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Taxe logement vacant 2027 : exonération, taux à 50 % et contester quand votre commune vote la taxe

La requête « taxe » flambe sur Google France depuis le début de la semaine, avec plus de 50 000 recherches et une progression de 1 000 %. Derrière ce mot très général, les vraies questions des internautes sont limpides : « taxe foncière 2026 », « taxe d’habitation », « exonération taxe foncière », « taxe logement vacant 2027 ». Et l’actualité explique cette fièvre : les avis de taxe foncière 2026 arrivent dans les boîtes aux lettres au moment précis où des dizaines de conseils municipaux votent, avant le 1er octobre 2026, la nouvelle taxe sur la vacance des locaux d’habitation qui s’appliquera en 2027. Le 15 septembre 2026, Cozes, en Charente-Maritime, a retenu le taux maximal de 50 %. Melle, dans les Deux-Sèvres, a voté la même taxe pour encourager la remise sur le marché des logements inoccupés. La loi de finances pour 2026 a en effet fusionné la taxe annuelle sur les logements vacants et la taxe d’habitation sur les logements vacants en une taxe unique, et le décret du 25 août 2026 a fixé la liste des communes concernées de plein droit. Propriétaire d’un logement vide, héritier d’une maison familiale inoccupée, bailleur entre deux locataires : cet article explique qui paiera cette taxe en 2027, combien elle coûtera, dans quels cas vous pouvez y échapper et comment la contester, textes et décisions de justice à l’appui.

I. Taxe logement vacant 2027 : qui paie et à quel taux

A. Taxe logement vacant 2027 : votre commune est-elle concernée par la nouvelle taxe

Premier réflexe : vérifier si votre bien se trouve dans une commune visée. Le nouveau régime distingue deux situations, et tout découle de l’article 1406 bis du code général des impôts, créé par l’article 108 de la loi de finances pour 2026. Ce texte dispose : « La taxe sur la vacance des locaux d’habitation est due pour les logements vacants au 1 er janvier de l’année d’imposition depuis au moins : 1° Une année lorsque le logement est situé dans une commune qui présente un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements entraînant des difficultés sérieuses d’accès au logement sur l’ensemble du parc résidentiel existant ; 2° Deux années lorsque le logement est situé dans une commune ne remplissant pas la condition prévue au 1°. » Autrement dit, en zone tendue, un an de vacance au 1er janvier suffit ; hors zone tendue, il faut deux ans de vacance et une délibération locale.

Dans les communes en zone tendue, la taxe s’applique automatiquement. La liste de ces communes a été fixée par le décret n° 2026-831 du 25 août 2026. Paris et la quasi-totalité des communes d’Île-de-France y figurent : si votre appartement parisien reste vide depuis le 1er janvier 2026, il sera taxable en 2027. Hors zone tendue, rien n’est automatique : la commune, ou l’intercommunalité à fiscalité propre dotée d’un programme local de l’habitat, doit voter l’instauration de la taxe. C’est exactement ce qui vient de se jouer à Cozes et à Melle. À Cozes, le conseil municipal du 15 septembre 2026 a instauré la taxe au taux de 50 %, avec une assiette d’une dizaine de logements inoccupés et une recette attendue de 17 970 euros, contre 8 985 euros avec un taux de 25 %, selon la simulation de la direction générale des finances publiques rapportée par la presse locale. La commune, classée en zone non tendue, avait déjà assujetti les logements vacants à l’ancienne taxe d’habitation sur les logements vacants par une délibération du 6 septembre 2022. À Melle, les élus ont voté la taxe pour l’année 2027 en assumant l’objectif : encourager la revitalisation des logements et leur retour sur le marché, dans un secteur où les candidats à l’achat sont nombreux.

Si vous êtes propriétaire, usufruitier, preneur à bail à construction ou à réhabilitation, ou emphytéote, vous êtes personnellement visé dès lors que vous disposez du logement depuis le début de la période de vacance. L’article 1406 bis est net : « La taxe est due par le propriétaire, l’usufruitier, le preneur à bail à construction ou à réhabilitation ou l’emphytéote qui dispose du logement depuis le début de la période mentionnée au A du I. » L’héritier qui conserve une maison de famille vide, l’investisseur qui laisse un studio inoccupé entre deux locations, le propriétaire d’un logement dégradé qu’il ne parvient pas à relouer : tous entrent dans le champ, sauf à démontrer l’un des cas d’exonération examinés plus loin. Pour établir qui est redevable, l’administration s’appuiera sur la déclaration d’occupation des biens immobiliers que chaque propriétaire doit renseigner : une omission ou une déclaration inexacte expose à une taxation que vous devrez ensuite contester à vos frais et dans des délais stricts.

Le classement de votre commune n’est pas une fatalité : il se conteste. Le Conseil d’État vient de le démontrer deux fois le même jour. Le 14 octobre 2024, la haute juridiction a annulé l’inscription de la commune de Boëge sur la liste des communes en zone tendue pour la taxe annuelle sur les logements vacants. L’administration rattachait Boëge à l’unité urbaine Annemasse-Genève au motif d’une continuité d’urbanisation reposant sur une construction située sur une déchetterie. Le Conseil d’État relève « qu’est seulement implantée sur cette déchetterie une construction légère » et juge : « Une telle construction ne permettant pas, à elle seule, d’assurer la continuité d’une zone d’urbanisation, c’est en méconnaissance des dispositions du 1° du I de l’article 232 du code général des impôts que la commune de Boëge a été classée par le décret attaqué dans la liste des communes répondant aux critères que ces dispositions fixent. » Le dispositif est sans appel : Conseil d’État, 8e et 3e chambres réunies, 14 octobre 2024, n° 491740, « La décision implicite par laquelle la Première ministre a refusé d’abroger ou de modifier le décret du 25 août 2023 modifiant le décret du 10 mai 2013 relatif au champ d’application de la taxe annuelle sur les logements vacants instituée par l’article 232 du code général des impôts en tant qu’il a inscrit la commune de Boëge sur la liste mentionnée au 1° du I de cet article, est annulée. » Le même jour, la commune voisine de Saint-André-de-Boëge a obtenu la même annulation, la continuité d’urbanisation invoquée reposant sur trois constructions isolées de part et d’autre d’une coupure : Conseil d’État, 14 octobre 2024, n° 491741, « La décision implicite par laquelle la Première ministre a refusé d’abroger ou de modifier le décret du 25 août 2023 modifiant le décret du 10 mai 2013 relatif au champ d’application de la taxe annuelle sur les logements vacants instituée par l’article 232 du code général des impôts, en tant qu’il a inscrit la commune de Saint-André-de-Boëge sur la liste des communes mentionnée au 1° du I de cet article, est annulée. » Ces deux arrêts rappellent la méthode de l’Insee : distance maximale de 200 mètres entre deux constructions, en tenant compte des coupures topographiques comme les cours d’eau non franchissables. Si votre commune a été classée en zone tendue par le décret du 25 août 2026 sur des bases comparables, la voie du recours pour excès de pouvoir contre le refus d’abroger ce classement reste ouverte, et ces précédents constituent votre meilleur appui.

B. Taxe logement vacant : combien vous coûte un logement vide en 2027

Le calcul part de la valeur locative cadastrale de l’habitation, c’est-à-dire le loyer annuel théorique que le bien pourrait produire. L’article 1409 du code général des impôts la définit à partir de la valeur locative des habitations et de leurs dépendances, garages, jardins d’agrément et terrains de jeux. Cette valeur figure sur votre avis d’imposition de taxe foncière : c’est elle que l’administration multipliera par le taux voté. Plus votre bien est grand et bien situé, plus la base est élevée, et plus la taxe pèse. Vérifiez cette base dès l’avis 2026 : une valeur locative surévaluée majore mécaniquement la taxe sur la vacance comme elle majore déjà votre taxe foncière.

En zone tendue, le taux est fixé par l’article 1406 bis : « le taux de la taxe est fixé à 17 % la première année d’imposition et à 34 % à compter de la deuxième année d’imposition ». Nouveauté 2027 : la commune peut délibérer pour augmenter ces taux, « sans toutefois excéder le taux de 30 % la première année d’imposition et le taux de 60 % à compter de la deuxième année d’imposition ». Concrètement, un appartement parisien d’une valeur locative de 12 000 euros, vacant depuis deux ans, coûtera 4 080 euros au taux légal de 34 %, et jusqu’à 7 200 euros si le Conseil de Paris votait le taux maximal de 60 %. Hors zone tendue, la commune fixe librement son taux, « sans toutefois excéder le taux de 50 % », et c’est ce plafond qu’ont retenu Cozes et, selon les débats rapportés, la logique des communes qui veulent frapper fort : passer d’un taux de taxe d’habitation d’environ 10 % à 50 % multiplie par cinq la facture, ce qui a fait réagir l’opposition municipale à Cozes. Pour un pavillon d’une valeur locative de 6 000 euros, la taxe atteint 3 000 euros par an au taux maximal.

Ce durcissement tranche avec le régime actuel. Jusqu’aux impositions 2026 incluses, la taxe annuelle sur les logements vacants de l’article 232, applicable en zone tendue pour chaque logement « vacant depuis au moins une année, au 1er janvier de l’année d’imposition », reste plafonnée : « Son taux est fixé à 17 % la première année d’imposition et à 34 % à compter de la deuxième », sans possibilité de majoration locale. Hors zone tendue, la taxe d’habitation sur les logements vacants de l’article 1407 bis ne frappe que « les logements vacants depuis plus de deux années au 1er janvier de l’année d’imposition », à un taux aligné sur celui de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Les deux articles sont désormais en sursis : leurs versions en vigueur portent la mention d’abrogation différée au 1er janvier 2027, date à laquelle la taxe unique les remplace. Si vous recevez en 2026 un avis de taxe sur les logements vacants ou de taxe d’habitation sur les logements vacants, contestez-le selon les règles actuelles exposées ci-dessous : la jurisprudence rendue sur ces textes restera transposable, car les notions de vacance, d’occupation de 90 jours et de vacance involontaire ont été reprises à l’identique dans le nouvel article 1406 bis.

Les recettes de la nouvelle taxe alimenteront directement les communes et intercommunalités, alors que la taxe annuelle sur les logements vacants était jusqu’ici reversée à l’Agence nationale de l’habitat. Les élus le disent eux-mêmes : l’objectif affiché n’est pas le rendement mais la remise sur le marché. Le revers de cette logique incitative, c’est que les dégrèvements accordés à tort pèsent sur la commune : l’article 1406 bis prévoit que « Les dégrèvements sont à la charge de la commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre. » Les services fiscaux vérifieront donc avec soin chaque demande, et une imposition établie par erreur sur un logement qui n’était pas vacant coûtera à la collectivité. Cette règle, déjà présente à l’article 1407 bis pour l’ancienne taxe d’habitation sur les logements vacants (« En cas d’imposition erronée liée à l’appréciation de la vacance, les dégrèvements en résultant sont à la charge de la commune »), explique pourquoi les communes ciblent en priorité les logements durablement vides et documentés comme tels. Pour le propriétaire, la conséquence pratique est double : conservez toute preuve d’occupation ou de démarches de mise en location, et vérifiez chaque année que votre déclaration d’occupation reflète la réalité.

II. Taxe logement vacant exonération : échapper à la taxe et la contester

A. Taxe logement vacant exonération : vacance involontaire, mise en vente et travaux qui vous exonèrent

L’article 1406 bis exonère quatre situations, et la première est la plus plaidée : « Les logements dont la vacance est indépendante de la volonté du contribuable ». Un logement mis en location ou en vente au prix du marché qui ne trouve ni preneur ni acquéreur remplit cette condition : conservez les mandats d’agence, les annonces datées, les comptes rendus de visite et les baisses de prix successives. La jurisprudence exige toutefois des démarches réelles et continues, pas une simple annonce à un prix déconnecté du marché local. Deuxième cas : « Les logements dont la durée d’occupation est supérieure à quatre-vingt-dix jours consécutifs au cours de la période de référence ». Un locataire resté trois mois et un jour, un enfant hébergé un trimestre, une occupation saisonnière continue de plus de 90 jours : la taxe tombe, mais l’occupation doit être prouvée par des factures d’énergie, des attestations ou des constats. En zone tendue, la période de référence est l’année précédente ; hors zone tendue, les deux années précédentes. Troisième et quatrième cas : les dépendances du domaine public et « Les logements détenus par une entité mentionnée aux articles L. 411-2 et L. 481-1 du code de la construction et de l’habitation », c’est-à-dire l’essentiel du parc social, sont hors champ.

L’arrêt le plus utile aux propriétaires modestes a été rendu par la cour administrative d’appel de Paris le 14 juin 2023. Un retraité de Cachan, propriétaire d’un immeuble de trois appartements, avait été assujetti à 1 468 euros de taxe sur les logements vacants au titre de 2017. Le tribunal administratif de Melun avait rejeté sa demande en 2022. En appel, un constat d’huissier du 15 novembre 2017 a tout changé : « les logements de l’immeuble dont la taxe est en litige ne répondaient ni aux normes électriques, seules des installations provisoires étant présentes, ni aux normes sanitaires au regard de l’absence d’installations sanitaires utilisables et qu’ils ne pouvaient donc être loués ». Les devis et factures de 2016 à 2020 chiffraient la mise aux normes à plus de 25 000 euros, quand l’intéressé « disposait en 2017 de revenus de pension de retraite d’un montant de 11 874 euros et déclarait un déficit foncier de 48 207 euros ». La cour en déduit qu’il « démontre ainsi ne pas avoir été en mesure de financer de tels travaux, alors même qu’il disposait d’un patrimoine immobilier important », puis tranche : « M. B… justifie que la vacance de ces logements était indépendante de sa volonté et que la taxe n’est donc pas due en application du VI de l’article 232 du code général des impôts. » Dispositif : CAA Paris, 2e chambre, 14 juin 2023, n° 22PA03204, « M. B… est déchargé de la taxe sur les logements vacants à laquelle il a été assujetti au titre de l’année 2017 pour les logements sis 182 rue Etienne Dolet à Cachan. » Si votre logement est insalubre, inhabitable sans travaux lourds ou frappé d’un arrêté de péril, faites établir immédiatement un constat par un commissaire de justice, conservez chaque devis et démontrez l’impossibilité financière : c’est ce triptyque qui emporte la décharge.

Ce raisonnement s’appuie sur les réserves du Conseil constitutionnel, rappelées par la cour dans cet arrêt : « ne sauraient être assujettis des logements qui ne pourraient être rendus habitables qu’au prix de travaux importants et dont la charge incomberait nécessairement à leur détenteur ». Les décisions visées sont les n° 98-403 DC du 29 juillet 1998 et n° 2012-662 DC du 29 décembre 2012, qui n’ont validé la taxe que sous ces réserves. Pour la taxe unique de 2027, la définition fiscale du logement vacant garde la même logique : un bien non meublé, ou meublé de façon insuffisante pour une habitation convenable, dépourvu des éléments de confort de base comme l’installation électrique, l’eau courante ou les équipements sanitaires, et libre de toute occupation depuis la durée requise. Un logement délabré, squatté puis muré, ou en cours de succession bloquée, relève typiquement de la vacance involontaire. À l’inverse, le propriétaire qui garde volontairement un appartement vide en attendant une hypothétique plus-value, qui refuse les offres au prix du marché ou qui néglige d’entretenir un bien louable paiera la taxe plein pot, au taux voté par sa commune.

Ne confondez pas cette taxe avec le dégrèvement de taxe foncière pour vacance, qui obéit à d’autres règles et peut se cumuler dans certains cas. L’article 1389 du code général des impôts permet d’obtenir le dégrèvement de la taxe foncière « en cas de vacance d’une maison normalement destinée à la location », calculé « à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l’inexploitation jusqu’au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l’inexploitation a pris fin ». Mais « Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l’inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu’elle ait une durée de trois mois au moins et qu’elle affecte soit la totalité de l’immeuble, soit une partie susceptible de location ou d’exploitation séparée. » Trois mois suffisent ici, contre un ou deux ans pour la taxe sur la vacance : un bailleur qui subit trois mois de vacance entre deux baux peut être dégrevé de taxe foncière au prorata sans être redevable de la taxe sur la vacance. Vérifiez aussi votre taxe d’habitation sur les résidences secondaires et, à Paris et en Île-de-France, la majoration applicable aux meublés : un logement meublé mais inoccupé peut basculer d’une taxe à l’autre selon son usage réel, et chaque imposition se conteste séparément.

B. Taxe logement vacant : contester l’avis, saisir le fisc puis le juge dans les délais

En pratique, tout commence par l’avis d’imposition. L’article 1406 bis dispose : « Le contrôle, le recouvrement, le contentieux, les garanties et les sanctions de la taxe sont régis comme en matière de taxe foncière sur les propriétés bâties. » Vous relevez donc du contentieux fiscal classique devant le juge administratif, avec une première étape obligatoire : la réclamation préalable auprès de l’administration. Le délai est fixé par l’article R*196-2 du livre des procédures fiscales : « les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l’administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l’année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle, de la notification d’un avis de mise en recouvrement ou de l’émission d’un titre de perception ». Pour un avis de taxe sur la vacance mis en recouvrement en 2027, vous avez jusqu’au 31 décembre 2028. Passé ce délai, la forclusion est quasi systématique : déposez tôt, quitte à compléter ensuite.

Le contenu de la réclamation est réglementé à peine d’irrecevabilité par l’article R*197-3 du livre des procédures fiscales : « Toute réclamation doit à peine d’irrecevabilité : a) Mentionner l’imposition contestée ; b) Contenir l’exposé sommaire des moyens et les conclusions de la partie ; c) Porter la signature manuscrite de son auteur », et « d) Etre accompagnée soit de l’avis d’imposition, d’une copie de cet avis ou d’un extrait du rôle, soit de l’avis de mise en recouvrement ou d’une copie de cet avis ». Joignez dès ce stade l’avis, un exposé des moyens (vacance involontaire, occupation de plus de 90 jours, erreur sur la commune ou sur l’occupant) et toutes les pièces : constat de commissaire de justice, devis et factures de travaux, mandats et annonces de mise en vente ou en location, factures d’énergie prouvant l’occupation, actes de succession, arrêtés de péril. En ligne, la messagerie sécurisée de votre espace impots.gouv.fr permet de déposer la réclamation en conservant la preuve de la date d’envoi ; conservez aussi votre déclaration d’occupation à jour, car l’administration s’en servira contre vous si elle mentionne un logement vacant.

Si l’administration rejette votre réclamation, expressément ou par un silence de six mois valant rejet implicite, portez le litige devant le tribunal administratif du lieu du bien : tribunal administratif de Paris pour un bien parisien, Melun, Cergy-Pontoise ou Versailles selon le département francilien, dans un délai de deux mois. Le juge contrôle la réalité de la vacance, son caractère volontaire ou non et la régularité de l’imposition, comme l’a fait la cour administrative d’appel de Paris pour le contribuable de Cachan. En parallèle, la délibération municipale qui institue la taxe ou fixe son taux peut elle-même être attaquée par un recours pour excès de pouvoir dans les deux mois de sa publication : vice de procédure, incompétence, ou taux présenté comme punitif. De même, le classement de votre commune dans la liste des zones tendues du décret du 25 août 2026 peut être contesté en demandant au Premier ministre son abrogation partielle puis en attaquant le refus, selon le modèle gagnant des communes de Boëge et Saint-André-de-Boëge. Trois recours distincts coexistent donc : contre l’avis personnel, contre la délibération locale et contre le classement national. Ils obéissent à des délais différents et se cumulent utilement.

Deux derniers points décisifs avant d’agir. D’abord, une imposition établie sur un logement qui n’était pas vacant doit être dégrevée, et ce dégrèvement reste à la charge financière de la commune : c’est un argument de poids dans votre réclamation, car la collectivité a intérêt à corriger vite ses erreurs d’appréciation plutôt que de les défendre jusqu’au juge. Ensuite, anticipez le calendrier : les communes doivent délibérer avant le 1er octobre 2026 pour appliquer la taxe en 2027, et la taxe frappera les logements vacants au 1er janvier 2027 depuis un ou deux ans selon la zone. Si votre bien est vide aujourd’hui, chaque mois compte : remettez-le en location, vendez-le au prix du marché, faites constater son état, ou documentez l’obstacle indépendant de votre volonté. En 2027, le fisc n’aura qu’à croiser votre déclaration d’occupation et ses fichiers : le propriétaire qui aura préparé son dossier paiera moins, ou rien du tout.

Conclusion

La flambée des recherches sur la « taxe » ne doit rien au hasard : avis de taxe foncière 2026 dans les boîtes aux lettres, votes en cascade des conseils municipaux avant le 1er octobre 2026 et entrée en vigueur de la taxe unique sur la vacance des locaux d’habitation en 2027. Retenez l’essentiel : en zone tendue, dont Paris et l’Île-de-France, un an de vacance au 1er janvier suffit et le taux atteint 17 % puis 34 %, majorable jusqu’à 30 % puis 60 % ; hors zone tendue, deux ans de vacance et une délibération locale sont nécessaires, avec un taux libre plafonné à 50 %, comme à Cozes. La vacance involontaire, l’occupation de plus de 90 jours consécutifs, la mise en vente ou en location au prix du marché et l’impossibilité de financer des travaux lourds exonèrent, à condition de les prouver par constats, devis, mandats et factures, comme l’a jugé la cour administrative d’appel de Paris pour un retraité de Cachan déchargé de 1 468 euros. Enfin, aucun classement n’est intouchable : le Conseil d’État a annulé deux inscriptions en zone tendue le 14 octobre 2024. Réclamation avant le 31 décembre de l’année suivante, recours au tribunal administratif dans les deux mois du rejet : c’est dans ces délais que se gagne la bataille contre une taxe qui, au taux maximal, peut dépasser la moitié du loyer annuel perdu.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».