Fuites, infiltrations — copropriétaires, locataires, bailleurs

Avocat dégât des eaux à Paris : trouver l'origine, puis faire payer le responsable.

Une fuite chez le voisin du dessus, une canalisation commune qui lâche, un bailleur qui tarde à réparer, un assureur qui refuse : chaque dégât des eaux se règle en remontant à la source du dommage. Le responsable n'est pas toujours celui qu'on croit, et l'assureur n'est pas toujours celui qui paie.

L'action contre son propre assureur se prescrit par deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance (article L. 114-1 du code des assurances) : un refus de garantie laissé sans suite peut devenir définitif.

Dégât des eaux · Paris

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Envoyez les constats amiables, les photos, les échanges avec le syndic, le bailleur ou l'assureur et, s'il existe, le rapport d'expertise — première analyse écrite sous 24 à 48 heures.

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Cabinet Kohen Avocats, Paris 17

Dégât des eaux : ce qui décide vraiment du dossier

Maître Reda Kohen, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KohenAvocat au Barreau de Paris

Droit immobilier · Paris 17e

Ce que fait un avocat dégât des eaux à Paris

  • Barreau de Paris
  • Droit immobilier
  • Copropriété et baux

Avocat au Barreau de Paris — copropriété, baux d'habitation et contentieux de l'assurance habitation.

Un dégât des eaux réunit souvent quatre acteurs : l'occupant d'où vient la fuite, son propriétaire, le syndicat des copropriétaires et les assureurs de chacun. L'avocat commence par la question qui commande tout le reste : où se trouve l'origine du dommage, dans une partie privative ou dans une partie commune.

Selon la réponse, le fondement change : trouble anormal de voisinage contre le voisin d'où vient l'eau (article 1253 du code civil), responsabilité du syndicat pour les dommages ayant leur origine dans les parties communes (article 14 de la loi du 10 juillet 1965), obligations du bailleur envers son locataire (article 6 de la loi du 6 juillet 1989 et article 1719 du code civil), ou garantie de l'assureur. Quand l'origine est discutée, l'expertise judiciaire ordonnée en référé avant tout procès fixe les responsabilités (article 145 du code de procédure civile).

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

Fiche officielle sur l'annuaire des avocats de France (CNB)Cabinet au 11 rue Margueritte, 75017 Paris

L'origine d'abord

Une fuite provenant des installations d'un lot n'engage pas le syndicat : sa responsabilité porte sur les dommages qui ont leur origine dans les parties communes (article 14 de la loi du 10 juillet 1965).

Le voisin sans faute reste tenu

Celui qui est à l'origine d'un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage en répond de plein droit, sans qu'une faute soit à prouver (article 1253 du code civil).

L'assureur et ses deux ans

L'action contre son assureur se prescrit par deux ans (article L. 114-1 du code des assurances) : un refus de garantie se conteste rapidement, pièces à l'appui.

Les règles

Voisin, syndicat, bailleur : qui répond de l'eau

Quatre règles organisent la réparation d'un dégât des eaux.

  1. Le propriétaire, le locataire ou l'occupant à l'origine d'un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage est responsable de plein droit du dommage qui en résulte (article 1253 du code civil). Appliquée à des infiltrations venant de l'appartement du dessus, la cour d'appel de Paris retient que le dommage « oblige l'auteur du trouble à le réparer, quand bien même aucune faute ne pourrait être reprochée à celui qui le cause » (CA Paris, pôle 4 ch. 2, 7 février 2024, n° 21/04991).
  2. Le principe vaut entre tous les occupants d'un immeuble en copropriété, « quel que soit le titre de leur occupation » (Cass. 2e civ., 17 mars 2005, n° 04-11.279) : le locataire du dessus peut être poursuivi, comme son propriétaire.
  3. Le syndicat des copropriétaires est responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers ayant leur origine dans les parties communes (article 14 de la loi du 10 juillet 1965) : colonne commune, toiture, façade, canalisation enterrée.
  4. Le bailleur doit assurer au locataire la jouissance paisible du logement et l'entretenir (article 6 de la loi du 6 juillet 1989) ; à défaut, il doit des dommages et intérêts « évalués en fonction de la gravité, de l'intensité et de la durée du trouble » (CA Versailles, 1re ch. 2e sect., 28 novembre 2023, n° 22/03492).

Une exclusion de garantie ne se présume pas : dans l'arrêt du 7 février 2024, la cour d'appel de Paris a jugé que la garantie « dégât des eaux » avait vocation à s'appliquer malgré des installations de fortune, mais au taux réduit prévu par le contrat, l'assureur n'ayant pas démontré de faute intentionnelle de son assuré.

Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre position

La preuve de l'origine et la chronologie des échanges portent tout le dossier.

Position A

Victime de l'eau

  • Photos datées des dégâts et des traces d'humidité
  • Constat amiable dégât des eaux et déclaration de sinistre
  • Échanges avec le voisin, le syndic, le bailleur ou l'agence
  • Devis, factures et rapport de recherche de fuite

Position B

Mis en cause

  • Courrier ou assignation reçus
  • Contrat d'assurance habitation et conditions générales
  • Factures d'entretien de la plomberie et des équipements
  • Tout élément situant la fuite hors de votre lot

Erreurs fréquentes : faire refaire les embellissements avant que l'origine soit établie, ce qui détruit la preuve ; laisser passer le délai de deux ans contre son propre assureur après un refus de garantie.

Le cabinet traite aussi :

  • Troubles de jouissance
  • Charges de copropriété
  • Expertise judiciaire
  • Malfaçons

La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Établir l'origine, puis désigner le bon débiteur.

Étape 1

Premier échange et envoi du dossier

Photos, constats, échanges avec le syndic, le bailleur ou l'assureur : première lecture juridique sous 24 à 48 heures.

Étape 2

Localiser l'origine et le responsable

Partie privative ou partie commune, occupant ou propriétaire, défaut d'entretien ou vétusté : le fondement et la cible de l'action en dépendent.

Étape 3

Réclamation et expertise

Mise en demeure du responsable et de son assureur ; à défaut d'accord, demande d'expertise judiciaire en référé sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile.

Étape 4

Indemnisation

Travaux de reprise, préjudice de jouissance, perte de loyers pour un bailleur, frais exposés : demande chiffrée devant le tribunal ou accord transactionnel.

Lorsque plusieurs assureurs sont en cause, chacun renvoie volontiers vers l'autre. Le cabinet fixe d'abord la responsabilité au regard du droit commun ; la répartition entre assureurs vient ensuite.

Le calendrier

La chronologie d'un dossier de dégât des eaux

Du sinistre à l'indemnisation, côté victime.

  1. Sinistre

    Jour 0. Faire couper l'arrivée d'eau, prendre des photos datées, prévenir le voisin, le syndic ou le bailleur.

  2. Déclaration

    Déclaration à son assureur dans le délai prévu au contrat et constat amiable dégât des eaux signé avec le voisin concerné.

  3. Recherche de fuite

    Intervention d'un professionnel pour localiser l'origine ; son rapport oriente toute la suite.

  4. Réclamation

    Mise en demeure du responsable et de son assureur, avec chiffrage des dommages.

  5. Expertise judiciaire

    Si l'origine ou le montant est contesté : référé-expertise, puis opérations contradictoires de l'expert.

  6. Jugement ou accord

    Condamnation du responsable et, le cas échéant, de son assureur, ou transaction homologuée.

Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune réclamation sans avoir validé ces points.

  • Origine de la fuite : lot privatif ou partie commune, à partir du rapport de recherche et du règlement de copropriété.
  • Qualité des personnes en cause : occupant, propriétaire bailleur, syndicat, entreprise intervenue.
  • Contrats d'assurance de chacun et conditions générales opposées en cas de refus.
  • Délais : deux ans contre son assureur (article L. 114-1 du code des assurances), cinq ans pour l'action en responsabilité (article 2224 du code civil).
  • Préjudices justifiables : devis, factures, quittances de loyer, durée de privation des pièces touchées.

Synthèse

Situation, preuve, délai, action

Les configurations les plus fréquentes, pour fixer rapidement la priorité.

Situation

Fuite récurrente venant de l'appartement du dessus

Preuve décisive : Photos datées, constats successifs, rapport de recherche de fuite.

Délai : Cinq ans pour l'action en responsabilité (article 2224 du code civil).

Action utile : Mise en demeure du voisin et de son propriétaire, puis action pour trouble anormal de voisinage.

Situation

Infiltration par une colonne, la toiture ou la façade

Preuve décisive : Rapport situant l'origine dans une partie commune, courriers au syndic.

Délai : Cinq ans pour l'action en responsabilité.

Action utile : Réclamation au syndicat des copropriétaires (article 14 de la loi du 10 juillet 1965).

Situation

Locataire privé de pièces après un dégât des eaux

Preuve décisive : Bail, échanges avec le bailleur ou l'agence, photos, durée des travaux.

Délai : Dès que les réparations tardent.

Action utile : Mise en demeure du bailleur, puis demande d'indemnisation du préjudice de jouissance.

Situation

Assureur qui refuse sa garantie

Preuve décisive : Lettre de refus, conditions générales et particulières, rapport de l'expert d'assurance.

Délai : Deux ans à compter de l'événement (article L. 114-1 du code des assurances).

Action utile : Contestation écrite motivée, puis action contre l'assureur.

Situation

Voisin qui refuse l'accès pour réparer

Preuve décisive : Courriers de demande d'accès, devis de l'entreprise, constat de la fuite active.

Délai : Immédiat si la fuite se poursuit.

Action utile : Saisine du juge des référés pour obtenir l'accès et les travaux.

Situation

Copropriétaire assigné pour un dégât qu'il conteste

Preuve décisive : Assignation, rapport d'expertise, factures d'entretien de ses installations.

Délai : Avant la première audience.

Action utile : Contester l'origine, appeler en cause le syndicat ou son assureur.

Questions fréquentes

Vos questions : dégât des eaux

Qui paie un dégât des eaux venant de l'appartement du dessus ?

Celui qui est à l'origine d'un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage répond de plein droit du dommage qui en résulte, qu'il soit propriétaire, locataire ou occupant (article 1253 du code civil). La victime n'a pas à prouver une faute : il lui suffit d'établir que l'eau provient de ce lot. Dans un arrêt du 7 février 2024, la cour d'appel de Paris a ainsi retenu, au vu d'une expertise judiciaire, que des infiltrations venant d'installations sanitaires vétustes et non conformes du lot supérieur constituaient un trouble anormal de voisinage entièrement imputable à son propriétaire, condamné avec les assureurs à réparer les travaux et la perte de loyers. Le principe vaut entre tous les occupants d'une copropriété, quel que soit le titre de leur occupation (Cass. 2e civ., 17 mars 2005, n° 04-11.279).

Quand le syndicat des copropriétaires est-il responsable d'une fuite ?

Lorsque le dommage a son origine dans les parties communes : colonne d'eau, descente d'eaux pluviales, toiture, façade ou réseau enterré. L'article 14 de la loi du 10 juillet 1965 rend alors le syndicat responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers, sans préjudice de ses actions récursoires. À l'inverse, une fuite qui provient des installations privatives d'un lot n'engage pas le syndicat : dans l'affaire jugée par la cour d'appel de Paris le 7 février 2024, l'expert avait écarté tout vice de construction ou défaut d'entretien des parties communes, et la responsabilité a été mise à la charge du propriétaire du lot d'où venait l'eau. La lecture du règlement de copropriété, qui définit ce qui est commun et ce qui est privatif, est donc décisive.

Le locataire victime d'un dégât des eaux peut-il obtenir une indemnité de son bailleur ?

Oui, lorsque le bailleur manque à son obligation d'assurer la jouissance paisible du logement et de l'entretenir (article 6 de la loi du 6 juillet 1989 et article 1719 du code civil), par exemple en tardant à faire réaliser les réparations. La cour d'appel de Versailles a jugé le 28 novembre 2023 que ce manquement se répare par des dommages et intérêts « évalués en fonction de la gravité, de l'intensité et de la durée du trouble » : elle a porté l'indemnité d'un locataire privé de la salle de bains et des toilettes de l'étage pendant plus de deux ans à 8 500 euros, en relevant qu'il n'incombait pas au locataire de gérer le chantier de reprise. La preuve repose sur les échanges écrits avec le bailleur ou l'agence et sur les photos datées.

Mon assureur refuse de prendre en charge le dégât des eaux : que faire ?

D'abord, obtenir le refus par écrit et les conditions générales et particulières du contrat. Une exclusion ou une réduction de garantie s'apprécie au regard des stipulations exactes de la police : dans son arrêt du 7 février 2024, la cour d'appel de Paris a jugé que la garantie « dégât des eaux » avait vocation à s'appliquer malgré des installations de fortune, l'assureur ne pouvant appliquer que la réduction de 30 % prévue par son contrat, faute de démontrer une faute intentionnelle de son assuré. Ensuite, agir dans le délai : les actions dérivant d'un contrat d'assurance se prescrivent par deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance (article L. 114-1 du code des assurances).

Faut-il une expertise judiciaire après un dégât des eaux ?

Pas toujours. Lorsque l'origine est claire et que le responsable ou son assureur reconnaît le sinistre, un accord amiable suffit. L'expertise judiciaire devient utile quand l'origine est contestée, quand plusieurs lots ou les parties communes peuvent être en cause, ou quand les dommages sont importants. L'article 145 du code de procédure civile permet de la demander en référé avant tout procès, dès lors qu'existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve des faits. L'expert, désigné par le juge, procède contradictoirement : son rapport fonde ensuite la discussion sur les responsabilités et le montant de la réparation, comme dans les affaires jugées par les cours d'appel de Paris et de Montpellier citées sur cette page.

Le voisin peut-il s'exonérer en invoquant la vétusté de l'immeuble ?

Difficilement, lorsque l'eau provient de son lot. Dans un arrêt du 27 janvier 2026, la cour d'appel de Montpellier rappelle que la responsabilité pour trouble anormal de voisinage joue indépendamment de toute faute et qu'« il suffit pour la victime de démontrer que le trouble trouve son origine dans l'immeuble ». Elle a refusé que le voisin, qui avait laissé en place pendant quatre ans un receveur de douche défaillant, se prévale de la vétusté d'une poutre et d'autres causes pour échapper à sa responsabilité, tout en tenant compte de la part prise par chaque cause dans le dommage. L'analyse de l'expert sur la contribution de chaque cause reste donc déterminante.

Quels préjudices peut-on réclamer après un dégât des eaux ?

Le coût des travaux de reprise des parties endommagées, sur devis ou factures ; le préjudice de jouissance pendant la période où les pièces ont été inutilisables ; pour un bailleur, la perte de loyers subie du fait de l'état du logement ; les frais de recherche de fuite et, le cas échéant, d'expertise. Dans l'affaire jugée le 7 février 2024, la cour d'appel de Paris a confirmé l'indemnisation des travaux et de la perte de loyers des propriétaires du lot inférieur, ainsi que les frais de reprise de la cage d'escalier au profit du syndicat. Chaque poste doit être justifié par une pièce : c'est la condition de son indemnisation.

Combien de temps a-t-on pour agir après un dégât des eaux ?

Deux délais coexistent. L'action en responsabilité contre le voisin, son propriétaire ou le syndicat relève de la prescription de droit commun : cinq ans à compter du jour où la victime a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir (article 2224 du code civil). L'action contre son propre assureur, en revanche, se prescrit par deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance (article L. 114-1 du code des assurances), avec des points de départ particuliers prévus par ce texte. Un refus de garantie doit donc être traité sans attendre.

Le locataire d'où vient la fuite est-il responsable envers son bailleur ?

Le locataire répond des dégradations ou des pertes qui arrivent pendant sa jouissance, à moins qu'il ne prouve qu'elles ont eu lieu sans sa faute (article 1732 du code civil). Une fuite causée par un défaut d'entretien courant ou un usage anormal reste à sa charge ; une fuite due à la vétusté d'une canalisation ou d'un équipement relève au contraire des réparations du bailleur (article 6 de la loi du 6 juillet 1989). Dans l'arrêt du 28 novembre 2023, la cour d'appel de Versailles a refusé d'imputer le sinistre au locataire qui ne s'était absenté que trois jours et avait maintenu le logement hors gel.

Un dégât des eaux à faire indemniser ? Faites le point aujourd'hui.

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