Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Dossier de surendettement et facture de vétérinaire impayée : la clinique exige, l’huissier saisit — déclarer, suspendre, contester et effacer devant le juge, que faire ?

Votre chien a été opéré en urgence un dimanche soir, votre chat est resté trois jours sous perfusion, votre lapin a passé une batterie d’examens : puis la clinique vous présente une facture de 1 800, 3 000 ou 5 000 euros, à régler comptant. Vous avez signé un ordre de soins, versé un acompte, puis les relances sont arrivées, suivies d’une mise en demeure et, un matin, d’une ordonnance d’injonction de payer ou d’un commissaire de justice qui menace de saisir votre compte bancaire. Quand le budget est déjà tendu et qu’un dossier de surendettement est déposé ou en préparation, cette facture d’apparence modeste peut devenir l’étincelle qui met le feu au plan de désendettement. Cet article décrit la conduite à tenir, étape par étape : déclarer la dette de soins vétérinaires à la commission de surendettement de la Banque de France, obtenir la suspension des poursuites de la clinique, contester les sommes réclamées devant le juge des contentieux de la protection, puis faire effacer le solde dans le cadre du plan ou du rétablissement personnel. Chaque affirmation déterminante renvoie au texte applicable et aux motifs exacts de la Cour de cassation.

I. La facture de vétérinaire se déclare au dossier et la recevabilité bloque les poursuites de la clinique

La dette née des soins prodigués à votre animal est une dette civile ordinaire : elle n’est ni une dette alimentaire, ni une amende pénale, ni une dette professionnelle. Elle entre donc dans le périmètre du surendettement des particuliers et suit le sort commun des dettes déclarées. Encore faut-il la déclarer correctement, dans les délais, et tirer parti du bouclier que la recevabilité déclenche contre les saisies.

A. Faut-il déclarer la dette de soins vétérinaires et comment faire vérifier l’état du passif dans les vingt jours

Oui, la facture de la clinique vétérinaire doit figurer dans votre dossier de surendettement, au même titre que les crédits, les loyers dus et les factures d’énergie. Le champ d’application de la procédure couvre l’ensemble de vos dettes, sans tri préalable selon leur origine. L’article L. 711-1 du code de la consommation dispose que « Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. La situation de surendettement est caractérisée par l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes, professionnelles et non professionnelles, exigibles et à échoir ». Une facture de soins vétérinaires de quelques milliers d’euros suffit rarement, à elle seule, à caractériser le surendettement, mais ajoutée aux mensualités de crédit et aux charges courantes, elle participe à l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble des dettes. Dissimuler cette dette serait une faute : la commission statue sur la base d’un dossier sincère, et une omission volontaire alimente le grief de mauvaise foi qui peut conduire à l’irrecevabilité. La Cour de cassation a d’ailleurs rappelé, dans un arrêt récent publié au Bulletin, que « Il résulte de ce texte que le bénéfice des mesures de traitement de la situation de surendettement est ouvert au bénéfice des personnes physiques de bonne foi qui se trouvent dans l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de leurs dettes, professionnelles et non professionnelles, sans distinction selon la part respective de ces dettes » (Cass. 2e civ., 2 juill. 2026, n° 23-21.550). Concrètement, joignez au dossier la facture détaillée de la clinique, le devis signé si vous en avez accepté un, les mises en demeure reçues et, le cas échéant, l’ordonnance d’injonction de payer : plus l’état du passif est précis, moins la clinique pourra discuter son admission.

Une fois le dossier déposé, la commission établit l’état détaillé de vos dettes et vous le notifie. L’article L. 712-2 du code de la consommation prévoit que « La demande de traitement de la situation de surendettement est portée devant la commission compétente qui peut, soit proposer ou imposer des mesures de traitement dans les conditions prévues au titre III, soit imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ou saisir, avec l’accord du débiteur, le juge des contentieux de la protection aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire dans les conditions prévues au titre IV ». C’est à la réception de cet état du passif que tout se joue pour votre facture vétérinaire : si le montant retenu vous paraît gonflé, si des actes que vous n’avez jamais autorisés y figurent, si un acompte versé n’a pas été déduit, vous devez réagir vite. L’article L. 723-3 du code de la consommation dispose que « Le débiteur peut, dans un délai fixé par décret, contester l’état du passif dressé par la commission et demander à celle-ci de saisir le juge des contentieux de la protection, aux fins de vérification de la validité des créances, des titres qui les constatent et du montant des sommes réclamées. La commission est tenue de faire droit à cette demande ». Le délai fixé par décret est de vingt jours à compter de la notification, et il s’agit d’un délai couperet. La deuxième chambre civile l’a formulé sans détour dans un arrêt publié au Bulletin : « Selon ce texte, le débiteur peut contester l’état du passif dressé par la commission dans un délai de vingt jours, et ne peut plus à l’expiration de ce délai, formuler une telle demande. La commission informe le débiteur de ce délai » (Cass. 2e civ., 12 juin 2025, n° 23-15.025). Mieux encore, la Cour a précisé dans le même arrêt que « Il en résulte que lorsque le juge des contentieux de la protection est déjà saisi par la commission aux fins de vérification d’une créance, le débiteur n’est pas recevable à contester lors de cette instance une autre créance, figurant à l’état du passif dressé par la commission, qu’il n’a pas contestée dans le délai de 20 jours suivant la date à laquelle cet état lui a été notifié ». La leçon pratique est directe : dès que vous recevez l’état du passif, pointez la ligne de la clinique vétérinaire, vérifiez chaque acte facturé et contestez par écrit dans les vingt jours si le moindre poste vous semble injustifié. Passé ce délai, la créance de la clinique entre dans la procédure pour le montant retenu, et vous ne pourrez plus la discuter devant le juge.

B. Dès la recevabilité, les saisies et les cessions de rémunération diligentées pour la clinique sont suspendues et interdites

Le dépôt du dossier ne bloque pas, à lui seul, le commissaire de justice mandaté par la clinique : c’est la décision de recevabilité qui déclenche le bouclier. L’article L. 722-2 du code de la consommation dispose que « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires ». La facture de vétérinaire étant une dette ordinaire, la saisie-attribution sur votre compte bancaire, la saisie-vente de votre mobilier ou la cession de votre salaire que la clinique aurait fait mettre en place se trouvent suspendues de plein droit dès que la commission déclare votre demande recevable, et aucune nouvelle procédure d’exécution ne peut être engagée pour cette dette jusqu’à l’issue de la procédure. La Cour de cassation a donné à ce texte toute sa portée dans un arrêt publié au Bulletin : « Il résulte de ce texte que la décision de recevabilité de la demande de traitement de la situation de surendettement emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur » (Cass. 2e civ., 8 févr. 2024, n° 22-14.528). Dans cette affaire, une banque reprochait au juge d’avoir déclaré sa créance prescrite alors qu’elle affirmait avoir été empêchée d’agir pendant la procédure de surendettement ; la Cour a jugé que « le créancier qui recherche l’exécution d’un titre notarié ne peut, à compter de la décision de recevabilité du débiteur au bénéfice de la procédure de surendettement des particuliers, interrompre la prescription en diligentant une procédure d’exécution et qu’il ne saurait lui être imposé d’introduire une action au fond afin de suspendre la prescription ». Autrement dit, pendant la procédure, le créancier est privé de l’exécution forcée, et cette privation est un effet légal de la recevabilité, pas une faveur. Transposé à votre litige avec la clinique, le raisonnement protège le débiteur de bonne foi : une fois votre demande déclarée recevable, le commissaire de justice ne peut plus saisir votre compte pour la facture vétérinaire, ni vendre vos meubles, ni prélever sur votre salaire au titre de cette dette.

Deux précisions pratiques évitent les mauvaises surprises. D’abord, entre le dépôt du dossier et la décision de recevabilité, il existe une période de flottement pendant laquelle la clinique peut encore agir : vous pouvez alors demander à la commission de saisir le juge des contentieux de la protection pour faire suspendre les procédures d’exécution en cours, et le juge statue avant même la recevabilité en cas d’urgence. Ensuite, la suspension ne fait pas disparaître la dette : elle la gèle. Les intérêts cessent-ils de courir ? La suspension interdit les actes d’exécution, et les mesures de traitement ultérieures peuvent prévoir la réduction ou la suppression des intérêts ; mais le principal reste dû tant que le plan ou l’effacement ne l’a pas apuré. Gardez donc chaque procès-verbal du commissaire de justice, chaque relevé de saisie-attribution et chaque courrier de la clinique : si un acte d’exécution est diligenté après la recevabilité, il est intervenu en violation de l’interdiction légale et vous pourrez en demander la nullité au juge de l’exécution, pièces à l’appui. À Paris comme en Île-de-France, la demande de suspension d’urgence se porte devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de votre domicile, par l’intermédiaire de la commission : indiquez précisément dans votre courrier les actes en cours, leurs dates et les références des dossiers du commissaire de justice, afin que l’ordonnance de suspension vise sans ambiguïté la créance de la clinique vétérinaire.

II. Contester les soins facturés devant le juge et obtenir l’effacement du solde

Déclarer la dette et la faire suspendre ne suffit pas toujours : encore faut-il vérifier que la clinique ne vous réclame ni trop, ni pour des actes que vous n’avez pas autorisés, puis obtenir que le solde justifié soit intégré au plan ou effacé. Cette seconde phase se joue devant le juge des contentieux de la protection, avec des règles de preuve qui pèsent sur le créancier, et s’achève par le traitement collectif de votre passif.

A. Faire vérifier les actes facturés, former opposition à l’injonction de payer et invoquer la prescription de cinq ans

Une facture vétérinaire se discute comme toute créance : validité du contrat, réalité des actes, montant des sommes. Le contrat de soins passé avec la clinique est un contrat d’entreprise conclu pour votre animal : le vétérinaire s’engage à donner des soins consciencieux, et vous vous engagez à payer le prix des actes réellement accomplis. Devant le juge des contentieux de la protection saisi de la vérification, la charge de justifier les montants pèse sur la clinique. La Cour de cassation a validé l’éviction de créances non prouvées dans un arrêt publié au Bulletin : « Ayant constaté que, malgré l’injonction qui lui avait été faite, la banque ne produisait ni les contrats de prêts ni les historiques de compte, seuls documents permettant la vérification des cinq créances dont M. D… contestait le montant, c’est dans l’exercice de son pouvoir souverain d’appréciation des éléments de fait et de preuve qui lui étaient soumis, et sans inverser la charge de la preuve, que le tribunal a estimé que ces créances, faute de preuve des montants réclamés, devaient être écartées de la procédure de surendettement » (Cass. 2e civ., 4 mars 2021, n° 19-24.151). Exigez donc le détail écrit de chaque acte : examens cliniques, imagerie, analyses, chirurgie, hospitalisation, médicaments délivrés au comptoir de la clinique. Comparez ce détail avec le devis que vous avez signé avant l’intervention, si un devis vous a été remis : tout écart doit être expliqué. Relevez les doubles facturations, les actes dont vous n’avez pas été informé avant leur réalisation, les acomptes versés qui n’auraient pas été déduits et les frais de relance ou de recouvrement ajoutés sans base contractuelle. Dans le même arrêt, la Cour a toutefois posé une limite symétrique qui protège le créancier de bonne foi : « Il résulte de ces textes que lorsque la créance dont la vérification est demandée n’est pas contestée en son principe, le juge ne peut pas l’écarter au motif que le créancier ne produit pas les pièces justificatives sans inviter préalablement celui-ci à les produire ». Contestez donc avec précision : indiquez les postes que vous reconnaissez et ceux que vous refusez, chiffrez chaque grief, et joignez vos propres pièces, carnets de santé de l’animal, ordonnances, relevés bancaires prouvant vos acomptes. Une contestation vague et globale expose votre demande au rejet, tandis qu’une contestation chiffrée oblige la clinique à produire ses justificatifs ou à voir sa créance réduite.

Le véhicule procédural le plus fréquent des cliniques est l’injonction de payer : sur simple requête, sans audience, le juge rend une ordonnance qui vous condamne au vu des seules pièces du créancier, puis le commissaire de justice vous la signifie. Ne laissez jamais passer le délai d’opposition. L’article 1416 du code de procédure civile dispose que « L’opposition est formée dans le mois qui suit la signification de l’ordonnance. Toutefois, si la signification n’a pas été faite à personne, l’opposition est recevable jusqu’à l’expiration du délai d’un mois suivant le premier acte signifié à personne ou, à défaut, suivant la première mesure d’exécution ayant pour effet de rendre indisponibles en tout ou partie les biens du débiteur ». L’opposition, formée par déclaration au greffe ou par acte de commissaire de justice, replace l’affaire en débat contradictoire devant le tribunal : la clinique devra alors démontrer ses soins et ses tarifs devant un juge qui vous entend. Articulez cette opposition avec votre dossier de surendettement : informez la commission de l’ordonnance et de votre opposition, et transmettez-lui le jugement qui en résultera, car seul le montant judiciairement fixé entrera définitivement dans l’état du passif. Enfin, vérifiez la date des soins : l’article 2224 du code civil dispose que « Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer ». Une facture de soins vieux de plus de cinq ans, sans relance ni acte interruptif, peut être prescrite : soulevez la prescription devant le juge de la vérification, car elle éteint la créance et la fait sortir du passif, ce qui allège d’autant votre plan.

B. Intégrer le solde justifié au plan, obtenir un effacement partiel ou un rétablissement personnel

Une fois la créance de la clinique vérifiée pour son juste montant, elle rejoint le traitement collectif de vos dettes : aucun créancier ordinaire ne peut exiger d’être payé avant les autres ni hors du plan. Si votre situation permet un apurement, la commission élabore un plan conventionnel de redressement qui échelonne les remboursements en fonction de vos ressources, ou impose des mesures adaptées. L’article L. 731-1 du code de la consommation dispose que « Pour l’application des dispositions des articles L. 732-1 , L. 733-1 ou L. 733-4 , le montant des remboursements est fixé, dans des conditions précisées par décret en Conseil d’Etat, par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu’elle résulte des articles L. 3252-2 et L. 3252-3 du code du travail, de manière à ce que la part des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité ». Concrètement, la mensualité globale que la commission vous demande ne peut pas absorber l’argent nécessaire à votre loyer, à votre nourriture, à vos transports ni, soulignons-le, aux soins courants de votre animal : la part réservée aux dépenses du ménage passe en premier, et la clinique attendra son tour comme les autres créanciers. Si vos revenus chutent en cours de plan, si vous perdez votre emploi ou si une nouvelle dépense de santé animale imprévue déséquilibre le budget, demandez la révision des mesures plutôt que de cesser de payer : un plan non respecté sans motif expose à la déchéance, tandis qu’une révision sollicitée à temps préserve la procédure.

Quand l’actif et les revenus ne permettent aucun apurement réaliste, la commission peut imposer l’effacement partiel des créances ou orienter vers le rétablissement personnel, qui efface les dettes. L’article L. 741-1 du code de la consommation dispose que « Si l’examen de la demande de traitement de la situation de surendettement fait apparaître que le débiteur se trouve dans la situation irrémédiablement compromise définie au deuxième alinéa de l’article L. 724-1 et ne possède que des biens mentionnés au 1° du même article L. 724-1, la commission impose un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ». La facture de vétérinaire, dette ordinaire ne relevant d’aucune catégorie exclue par la loi, est alors effacée avec les autres dettes : la clinique ne pourra plus jamais vous en réclamer le paiement. Si vous possédez des biens réalisables autres que les meubles nécessaires à la vie courante, l’article L. 742-1 du code de la consommation prévoit que « la commission, après avoir convoqué le débiteur et obtenu son accord, saisit le juge des contentieux de la protection aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire », et l’effacement intervient après la liquidation. Trois réflexes protègent cet effacement jusqu’au bout : ne contractez aucun nouvel emprunt et n’aggravez aucun découvert entre la recevabilité et la clôture, car tout endettement nouveau révélerait une mauvaise foi ; ne payez aucun créancier en dehors du plan, même la clinique qui vous relance avec insistance, car les paiements préférentiels rompent l’égalité des créanciers ; conservez chaque décision de la commission et chaque jugement, car un créancier qui reprendrait les poursuites après l’effacement s’exposerait à une condamnation et vous disposeriez des titres pour le faire sanctionner.

Conclusion

La facture de vétérinaire impayée entre dans le dossier de surendettement comme une dette ordinaire : déclarez-la avec ses justificatifs, contestez son montant dans les vingt jours de la notification de l’état du passif, laissez la recevabilité suspendre les saisies de la clinique, formez opposition dans le mois si une injonction de payer vous est signifiée, puis laissez le plan ou le rétablissement personnel apurer ou effacer le solde vérifié. La rigueur des délais et la précision de la contestation font toute la différence entre une dette qui écrase le budget et une dette traitée, suspendue puis effacée dans les formes légales.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».