Dépôt de garantie — locataires et bailleurs

Avocat dépôt de garantie à Paris : récupérer ou retenir, preuve à l'appui.

Un mois si l'état des lieux de sortie est conforme, deux mois sinon, majoration de 10 pour cent par mois de retard : l'article 22 de la loi de 1989 ne laisse pas de place à l'improvisation. Le cabinet fait restituer — et défend les retenues justifiées.

La majoration de 10 pour cent du loyer mensuel court pour chaque mois de retard entamé : un bailleur qui tarde trois mois doit déjà 30 pour cent en plus du dépôt.

Maître Reda Kohen, avocat dépôt de garantie à Paris

Maître Reda Kohen

Avocat au Barreau de Paris — baux d'habitation et contentieux locatif.

Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr

Page mise à jour le 11 juin 2026.

Des délais stricts

Restitution sous un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, deux mois sinon ; chaque mois de retard entamé ajoute 10 pour cent du loyer mensuel (article 22 de la loi du 6 juillet 1989).

La retenue se prouve

État des lieux contradictoire, devis ou factures, vétusté déduite : une retenue sans justificatif est une retenue perdue — et un état des lieux non contradictoire ne prouve rien.

Vétusté n'est pas dégradation

L'usure normale liée à la durée d'occupation reste à la charge du bailleur ; seules les dégradations imputables au locataire se retiennent, dans la limite du préjudice réel.

Réponse rapide

Le dépôt de garantie se restitue dans le mois de la remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme, dans les deux mois sinon, déduction faite des sommes justifiées ; le retard coûte 10 pour cent du loyer mensuel par mois entamé (article 22 de la loi du 6 juillet 1989). La retenue exige un état des lieux contradictoire et des justificatifs ; la vétusté ne s'impute jamais au locataire et la réparation ne peut excéder le préjudice. En copropriété, le bailleur peut conserver une provision sur charges jusqu'à l'approbation des comptes, à régulariser dans le mois.

Comprendre votre situation

Dépôt de garantie : ce qui décide vraiment du dossier

Sept points pour récupérer son dépôt — ou justifier une retenue qui tiendra devant le juge.

Panneau 1 — Les règles

Délais, preuve, vétusté : les trois verrous

Quatre règles structurent le contentieux du dépôt de garantie.

1

Restitution sous un mois (état des lieux conforme) ou deux mois, avec majoration de 10 pour cent du loyer mensuel par mois de retard entamé (article 22 de la loi du 6 juillet 1989) — applicable à toute demande postérieure à la loi ALUR, même pour un bail antérieur (Cass. 3e civ., 17 novembre 2016, n° 15-24.552).

2

L'état des lieux de sortie établi unilatéralement par le bailleur, sans commissaire de justice et sans contradiction imputable au locataire, ne peut prouver les dégradations (Cass. 3e civ., 16 novembre 2023, n° 22-19.422).

3

La vétusté reste à la charge du bailleur : seules les réparations locatives hors usure normale s'imputent, et la réparation ne peut excéder le montant du préjudice (Cass. 3e civ., 11 mai 2022, n° 20-19.985).

4

En copropriété, le bailleur peut conserver une provision jusqu'à l'approbation définitive des comptes, la régularisation intervenant dans le mois qui suit (Cass. 3e civ., 31 mai 2018, n° 17-18.069).

Même la forme des actes compte : la partie qui fait établir l'état des lieux par huissier sans avoir convoqué l'autre dans les formes en supporte seule le coût (Cass. 3e civ., 26 octobre 2023, n° 22-20.183), et la majoration de l'article 22 ne produit intérêt qu'à compter du jugement qui la liquide (Cass. 3e civ., 15 novembre 2018, n° 17-26.986).

Panneau 2 — Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle

Les deux états des lieux portent l'essentiel du dossier.

Locataire

  • États des lieux d'entrée et de sortie
  • Preuve de la remise des clés et de la nouvelle adresse communiquée
  • Courriers de demande de restitution avec accusés de réception
  • Quittances et justificatifs de paiement du dépôt

Bailleur

  • États des lieux contradictoires signés
  • Devis ou factures des réparations retenues
  • Grille de vétusté appliquée le cas échéant
  • Décompte de restitution adressé au locataire

Erreurs fréquentes : quitter les lieux sans communiquer sa nouvelle adresse — le délai ne court pas ; retenir sur simple photo sans état des lieux contradictoire.

Le cabinet traite aussi :

Retenues sur charges en copropriétéFrais d'huissier d'état des lieuxDégradations contestéesDéfense des bailleurs

Panneau 3 — La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

La comparaison des deux états des lieux décide du dossier — le calendrier fait le quantum.

1

Premier échange et envoi du dossier

États des lieux, bail, courriers : première lecture juridique sous 24 à 48 heures.

2

Audit de la retenue

Conformité des états des lieux, justificatifs produits, part de vétusté, computation des délais et de la majoration.

3

Mise en demeure

Demande chiffrée — dépôt, majoration par mois de retard — avec délai précis avant saisine du juge.

4

Procédure

Juge des contentieux de la protection : restitution, majoration, dommages et intérêts éventuels.

Le montant en jeu dépasse souvent le dépôt lui-même : trois mois de retard sur un loyer parisien ajoutent une somme substantielle — le calcul se fait avant la première lettre.

Panneau 4 — Le calendrier

La chronologie d'une restitution

De la remise des clés au paiement.

J 0 — Remise des clés

État des lieux de sortie contradictoire, relevé des compteurs, nouvelle adresse communiquée par écrit.

J+30 — Échéance 1

État des lieux conforme : le dépôt doit être intégralement restitué.

J+60 — Échéance 2

Différences constatées : restitution du solde avec justificatifs des retenues.

Retard — Majoration

10 pour cent du loyer mensuel par mois entamé, automatique, sans mise en demeure préalable.

Mise en demeure

Demande chiffrée en recommandé : dépôt, majoration, délai de paiement.

Saisine du juge

Juge des contentieux de la protection du lieu de l'immeuble ; condamnation et exécution.

Panneau 5 — Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune action sans avoir validé ces points.

Caractère contradictoire des états des lieux d'entrée et de sortie.

Computation des délais : date de remise des clés, communication de la nouvelle adresse.

Justificatifs des retenues : devis, factures, lien avec une dégradation imputable.

Part de vétusté : durée d'occupation, état d'entrée, grille éventuelle.

Calcul de la majoration : mois entamés depuis l'échéance applicable.

En copropriété : provision conservée, approbation des comptes, régularisation dans le mois.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

FAQ

Questions fréquentes

15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.

Quel est le délai de restitution du dépôt de garantie ?

Le délai de restitution dépend de la conformité de l'état des lieux de sortie à l'état des lieux d'entrée. Lorsque l'état des lieux de sortie est conforme, l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 impose une restitution dans un délai d'un mois à compter de la remise en main propre des clés ou de leur envoi par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Lorsque l'état des lieux de sortie présente des différences avec l'état d'entrée, le délai est porté à deux mois. Le délai court à compter de la remise effective des clés. Le bailleur peut, en immeuble collectif, conserver une provision n'excédant pas 20 % du dépôt jusqu'à l'arrêté annuel des comptes du syndicat des copropriétaires. Une fois ce délai expiré, le locataire peut réclamer la majoration légale de 10 % du loyer mensuel par période mensuelle commencée en retard.

Le bailleur peut-il garder le dépôt sans justification ?

Non. L'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 impose que les sommes retenues sur le dépôt soient dûment justifiées. Cette exigence probatoire incombe au bailleur : il doit produire des pièces vérifiables permettant au juge de contrôler la réalité, l'imputabilité et le quantum des sommes prélevées. Concrètement, cela signifie produire les états des lieux comparés, les devis et factures réelles des travaux, les justificatifs comptables des charges, les photographies datées des dégradations. Une retenue forfaitaire ou un décompte vague ne satisfait pas l'exigence légale. Le locataire peut alors saisir le juge des contentieux de la protection en restitution intégrale du dépôt, augmenté de la majoration de 10 % par mois de retard. La jurisprudence est claire et constante : la charge de la preuve pèse sur le bailleur, pas sur le locataire.

Comment contester des retenues abusives ?

Trois étapes principales. Premièrement, demander au bailleur un décompte détaillé des retenues, accompagné des pièces justificatives. La demande peut être faite par émail puis par lettre recommandée. Deuxièmement, adresser une mise en demeure motivée au bailleur, identifiant chaque ligne contestée, calculant la part qui devrait être restituée et chiffrant la majoration de 10 % par mois écoulé. La mise en demeure interrompt la prescription et prouve la diligence. Troisièmement, à défaut de réponse satisfaisante dans un délai raisonnable, saisir le juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire compétent, à Paris pour les logements situés dans la capitale. La saisine se fait par assignation. Le juge condamnera le bailleur à restituer la somme indûment retenue, à payer la majoration et, le cas échéant, les dépens et l'article 700 du code de procédure civile. La représentation par avocat n'est pas obligatoire mais elle est vivement conseillée pour calibrer le quantum et structurer la preuve.

Quelle est la majoration en cas de retard de restitution ?

L'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit une majoration de 10 % du loyer mensuel en principal pour chaque période mensuelle commencée en retard. Cette majoration est automatique : elle ne suppose ni mise en demeure préalable ni démonstration d'un préjudice. Elle se calcule sur le loyer hors charges, mois par mois, à compter du jour suivant l'expiration du délai légal de un ou deux mois. La Cour de cassation a jugé que cette majoration ne peut se cumuler avec les intérêts moratoires au taux légal fixés par l'article 1153, alinéa 3, du code civil, dans sa rédaction antérieure à celle issue de l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 et ne produit intérêt qu'à compter du jugement la liquidant (Cass. 3e civ., 15 novembre 2018, n° 17-26.986, publié au Bulletin). La majoration n'est pas due lorsque le retard résulte de l'absence de transmission par le locataire de sa nouvelle adresse au bailleur.

L'état des lieux est-il obligatoire ?

L'état des lieux n'est pas formellement obligatoire à peine de nullité du bail, mais son absence emporte une conséquence importante. L'article 1731 du code civil dispose que s'il n'a pas été fait d'état des lieux, le preneur est présumé les avoir reçus en bon état de réparations locatives, et doit les rendre tels, sauf la preuve contraire. La présomption joue donc au profit du locataire : c'est au bailleur de prouver, par tout moyen, que les dégradations sont survenues pendant l'occupation. En pratique, cette preuve est rarement convaincante, et le bailleur peine à imputer des retenues. Un bailleur prudent fait toujours établir un état des lieux d'entrée détaillé, contradictoirement et amiablement par les parties, ou par un commissaire de justice à défaut. La jurisprudence considère qu'un état des lieux n'est valable que s'il est dressé contradictoirement ou par un tiers neutre, à frais partagés par moitié, conformément à l'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989.

Que faire en cas de désaccord sur l'état des lieux de sortie ?

Trois options selon la phase du litige. Premièrement, refuser de signer l'état des lieux de sortie litigieux et exiger le recours à un commissaire de justice. L'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que, à défaut d'accord, l'état des lieux est établi par un commissaire de justice sur l'initiative de la partie la plus diligente, à frais partagés par moitié, sous réserve d'une convocation par lettre recommandée envoyée au moins sept jours à l'avance. Deuxièmement, si l'état des lieux a été dressé unilatéralement par le bailleur, contester son caractère contradictoire. La Cour de cassation a jugé qu'un état des lieux de sortie établi unilatéralement par le bailleur, sans recours à un commissaire de justice, et dont le défaut de contradiction est dû à sa carence, ne peut faire la preuve de dégradations imputables au locataire (Cass. 3e civ., 16 novembre 2023, n° 22-19.422, publié au Bulletin). Troisièmement, produire toutes preuves utiles devant le juge : photographies datées au jour du départ, attestations de témoins, courriels échangés avec le bailleur. La défense suppose une lecture rigoureuse des actes signifiés et des délais.

Comment distinguer vétusté et dégradation ?

La distinction est centrale et conditionne l'imputation au locataire. La vétusté est définie par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016 comme l'état d'usure ou de détérioration résultant du temps ou de l'usage normal des matériaux et éléments d'équipement dont est constitué le logement. La dégradation est en revanche le résultat d'un usage anormal ou d'une faute du locataire. L'article 7 d) de la loi du 6 juillet 1989 exclut explicitement la vétusté de l'obligation d'entretien du locataire. La Cour de cassation a censuré une cour d'appel qui avait condamné des locataires à payer le coût intégral des travaux de rénovation après onze ans d'occupation sans rechercher si l'état d'usage des peintures et des sols ne résultait pas de l'usage normal (Cass. 3e civ., 11 mai 2022, n° 20-19.985). En pratique, lorsque le bail comporte une grille de vétusté, on applique l'abattement contractuel. À défaut, le juge apprécie en équité au regard de la durée d'occupation, de la nature du matériau et de sa durée de vie théorique.

Le bailleur peut-il garder le dépôt pour une dette d'eau ou EDF ?

Non, sauf à respecter des conditions strictes. Le dépôt de garantie ne couvre que les dettes du locataire envers le bailleur, c'est-à-dire les loyers, les charges récupérables et les réparations locatives. Les factures personnelles du locataire envers EDF, GDF, le distributeur d'eau ou tout fournisseur d'énergie sont des dettes envers ces tiers, et non envers le bailleur. Le bailleur ne peut donc pas les imputer sur le dépôt. Il existe une exception lorsque le bailleur, en vertu d'une obligation contractuelle ou légale, paye lui-même une dette à la place du locataire : dans ce cas, l'article 22 prévoit qu'il peut déduire les sommes dont celui-ci pourrait être tenu, en lieu et place du locataire, sous réserve qu'elles soient dûment justifiées. Le bailleur doit alors produire les factures du tiers et la preuve de leur règlement effectif. À défaut, la retenue est abusive et le locataire peut en obtenir la restitution avec majoration.

Les devis non exécutés sont-ils opposables au locataire ?

La question est nuancée. Un devis n'est qu'une estimation prévisionnelle, pas une preuve de dépense. Le bailleur qui produit un devis sans avoir engagé les travaux peine à justifier la retenue, surtout si la facture exécutée fait défaut. La pratique judiciaire reconnaît néanmoins le principe selon lequel l'indemnisation du préjudice n'est pas subordonnée à l'engagement effectif de la dépense. La Cour de cassation a jugé en matière de bail commercial, dans un raisonnement transposable, que le préjudice peut comprendre le coût de la remise en état des locaux, sans que son indemnisation ne soit subordonnée à l'exécution des réparations ou à l'engagement effectif de dépenses (Cass. 3e civ., 27 juin 2024, n° 22-24.502, publié au Bulletin). Toutefois, en bail d'habitation, la jurisprudence est exigeante sur le caractère justifié de la retenue. Le juge tient compte des circonstances postérieures (relocation rapide, vente, démolition) qui peuvent prouver l'absence de préjudice. Un devis non exécuté seul est rarement suffisant pour justifier l'intégralité d'une retenue, surtout sur des montants élevés.

Quelle preuve apporter pour récupérer son dépôt ?

Quatre pièces structurent le dossier du locataire. Premièrement, le bail signé avec ses annexes, qui rappelle le montant du dépôt versé. Deuxièmement, l'état des lieux d'entrée, idéalement détaillé pièce par pièce et accompagné de photographies datées. Troisièmement, l'état des lieux de sortie, dressé contradictoirement ou à défaut par un commissaire de justice avec convocation par lettre recommandée plus de sept jours à l'avance. Quatrièmement, la preuve de la remise des clés (récépissé en main propre ou lettre recommandée) et la lettre de communication de la nouvelle adresse au bailleur. À cela s'ajoute le décompte adverse du bailleur, qui permet d'identifier les retenues contestables, et tout courriel ou attestation utile. La mise en demeure et l'accusé de réception sont la cinquième pièce, indispensable à l'action contentieuse. Le cabinet aide à reconstituer les pièces manquantes lorsque le locataire n'a pas conservé l'ensemble des documents.

Les charges de régularisation justifient-elles une retenue ?

Oui, mais selon un régime particulier. En immeuble collectif, l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le bailleur procède à un arrêté des comptes provisoire et peut, lorsqu'elle est dûment justifiée, conserver une provision ne pouvant excéder 20 % du montant du dépôt de garantie jusqu'à l'arrêté annuel des comptes de l'immeuble. La régularisation définitive et la restitution du solde interviennent dans le mois qui suit l'approbation définitive des comptes par l'assemblée générale du syndicat des copropriétaires. La Cour de cassation a précisé que cette règle ne se confond pas avec le délai général de un ou deux mois. La Cour de cassation a jugé le 31 mai 2018, dans un arrêt publié au Bulletin, que lorsque les locaux loués se situent dans un immeuble collectif, la régularisation définitive des charges et la restitution du solde, déduction faite, le cas échéant, des sommes restant dues au bailleur et de celles dont celui-ci pourrait être tenu en lieu et place du locataire, interviennent dans le mois qui suit l'approbation définitive des comptes de l'immeuble. Le bailleur doit donc justifier précisément la part conservée et restituer le solde à l'arrêté annuel.

Quel tribunal compétent pour le dépôt de garantie à Paris ?

Le juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire de Paris est exclusivement compétent pour les litiges relatifs au bail d'habitation, en application de l'article L. 213-4-3 du code de l'organisation judiciaire. Cette compétence couvre la restitution du dépôt de garantie, les contestations de retenues, les demandes de paiement de la majoration de retard et les dommages-intérêts liés. La saisine se fait par assignation pour les demandes au fond. Le tribunal judiciaire de Paris se trouve au Parvis du Tribunal de Paris, dans le 17e arrondissement. La représentation par avocat n'est pas obligatoire pour les litiges du juge des contentieux de la protection, mais elle reste fortement conseillée pour calibrer la stratégie probatoire et chiffrer correctement les demandes. L'appel est ouvert pour les litiges supérieurs à 5 000 euros et porte devant la cour d'appel de Paris. En dessous de ce seuil, le jugement est rendu en dernier ressort et seul un pourvoi en cassation reste possible.

Faut-il une mise en demeure avant l'action judiciaire ?

La mise en demeure n'est pas formellement obligatoire en matière de restitution du dépôt de garantie, l'article 22 prévoyant une majoration automatique. Pour autant, elle est presque toujours utile en pratique. Elle interrompt la prescription, formalise la position du locataire, démontre la diligence et structure le dossier qui sera produit au juge. La mise en demeure prend la forme d'une lettre recommandée avec accusé de réception adressée au bailleur ou à son mandataire de gestion. Elle reprend la chronologie (date du congé, remise des clés, transmission de la nouvelle adresse), liste les retenues contestées avec leurs montants, calcule la majoration mensuelle déjà accumulée, et fixe un délai d'exécution court (15 à 30 jours). Si la voie amiable échoue, la mise en demeure est versée aux débats comme preuve du refus du bailleur. Une mise en demeure correctement rédigée règle environ la moitié des dossiers sans saisine judiciaire, le bailleur préférant restituer plutôt que d'aggraver la majoration et d'affronter un procès.

Combien coûte une procédure de récupération du dépôt ?

Le coût varie selon la valeur du litige et le mode de recouvrement. Devant le juge des contentieux de la protection, la procédure n'exige pas la représentation par avocat, mais l'intervention d'un avocat reste recommandée, surtout pour structurer la preuve, calculer la majoration et anticiper les arguments du bailleur. Les honoraires du cabinet font l'objet d'une convention écrite préalable, adaptée à la complexité du dossier. Le locataire qui obtient gain de cause se voit en général allouer une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile pour ses frais d'avocat, ainsi que la condamnation du bailleur aux dépens (frais de procédure, frais de signification éventuels). Le coût net réel est donc souvent inférieur au coût brut, surtout lorsque la majoration de retard a couru plusieurs mois. Le cabinet propose un devis transparent après lecture du dossier, et privilégie systématiquement la voie amiable de mise en demeure avant toute saisine, qui est moins coûteuse.

Le constat d'huissier est-il indispensable ?

Le constat de commissaire de justice (anciennement huissier) n'est pas obligatoire si l'état des lieux est établi contradictoirement et amiablement par les parties. C'est même la voie privilégiée par la loi : l'article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit le recours au commissaire de justice uniquement à défaut d'accord. Lorsque la voie amiable échoue, le commissaire de justice intervient à frais partagés par moitié, sous réserve d'une convocation par lettre recommandée envoyée au moins sept jours à l'avance. La Cour de cassation a jugé le 26 octobre 2023 que cette exigence du délai de sept jours est imposée à peine de perte du remboursement de la moitié des frais : la partie qui n'a pas respecté la forme prend à sa charge l'intégralité du coût. Le constat reste utile dans les litiges portant sur des dégradations importantes, ou lorsqu'une partie soupçonne l'autre de mauvaise foi. Pour les litiges de moindre ampleur, des photographies datées contradictoirement et un émail récapitulatif suffisent en pratique.

Références

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Synthèse

Situation, preuve, délai, action

Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.

SituationPreuve décisiveDélaiAction utile
Dépôt non restitué dans le délai légalRemise des clés, lettre de transmission de la nouvelle adresse, absence de virementAu-delà de 1 mois ou 2 mois selon les états des lieuxMise en demeure puis assignation en restitution avec majoration de 10 % par mois
Retenue non justifiée par le bailleurDécompte adverse imprécis, devis sans facture, photographies du locatairePas de délai propre, exception toujours opposableDemande de restitution intégrale avec dommages-intérêts
État des lieux d'entrée absentAucun état des lieux signé à l'entréeAucunInvoquer la présomption de l'article 1731 du code civil au profit du locataire
État des lieux de sortie unilatéralConvocation tardive ou absente, absence de signature du locataireAucunOpposer l'inopposabilité au locataire et la perte de la preuve par le bailleur
Dégradation imputable récenteÉtats des lieux comparés, devis et facture exécutée, photographiesAvant l'expiration du délai de restitutionNotification motivée de retenue et restitution du solde dans le délai
Charges en immeuble collectifArrêté définitif des comptes, AG du syndicat des copropriétaires1 mois suivant l'approbation des comptes annuelsConservation provisoire de 20 % maximum, restitution finale après arrêté

Dossiers

Cas pratiques du cabinet

Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.

Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des situations traitées en matière de dépôt de garantie. Les chiffres correspondent à des dossiers réels mais ont été arrondis par souci de discrétion.

Locataire : 1 850 euros récupérés sur 2 200 retenus

Bailleur retenant 2 200 euros de dépôt pour des travaux non chiffrés et un nettoyage forfaitaire. Mise en demeure restée sans réponse, assignation devant le juge des contentieux de la protection. Restitution de 1 850 euros plus la majoration de 10 % du loyer par mois écoulé depuis le dépassement.

Action : article 22 et exigence du dûment justifié. Résultat : restitution quasi intégrale et majoration.

Bailleur : 4 800 euros de retenues validés en audience

Locataire ayant occupé un appartement parisien six ans avec dégradations significatives (cloisons, parquet, sanitaires). Constitution d'un dossier complet : états des lieux comparés, devis, factures exécutées, photographies datées. Le juge a validé l'intégralité des retenues à hauteur de 4 800 euros et débouté le locataire de sa demande de restitution.

Action : preuve par états des lieux comparés. Résultat : retenue confirmée judiciairement.

Action limitée à la part vétusté, retenue ramenée de 3 200 à 850

Bailleur retenant 3 200 euros pour la rénovation peinture et sols après douze ans d'occupation. Application de la grille de vétusté annexée au bail, abattement de 70 % sur les éléments concernés. Le juge a ramené la retenue à 850 euros et restitué le solde au locataire avec majoration de retard.

Action : grille de vétusté contractuelle. Résultat : abattement substantiel.

Dépôt non restitué ou retenue contestée ? Faisons le point.

La majoration de 10 pour cent par mois court déjà — ou la retenue doit être consolidée avant le contentieux. Envoyez les états des lieux et les courriers échangés — réponse sous 24 à 48 heures.

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