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MaPrimeRénov’ refusée depuis le 1er septembre 2026 : chauffage au gaz, geste exclu, recours et financement des travaux à Paris

Depuis le 1er septembre 2026, de nombreux propriétaires découvrent que leur projet de rénovation n’ouvre plus droit à MaPrimeRénov’. Le couperet tombe parfois après des semaines de devis, d’audit et de montage de dossier : chauffage au gaz conservé dans une maison individuelle, équipement exclu du parcours par geste, isolation de toiture qui ne passe plus. La déception est d’autant plus rude que les travaux sont souvent déjà chiffrés, l’artisan déjà choisi, le calendrier déjà serré avant l’hiver. Cet article explique ce qui a changé exactement, qui est touché, et surtout comment réagir : vérifier l’exclusion, corriger le projet, contester un refus et financer les travaux par d’autres voies. À Paris et en Île-de-France, où les maisons individuelles côtoient les copropriétés anciennes et les logements mis en location, les réflexes diffèrent selon que vous occupez le bien, que vous le louez ou que vous portez un projet en parties communes. Le propos vaut pour les dossiers déposés à compter du 1er septembre 2026 comme pour ceux en cours de préparation, avec les textes applicables, les recours et les pièces à réunir.

I. MaPrimeRénov’ refusée depuis le 1er septembre 2026 : ce qui exclut vraiment votre dossier

La réforme découle du décret n° 2026-822 du 25 août 2026 modifiant le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, complété par l’arrêté du 25 août 2026 modifiant l’arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique et l’arrêté du 25 août 2026 modifiant l’arrêté du 17 novembre 2020 relatif aux caractéristiques techniques et modalités de réalisation des travaux. La présentation officielle de la Direction de l’information légale et administrative résume la mesure centrale : l’aide pour une rénovation d’ampleur ne peut plus être attribuée quand un chauffage au gaz est conservé après les travaux. Avant de contester, il faut donc comprendre sur quel fondement l’Agence nationale de l’habitat (Anah) a rejeté le dossier, car les voies de rattrapage ne sont pas les mêmes selon le parcours concerné.

A. Rénovation d’ampleur en maison individuelle : pourquoi le chauffage au gaz conservé fait perdre l’aide

La mesure la plus commentée vise les maisons individuelles : à compter du 1er septembre 2026, la rénovation d’ampleur financée au titre de MaPrimeRénov’ Parcours accompagné suppose la sortie du gaz. Conserver une chaudière gaz, même récente, même en appoint, même en déclarant qu’elle ne servira presque plus, ferme la porte de l’aide pour ce parcours. Le Gouvernement assume cette logique dans son plan d’électrification : prioriser les projets les plus vertueux pour sortir des énergies fossiles et éviter de financer des rénovations qui maintiennent une dépendance des ménages au gaz et les exposent aux variations futures de son prix. Que le projet soit pertinent sur le plan thermique ne suffit plus : un bouquet de travaux ambitieux qui maintient le gaz est désormais hors champ.

Concrètement, les propriétaires concernés sont ceux qui avaient prévu une isolation complète, le remplacement des menuiseries et la ventilation, tout en gardant la chaudière gaz pour limiter le reste à charge. Ce montage, fréquent parce qu’une pompe à chaleur représente un surcoût et parfois des adaptations de radiateurs, ne passe plus pour l’aide à la rénovation d’ampleur dans les maisons individuelles. Trois situations se présentent. Premièrement, le dossier n’est pas encore déposé : il faut revoir le programme de travaux avant tout dépôt, en arbitrant entre dépose du gaz et renoncement à l’aide sur ce parcours. Deuxièmement, le dossier est déposé mais pas encore notifié : l’instruction applique les règles en vigueur à la date d’examen, et un complément ou une modification du projet peut être demandé. Troisièmement, le dossier est refusé après le 1er septembre : la décision mentionne le motif, et c’est ce motif qui détermine la suite, modification du projet ou contestation.

L’erreur la plus coûteuse consiste à signer un devis qui fige le maintien du gaz puis à déposer le dossier en espérant une tolérance. Il n’existe pas de tolérance annoncée pour les chaudières conservées en secours ou pour les hybrides qui associent pompe à chaleur et appoint gaz dès lors que l’installation gaz subsiste après travaux dans une maison individuelle. Les devis doivent donc distinguer clairement la dépose, le remplacement et le raccordement du nouvel équipement, avec des libellés qui permettent à l’instructeur de constater la sortie du gaz sans ambiguïté. Les attestations sur l’honneur ne remplacent pas les pièces : ce sont les devis détaillés, les fiches techniques et, le cas échéant, le rapport d’audit énergétique qui portent la preuve du contenu réel des travaux.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) joue ici un rôle de boussole. La loi le définit comme le document qui comporte « la quantité d’énergie effectivement consommée ou estimée, exprimée en énergie primaire et finale », ainsi que les émissions de gaz à effet de serre et des recommandations de travaux (article L126-26 du code de la construction et de l’habitation). Les bâtiments sont classés de A à G, la classe G visant les logements « Extrêmement peu performants Classe G » (article L173-1-1 du code de la construction et de l’habitation). Un DPE avant travaux et une projection après travaux permettent de mesurer le saut de classe et d’arbitrer entre deux scénarios, l’un avec sortie du gaz éligible à l’aide, l’autre sans aide mais avec un reste à charge assumé. Gardez ces documents : en cas de litige ultérieur avec un diagnostiqueur ou un artisan, ils établissent ce qui avait été promis et mesuré.

La jurisprudence rappelle que le DPE n’est pas un simple papier informatif. Dans une vente de maison d’habitation où « une expertise a révélé que le diagnostic de performance énergétique (DPE) était erroné », la Cour de cassation a rejeté le pourvoi des acquéreurs qui réclamaient le coût complet de l’isolation, en maintenant une indemnisation du diagnostiqueur sur le terrain de la perte de chance (Cass. 3e civ., 21 nov. 2019, n° 18-23.251). La leçon pour un porteur de travaux est directe : un DPE faux ne donne pas automatiquement droit au remboursement intégral des travaux, mais il ouvre une action contre le diagnostiqueur, et la qualité du diagnostic initial conditionne tout le montage financier. Plus récemment, des acquéreurs ont fait établir après achat un second DPE dégradé par rapport à celui de la vente : « Le DPE transmis dans le cadre de la vente, établi le 28 juin 2019 par Monsieur [B] [H] exerçant sous l’enseigne DELTA DIAGNOSTIC, est classé C avec une valeur de 143 kWhEP/m².an », tandis que « les époux [C] ont fait réaliser un nouveau DPE le 19 juin 2020 classé en D avec une valeur de 184 kWhEP/m².an » (TJ Bordeaux, 7e ch. civ., 11 juin 2026, RG 23/09245, décision n° 6a2bc81dcdc6046d4708a9be). Ce contentieux, qui oppose les acheteurs au diagnostiqueur et à son assureur, montre l’importance de faire vérifier un DPE douteux avant d’engager des dizaines de milliers d’euros.

Pour un propriétaire occupant ou bailleur d’une maison en grande couronne parisienne, la question pratique se résume ainsi : soit le projet intègre la dépose du gaz et vise l’aide à la rénovation d’ampleur, soit il conserve le gaz et doit se financer sans cette aide, par certificats d’économies d’énergie, éco-prêt à taux zéro ou fonds propres. Trancher tôt évite de payer un audit orienté vers un scénario devenu inéligible. Et lorsque le refus est déjà tombé, la première démarche utile reste de demander à l’Anah la motivation exacte et la base réglementaire visée, plutôt que de renvoyer le même dossier sans changement.

B. Parcours par geste : quels chauffages, eaux chaudes, ventilations et isolations ne sont plus aidés

Le second volet de la réforme passe souvent inaperçu alors qu’il touche des projets modestes et très courants. À compter du 1er septembre 2026, le Parcours par geste ne finance plus une série d’équipements : chauffage ou eau chaude fonctionnant au bois ou autres biomasses en équipement indépendant, pompe à chaleur dédiée à la seule eau chaude sanitaire, système de ventilation pris isolément, équipement de chauffage pris isolément, équipements solaires thermiques ou hybrides pour le chauffage ou l’eau chaude, sauf pour l’Outre-mer s’agissant du solaire thermique pour l’eau chaude. Les travaux d’isolation thermique sont également exclus du Parcours par geste à compter de la même date, notamment l’isolation des rampants de toiture, des plafonds de combles et des toitures terrasses.

Cette liste mérite une lecture attentive car elle bouleverse des réflexes bien ancrés. Poser une ventilation seule pour traiter l’humidité, changer uniquement la chaudière, ajouter un ballon thermodynamique ou isoler des combles en une seule intervention relevait typiquement du geste isolé. Depuis septembre 2026, ces gestes seuls ne portent plus l’aide sur ce parcours. Cela ne signifie pas que ces travaux sont interdits ou inutiles : cela signifie qu’ils doivent s’inscrire dans un projet global accompagné, ou se financer autrement. Un artisan qui propose encore un devis « avec MaPrimeRénov’ geste » pour une isolation de rampants après le 1er septembre 2026 engage sa crédibilité, et le client qui signe sur cette promesse s’expose à un refus sec.

Le piège des devis mixtes guette les copropriétaires comme les propriétaires de maisons. Un devis qui mélange un geste exclu et un geste encore éligible, sans ventilation des prix ligne par ligne, complique l’instruction et expose à un rejet global ou à une réduction que le client n’avait pas anticipée. Exigez des devis qui isolent chaque poste, chaque équipement et chaque surface, avec les marques, les performances et les normes. Les arrêtés techniques fixent les caractéristiques exigées, et l’arrêté du 25 août 2026 modifiant l’arrêté du 17 novembre 2020 relatif aux caractéristiques techniques et modalités de réalisation des travaux resserre précisément ce cadre. Un devis vague est une invitation au refus.

La vente d’un logement concerné par ces travaux impose aussi de soigner le dossier de diagnostic. En cas de vente d’un immeuble bâti, « un dossier de diagnostic technique, fourni par le vendeur, est annexé à la promesse de vente ou, à défaut de promesse, à l’acte authentique de vente » (article L271-4 du code de la construction et de l’habitation), et ce dossier comprend « Le diagnostic de performance énergétique et, le cas échéant, l’audit énergétique prévus aux articles L. 126-26 et L. 126-28-1 du présent code ». Par ailleurs, « le propriétaire tient le diagnostic de performance énergétique à la disposition de tout candidat acquéreur ou locataire » lorsque l’immeuble est offert à la vente ou à la location (article L126-28 du code de la construction et de l’habitation). Un vendeur qui a engagé des travaux entre le compromis et l’acte, ou un bailleur qui rénove entre deux locataires, doit donc actualiser ce que le candidat a vu : un DPE antérieur aux travaux ne reflète plus la réalité et nourrit les litiges.

Les montages avec avance de l’aide méritent une vigilance redoublée dans ce contexte d’exclusions. La cour d’appel de Paris a décrit un schéma où un prestataire avait reçu « la mission de prendre en charge l’ensemble des démarches administratives auprès de l’ANAH, préfinancer les travaux en lui versant directement un acompte provisionnel correspondant au montant estimé de la prime MaPrimeRenov’ et de gérer la récupération de la totalité de la prime auprès de l’ANAH une fois le dossier relatif à la réalisation des travaux transmis et validé par cette dernière », avant de confirmer une condamnation « à titre de provision, la somme de 16.500 euros » contre l’entreprise de travaux (CA Paris, Pôle 1 ch. 8, 3 juil. 2026, RG 25/13482, décision n° 6a4cb85893c619cd1f770578). Quand l’aide espérée ne vient pas parce que le geste est exclu ou que le gaz est maintenu, le conflit se déplace vers l’acompte préfinancé : qui supporte le trou, l’entreprise, l’intermédiaire ou le ménage. Lisez les conventions de préfinancement avant de signer, et refusez toute clause qui vous rend débiteur automatique de l’acompte si l’Anah rejette un dossier monté sur une base devenue inéligible.

En pratique, face à un refus sur le parcours par geste, trois questions tranchent : le devis porte-t-il sur un équipement ou une isolation désormais exclu, la date de dépôt ou de fait générateur place-t-elle le dossier sous le régime postérieur au 1er septembre 2026, et existe-t-il un parcours alternatif, accompagné ou copropriété, qui absorberait ces travaux dans un projet global éligible. Si la réponse aux deux premières questions est oui, la contestation frontale a peu de chances : mieux vaut reconstruire le projet. Si le refus semble reposer sur une mauvaise qualification de l’équipement, alors la contestation documentée, fiche technique à l’appui, reprend tout son sens.

II. Garder l’aide, contester un refus et financer vos travaux à Paris et en Île-de-France

Un refus n’est jamais une fin en soi : c’est une décision administrative motivée, qui se lit, se discute et parfois se corrige. Encore faut-il agir dans les délais, avec les bonnes pièces et dans le bon ordre. À Paris et en Île-de-France, où les projets mêlent maisons individuelles en petite et grande couronne, appartements en copropriété et logements mis en location sous encadrement des loyers, la stratégie gagnante combine trois leviers : sécuriser l’éligibilité restante, exercer les recours utiles et mobiliser les financements complémentaires. Les développements qui suivent détaillent cette méthode, avec les textes qui fondent chaque étape et les points de vigilance propres au ressort parisien.

A. Vérifier l’éligibilité restante, corriger le projet et contester : délais, pièces et recours qui aboutissent

Commencez par la lecture froide de la décision de refus. Une décision régulière indique le motif précis, la disposition appliquée et les voies et délais de recours. Si le motif vise le gaz conservé en maison individuelle ou un geste exclu, rapprochez-le des devis déposés : l’exclusion est-elle caractérisée ou l’instructeur a-t-il mal qualifié l’équipement. Les erreurs de qualification existent, notamment sur les pompes à chaleur mixtes, les ballons associés et les systèmes hybrides. Une fiche technique du fabricant, un schéma hydraulique et une attestation de l’artisan sur la dépose effective permettent parfois de lever l’ambiguïté sans contentieux.

Le recours gracieux est l’étape naturelle quand le dossier peut être corrigé. Le code des relations entre le public et l’administration pose que « Toute décision administrative peut faire l’objet, dans le délai imparti pour l’introduction d’un recours contentieux, d’un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai » (article L411-2 du code des relations entre le public et l’administration). Concrètement, écrivez à l’autorité qui a refusé, dans le délai du recours contentieux, en joignant les pièces nouvelles : devis rectifié avec dépose du gaz, nouvelle fiche technique, audit révisé, attestation de non-conservation d’un appoint fossile. Ce recours interrompt le délai contentieux et rouvre souvent un dialogue avec l’instructeur. Joignez toujours l’accusé de réception et conservez la preuve du dépôt.

Le recours contentieux obéit à un délai strict : « dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée » (article R421-1 du code de justice administrative). Le tribunal compétent est en principe celui du lieu de situation de l’immeuble ou de l’autorité décisionnelle selon les règles de compétence, et la requête doit soulever des moyens précis : erreur de qualification de l’équipement, erreur sur la date applicable, méconnaissance de la portée de l’exclusion, défaut de motivation. Un recours qui se borne à invoquer la bonne foi ou la modicité des revenus, sans discuter la qualification technique, a peu de chances d’emporter l’annulation. Faites relire la requête par un avocat qui connaît le contentieux des aides : la technicité des arrêtés du 25 août 2026 rend l’à-peu-près fatal.

Corriger le projet est souvent plus rentable que plaider sur un dossier figé. Quatre reconstructions reviennent en pratique. Premièrement, basculer un geste isolé exclu vers un parcours accompagné global, en ajoutant les postes qui font le saut de performance et en confiant le montage à un accompagnateur agréé. Deuxièmement, remplacer le maintien du gaz par une dépose et une pompe à chaleur correctement dimensionnée, avec adaptation éventuelle des émetteurs. Troisièmement, découper le projet en phases : traiter d’abord ce qui reste éligible, puis financer le reste par d’autres dispositifs. Quatrièmement, pour les équipements solaires thermiques ou hybrides exclus en métropole sur le parcours par geste, vérifier si un parcours global ou une aide locale les réintègre dans un bouquet.

Les pièces font la différence entre un recours qui prospère et un recours rejeté. Constituez un dossier miroir de celui de l’Anah : décision de refus, accusé de dépôt initial, devis détaillés et rectifiés, fiches techniques avec références et performances, audit énergétique avant et après projet, DPE en cours de validité, photos datées des installations existantes, échanges avec l’artisan et l’accompagnateur, convention de préfinancement s’il y en a une. Chaque affirmation doit renvoyer à une pièce numérotée. Les juridictions administratives jugent sur pièces, et un équipement dont la nature fossile ou non n’est pas démontrée sera traité au détriment du demandeur.

Anticipez aussi le calendrier judiciaire et financier. Un recours gracieux suspend rarement le besoin de travaux avant l’hiver : infiltrations, chaudière en fin de vie, toiture à reprendre. Si les travaux sont urgents, faites établir un constat d’huissier, devenu commissaire de justice, de l’état initial, puis engagez les travaux indispensables en documentant chaque étape, sans préjuger de l’issue du recours sur l’aide. Séparez dans la comptabilité ce qui relève de l’urgence et ce qui relève de l’amélioration énergétique : cette distinction servira autant pour l’aide que pour un éventuel litige avec l’entreprise.

Enfin, tirez les conséquences d’un refus définitif plutôt que de le subir. Un refus devenu définitif sur un parcours n’interdit pas de déposer un nouveau projet modifié, dès lors qu’il respecte les nouvelles conditions et qu’aucune règle ne l’exclut pour cause de travaux déjà réalisés. Vérifiez avant tout commencement d’exécution les règles d’antériorité du nouveau dépôt : commencer les travaux avant l’accusé de réception ou avant l’autorisation requise peut faire perdre l’aide une seconde fois. La discipline procédurale compte autant que la qualité thermique.

B. Copropriété parisienne, DPE collectif, bailleurs et autres financements : que faire quand MaPrimeRénov’ ne paie plus

À Paris et en Île-de-France, une grande partie des projets ne se joue pas en maison individuelle mais en copropriété. Le troisième parcours, MaPrimeRénov’ Copropriété, finance les parties communes et certains travaux d’intérêt collectif en parties privatives, et il n’est pas visé de la même façon par l’exclusion gaz des maisons individuelles. Pour un appartement parisien, la question n’est donc pas seulement mon geste est-il exclu, mais si mon projet relève du bon parcours. Une isolation de toiture-terrasse ou des rampants qui ne passe plus en geste individuel peut retrouver un cadre dans une rénovation globale votée en assemblée générale, adossée à un diagnostic partagé.

Le DPE collectif structure désormais ces décisions. La loi impose que « Tout bâtiment d’habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013 dispose d’un diagnostic de performance énergétique réalisé dans les conditions prévues à l’article L. 126-26 » (article L126-31 du code de la construction et de l’habitation), renouvelé ou mis à jour tous les dix ans. Dans les copropriétés parisiennes anciennes, ce document, combiné au plan pluriannuel de travaux, hiérarchise les interventions : toiture, chaufferie collective, ventilation, menuiseries. Un copropriétaire qui envisageait un geste isolé a intérêt à porter le sujet en assemblée plutôt que de financer seul un poste exclu. Les syndics professionnels du ressort parisien connaissent ces parcours, mais l’ordre du jour doit être préparé : demande d’inscription, devis comparés, projet de résolution et, si besoin, désignation d’un assistant à maîtrise d’ouvrage.

Les bailleurs parisiens doivent intégrer une contrainte supplémentaire : la performance énergétique conditionne la mise en location, et les logements les plus énergivores, ceux de la classe G au sens des seuils qui définissent les catégories jusqu’aux logements « Extrêmement peu performants Classe G » (article L173-1-1 du code de la construction et de l’habitation), portent les risques juridiques les plus lourds. Un bailleur qui perd une aide au geste ne peut pas répercuter la déception sur le locataire en augmentant le loyer au-delà de l’encadrement ni en laissant un logement indécent. La réponse passe par la requalification du projet en rénovation globale, par la mobilisation des certificats d’économies d’énergie et par l’éco-prêt à taux zéro, dont les conditions d’articulation avec MaPrimeRénov’ doivent être vérifiées poste par poste. Les loyers encadrés à Paris rendent chaque euro d’aide décisif : un projet sans aide doit être recalibré avant signature, pas après.

Les financements alternatifs ne manquent pas, mais ils ont chacun leur logique. Les certificats d’économies d’énergie reposent sur les fournisseurs d’énergie et financent des opérations standardisées, avec leurs propres fiches et leurs contrôles ; ils peuvent prendre le relais sur des gestes exclus de MaPrimeRénov’, à condition de respecter leur formalisme avant signature du devis. L’éco-prêt à taux zéro finance le reste à charge sans intérêt, avec des bouquets et des performances exigés. Les aides locales d’Île-de-France et de la Ville de Paris, notamment pour les copropriétés via les dispositifs d’accompagnement, complètent l’édifice pour l’ingénierie et parfois pour les travaux. Aucune de ces aides ne se cumule automatiquement : chaque règlement impose ses plafonds, ses ordres de dépôt et ses justificatifs. Un tableau de financement unique, tenu à jour, évite les doubles déclarations et les reversements.

Le contentieux avec les professionnels prend à Paris une coloration particulière : prix élevés, délais contraints, entreprises débordées avant l’hiver. Quand un artisan a promis une aide devenue impossible, trois actions se combinent. D’abord, exiger par écrit la base réglementaire de sa promesse et la version du devis conforme aux arrêtés du 25 août 2026. Ensuite, suspendre tout acompte complémentaire tant que l’éligibilité n’est pas rétablie sur un parcours réel. Enfin, en cas de travaux mal exécutés adossés à un DPE erroné, action contre le diagnostiqueur et son assureur, sur le modèle des affaires jugées à Bordeaux et devant la Cour de cassation, en sachant que l’indemnisation se mesure souvent en perte de chance de négocier ou de décider, comme l’a fixé l’arrêt du 21 novembre 2019 (Cass. 3e civ., 21 nov. 2019, n° 18-23.251), plutôt qu’en remboursement intégral automatique. Pour les litiges entre professionnels de la rénovation sur le préfinancement de l’aide, l’ordonnance parisienne de mai 2025 confirmée en juillet 2026 montre que le juge des référés n’hésite pas à allouer une provision quand l’obligation n’est pas sérieusement contestable (CA Paris, 3 juil. 2026, RG 25/13482, décision n° 6a4cb85893c619cd1f770578).

Pour les lecteurs qui préparaient l’achat d’une passoire thermique à rénover, le lien avec notre dossier récent sur l’achat d’une passoire, le DPE opposable et les recours quand le DPE est faux reste utile : acheter une passoire thermique en septembre 2026, DPE et recours si le DPE est faux. Lisez-le comme le volet acquisition du présent dossier, centré ici sur le financement des travaux après le 1er septembre 2026. À Paris et en Île-de-France, juridiction compétente, délais pratiques et pièces à préparer varient peu d’un arrondissement à l’autre, mais les délais d’assemblée générale en copropriété et les contraintes d’accès aux chaufferies collectives allongent les calendriers : anticipez les votes et les autorisations, faites dater chaque pièce et gardez la preuve des dépôts.

Conclusion

Le 1er septembre 2026 marque une rupture nette : en maison individuelle, garder le gaz ferme l’aide à la rénovation d’ampleur, et une série de gestes isolés, du chauffage seul à la ventilation seule et à certaines isolations de toiture, ne passe plus par le parcours par geste. Ce durcissement, porté par le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 et ses arrêtés d’application, ne condamne pas pour autant les projets sérieux. Il impose de choisir le bon parcours, de corriger les devis, de documenter la sortie des fossiles quand elle est requise et, en cas de refus contestable, d’exercer le recours gracieux puis, dans les deux mois, le recours contentieux sur des moyens techniques précis. Les textes sur le DPE, le dossier de diagnostic en vente et le DPE collectif donnent le cadre, et la jurisprudence récente sur les DPE erronés et le préfinancement de l’aide montre que les promesses non tenues se paient. À Paris et en Île-de-France, copropriétés, bailleurs et occupants ont chacun leur voie : rénovation globale votée, bouquet accompagné ou financement alternatif. Le bon réflexe reste le même : lire le motif du refus, reconstruire vite un projet éligible et sécuriser chaque pièce avant de signer.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».