Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Moisissure sur les murs en location : droits du locataire et recours contre le propriétaire

Des taches noires apparaissent autour des fenêtres. La peinture cloque derrière un meuble. Une odeur d’humidité reste dans la chambre, même après aération. Le bailleur répond parfois que le locataire ne chauffe pas assez, que le logement est ancien, ou qu’un coup de peinture suffira.

Pourtant, des moisissures dans un logement loué ne sont pas un simple désagrément esthétique. Elles peuvent révéler un défaut d’aération, une infiltration, un pont thermique, une fuite, un défaut d’entretien du bâti ou une indécence du logement.

L’actualité juridique récente rend le sujet plus concret. Dans un arrêt du 4 juin 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation a rappelé que l’obligation de délivrer un logement décent dure pendant toute la location. Le locataire peut donc demander des travaux tant que le manquement persiste, mais son indemnisation est en principe limitée aux trois années précédant sa demande en justice.

Cette distinction change la stratégie. Il ne suffit pas de dire que le logement est humide depuis longtemps. Il faut prouver l’état du logement, dater les alertes, demander les bons travaux et agir sans laisser s’accumuler les années.

Moisissures et humidité : quand le logement devient-il non décent ?

Le bailleur doit remettre au locataire un logement décent.

L’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le bailleur est tenu de délivrer un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé du locataire. Il doit aussi entretenir les locaux en état de servir à l’usage prévu par le bail et y faire les réparations qui ne sont pas locatives : article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.

Le décret du 30 janvier 2002 fixe les caractéristiques du logement décent. Il renvoie notamment à la protection contre les infiltrations, à l’aération suffisante, à la sécurité et à la santé des occupants : décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002.

En pratique, une simple trace localisée ne suffit pas toujours à caractériser l’indécence. Le point décisif est l’ensemble des faits.

La moisissure revient-elle après nettoyage ?

Touche-t-elle une chambre, une pièce de vie ou plusieurs murs ?

Existe-t-il une infiltration, une fuite, une ventilation absente ou inefficace ?

Le logement sent-il l’humidité ?

Les meubles, vêtements ou documents sont-ils abîmés ?

Le locataire ou un enfant présente-t-il des symptômes respiratoires ou allergiques ?

Le bailleur a-t-il été alerté et depuis quand ?

Un dossier solide repose rarement sur une photographie isolée. Il repose sur une chronologie.

Le bailleur peut-il dire que le locataire est responsable ?

Oui, le bailleur peut le soutenir. Cela ne suffit pas à le libérer.

Dans beaucoup de dossiers, le débat porte sur l’origine de l’humidité. Le bailleur invoque un défaut d’aération, un chauffage insuffisant, du linge séché dans le logement ou des meubles collés aux murs. Le locataire invoque une fuite, une façade dégradée, une VMC absente, un logement mal isolé ou une infiltration en toiture.

Le juge ne tranche pas sur impression. Il regarde les preuves.

Le locataire doit donc montrer qu’il utilise normalement le logement. Il peut conserver ses factures d’énergie, les échanges avec le bailleur, les photos datées, les relevés d’humidité, les attestations, les constats et les signalements.

Le bailleur, de son côté, doit prendre les alertes au sérieux. Il ne peut pas se contenter d’accuser le locataire si des désordres du bâti apparaissent ou si le problème revient malgré une occupation normale.

Une expertise peut devenir utile lorsque chacun accuse l’autre. Elle permet d’identifier l’origine probable : condensation liée à un défaut de ventilation, infiltration, remontées capillaires, fuite encastrée, pont thermique ou défaut d’isolation.

Ce qu’il faut demander par écrit

Le locataire doit éviter les échanges uniquement oraux.

La première demande doit décrire les désordres. Elle doit indiquer les pièces touchées, la date d’apparition, les conséquences concrètes et les démarches déjà effectuées.

Elle doit demander une visite ou une intervention technique.

Elle peut demander la réparation de la cause de l’humidité : fuite, ventilation, étanchéité, isolation, reprise d’un mur, traitement d’une infiltration.

Elle peut aussi demander la remise en état des surfaces dégradées, mais seulement après traitement de la cause. Repeindre un mur humide sans supprimer l’origine du problème ne règle rien.

Si le logement devient difficile à occuper, le locataire peut demander une réduction amiable du loyer ou une indemnisation du trouble de jouissance. Cette demande doit rester chiffrée avec prudence et s’appuyer sur la durée, l’étendue des désordres et les pièces inutilisables.

Il ne faut pas arrêter de payer le loyer seul. Une suspension unilatérale expose à une procédure d’impayés. Lorsque le dossier le justifie, il faut demander une consignation, une réduction judiciaire ou des mesures urgentes dans un cadre sécurisé.

Travaux, indemnisation et délai : ce que dit l’arrêt du 4 juin 2026

La Cour de cassation a clarifié un point important dans son arrêt du 4 juin 2026.

Elle affirme d’abord que : « L’obligation de délivrance d’un logement décent, continue, est exigible pendant toute la durée du bail » (Cass. 3e civ., 4 juin 2026, n° 24-11.437, publié au Bulletin).

Elle ajoute ensuite que le locataire peut poursuivre les travaux tant que le manquement perdure, mais que la réparation financière des conséquences du manquement est limitée à la période de trois ans précédant la demande en justice : Cour de cassation, 3e chambre civile, 4 juin 2026, n° 24-11.437.

Cela signifie deux choses.

D’abord, si les moisissures existent encore, le locataire peut demander l’exécution forcée des travaux nécessaires. Le bailleur ne peut pas répondre que le problème est trop ancien pour être réparé.

Ensuite, si le locataire demande de l’argent pour le trouble subi, il doit faire attention au délai. Une demande tardive peut limiter l’indemnisation aux trois dernières années, même si le logement était humide depuis plus longtemps.

Le bon réflexe consiste donc à agir tôt. Il faut mettre en demeure, conserver les preuves, faire constater si nécessaire, puis saisir le juge si le bailleur ne réagit pas.

Quelles preuves réunir avant d’agir ?

Le dossier doit être préparé avant la mise en demeure ou, au plus tard, avant la saisine du juge.

Il faut réunir le bail, l’état des lieux d’entrée, les diagnostics annexés, les échanges avec le bailleur ou l’agence, les photos datées, les vidéos si elles sont utiles, les factures de chauffage, les relevés d’humidité, les éventuels rapports de plombier, couvreur, expert, syndic ou assurance.

Si les moisissures touchent la santé, il faut conserver les certificats médicaux, ordonnances et échanges utiles, sans surcharger le dossier avec des pièces sans lien.

Si le problème vient d’une partie commune, il faut demander au bailleur ou au syndic les éléments de copropriété disponibles : recherche de fuite, procès-verbal d’assemblée générale, devis, intervention d’entreprise, déclaration d’assurance.

Si le logement est à Paris ou dans une grande ville, un signalement auprès des services compétents peut être utile. Il faut alors conserver l’accusé de réception, les comptes rendus de visite et les courriers administratifs.

Un constat de commissaire de justice peut être pertinent lorsque les désordres sont visibles et contestés. Il est surtout utile si le bailleur minimise le problème ou si une audience est probable.

Peut-on demander une baisse de loyer ?

Oui, mais la baisse de loyer ne se décrète pas seul.

Le locataire peut la demander amiablement lorsque le logement est partiellement inutilisable ou lorsque les désordres affectent la jouissance normale. Il peut aussi la demander au juge, avec les travaux et l’indemnisation.

Le montant dépend des faits.

Une chambre rendue inutilisable ne se traite pas comme une petite trace dans un angle de salle de bain.

Un problème résolu en quelques semaines ne se traite pas comme une humidité persistante pendant plusieurs hivers.

Une famille avec enfant exposée à des moisissures dans une chambre ne se traite pas comme un désordre mineur dans un local secondaire.

Le juge regarde l’intensité, la durée, la preuve du signalement, la réaction du bailleur et la part du logement atteinte.

Le bailleur peut-il faire seulement un nettoyage ou une peinture ?

Parfois, un nettoyage suffit si la cause est ponctuelle et corrigée.

Mais si la moisissure revient, repeindre ne suffit pas. Le bailleur doit traiter la cause.

Il faut donc distinguer trois niveaux.

Le premier niveau est l’entretien courant. Le locataire nettoie, aère, chauffe normalement et évite les usages manifestement anormaux.

Le deuxième niveau est l’intervention technique simple : vérification d’une VMC, réparation d’une fuite, débouchage d’une évacuation, reprise d’un joint, contrôle d’une fenêtre.

Le troisième niveau relève du bailleur ou de la copropriété : infiltration de façade, toiture, canalisation encastrée, isolation défaillante, pont thermique important, ventilation structurellement insuffisante.

La mise en demeure doit viser le bon niveau. Une demande vague de « régler l’humidité » est moins efficace qu’une demande de recherche de fuite, de diagnostic ventilation, de reprise d’infiltration et de remise en état après traitement de la cause.

Paris et Île-de-France : les bons réflexes

À Paris et en Île-de-France, les dossiers d’humidité concernent souvent des immeubles anciens, des petites surfaces, des logements en rez-de-chaussée, des derniers étages, des chambres mal ventilées ou des appartements donnant sur cour.

Le locataire doit agir rapidement, surtout si le logement est occupé par un enfant, une personne âgée ou une personne fragile.

Le bailleur doit aussi réagir vite. Une inertie prolongée transforme un désordre technique en contentieux de décence, de trouble de jouissance et parfois de santé.

En cas de copropriété, il faut identifier si la cause vient d’une partie privative ou commune. Cela ne dispense pas le bailleur de répondre au locataire. Le bailleur doit, si nécessaire, mobiliser le syndic, l’assurance ou l’entreprise compétente.

Pour une action judiciaire, le tribunal compétent est en principe celui du lieu de situation du logement. En bail d’habitation, le dossier relève du juge des contentieux de la protection.

Ce qu’il faut retenir

Des moisissures dans une location doivent être traitées comme un problème de preuve avant d’être traitées comme un conflit.

Le locataire doit dater les alertes, photographier, écrire, demander les travaux et éviter d’arrêter seul le loyer.

Le bailleur doit vérifier l’origine du désordre et traiter la cause, pas seulement repeindre.

Lorsque le logement devient non décent, le locataire peut demander des travaux, une réduction de loyer et une indemnisation. Depuis l’arrêt du 4 juin 2026, il faut retenir une règle simple : les travaux peuvent être demandés tant que le manquement dure, mais l’indemnisation financière doit être réclamée sans attendre.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Le cabinet peut examiner votre bail, vos photos, vos échanges avec le bailleur, les constats et les premières preuves disponibles.

Une consultation téléphonique en 48 heures permet d’identifier les demandes utiles : mise en demeure, constat, travaux, réduction de loyer, indemnisation ou référé.

Pour un logement situé à Paris ou en Île-de-France, vous pouvez appeler le cabinet au 06 46 60 58 22.

Vous pouvez aussi transmettre les documents utiles depuis le formulaire de contact du cabinet.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse : 80 € TTC
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».