Depuis le 19 septembre 2026, les propriétaires mensualisés peuvent consulter leur avis de taxe foncière dans leur espace Finances publiques, et les derniers avis papier partiront jusqu’au 9 octobre. Le ministère de l’Économie l’a rappelé par un communiqué du 22 septembre 2026 : le paiement est attendu au plus tard le 15 octobre, le 20 octobre à minuit pour un paiement en ligne, avec un prélèvement le 26 octobre pour ceux qui ont choisi le prélèvement à l’échéance. La réponse courte tient donc en trois gestes : vérifier sans tarder le descriptif du logement et les exonérations sur l’avis qui vient d’arriver, payer dans le délai pour éviter la majoration de 10 %, et ne contester qu’à bon escient, par réclamation, avant le 31 décembre 2027. Car la conséquence inattendue de cet avis d’automne est double : une partie seulement de la facture peut être reportée sur le locataire, et une erreur sur la consistance du logement peut faire payer plusieurs centaines d’euros de trop chaque année. Les réserves s’imposent d’emblée : les moyennes nationales et les études citées par la presse ne disent rien de votre avis personnel, les taux votés localement font varier la note d’une commune à l’autre, et les chiffres avancés par les plateformes commerciales de vérification sont leurs propres affirmations, pas des constats officiels.
Le communiqué de Bercy fixe le cadre de la campagne : les avis de taxes foncières 2026 sont disponibles en ligne dans l’espace Finances publiques sur impots.gouv.fr, avec pour repères le 30 septembre 2026 pour adhérer au prélèvement à l’échéance, le 15 octobre 2026 pour les autres moyens de paiement, le 20 octobre 2026 pour payer en ligne et le 26 octobre 2026 pour le prélèvement. (Source : ministère de l’Économie, communiqué N° 1053 du 22 septembre 2026) Service-public précise qui est concerné : le propriétaire ou l’usufruitier d’un appartement ou d’une maison doit payer la taxe foncière sur les propriétés bâties, même si le logement est loué à un locataire. (Source : service-public.fr, actualité A15144 mise à jour le 22 septembre 2026) Bailleur ou occupant, c’est donc le propriétaire au 1er janvier 2026 qui reçoit l’avis et qui doit payer, même quand le logement est loué.
I. L’avis 2026 entre les mains : qui paie, combien et quand
A. Un calendrier qui ne pardonne pas
La campagne 2026 s’étale sur près de deux mois, et chaque profil de contribuable a sa propre date. Depuis le 27 août 2026, les propriétaires non mensualisés peuvent consulter leur avis dans leur espace particulier sur le site des impôts, tandis que les avis des contribuables mensualisés sont mis à disposition à partir du 19 septembre. (Source : service-public.fr, actualité A15144 mise à jour le 22 septembre 2026) Pour le papier, l’avis est adressé par voie postale entre le 24 août et le 21 septembre pour les non-mensualisés, et entre le 21 septembre et le 9 octobre pour les mensualisés. (Source : service-public.fr, actualité A15144 mise à jour le 22 septembre 2026) Concrètement, fin septembre 2026, les non-mensualisés ont déjà leur avis depuis plusieurs semaines, les mensualisés le découvrent à peine, et certains attendent encore le courrier.
Côté paiement, la règle dépend du canal : la date limite est fixée au 20 octobre à minuit pour un paiement en ligne via internet, sur smartphone ou tablette, et au 15 octobre à minuit pour un autre moyen de paiement (chèque, virement, espèces…), cette dernière méthode n’étant possible que si la taxe à payer est inférieure ou égale à 300 €. (Source : service-public.fr, actualité A15144 mise à jour le 22 septembre 2026) Au-delà de 300 euros, le paiement passe donc par les canaux dématérialisés : en ligne dans l’espace Finances publiques, par flashcode avec l’application mobile, ou par prélèvement à l’échéance, reconduit chaque année sauf avis contraire. Pour l’échéance du 15 octobre 2026, l’adhésion au prélèvement à l’échéance reste possible jusqu’au 30 septembre ; passé ce délai, elle ne vaudra que pour l’échéance de 2027. (Source : service-public.fr, actualité A15144 mise à jour le 22 septembre 2026) Le 30 septembre est donc la dernière porte de sortie pour lisser l’échéance de cette année : après, il faudra payer d’un coup.
Le retard coûte cher, et c’est mécanique. L’article 1730 du code général des impôts, en vigueur, dispose : « 1. Donne lieu à l’application d’une majoration de 10 % tout retard dans le paiement des sommes dues au titre de l’impôt sur le revenu, des contributions sociales recouvrées comme en matière d’impôt sur le revenu, de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires , des taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties, des impositions recouvrées comme les impositions précitées et de l’impôt sur la fortune immobilière. » (Source : article 1730 du code général des impôts) Dix pour cent d’une taxe moyenne, cela représente déjà plus de cent euros perdus pour un simple oubli de date. Le champ de l’impôt lui-même est large : « La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l’exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. » (Source : article 1380 du code général des impôts) Appartement, maison, parking couvert rattaché, dépendances bâties : tout ce qui est bâti entre en principe dans l’assiette, sauf exonération expresse prévue par le code.
Le premier réflexe utile, dès réception de l’avis, est donc un contrôle de cohérence en cinq minutes : le bien désigné correspond-il à ce que vous possédez au 1er janvier 2026, la surface et les éléments de confort décrits sont-ils exacts, le taux communal appliqué est-il celui voté cette année, les exonérations auxquelles vous avez droit figurent-elles, et la ligne de taxe d’enlèvement des ordures ménagères est-elle distincte du reste. Si tout concorde, payez dans le délai du canal choisi et conservez l’avis : il servira pour la régularisation des charges avec le locataire et, le cas échéant, pour une réclamation. Si un point cloche, ne laissez pas passer l’échéance pour autant : contester ne dispense pas de payer, et la majoration de 10 % s’appliquerait pendant que le fisc instruit votre demande.
B. Vérifier la base avant de payer : descriptif, valeur locative et exonérations
La taxe foncière se calcule sur une valeur locative cadastrale, elle-même bâtie sur le descriptif du logement enregistré par l’administration : surface, nombre de pièces, éléments de confort, situation de l’immeuble. Une erreur sur ce descriptif fausse l’impôt à la source, année après année. La presse s’en fait l’écho : une plateforme de vérification créée par des avocats affirme avoir relevé un descriptif erroné dans 87 % des 1 351 avis qu’elle a recalculés, avec un écart moyen de 260 euros par an et par bien. Ce chiffre est une affirmation commerciale, pas une statistique officielle, et il ne prouve rien pour votre avis personnel. Mais il rappelle une réalité juridique vérifiable : le descriptif cadastral vieillit mal. Travaux d’agrandissement non déclarés qui augmentent la base, à l’inverse pièces démolies, salle de bain supprimée ou changement d’affectation jamais signalés qui la maintiennent trop haut : dans les deux sens, la mise à jour conditionne l’exactitude de l’avis.
Le code met d’ailleurs cette mise à jour à la charge du propriétaire : « Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d’affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l’administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret. » (Source : article 1406 du code général des impôts) Véranda créée, garage transformé en pièce d’habitation, division d’un grand appartement en deux lots : si le changement n’a pas été déclaré dans les quatre-vingt-dix jours, l’avis repose sur une photographie périmée du bien. Et la contestation de la valeur locative obéit à une photographie datée elle aussi : tout se juge au 1er janvier de l’année d’imposition. Le Conseil d’État l’a rappelé le 24 juillet 2023 à propos du coefficient de situation particulière d’un immeuble d’Eaubonne, contesté en invoquant altercations, rodéos, intrusions et dégradations : « Il résulte toutefois de l’instruction que ces incidents ont eu lieu soit très postérieurement au 1er janvier 2016, soit bien antérieurement à cette date. Dès lors, ils ne sont pas de nature à remettre en cause le coefficient de situation particulière appliqué à leur immeuble pour l’établissement de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties due au titre de l’année 2016, sans qu’il soit besoin d’ordonner une mesure d’instruction sur ce point. » (Source : Conseil d’État, 9e chambre, 24 juillet 2023, n° 466413) La leçon vaut pour 2026 : pour discuter la base, il faut des éléments établis au 1er janvier 2026, pas des faits de l’automne ni des souvenirs anciens.
Deuxième vérification : les exonérations et dégrèvements liés à l’âge et aux ressources, souvent manqués parce que le contribuable ignore qu’il y a droit ou croit qu’ils sont automatiques sans condition. Pour les plus de soixante-quinze ans, « I. – Les redevables âgés de plus de soixante-quinze ans au 1er janvier de l’année de l’imposition sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour l’immeuble habité par eux, lorsque le montant des revenus de l’année précédente n’excède pas la limite prévue à l’article 1417 . » (Source : article 1391 du code général des impôts) Pour les soixante-cinq à soixante-quinze ans, « Les redevables âgés de plus de soixante-cinq ans au 1er janvier de l’année d’imposition autres que ceux visés à l’article 1391 bénéficient d’un dégrèvement d’office de 100 € de la taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à leur habitation principale lorsque le montant des revenus de l’année précédente n’excède pas la limite prévue à l’article 1417 . » (Source : article 1391 B du code général des impôts) Les titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité sont quant à eux exonérés pour leur habitation principale : « Les titulaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées mentionnée à l’article L. 815-1 du code de la sécurité sociale ou de l’allocation supplémentaire d’invalidité mentionnée à l’article L. 815-24 du même code sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties dont ils sont passibles à raison de leur habitation principale. » (Source : article 1390 du code général des impôts) La presse rappelle le seuil pratique : en métropole, un revenu fiscal de référence 2025 d’au plus 12 793 euros pour une part ouvre ces dispositifs. Vérifiez donc votre revenu fiscal de référence sur l’avis d’impôt sur le revenu avant de conclure que l’avis de taxe foncière est intangible.
Troisième vérification : le montant global et sa progression. La revalorisation automatique des bases atteint 0,8 % en 2026, sa plus faible hausse depuis 2021, ce qui représente environ 9 euros de plus sur une taxe moyenne de 1 117 euros constatée en 2025. Si votre avis grimpe nettement au-delà, l’explication se trouve presque toujours dans le taux voté localement : une étude du cabinet FSL sur les villes de plus de 100 000 habitants relève des taux cumulés inchangés presque partout, avec des exceptions comme Montpellier en hausse de 10,7 % du fait d’une taxe métropolitaine nouvelle et Nice en baisse de 11,2 %. Ces données sont celles d’un cabinet privé, mais la méthode de contrôle qu’elles suggèrent est la bonne : comparez la base et le taux ligne à ligne avec l’avis 2025. Une base qui bondit sans travaux ni changement déclaré signale une erreur de descriptif ; un taux qui bondit signale un vote local, contestable politiquement mais pas juridiquement par réclamation, sauf erreur de calcul.
II. Bailleur et locataire : qui supporte quoi et comment contester
A. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères, seule part récupérable, et pas en totalité
C’est la conséquence inattendue la plus fréquente de l’avis d’automne pour un bailleur : la taxe foncière dans son ensemble reste à sa charge, mais la taxe d’enlèvement des ordures ménagères comprise dans l’avis peut être reportée sur le locataire, à condition de respecter des règles strictes. Le principe vient de l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989, en vigueur : les charges récupérables sont exigibles sur justification, et notamment « 3° Des impositions qui correspondent à des services dont le locataire profite directement. La liste de ces charges est fixée par décret en Conseil d’Etat. » (Source : article 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989) Service-public le traduit en clair dans la liste des dépenses restant à la charge du locataire : la taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères. (Source : service-public.fr, fiche F947 sur les charges locatives) Tout le reste de la taxe foncière, assis sur la valeur locative du bien, rémunère la détention du patrimoine et ne profite pas directement au locataire : il reste définitivement au propriétaire.
Deux décisions récentes, lues intégralement, précisent le mode d’emploi et ses limites. Le 20 janvier 2026, la cour d’appel de Montpellier juge que « La taxe d’enlèvement des ordures ménagères fait partie des charges récupérables par le propriétaire aux termes du décret n°87-713 du 26 août 1987. » et ajoute : « Il est acquis que le locataire, qui quitte son logement en cours d’année, est redevable envers le bailleur de la quote-part de la taxe des ordures ménagères, qui lui incombe, au prorata du nombre de jours d’occupation dans l’année. » (Source : cour d’appel de Montpellier, 5e chambre civile, 20 janvier 2026, RG n° 23/03975) Le dispositif illustre la comptabilité complète d’une sortie : infirmation du jugement sauf sur 565 euros de remboursement de charges, locataires dits redevables de 958,43 euros dont dégradations et constat, bailleur dit redevable de 388 euros de régularisation de charges et de 1 255 euros de caution, soit après compensation 684,57 euros au profit des locataires, plus 1 000 euros au titre de l’article 700. (Source : cour d’appel de Montpellier, 5e chambre civile, 20 janvier 2026, RG n° 23/03975) Le départ en cours d’année ne fait donc pas disparaître la TEOM : elle se divise au prorata des jours d’occupation, et le décompte de sortie doit l’intégrer.
Le 10 avril 2025, la cour d’appel de Paris ajoute le second verrou, celui que les bailleurs oublient le plus souvent : les frais de gestion prélevés par l’État sur la TEOM ne sont pas récupérables. La cour rappelle d’abord le cadre : « Selon l’article 23 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, dans sa rédaction applicable au présent litige, ‘les charges récupérables, sommes accessoires au loyer principal, sont exigibles sur justification en contrepartie (…) 3° Des impositions qui correspondent à des services dont le locataire profite directement (…)’. » puis « L’annexe du décret n°87-713 du 26 août 1987 listant les charges récupérables mentionne au titre ‘VIII Imposition et redevances’ la ‘taxe ou redevance d’enlèvement des ordures ménagères’. » (Source : cour d’appel de Paris, pôle 4 chambre 3, 10 avril 2025, RG n° 23/00935) Puis vient la retenue décisive : « Le prélèvement forfaitaire prévu à l’article 1641 du code général des impôts n’est pas récupérable par le bailleur (Civ. 3ème, 30 octobre 2002, n°01-10.617 ; 30 juin 2010, n°09-15.360). » (Source : cour d’appel de Paris, pôle 4 chambre 3, 10 avril 2025, RG n° 23/00935) En l’espèce, les 471 euros de TEOM réclamés, soit 187 euros en 2019, 189 euros en 2020 et 95 euros proratisés en 2021, « ne comprennent pas les frais de recouvrement de l’article 1641 du CGI, de sorte qu’il convient de retenir ladite somme ». (Source : cour d’appel de Paris, pôle 4 chambre 3, 10 avril 2025, RG n° 23/00935) Autrement dit, le bailleur qui recopie telle quelle la ligne TEOM de son avis en surestime la part récupérable : il doit en retrancher les frais d’assiette et de recouvrement.
Attention toutefois à la version du texte applicable : la cour de Paris statuait sous l’empire d’une rédaction qui prévoyait 1 % de frais et 5,4 % sur la TEOM, tandis qu’une version entrée en vigueur le 21 février 2026 a réécrit l’article 1641. Désormais, « En contrepartie des frais de dégrèvement et de non-valeurs qu’il prend à sa charge, l’Etat perçoit 2 % du montant des taxes suivantes : a) Taxe foncière sur les propriétés bâties » et « En contrepartie des frais de dégrèvement visés au A, l’Etat perçoit 3,6 % du montant des taxes suivantes », dont « d) Taxe d’enlèvement des ordures ménagères sauf dans le cas prévu au h du A ». (Source : article 1641 du code général des impôts, version en vigueur depuis le 21 février 2026) Le réflexe pratique demeure inchangé : sur l’avis 2026, isolez la TEOM nette des frais de gestion avant toute régularisation, et justifiez le calcul au locataire avec l’avis à l’appui. La même décision parisienne sanctionne d’ailleurs la régularisation tardive des charges par 500 euros de dommages et intérêts, tout en condamnant les locataires à 4 643,35 euros de solde de charges et 800 euros de réparations locatives, avec intérêts au taux légal depuis le 9 août 2021. (Source : cour d’appel de Paris, pôle 4 chambre 3, 10 avril 2025, RG n° 23/00935) Régulariser chaque année, sur pièces, n’est donc pas une option : c’est ce qui évite de payer des dommages et intérêts en plus du rappel.
Pour le locataire qui reçoit la régularisation, les points de contrôle sont symétriques : exiger l’avis de taxe foncière du bailleur pour vérifier le montant de TEOM et la déduction des frais de gestion, vérifier le prorata en cas d’entrée ou de sortie en cours d’année, et rappeler que Le paiement des charges se fait par provisions, c’est-à-dire des avances régulières de même montant, avec une régularisation annuelle. et que Les charges doivent être régularisées au moins une fois par an. (Source : service-public.fr, fiche F947 sur les charges locatives) Un mois avant la régularisation, le bailleur doit communiquer le décompte par nature de charges et le mode de répartition, et tenir les justificatifs à disposition six mois après l’envoi. Côté délais, Le propriétaire ou l’agence immobilière peut réclamer pendant trois ans tout impayé de charges ou de loyers qui lui est dû, et ce délai vaut aussi pour le locataire qui a trop payé et veut le trop-versé. (Source : service-public.fr, fiche F947 sur les charges locatives) Une TEOM 2023 omise peut donc ressurgir en 2026, comme un trop-perçu 2023 peut encore être réclamé.
B. Contester sans se tromper de porte : réclamation au fisc avant le 31 décembre 2027
Quand l’avis est faux, la voie est la réclamation auprès de l’administration fiscale, notamment depuis la messagerie sécurisée de l’espace Finances publiques, et le délai pour la taxe foncière 2026 expire le 31 décembre 2027. Ce délai vient du droit commun des impôts locaux : « Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l’administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l’année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle, de la notification d’un avis de mise en recouvrement ou de l’émission d’un titre de perception ». (Source : article R*196-2 du livre des procédures fiscales) Et si l’administration vous redresse pendant son délai de reprise, l’égalité des armes joue : « Dans le cas où un contribuable fait l’objet d’une procédure de reprise ou de rectification de la part de l’administration des impôts, il dispose d’un délai égal à celui de l’administration pour présenter ses propres réclamations. » (Source : article R*196-3 du livre des procédures fiscales)
Le Conseil d’État a verrouillé le raisonnement le 15 janvier 2025 : même le délai spécial de l’article R. 196-3 ne dépasse pas le 31 décembre de l’année suivante pour une imposition primitive mise en recouvrement l’année d’imposition. Le droit spécial de réclamation de l’article R. 196-3 ne peut lui non plus s’exercer au-delà de cette date. « Il en résulte que le contribuable ne peut contester une imposition primitive de taxe foncière mise en recouvrement l’année d’imposition, que jusqu’au 31 décembre de l’année suivante, en vertu du délai de réclamation de droit commun prévu à l’article R. 196-2 du livre des procédures fiscales comme du délai spécial prévu à l’article R. 196-3 du même livre. » (Source : Conseil d’État, 9e et 10e chambres réunies, 15 janvier 2025, n° 467615) Dans cette affaire, la réclamation présentée le 27 juillet 2012 contre la cotisation primitive de 2010, mise en recouvrement en 2010, était donc tardive et irrecevable dans cette mesure, et le pourvoi a été rejeté. Transposé à 2026 : l’avis mis en recouvrement en 2026 se conteste jusqu’au 31 décembre 2027, ni un jour de plus pour l’imposition primitive, et une réclamation d’été 2028 serait vouée au rejet pour tardiveté.
La contestation peut aussi viser la TEOM elle-même, mais elle obéit à une logique de proportionnalité que le Conseil d’État contrôle de près. Le 16 janvier 2018, saisi par une foncière qui contestait la TEOM 2013 d’Aubervilliers, il a censuré une méthode de calcul « excessivement sommaire » : « En retenant cette méthode de calcul, excessivement sommaire, sans identifier les ressources humaines et matérielles liées au suivi du service en cause dont la société Foncière Otello indiquait, au surplus, qu’il avait été délégué à un tiers, le tribunal administratif a commis une erreur de droit. » (Source : Conseil d’État, 3e chambre, 16 janvier 2018, n° 401610) Le jugement a été annulé, l’affaire renvoyée au tribunal administratif de Montreuil, et 500 euros mis à la charge de l’État au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. (Source : Conseil d’État, 3e chambre, 16 janvier 2018, n° 401610) Deux enseignements pour un propriétaire parisien ou francilien : la TEOM doit rester proportionnée au coût du service de collecte et de traitement, et même gagnant sur le principe, on peut n’obtenir qu’un renvoi devant le tribunal, pas une décharge immédiate.
Reste à ne pas se tromper de juge, car l’avis de taxe foncière fait intervenir deux ordres de juridiction. La contestation de l’impôt lui-même, base, taux, exonérations, TEOM en tant que taxe, relève du juge administratif : tribunal administratif puis cour administrative d’appel, avec la réclamation préalable obligatoire. Le litige entre bailleur et locataire sur la récupération de la TEOM, en revanche, relève du juge judiciaire : juge des contentieux de la protection puis cour d’appel, comme les décisions de Montpellier et de Paris citées ici. Mélanger les deux fait perdre du temps : le tribunal administratif ne tranchera pas votre régularisation de charges, et le juge judiciaire ne dégrèvera pas votre taxe. Face à un avis dont la base paraît fausse, à une exonération d’âge ou de ressources non appliquée, à une TEOM réclamée au locataire au-delà du net de frais ou à une régularisation de charges contestée, l’accompagnement d’un avocat en droit immobilier à Paris permet de qualifier chaque grief, de chiffrer la quote-part litigieuse avec l’avis et les justificatifs, et d’adresser la demande au bon destinataire : réclamation au fisc avant le 31 décembre 2027 pour l’impôt, mise en demeure puis juge judiciaire pour les charges. Et dans tous les cas, payez d’abord l’échéance d’octobre : la majoration de 10 % ne fait pas de pause pendant l’instruction.
Conclusion
Au bout du compte, l’avis de taxe foncière 2026 se traite comme un dossier à trois tiroirs qu’il faut ouvrir dans l’ordre. Premier tiroir, le calendrier : avis en ligne depuis le 27 août pour les non-mensualisés et depuis le 19 septembre pour les mensualisés, papier jusqu’au 9 octobre, adhésion au prélèvement à l’échéance avant le 30 septembre, paiement au plus tard le 15 octobre, le 20 octobre en ligne, prélèvement le 26 octobre, majoration de 10 % au-delà. Deuxième tiroir, la base : descriptif du logement confronté à la réalité au 1er janvier 2026, changements déclarés sous quatre-vingt-dix jours, exonérations d’âge et de ressources vérifiées ligne à ligne, taux local comparé à 2025. Troisième tiroir, le partage et le recours : TEOM seule récupérable sur le locataire, nette de frais de gestion et au prorata des jours d’occupation, régularisation annuelle sur justificatifs, réclamation au fisc avant le 31 décembre 2027, bon juge selon que l’on discute l’impôt ou les charges. Celui qui écrit vite, compare son avis à celui de 2025, isole la TEOM nette et réclame dans les délais garde toutes ses options, du dégrèvement à la régularisation exacte. Celui qui paie sans lire, recopie la TEOM brute sur le locataire ou réclame hors délai les referme une à une.
Besoin d’un avis rapide sur votre dossier
Avis de taxe foncière 2026 plus lourd que prévu, descriptif du logement qui ne correspond plus à la réalité, exonération d’âge ou de ressources non appliquée, taxe d’enlèvement des ordures ménagères à répartir avec votre locataire ou régularisation de charges contestée, mise en demeure restée sans réponse ou réclamation à adresser au fisc avant le 31 décembre 2027, Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris, examine votre situation et vos pièces pour vérifier l’avis, chiffrer la part litigieuse et préparer la réclamation, la mise en demeure ou l’assignation devant la bonne juridiction. Consultation téléphonique : 80 EUR TTC. Joignez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou via la page contact du cabinet en joignant l’avis de taxe foncière 2026 et celui de 2025, l’avis d’impôt sur le revenu avec le revenu fiscal de référence, le bail et le décompte de charges, les échanges avec le locataire ou le bailleur, et toute réclamation déjà adressée à l’administration fiscale.