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Maître Reda KOHEN
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Logement inoccupé à la Toussaint 2026 : cambriolage, assurance et bail, que prévoir avant de partir ?

Samedi 17 octobre 2026, après les cours, les trois zones scolaires basculent en vacances de la Toussaint jusqu’au lundi 2 novembre. Des centaines de milliers de logements vont rester inoccupés pendant une ou deux semaines, et c’est exactement la période où chaque détail compte : une serrure qui accroche, des volets restés ouverts, un courrier qui déborde de la boîte aux lettres. Le 6 octobre, le service statistique du ministère de l’Intérieur a publié son bulletin Interstats Conjoncture n° 133 d’octobre 2026 : les cambriolages de logements enregistrés sont restés stables en septembre 2026, en baisse de 2 % sur juillet-septembre par rapport à avril-juin, avec une tendance décrite comme stable depuis le quatrième trimestre 2024. Bonne nouvelle en apparence, mais qui ne dit rien du risque pour une adresse précise pendant la Toussaint.

La réponse tient en trois points. Avant de partir, le travail utile porte sur les accès, la discrétion et une personne de confiance munie des clés, plus l’inscription à l’Opération tranquillité vacances, le dispositif de surveillance des forces de l’ordre. Après une effraction, l’ordre est impératif : appeler le 17, ne rien toucher, faire constater, porter plainte même contre X, puis déclarer vite à l’assureur, car le délai minimal en cas de vol est de deux jours ouvrés. Enfin, la facture ne tombe pas toujours où l’on croit : la porte fracturée par un tiers n’est pas une réparation locative ordinaire, la garantie vol suppose des moyens de protection conformes au contrat, et la déchéance pour déclaration tardive exige un préjudice prouvé par l’assureur.

Réserve importante avant d’entrer dans le détail : chaque situation dépend du bail signé, du contrat d’assurance souscrit et du règlement de copropriété, qui priment sur toute analyse générale. Les décisions citées sont rappelées avec leurs références exactes et ne promettent aucun résultat pour un autre litige. Les chiffres nationaux décrivent la délinquance enregistrée, pas le risque d’un immeuble, et seul le juge tranche en cas de désaccord.

I. Avant de partir : fermer, confier et signaler son absence

A. Les accès, le courrier et la personne de confiance

La première vérification est matérielle et doit intervenir assez tôt pour laisser le temps d’appeler un artisan si besoin : portes, fenêtres et volets doivent fermer correctement. Une serrure qui accroche, un verrou mal fixé ou une fenêtre qui ferme difficilement se règlent avant les valises, pas depuis l’autoroute. La gendarmerie recommande en outre de ranger sous clé les outils et les échelles qui pourraient faciliter une intrusion, et de ne jamais cacher une clé à l’extérieur, sous le paillasson ou dans la boîte aux lettres. Si un proche doit passer, la clé lui est remise en main propre, avec des consignes précises : relever le courrier, ouvrir puis refermer les volets, signaler tout problème visible. Un courrier qui s’accumule et des volets clos en permanence sont des signaux d’absence que les locataires et propriétaires ont intérêt à effacer.

La discrétion fait partie de la prévention. Les dates d’absence se gardent pour les personnes concernées, et les photos de vacances attendent le retour avant d’être publiées. Une personne de confiance qui connaît les coordonnées de l’occupant peut le joindre si elle constate quelque chose d’inhabituel. Ces gestes simples ont aussi une portée juridique : en cas de litige ultérieur avec l’assureur ou le bailleur, le fait d’avoir fermé correctement, confié les clés et organisé une surveillance sera documenté par des messages, un double des clés remis en main propre et, le cas échéant, le récépissé d’inscription au dispositif policier. À l’inverse, un logement laissé ouvert plusieurs jours après une première effraction a déjà coûté à une locataire l’essentiel de son procès, comme on le verra.

Du côté du bail, l’absence pour vacances n’est ni une faute ni une autorisation à demander. Le locataire use paisiblement des lieux et reste tenu de ses obligations courantes : De prendre à sa charge l’entretien courant du logement, des équipements mentionnés au contrat et les menues réparations ainsi que l’ensemble des réparations locatives définies par décret en Conseil d’Etat, sauf si elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure. Graisser une serrure, resserrer une poignée ou remplacer une pile de verrou électronique avant de partir relève de cet entretien courant. En revanche, sécuriser durablement le logement par une serrure multipoints, une porte blindée ou une alarme transforme les lieux : De ne pas transformer les locaux et équipements loués sans l’accord écrit du propriétaire ; à défaut de cet accord, ce dernier peut exiger du locataire, à son départ des lieux, leur remise en l’état ou conserver à son bénéfice les transformations effectuées sans que le locataire puisse réclamer une indemnisation des frais engagés. Le locataire qui veut renforcer la porte avant la Toussaint demande donc l’accord écrit du bailleur, et le bailleur qui refuse un équipement raisonnable assume ensuite sa part du débat sur la sécurité du logement. Autre obligation souvent découverte après le sinistre : De s’assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire et d’en justifier lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur. La justification de cette assurance résulte de la remise au bailleur d’une attestation de l’assureur ou de son représentant. Partir en vacances sans assurance habitation à jour, c’est partir sans filet : la garantie vol du contrat multirisque habitation est celle qui indemnisera les biens dérobés, et son absence ne se rattrape pas après l’effraction.

Avant de fermer la valise, un dernier réflexe protège l’indemnisation future : photographier les fermetures et inventorier les biens de valeur. Des photos datées des portes, fenêtres, volets et serrures, conservées dans un téléphone ou un coffre numérique, établissent l’état des protections au jour du départ. De même, les factures des équipements de sécurité, serrures multipoints, barreaux ou alarme, et celles des biens de valeur, bijoux, matériel informatique ou vélos, se classent avec le contrat d’assurance. En cas de vol, l’assureur demandera la preuve de l’existence et de la valeur des objets dérobés : un inventaire avec photos et factures transforme une négociation difficile en dossier chiffré. Pour les objets les plus précieux, vérifier avant le départ les plafonds de garantie et les capitaux mobiliers du contrat évite de découvrir après coup qu’ils étaient sous-assurés ou exclus. Ce quart d’heure de rangement administratif vaut souvent plusieurs milliers d’euros d’indemnisation.

Le bailleur, lui, doit avoir remis dès l’origine un logement qui ferme : Le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé, exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites, répondant à un niveau de performance minimal au sens de l’article L. 173-1-1 du code de la construction et de l’habitation et doté des éléments le rendant conforme à l’usage d’habitation. Une porte d’entrée qui ne verrouille pas, une fenêtre du rez-de-chaussée sans crémone, un barillet cassé signalé et jamais remplacé : autant de manquements à cette obligation de délivrance qui pèseront lourd si un cambriolage survient. Le locataire qui constate une faiblesse avant les vacances la signale par écrit, photographie l’état des fermetures et conserve la preuve de l’envoi : c’est ce dossier qui permettra, le cas échéant, de démontrer que l’intrusion est passée par un défaut du logement et non par sa négligence.

B. L’Opération tranquillité vacances et le rôle de la copropriété

Le service public présente ainsi le dispositif : Afin de prévenir les éventuels cambriolages, le dispositif gratuit Opération tranquillité vacances (OTV) propose un service de surveillance de votre logement pendant votre absence. Concrètement, la police ou la gendarmerie surveille le domicile lors de ses patrouilles et prévient l’occupant ou une personne de confiance en cas d’anomalie. L’inscription se fait en ligne via le site officiel, avec FranceConnect, ou auprès du commissariat ou de la brigade compétente. Les conditions dépendent de la zone : en zone police, le dispositif vise la résidence principale pour une absence d’au moins trois jours et jusqu’à trois mois, avec une demande à déposer au moins trois jours avant le départ ; en zone gendarmerie, il peut aussi couvrir une résidence secondaire, avec une inscription possible jusqu’à la veille du départ. Avant de partir pour la Toussaint, chacun vérifie donc le régime de son adresse, désigne la personne qui relèvera le courrier ou s’occupera du logement, signale la présence d’une alarme, et pense à prévenir en cas de retour anticipé. Ces passages complètent les précautions prises chez soi : ils ne garantissent pas l’absence d’intrusion, mais ils créent une trace officielle de la vigilance de l’occupant, utile dans tous les dossiers ultérieurs.

En immeuble collectif, la sécurité ne s’arrête pas à la porte palière. Le hall, la porte d’immeuble, le digicode, l’interphone, l’éclairage des communs et les caves font partie des équipements dont le dysfonctionnement expose tous les occupants. Le syndic, mandaté par le syndicat des copropriétaires, fait exécuter les décisions d’assemblée générale et assure l’entretien courant de ces parties communes ; un portail qui ne claque plus, un digicode arraché ou un éclairage en panne signalés par écrit engagent ce circuit de responsabilité. Le copropriétaire ou le locataire qui part en vacances alors que la porte de l’immeuble ne ferme plus depuis des semaines signale le désordre au syndic et au conseil syndical avant le départ, avec photos et date : si une effraction suit, la discussion sur les responsabilités partira de ces écrits. À l’inverse, forcer ou faire forcer la porte du hall pour ses déménagements de dernière minute, ou diffuser le code d’accès à des livreurs occasionnels, fragilise la position de celui qui se plaindra ensuite d’une intrusion.

Quand l’immeuble emploie un gardien ou un employé d’immeuble, le prévenir du départ et lui laisser un moyen de contact relève du bon sens : c’est souvent lui qui constatera une porte forcée ou une cave visitée. En son absence, le syndic peut indiquer si une permanence est organisée pendant les vacances scolaires. Quant aux caméras des parties communes, leur installation relève d’un vote en assemblée générale et leur usage obéit à des règles d’information des occupants et de durée de conservation des images ; elles peuvent aider à identifier une intrusion, mais ni le copropriétaire ni le locataire ne peut en installer une qui filme les communs sans respecter ce cadre. Le visiteur qui sonne à toutes les portes pour repérer les logements vides reste un grand classique : un interphone en état de marche et une porte de hall qui se referme seule valent mieux qu’une caméra consultée après coup.

Les assurances collectives de l’immeuble ne remplacent pas les assurances individuelles. L’assurance de la copropriété couvre les parties communes et la responsabilité du syndicat ; elle n’indemnise pas le téléviseur volé dans le salon ni la porte palière fracturée, qui relèvent des contrats privatifs du locataire et, le cas échéant, du propriétaire non occupant. Avant la Toussaint, le propriétaire bailleur vérifie que sa garantie propriétaire non occupant est active, le locataire que sa multirisque habitation inclut bien la garantie vol avec ses conditions de moyens de protection, et chacun relit les exclusions : une serrure exigée par le contrat et absente au jour du vol peut faire perdre la garantie, comme l’a jugé une cour d’appel au printemps 2025. Le réflexe utile tient en une phrase : photographier les fermetures, classer les factures des équipements de sécurité et conserver les attestations d’assurance avec le bail. Ce dossier, constitué au calme avant les vacances, vaut mieux que toutes les explications données après coup dans un logement dévasté.

II. Après une effraction : constater, déclarer et faire payer les bons comptes

A. Ne rien toucher, appeler le 17, porter plainte et déclarer vite à l’assureur

La découverte d’une effraction au retour des vacances est un choc, et les premiers gestes conditionnent tout le dossier. Le service public l’indique sans nuance : il faut appeler le 17 et ne toucher à rien avant l’arrivée de la police ou de la gendarmerie, afin de préserver les indices. Des photos des traces d’effraction peuvent être prises sans déplacer les objets. Ce n’est qu’après les constatations que la sécurisation des accès endommagés s’organise, en distinguant la mise en sécurité urgente de la remise en état complète : les réparations importantes attendent en principe l’accord de l’assureur, sauf les mesures d’urgence nécessaires pour sécuriser le logement, comme une porte condamnée provisoirement ou un vitrage bâché. Conserver les photos, les factures des biens, les devis et les justificatifs d’intervention dès le premier jour, c’est se donner les moyens de chiffrer le préjudice au lieu de le raconter.

Vient ensuite la plainte. Le service public rappelle que Le propriétaire du bien volé peut porter plainte pour que l’auteur du vol soit poursuivi. et précise que Si l’auteur est inconnu, le dépôt de plainte est fait contre X. Porter plainte contre X n’est pas un geste symbolique : le récépissé de plainte est la pièce que l’assureur réclamera, et c’est elle qui ouvre, le cas échéant, la voie vers une indemnisation par la justice pénale en cas d’identification de l’auteur. Sur le plan pénal, le cadre est sévère : Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui. et Le vol est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende : 1° Lorsqu’il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d’auteur ou de complice, sans qu’elles constituent une bande organisée ; 2° Lorsqu’il est commis notamment dans un local d’habitation ou lorsqu’il est précédé, accompagné ou suivi d’un acte de destruction, dégradation ou détérioration. L’effraction dans un appartement, avec porte fracturée, cumule typiquement ces circonstances aggravantes, ce qui explique que les enquêteurs s’y intéressent même quand l’auteur est inconnu et que le dépôt de plainte reste utile pour la suite du dossier d’assurance.

La déclaration à l’assureur obéit à un délai strict que beaucoup découvrent trop tard. La loi dispose que l’assuré doit De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. Ce délai minimal est ramené à deux jours ouvrés en cas de vol et à vingt-quatre heures en cas de mortalité du bétail. En cas de cambriolage découvert au retour de la Toussaint, le compteur part du jour où l’occupant constate l’effraction, pas du jour où elle a eu lieu : deux jours ouvrés pour prévenir, par écrit et de préférence en recommandé, en joignant le récépissé de plainte, les photos et l’inventaire des biens dérobés. Mais la sanction du retard n’est pas automatique, et c’est un point que les assurés ignorent : Lorsqu’elle est prévue par une clause du contrat, la déchéance pour déclaration tardive au regard des délais prévus au 3° et au 4° ci-dessus ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que le retard dans la déclaration lui a causé un préjudice. Elle ne peut également être opposée dans tous les cas où le retard est dû à un cas fortuit ou de force majeure. Autrement dit, l’assureur qui invoque une déclaration tardive doit démontrer concrètement ce que le retard lui a fait perdre, et non se retrancher derrière le seul dépassement du délai.

La déclaration de vol doit être précise pour être efficace : date et circonstances de la découverte, liste des biens dérobés avec leur valeur estimée, traces d’effraction constatées, dépôt de plainte joint en copie. L’assureur peut missionner un expert, surtout quand les montants sont élevés : l’assuré a intérêt à conserver les lieux en l’état jusqu’à son passage, après la mise en sécurité urgente, et à garder toutes les pièces, même celles qui semblent secondaires. Les franchises contractuelles s’appliqueront au règlement, et les biens mobiliers anciens subiront un coefficient de vétusté prévu par le contrat : relire ces clauses avant de contester une offre d’indemnité évite des échanges inutiles. Si l’expert passe, l’assister avec l’inventaire, les factures et les photos du dossier constitué avant les vacances change le rapport de force : l’assuré qui prouve n’est plus celui qui raconte.

Les juges appliquent cette exigence avec constance. Le 9 avril 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation a rappelé, au visa de ce texte, que [Selon ce texte, la déchéance pour déclaration tardive d’un sinistre ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que ce retard lui a causé un préjudice. Elle a censuré une cour d’appel qui s’était contentée d’une aggravation objective du risque sans caractériser en quoi le retard de quatre mois avait concrètement aggravé la dette garantie (Cass. 3e civ., 9 avril 2026, n° 24-12.608). Dans le même sens, la cour d’appel de Versailles a jugé le 19 mai 2022 que la clause de déchéance pour déclaration tardive était inopposable à une assurée, et condamné l’assureur à payer 9 600 euros au titre du sinistre avec intérêts (CA Versailles, 3e ch., 19 mai 2022, RG n° 21/01093). Le message pour l’occupant cambriolé pendant la Toussaint est double : déclarer dans les deux jours ouvrés reste impératif, mais un dépassement, par exemple parce que le retour a été différé ou le choc a retardé les démarches, ne fait pas automatiquement perdre la garantie. L’assureur devra prouver son préjudice, et le cas fortuit ou la force majeure écartent la déchéance dans tous les cas.

B. Porte fracturée et biens volés : qui paie entre locataire, bailleur et assurance

La porte d’entrée fracturée concentre le premier désaccord : réparation locative à la charge du locataire, ou gros œuvre du bailleur ? Les textes tranchent par le fait du tiers. Le locataire De répondre des dégradations et pertes qui surviennent pendant la durée du contrat dans les locaux dont il a la jouissance exclusive, à moins qu’il ne prouve qu’elles ont eu lieu par cas de force majeure, par la faute du bailleur ou par le fait d’un tiers qu’il n’a pas introduit dans le logement. Or l’effraction commise par un cambrioleur inconnu est typiquement le fait d’un tiers que le locataire n’a pas introduit : la porte fracturée n’est donc pas une réparation locative ordinaire, et son remplacement relève en principe du bailleur au titre de son obligation de délivrance et d’entretien, sauf stipulation particulière du bail. Symétriquement, les menues serrures intérieures, les piles de verrous et l’entretien courant des mécanismes restent au locataire. La frontière passe ainsi entre le mécanisme à entretenir et l’ouvrant détruit par l’intrusion : le premier s’use, le second se subit.

Une décision récente illustre cette répartition et ses limites. Le 23 juin 2026, la cour d’appel de Besançon a statué sur le cas d’une locataire d’un office public de l’habitat victime d’une tentative d’effraction, d’une effraction puis d’un vol en août 2021, dont l’appartement était resté ouvert plusieurs jours. La cour a retenu que le bailleur avait entrepris toutes les démarches utiles dès qu’il avait été informé : conseil de déposer plainte et de déclarer le sinistre, intervention d’un serrurier, porte condamnée le 1er septembre 2021, devis de remplacement transmis le 8 septembre pour l’assurance de la locataire (CA Besançon, 1re ch., 23 juin 2026, RG n° 25/00595). Et elle a tranché : [Aucune faute à l’origine des dommages ne peut donc être imputée à Habitat 25 qui ne peut ainsi être tenue responsable notamment du vol des effets personnels de Mme [Z] commis par des tiers dans l’appartement objet du bail, ou d’un trouble de jouissance au motif que la locataire n’avait plus accès à son logement. Plus nettement encore : la locataire [a non seulement tardé à informer Habitat 25 de l’endommagement de sa porte d’entrée, mais elle est aussi seule responsable de son dommage en ne s’étant pas souciée de la fermeture de son logement après les effractions constatées les 6 et 26 août 2021. Résultat : pas de dommages et intérêts pour préjudice de jouissance, loyers dus jusqu’au départ, et rappel que le trouble causé par le fait d’un tiers n’engage pas directement le bailleur diligent. Pour le vacancier de la Toussaint, la leçon est claire : informer le bailleur dès la découverte, transmettre vite le devis à son assurance, et surtout ne pas laisser le logement ouvert. Le bailleur qui fait condamner la porte, transmet un devis et oriente vers l’assurance remplit son office ; le locataire qui tarde et laisse l’appartement béant perd son procès.

Reste la garantie vol elle-même, qui suppose des moyens de protection conformes au contrat. Le 23 mai 2025, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé le refus de garantie d’un assureur après le cambriolage d’une villa : certaines fenêtres du rez-de-chaussée n’étaient pas équipées des protections exigées par la police, et la clause était claire en subordonnant la garantie à leur existence. Le fait que les voleurs soient entrés par une porte-fenêtre pourtant protégée n’a rien changé : la condition de garantie portait sur l’ensemble des accès, et elle n’était pas remplie (CA Aix-en-Provence, ch. 1-3, 23 mai 2025, RG n° 21/00072). La cour a ajouté qu’aucun manquement au devoir d’information et de conseil sur ces clauses n’était démontré, dès lors qu’elles étaient claires et précises. Le principe de fond est ancien et tient en une phrase de la loi : Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute de l’assuré sont à la charge de l’assureur, sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police. Formelle et limitée : l’exclusion doit être écrite noir sur blanc et circonscrite, faute de quoi elle est inopposable. Mais quand elle l’est, comme les clauses de serrures multipoints, de barreaux ou de volets, le juge l’applique, même si l’intrusion est passée ailleurs. Avant la Toussaint, relire cette page du contrat et mettre ses fermetures en conformité n’est donc pas du zèle : c’est la condition de l’indemnisation des biens volés. Et lorsque le logement est équipé d’une télésurveillance, encore faut-il l’activer et tenir à jour la liste des personnes à prévenir : dans cette même affaire, la société de sécurité qui n’avait pu ni joindre les occupants, ni accéder à la villa, ni constater d’élément suspect n’a commis aucun manquement en ne prévenant pas directement la police, faute de levée de doute avérée.

Lorsque l’auteur est identifié et poursuivi, la victime peut se constituer partie civile devant le tribunal correctionnel pour obtenir réparation de son préjudice : biens non couverts par l’assurance, franchise restée à charge, préjudice moral. Cette voie pénale ne remplace pas la déclaration à l’assureur, elle la complète, et les deux démarches avancent en parallèle. En pratique, beaucoup de cambriolages de vacances restent non élucidés, et c’est alors le contrat d’assurance qui porte l’essentiel de l’indemnisation : d’où l’importance, encore une fois, des moyens de protection conformes et d’une déclaration dans les délais. Pour les litiges qui s’enlisent, refus de garantie contesté, désaccord sur la vétusté ou la franchise, partage de la facture de la porte entre bailleur et assurance, la médiation de l’assurance, gratuite et indépendante, offre un recours avant le tribunal : saisir le médiateur suppose d’avoir d’abord épuisé la réclamation interne auprès de l’assureur et d’en conserver les preuves écrites.

Dernier terrain de conflit : l’état des lieux de sortie, quand le locataire quitte les lieux après le sinistre. La loi organise le recours à l’huissier, devenu commissaire de justice : Si l’état des lieux ne peut être établi dans les conditions prévues au premier alinéa, il est établi par un commissaire de justice, sur l’initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié entre le bailleur et le locataire et à un coût fixé par décret en Conseil d’Etat. Dans ce cas, les parties en sont avisées par le commissaire de justice au moins sept jours à l’avance, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Et la sanction du contournement est nette : A défaut d’état des lieux ou de la remise d’un exemplaire de l’état des lieux à l’une des parties, la présomption établie par l’article 1731 du code civil ne peut être invoquée par celle des parties qui a fait obstacle à l’établissement de l’acte ou à sa remise à l’une des parties. Dans l’affaire de Besançon, le bailleur qui avait établi seul l’état des lieux de sortie, sans tenter sérieusement le contradictoire ni recourir à l’huissier, a vu sa demande de réparations locatives rejetée pour ce motif. Quand les dégradations alléguées se mêlent aux traces d’une effraction, seul un constat contradictoire ou d’huissier permet de distinguer ce qui relève du vandalisme, couvert par l’assurance, de l’usure ou des manquements du locataire. Lorsque ces questions s’entremêlent entre bailleur, assureur et copropriété, l’accompagnement d’un avocat en droit immobilier à Paris aide à ordonner les démarches, à chiffrer les préjudices et à saisir le bon juge avant que les délais ne se referment.

Partir l’esprit tranquille pour la Toussaint 2026 suppose donc un triptyque simple : des accès qui ferment et une assurance à jour, une personne de confiance et, si possible, une inscription à l’Opération tranquillité vacances, puis, en cas d’effraction, le réflexe du 17 sans rien toucher, la plainte même contre X et la déclaration à l’assureur dans les deux jours ouvrés. Les statistiques nationales de septembre 2026 ne prédisent rien pour une adresse donnée, mais le droit, lui, est prévisible : le bailleur diligent n’est pas responsable du fait du tiers, le locataire négligent perd sa garantie et son procès, et l’assureur qui refuse de payer doit prouver autre chose que le retard. Comme toujours en matière de logement, les contrats signés priment sur toute analyse générale, et seul le juge tranche les désaccords.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».