stopper la fuite et verrouiller la preuve, sont détaillés dans notre dossier dégât des eaux à Paris : plafond qui goutte, voisin qui refuse d’ouvrir, assurance qui traîne ; le présent article prend la suite avec trois décisions inédites, le calcul de l’indemnité et les recours pour contester. Cet article répond point par point, avec les textes applicables, les délais à respecter et trois décisions récentes dont une ordonnance parisienne de février 2026 qui autorise le syndic à pénétrer chez un copropriétaire pour stopper une fuite active.

I. Dégât des eaux : qui paie entre le locataire, le propriétaire et la copropriété ?

La première question, celle que l’assureur pose avant tout autre examen, porte sur l’origine de l’eau. Selon que la fuite vient d’un équipement privatif mal entretenu, d’une canalisation commune ou d’un défaut d’étanchéité du bâtiment, le payeur n’est pas le même. Le droit répartit la charge entre trois acteurs : le locataire pour l’entretien courant et ses propres fautes, le bailleur pour le gros œuvre et les équipements vétustes, la copropriété pour les parties communes. Comprendre cette répartition avant de déclarer le sinistre permet d’adresser la demande au bon interlocuteur et d’éviter des mois de renvois réciproques.

A. Dégât des eaux : le locataire est-il responsable et que doit-il réparer ?

Le locataire répond des dégradations survenues pendant qu’il occupe les lieux. L’article 1732 du Code civil dispose : « Il répond des dégradations ou des pertes qui arrivent pendant sa jouissance, à moins qu’il ne prouve qu’elles ont eu lieu sans sa faute. » Concrètement, si le flexible d’alimentation du lave-linge cède parce qu’il n’a jamais été remplacé, si le joint du siphon de l’évier fuit depuis des mois sans signalement, ou si un débordement de baignoire inonde l’appartement du dessous, la responsabilité du locataire est engagée sur le fondement général de l’article 1240 du Code civil : « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » Le voisin victime peut donc agir directement contre le locataire à l’origine du sinistre, indépendamment des assurances.

En pratique, la responsabilité du locataire se concentre sur l’entretien courant et les petites réparations : dégorgement des canalisations d’évacuation accessibles, remplacement des joints apparents, surveillance des appareils raccordés à l’eau, nettoyage des siphons. Lorsqu’il manque à ces obligations et qu’une fuite en résulte, il supporte le coût des dommages causés aux tiers, et son assurance habitation, obligatoire pour les locations à usage d’habitation, prend le relais dans la limite des garanties souscrites. À l’inverse, le locataire qui entretient correctement son logement et subit une fuite dont il n’est pas à l’origine n’a rien à payer : le texte organise une présomption simple, renversée dès que l’occupant démontre l’absence de faute de sa part. Cette preuve passe par des éléments concrets : factures d’entretien du chauffe-eau et des appareils, photographies datées des installations, signalements écrits adressés au bailleur, constat de commissaire de justice dressé dans les premières heures.

Le réflexe du locataire victime ou à l’origine d’un dégât des eaux tient en quatre gestes immédiats. D’abord, stopper l’eau : fermer le robinet d’arrivée du logement, et si la fuite vient du dessus, demander au voisin de couper son alimentation, sans jamais forcer l’accès à son domicile. Ensuite, prévenir : le propriétaire ou l’agence par écrit, le syndic si l’immeuble est en copropriété, et son assureur habitation. Puis documenter : photographier et filmer chaque pièce, conserver les objets endommagés, rassembler factures d’achat et bons de garantie, faire établir si possible un constat de commissaire de justice qui fige l’état des lieux et l’origine apparente de la fuite. Enfin, remplir avec le voisin un constat amiable « dégât des eaux » et l’adresser aux deux assureurs. Chaque assureur indemnise en principe sa propre victime selon la convention IRSI, sigle d’« Indemnisation et recours des sinistres immeuble », qui organise entre compagnies la prise en charge rapide des sinistres les moins importants et les recours pour les autres. Sur l’obligation d’assurance du locataire et les conséquences d’un défaut d’assurance, les règles détaillées figurent dans notre développement consacré au locataire sans assurance habitation et aux recours du bailleur.

Deux situations particulières méritent l’attention. Quand plusieurs logements sont touchés, l’article 1734 du Code civil prévoit une responsabilité partagée entre occupants, et l’article 1733 du même code traite du cas de l’incendie, fréquent corollaire électrique d’une infiltration grave. Quand le locataire quitte les lieux en cours de sinistre, son préavis ne l’exonère pas : il reste tenu des désordres nés pendant sa jouissance, et l’état des lieux de sortie doit mentionner précisément les traces d’humidité pour éviter que le dépôt de garantie ne devienne l’otage du litige.

B. Dégât des eaux : quand le propriétaire ou la copropriété doit-il payer ?

Le bailleur n’est pas un simple percepteur de loyers : la loi lui impose de délivrer un logement en bon état et de l’y maintenir. L’article 1719 du Code civil lui ordonne notamment : « D’entretenir cette chose en état de servir à l’usage pour lequel elle a été louée », et l’article 1720 du même code précise : « Le bailleur est tenu de délivrer la chose en bon état de réparations de toute espèce. Il doit y faire, pendant la durée du bail, toutes les réparations qui peuvent devenir nécessaires, autres que les locatives. » Une colonne d’eau vétuste, une étanchéité de toiture défaillante dans une maison individuelle louée, un chauffe-eau d’origine à remplacer, une canalisation encastrée corrodée : ces désordres relèvent du propriétaire, qui ne peut les imputer au locataire. Symétriquement, l’article 1755 du Code civil protège l’occupant : « Aucune des réparations réputées locatives n’est à la charge des locataires quand elles ne sont occasionnées que par vétusté ou force majeure. » La vétusté fait donc basculer la charge des réparations du locataire vers le bailleur, et les infiltrations dues à l’usure normale des installations ne peuvent être mises au compte de l’occupant.

En copropriété, la ligne de partage passe entre parties privatives et parties communes. Les canalisations qui traversent plusieurs lots, les colonnes montantes et descendantes, les toitures-terrasses, les façades et les réseaux collectifs appartiennent aux parties communes : leur rupture engage la responsabilité du syndicat des copropriétaires, sur le fondement de la garde des choses de l’article 1242 du Code civil : « On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde. » Le copropriétaire victime d’une fuite provenant d’une partie commune agit contre le syndicat, dont l’assurance de l’immeuble couvre en principe le sinistre. La difficulté pratique consiste à localiser exactement l’origine : une tache au plafond du deuxième étage peut provenir d’une douche mal jointoyée du troisième, d’une colonne commune fissurée, ou des deux à la fois. D’où l’importance d’une recherche de fuite professionnelle, par mise en pression des réseaux et contrôle des alimentations encastrées, dont le coût se répartit ensuite selon l’origine établie : privative pour le copropriétaire fautif, commune pour le syndicat.

Une ordonnance de référé rendue à Paris le 27 février 2026 illustre parfaitement ce mécanisme et les pouvoirs du syndic face à un occupant qui refuse l’accès. Dans cette affaire, le syndicat d’un immeuble parisien, confronté à une fuite active traversant le plancher entre le troisième et le deuxième étage, avait mandaté deux sociétés de recherche de fuite. La première constatait une fuite active en provenance de l’étage supérieur et recommandait une mise en pression du réseau ; la seconde concluait : « Impossible de déterminer l’origine exacte de l’infiltration sans test de pression ». Le copropriétaire du lot supérieur refusait l’accès à son appartement, écrivant au syndic : « Je ne souhaite pas mettre nos installations sous pression compte tenu des risques que cela présente », sans proposer d’investigation alternative. Saisi en référé, le tribunal judiciaire de Paris a rappelé que le règlement de copropriété imposait : « Les copropriétaires devront souffrir, sans indemnité l’exécution des réparations qui deviendraient nécessaires aux choses communes et, si besoin est, livrer accès aux architectes, entrepreneurs et ouvriers chargés de conduire ou faire des réparations, notamment celles se rapportant aux canalisations et conduits communes pouvant traverser les locaux ». Constatant une fuite active non jugulée susceptible d’atteindre la structure de l’immeuble, le juge a retenu un trouble manifestement illicite et a statué ainsi : « ORDONNONS à la SCI du Sud Ouest, dans un délai de deux jours à compter de la signification de la présente décision, à laisser accès au lot 25 sis dans le bâtiment B au 3e étage lui appartenant », autorisant à défaut le syndicat, accompagné d’un commissaire de justice, à faire intervenir toute entreprise compétente, avec mise en pression des installations et mesures conservatoires, aux frais avancés du syndicat (tribunal judiciaire de Paris, ordonnance de référé du 27 février 2026, RG 26/51134). L’enseignement est net : face à une fuite active, le refus d’accès ne bloque rien durablement, le juge des référés ordonne l’ouverture sous quarante-huit heures et condamne l’occupant récalcitrant aux dépens et à l’article 700, ici 2 200 euros.

II. Dégât des eaux : que faire pour se faire indemniser vite et contester en cas de refus ?

Obtenir réparation suppose une méthode rigoureuse : déclarer dans les délais, chiffrer au plus juste avec les bons justificatifs, surveiller les plafonds et les exclusions de garantie, puis, en cas de blocage, actionner les bons recours dans le bon ordre. Les assureurs traitent chaque année des centaines de milliers de dossiers de ce type selon des conventions intercompagnies rodées, mais ces circuits standardisés produisent aussi des refus types, des sous-évaluations et des lenteurs que le droit permet de corriger. Cette seconde partie décrit le parcours complet, de la déclaration au procès, avec les montants, les pièces et les décisions qui font la différence.

A. Dégât des eaux : comment déclarer le sinistre et obtenir l’indemnisation ?

Le délai de déclaration conditionne tout. L’article L113-2 du Code des assurances impose à l’assuré : « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. » Les contrats reprennent quasi unanimement ce minimum de cinq jours ouvrés à compter de la découverte du sinistre, et le service public confirme cette règle pour l’assurance dégâts des eaux. Concrètement, une infiltration découverte un samedi doit être déclarée au plus tard le vendredi suivant, week-end et jours fériés exclus du décompte. La déclaration tardive expose à la déchéance de garantie, mais uniquement si le contrat la prévoit et si l’assureur démontre que le retard lui a causé un préjudice, sauf cas fortuit ou force majeure. En pratique parisienne, déclarer le jour même par l’espace en ligne de l’assureur, doublé d’un courrier recommandé électronique décrivant les faits, sécurise totalement ce point. Joindre d’emblée le constat amiable rempli avec le voisin, les premières photographies et la liste des biens endommagés accélère l’ouverture du dossier.

Une fois le dossier ouvert, le circuit d’indemnisation dépend de l’ampleur du sinistre. Pour les petits dossiers, chaque assureur indemnise son propre assuré sans expertise préalable, puis les compagnies apurent leurs comptes entre elles selon la convention IRSI. Pour les sinistres importants, un expert est désigné, parfois deux, un par assureur, avec possibilité d’expertise commune. Trois conseils déterminent le montant final. D’abord, ne jamais jeter les objets endommagés avant le passage de l’expert et conserver factures, photographies d’avant sinistre et bons de garantie. Ensuite, faire établir ses propres devis de remise en état par des artisans indépendants, sans commencer les travaux avant l’expertise, afin de disposer d’un point de comparaison face à l’évaluation de l’expert d’assurance. Enfin, vérifier que l’indemnité couvre la taxe sur la valeur ajoutée quand elle reste à la charge de la victime. Sur ce dernier point, la Cour de cassation vient de trancher avec netteté dans un litige né d’un dégât des eaux affectant un local loué. Visant les textes anciens sur la responsabilité contractuelle, elle rappelle : « le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts, soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution », et : « les dommages et intérêts dus au créancier sont de la perte qu’il a faite et du gain dont il a été privé ». Elle en déduit : « la réparation du préjudice subi suppose la prise en compte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui sera réglée aux entreprises chargées des travaux de réparation des désordres que si cette taxe reste à la charge du créancier de l’indemnité, qui, non assujetti à la TVA, ne peut la récupérer. » Autrement dit, un particulier non assujetti à la TVA doit être indemnisé toutes taxes comprises, tandis qu’un professionnel qui récupère la taxe ne peut l’obtenir qu’hors taxe ; la cour d’appel qui avait alloué une indemnité toutes taxes comprises à une société commerciale sans vérifier sa situation fiscale a vu son arrêt cassé sur ce point (Cour de cassation, troisième chambre civile, 29 janvier 2026, pourvoi n° 23-15.292). Ce même arrêt confirme au passage l’étendue de la garantie dégât des eaux, relevée par les juges du fond : prise en charge des dommages matériels au bâtiment causés par les infiltrations accidentelles et des conséquences pécuniaires de la responsabilité civile vis-à-vis des occupants.

Quand l’assureur a indemnisé sa victime, il peut se retourner contre le responsable grâce à la subrogation légale. L’article L121-12 du Code des assurances énonce : « l’assureur qui a payé l’indemnité d’assurance est subrogé, jusqu’à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l’assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l’assureur. » La cour d’appel de Paris a appliqué ce texte dans un dossier où un assureur habitation avait versé près de 28 000 euros à des copropriétaires victimes de sinistres à répétition, avant d’en réclamer le remboursement aux syndicats et assureurs des immeubles voisins : la cour examine la réalité du paiement subrogatoire, la mobilisation effective de la garantie dégât des eaux pendant la période de validité du contrat, et l’imputabilité des désordres aux tiers attraits (cour d’appel de Paris, pôle 4 chambre 6, 24 mai 2024, RG 23/09883). Pour la victime, l’intérêt de ce mécanisme est direct : même quand le responsable est insolvable ou inconnu, son propre assureur l’indemnise d’abord, puis exerce le recours à ses lieu et place. En cas de refus ou d’offre insuffisante, la contestation suit un ordre précis : réclamation écrite au service concerné avec devis contradictoires, saisine du médiateur de l’assurance après deux mois sans réponse satisfaisante, puis action devant le tribunal judiciaire, avec demande d’expertise judiciaire en référé pour figer techniquement les causes et les chiffrages avant tout débat au fond.

B. Dégât des eaux à Paris et en Île-de-France : quels recours, quels délais, quelles pièces ?

À Paris et dans les départements limitrophes, le contentieux du dégât des eaux présente des traits propres qui tiennent au bâti, aux juridictions et aux pratiques locales. Le parc haussmannien et les immeubles des années 1960-1980 cumulent canalisations en plomb ou en acier vieillissantes, colonnes communes encastrées et toitures-terrasses sollicitées par les épisodes de pluies intenses d’automne : l’automne est statistiquement la saison des déclarations, quand les premières grosses pluies révèlent les défauts d’étanchéité et que les variations de température fissurent les joints. Dans un immeuble parisien, la première démarche consiste à identifier le syndic, professionnel ou bénévole, dont les coordonnées figurent dans le hall ou sur les appels de charges, et à exiger la coupure d’eau collective si la fuite menace les parties communes. Le syndic doit mandater sans délai une entreprise de recherche de fuite non destructive, par écoute acoustique, gaz traceur ou caméra thermique, avant toute ouverture destructive, et communiquer le rapport à tous les occupants concernés.

Quand le dialogue se bloque, le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris statue en quelques semaines. Trois recours types se présentent. Premièrement, l’occupant qui refuse l’accès à son logement pour la recherche de fuite, comme dans l’ordonnance parisienne de février 2026 citée plus haut : assignation en référé sur autorisation à heure indiquée, production du rapport technique recommandant la mise en pression, du constat de commissaire de justice et des courriers restés sans suite, puis ordonnance d’accès sous deux jours avec accompagnement d’un commissaire de justice, dépens et article 700 à la charge du récalcitrant. Deuxièmement, la victime dont l’assureur refuse la garantie ou propose une somme dérisoire : référé-expertise pour faire désigner un expert judiciaire indépendant qui déterminera l’origine, les responsabilités et le chiffrage, sur la base duquel la négociation reprend sur des fondations techniques incontestables. Troisièmement, le bailleur qui n’exécute pas les travaux relevant de sa charge malgré mise en demeure : action au fond devant le tribunal judiciaire avec demande d’autorisation judiciaire de faire exécuter les travaux aux frais du bailleur, de diminution de loyer pour la période de trouble de jouissance, et de dommages et intérêts pour le préjudice subi.

Le dossier parisien qui aboutit est un dossier documenté. Les pièces décisives sont toujours les mêmes : le bail et l’état des lieux d’entrée, les appels de charges identifiant le syndic, les photographies et vidéos datées prises dès la découverte puis à intervalles réguliers, le constat de commissaire de justice parisien dressé dans les quarante-huit heures, le rapport de recherche de fuite avec préconisations techniques, les courriers recommandés adressés au voisin, au bailleur et au syndic avec leurs accusés de réception, la déclaration de sinistre et le constat amiable, les devis de deux artisans indépendants, les factures d’entretien des appareils, et toute correspondance avec l’assureur. Pour vérifier ses droits avant d’agir, chacun peut consulter l’Agence départementale d’information sur le logement de Paris, qui renseigne les particuliers sur la répartition des charges et les démarches, ainsi que les fiches officielles du service public sur l’assurance dégâts des eaux, qui détaillent le délai de cinq jours ouvrés, le constat amiable et la convention IRSI. Côté délais judiciaires, compter quelques semaines pour une ordonnance de référé à Paris en cas d’urgence caractérisée, plusieurs mois pour une expertise judiciaire complète, et douze à vingt-quatre mois pour un jugement au fond devant le tribunal judiciaire de Paris selon l’encombrement du rôle. Anticiper ces durées conduit à une règle simple : traiter l’urgence par le référé et la recherche de fuite dans le mois du sinistre, négocier l’indemnisation sur la base de l’expertise dans les trois à six mois, et n’assigner au fond qu’avec un dossier de pièces complet, faute de quoi le procès s’enlise et le logement continue de se dégrader.

Conclusion

Le dégât des eaux obéit à une logique simple une fois l’origine établie : le locataire paie ce qui relève de son entretien et de ses fautes, le bailleur ce qui relève de la structure et de la vétusté, la copropriété ce qui provient des parties communes, et les assureurs indemnisent chacun leur victime avant d’exercer leurs recours entre eux. La victime qui déclare dans les cinq jours ouvrés, documente par constat et photographies, fait établir ses propres devis et contrôle le traitement de la TVA dans son indemnité se place dans les meilleures conditions pour être indemnisée vite et intégralement. Et quand un occupant fait obstacle à la recherche de fuite ou qu’un assureur refuse sa garantie, le juge des référés parisien tranche en quelques semaines, comme l’a montré l’ordonnance de février 2026 qui force l’accès au logement fuyard sous deux jours. Face à l’eau qui coule, la rapidité documentée vaut toujours mieux que l’attente : chaque semaine perdue aggrave les désordres, complique la preuve et réduit l’indemnité.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».