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Colocataire qui quitte la colocation en septembre 2026 : préavis d’un mois en zone tendue, solidarité et dépôt de garantie

La rentrée de septembre 2026 fait bouger les colocations dans tout le pays : un colocataire décroche un emploi dans une autre ville, un étudiant change d’université, un jeune actif veut enfin vivre seul. Quand le départ se joue en septembre, chaque semaine compte, car le loyer continue de courir tant que le congé n’est pas régularisé et tant que la solidarité prévue au bail n’est pas éteinte. À Paris et dans les grandes agglomérations, la plupart des logements relèvent d’une zone tendue, ce qui ouvre droit à un préavis réduit d’un mois au lieu de trois, à condition de respecter un formalisme strict. Le colocataire qui part doit donc envoyer son congé dans les formes, payer jusqu’au dernier jour du préavis, organiser son remplacement s’il veut abréger sa solidarité, et sécuriser la restitution de sa part de dépôt de garantie avec un état des lieux de sortie. Les colocataires restants doivent de leur côté obtenir un avenant, ajuster le partage du loyer et éviter de payer à la place du sortant. Ce dossier explique pas à pas comment quitter une colocation en septembre 2026 sans laisser de dette derrière soi, quels textes protègent chaque partie, et quels recours engager quand le bailleur retient indûment le dépôt de garantie ou réclame des loyers après la fin de la solidarité.

I. Colocataire qui part : quel préavis d’un mois en zone tendue à Paris et dans les grandes villes

A. Comment donner congé quand on est colocataire en septembre 2026

Le congé du colocataire sortant obéit aux règles du congé du locataire prévues par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dont l’article 12 fixe le régime du préavis, et aux règles propres à la colocation prévues à l’article 8-1 de cette même loi, introduit par la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 (ALUR). Chaque colocataire signataire du bail peut donner congé à tout moment, sans attendre la fin du bail ni l’accord des autres colocataires. « Le locataire n’a pas à motiver sa décision », rappelle la fiche officielle consacrée au congé du locataire : le bailleur ne peut ni refuser le congé ni exiger un motif, et les colocataires restants ne peuvent pas davantage s’opposer au départ. Cette liberté a toutefois un prix : le sortant reste tenu du loyer et des charges jusqu’à l’expiration du préavis, et au-delà en cas de clause de solidarité, dans les limites rappelées plus loin.

La forme du congé conditionne tout. Le congé doit être notifié au bailleur par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice, ou par remise en main propre contre récépissé ou émargement. « La lettre recommandée avec accusé de réception est conseillée », indique la fiche officielle, et l’expérience des litiges montre pourquoi : seule la preuve de la réception permet de calculer le point de départ du préavis. Un simple message électronique, un SMS ou un courrier remis sans preuve ne suffit pas et expose le sortant à voir son préavis contesté. En colocation, le congé doit être adressé au bailleur ou à l’agence qui gère le bien, et non aux autres colocataires, même s’il est prudent de les prévenir en parallèle pour organiser la suite. Conservez l’accusé de réception, le récépissé de remise en main propre ou le procès-verbal du commissaire de justice : ces pièces fixent la date qui déclenche le décompte.

« Le délai de préavis commence le jour de la réception effective » du congé par le bailleur, et non le jour de l’envoi. Concrètement, si le bailleur reçoit le recommandé le 5 septembre 2026, un préavis d’un mois expire le 5 octobre 2026 au soir, et un préavis de trois mois le 5 décembre 2026. Le sortant doit payer le loyer et les charges jusqu’à cette date, même s’il a déjà quitté les lieux et rendu ses clés en avance. La remise anticipée des clés ne met pas fin au préavis : seul l’accord écrit du bailleur ou l’arrivée d’un remplaçant accepté par avenant peut modifier la donne. Pour un départ effectif fin septembre, le congé devait donc parvenir au bailleur début septembre au plus tard en zone tendue, et dès le mois de juin hors zone tendue. Chaque jour de retard dans la notification décale d’autant la fin de l’obligation de payer.

Le contenu de la lettre de congé mérite autant de soin que son envoi. Mentionnez vos nom et prénom, l’adresse du logement, la référence du bail, la date de réception souhaitée comme point de départ, et, lorsque vous revendiquez le préavis réduit, le motif précis : logement situé en zone tendue, obtention d’un premier emploi, mutation professionnelle, perte d’emploi, nouvel emploi consécutif à une perte d’emploi, état de santé justifiant un changement de domicile, bénéfice du revenu de solidarité active ou de l’allocation adulte handicapé, attribution d’un logement social. Joignez dès l’envoi le justificatif correspondant, car un préavis réduit invoqué sans pièce est requalifié en préavis de trois mois par les juridictions. Pour la zone tendue, aucun justificatif personnel n’est exigé : c’est la localisation du logement qui ouvre le droit, et le bailleur ne peut pas exiger que le locataire démontre autre chose que l’adresse. Indiquez dans la lettre que le logement se situe en zone tendue au sens du décret applicable, et conservez une copie de l’envoi avec ses pièces jointes.

Le cas du colocataire non signataire du bail, fréquent dans les sous-locations de fait ou les colocations informelles, appelle une vigilance particulière. Seul le signataire est titulaire des droits du bail, y compris le droit au préavis réduit et à la restitution du dépôt de garantie. Celui qui occupe les lieux sans avoir signé ne peut pas donner congé au sens juridique, mais il peut aussi se voir demander de quitter les lieux sans préavis par le titulaire du bail. La régularisation passe par un avenant faisant entrer le nouvel occupant dans le bail, avec l’accord du bailleur. En septembre 2026, période où les arrangements de rentrée se multiplient, exigez cet avenant avant de verser la moindre somme : payer une part de loyer sans être signataire ne crée aucun droit au maintien dans les lieux et complique toute contestation ultérieure.

Le garant du sortant suit le même sort procédural sans avoir à accomplir de formalité propre : c’est le congé régulier du colocataire garanti qui déclenche l’extinction progressive de son engagement, dans la limite de six mois rappelée dans la seconde partie. Le sortant avise néanmoins utilement sa caution, par exemple ses parents, de la date d’envoi du congé et de la date prévisible d’extinction de la garantie, afin que chacun conserve les justificatifs. Les garants de type Visale ou les assurances loyers impayés appliquent leurs propres formulaires de déclaration de sortie : renseignez-vous auprès de l’organisme dès l’envoi du congé pour éviter une radiation tardive et des appels de cotisation inutiles.

B. Préavis d’un mois ou de trois mois : zone tendue, loyer du dernier mois et charges

Le préavis de droit commun du locataire est de trois mois, mais il est « réduit à un mois lorsque le logement est situé en zone tendue », selon la fiche officielle consacrée au congé. Les zones tendues, définies par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, regroupent les agglomérations où l’offre de logements est insuffisante et les loyers élevés : Paris, la petite couronne, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Montpellier et des centaines d’autres communes, 1 149 communes au total dans la liste d’origine. Cette liste a été complétée depuis, et la version en vigueur sur le site de Légifrance intègre les ajouts postérieurs, dont le décret publié le 4 septembre 2025 qui a étendu le périmètre à de nouvelles communes. Avant d’invoquer le préavis réduit, vérifiez que votre commune figure dans la liste en vigueur : Paris et l’ensemble des communes de la petite couronne y figurent sans discussion, ce qui couvre la quasi-totalité des colocations parisiennes et franciliennes.

Le bénéfice du mois réduit en zone tendue joue « quelle que soit la date de signature du bail », y compris pour les baux conclus avant le classement de la commune : c’est la situation du logement au jour du congé qui compte. Le bailleur ne peut pas écarter ce droit par une clause du bail, car les dispositions de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 relatives au préavis sont d’ordre public. Toute clause qui imposerait trois mois en zone tendue ou qui subordonnerait le mois réduit à une condition supplémentaire, comme l’obligation de présenter un remplaçant, est réputée non écrite en application de l’article 4 de cette loi. Si l’agence vous oppose un bail prévoyant trois mois alors que le logement se trouve à Paris, à Boulogne-Billancourt, à Saint-Denis ou à Créteil, opposez par écrit l’article 12 de la loi et la fiche officielle, et maintenez le préavis d’un mois en conservant la preuve de la localisation.

Pendant le préavis, le sortant reste redevable de sa part de loyer et de charges jusqu’au dernier jour, même s’il n’occupe plus la chambre. Lorsque le loyer est global pour la colocation, chaque colocataire paie en principe la part prévue au bail ou à parts égales à défaut de précision ; le départ de l’un ne réduit pas le montant total dû au bailleur, et les restants doivent combler la différence jusqu’à l’arrivée d’un remplaçant ou la signature d’un avenant. Le sortant qui cesse de payer avant la fin du préavis s’expose à une retenue sur le dépôt de garantie, à une mise en demeure, puis à une action en paiement. « Le propriétaire (ou agence immobilière) peut réclamer pendant 3 ans tout arriéré de charges ou de loyers », rappelle la fiche officielle : la prescription triennale laisse au bailleur le temps d’agir, y compris après la restitution partielle du dépôt. Payer jusqu’au bout du préavis reste donc la règle la plus sûre, quitte à se faire rembourser ensuite par le remplaçant au prorata des jours d’occupation.

Le dernier mois de préavis donne lieu à un calcul au prorata lorsque le congé expire en cours de mois. Si le préavis d’un mois ayant commencé le 5 septembre 2026 expire le 5 octobre 2026, le sortant doit le loyer d’octobre uniquement pour la période du 1er au 5 octobre, soit cinq trentièmes du loyer mensuel. Exigez un décompte écrit du bailleur et vérifiez-le : les erreurs sur le prorata sont fréquentes, surtout quand le loyer est global et que l’agence divise par le nombre de colocataires sans tenir compte des dates exactes. Les charges locatives suivent le même prorata, avec régularisation annuelle ultérieure. Conservez les quittances de loyer du préavis : elles prouvent le paiement jusqu’au terme et bloquent toute demande complémentaire.

Les aides au logement doivent être ajustées dès l’envoi du congé. Le sortant qui bénéficie de l’aide personnalisée au logement doit signaler son départ à la caisse d’allocations familiales et au bailleur, car l’aide est calculée en fonction de l’occupation effective et de la part de loyer. Un signalement tardif provoque des indus réclamés par la caisse, parfois plusieurs mois après le départ. Les colocataires restants doivent également actualiser leur dossier, puisque le montant total du loyer pris en compte et le nombre de colocataires changent. Ces démarches administratives ne modifient pas le préavis lui-même, mais elles évitent des dettes parallèles qui compliquent le solde de tout compte.

Si le bailleur conteste le préavis d’un mois et exige trois mois, répondez par écrit en rappelant la localisation en zone tendue et en joignant la preuve de l’adresse, puis payez un mois et documentez tout. Ne cédez pas à une menace de retenue sur le dépôt de garantie portant sur les deux mois contestés : une telle retenue serait indue et ouvrirait droit à la pénalité de 10 % du loyer mensuel par mois de retard prévue à l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989. En cas de blocage persistant, la commission départementale de conciliation peut être saisie gratuitement avant tout procès, et son avis écrit pèse lourd dans la suite du litige. Saisissez-la avec le bail, le congé, l’accusé de réception et le décompte contesté : un dossier complet obtient généralement une proposition de conciliation dans un délai de deux mois.

II. Fin de la solidarité, remplaçant et dépôt de garantie : qui paie quoi après le départ

A. Solidarité du sortant et du garant : six mois maximum, remplaçant et avenant de sortie

La solidarité est le mécanisme qui permet au bailleur de réclamer à n’importe lequel des colocataires solidaires la totalité du loyer impayé, y compris la part des autres. « En cas de pluralité de colocataires, le contrat de location peut prévoir leur solidarité et celle de leur garant », énonce la fiche officielle consacrée à la colocation. Cette solidarité ne résulte pas de la seule cohabitation : elle doit être stipulée dans le bail ou dans le pacte de colocation annexé. Sans clause expresse, chaque colocataire ne doit que sa part, et le bailleur ne peut pas exiger du sortant le paiement des dettes des restants. Lisez donc le bail avant de conclure que vous êtes tenu : l’absence de clause de solidarité change radicalement l’étendue de vos obligations après le départ.

Lorsque la clause existe, la loi ALUR a enfermé sa survie après le départ dans une limite protectrice : « Il prévoit que la solidarité du colocataire sortant et celle de son garant s’éteignent au plus tard à l’expiration d’un délai de 6 mois après la fin du délai de préavis. » Concrètement, pour un préavis expirant le 5 octobre 2026, la solidarité du sortant et de son garant s’éteint au plus tard le 5 avril 2027, même si aucun remplaçant n’a été trouvé et même si le bail se poursuit entre le bailleur et les restants. Pendant ces six mois, le bailleur peut appeler le sortant en paiement si les occupants ne paient pas l’intégralité du loyer ; après cette date, tout appel contre le sortant ou son garant est indu. Cette extinction est automatique et ne nécessite aucune démarche, mais le sortant avisé la rappelle par écrit au bailleur à l’expiration du délai pour stopper les prélèvements ou les mises en demeure.

L’arrivée d’un nouveau colocataire met fin à la solidarité de façon anticipée, à condition qu’elle soit formalisée. Le bailleur n’est pas obligé d’accepter n’importe quel candidat : il peut vérifier sa solvabilité et celle de son garant comme lors de la signature initiale, et refuser un dossier manifestement insuffisant. En revanche, il ne peut pas refuser sans motif un candidat solvable dans le seul but de prolonger la solidarité du sortant. Une fois le remplaçant agréé, un avenant au bail constate la sortie du sortant et l’entrée du nouvel occupant, avec le montant du loyer et, le cas échéant, la nouvelle répartition. « Dans le mois qui suit la réception du congé, le bailleur doit faire connaître aux colocataires restants le montant du loyer et le nombre de colocataires », prévoyait déjà la pratique encadrée par les textes sur la colocation : exigez cet avenant écrit, car c’est lui qui libère le sortant et son garant avant l’expiration des six mois. Sans avenant, le remplaçant qui paie de fait reste juridiquement invisible, et le sortant demeure tenu.

Le sortant qui a payé à la place des restants pendant la période de solidarité dispose d’un recours contre eux. Celui qui paie la totalité du loyer pour éviter une mise en demeure peut réclamer à chaque colocataire restant sa part, sur justificatifs, par une demande écrite puis, à défaut, devant le juge des contentieux de la protection. Conservez les preuves de paiement, les quittances et les échanges écrits : le recours suppose de démontrer que vous avez payé au-delà de votre part. Le garant qui a été appelé en paiement dispose du même recours contre le locataire garanti et, le cas échéant, contre les colocataires. Pour prévenir ces situations, le sortant peut proposer dès son congé une liste de candidats remplaçants solvables avec dossiers complets : un bailleur qui refuse successivement plusieurs dossiers sérieux sans motif s’expose à voir sa bonne foi contestée en conciliation puis devant le juge.

Le sortant reste en outre tenu des dégradations constatées dans les parties communes ou dans sa chambre jusqu’à son état des lieux de sortie, même après son départ physique. Faites établir un état des lieux de sortie individuel à la date de votre départ, avec photos horodatées et relevés de compteurs, et refusez de signer un document global antidaté ou couvrant une période postérieure à votre sortie. Si le bailleur refuse d’établir cet état des lieux, faites-le constater par un commissaire de justice : le coût de ce constat, partagé par moitié entre bailleur et locataire en matière d’état des lieux litigieux, reste modeste au regard d’une imputation ultérieure de dégradations que vous n’avez pas commises. « À défaut d’état des lieux, le locataire est présumé avoir reçu le logement en bon état », rappelle la fiche officielle pour l’entrée ; symétriquement, sans état des lieux de sortie, le sortant peine à contester les retenues.

Enfin, anticipez la question du préavis des colocataires restants : le départ de l’un ne donne pas aux autres le droit de partir sans préavis ni de réduire unilatéralement le loyer total. Chaque restant qui veut partir doit donner son propre congé dans les mêmes formes. Si la colocation devient intenable après le départ, parce que le loyer restant est trop lourd, les restants peuvent donner congé à leur tour et le bail prend fin à l’expiration du dernier préavis en cours. Le bailleur peut alors relouer librement, et les solidarités en cours s’éteignent selon les mêmes règles. Coordonnez les congés entre colocataires plutôt que de multiplier les départs désordonnés : un calendrier écrit partagé évite les doubles paiements et les périodes de vacance facturées à tous.

B. Dépôt de garantie, état des lieux et colocation à Paris et en Île-de-France : remplacement, avenant et restitution

Le dépôt de garantie en colocation suit le régime de l’article 22 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 : un mois de loyer hors charges pour une location nue, deux mois pour une location meublée, sans révision en cours de bail. Dans un bail unique de colocation, le dépôt est généralement versé globalement et le bail précise la part de chacun ; à défaut, il se divise à parts égales. Le sortant ne peut pas exiger la restitution immédiate de sa part au jour de son départ : le bailleur conserve le dépôt tant que le bail se poursuit avec les restants, et la part du sortant lui est restituée à la fin de son engagement, déduction faite des sommes justifiées. En pratique, c’est souvent le remplaçant qui rembourse sa part au sortant dès son entrée, par un règlement direct documenté par écrit, tandis que le dépôt global reste entre les mains du bailleur. Formalisez cet arrangement dans l’avenant ou dans une attestation signée des trois parties pour éviter que le sortant ne réclame ensuite au bailleur une somme déjà remboursée par le remplaçant.

La restitution obéit à des délais stricts : un mois après la fin du préavis si l’état des lieux de sortie est conforme à l’entrée, deux mois en cas de différences ou de retenues. Ces délais courent à compter de la remise des clés et de l’établissement de l’état des lieux de sortie du sortant, ou, à défaut d’état individualisé, à compter de la fin de la solidarité. Toute retenue doit être justifiée par des pièces : état des lieux comparés, devis ou factures, décompte de charges, commandement de payer resté infructueux. Une retenue forfaitaire, une facture sans lien avec l’état des lieux, ou une imputation de vétusté normale sont contestables. L’usure normale du logement et des équipements, comme une peinture jaunie par le temps ou une moquette usée après plusieurs années, ne peut pas être facturée au locataire : seuls les manquements à l’entretien courant et les dégradations anormales justifient une retenue, déduction faite de la vétusté selon les grilles applicables.

Le retard de restitution est sanctionné : « une pénalité de 10 % du loyer mensuel par mois de retard » s’ajoute de plein droit aux sommes dues lorsque le bailleur dépasse le délai sans justifier les retenues, conformément à l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989. Cette pénalité court automatiquement, sans mise en demeure préalable, et le juge l’applique même si le bailleur régularise en cours de procédure pour la période écoulée. Pour la déclencher utilement, adressez au bailleur une mise en demeure en recommandé avec accusé de réception rappelant la date de fin de préavis, la date de remise des clés, le montant de la part de dépôt réclamée et le décompte de la pénalité. Joignez l’état des lieux de sortie, les photos et les quittances prouvant l’absence d’arriéré. La plupart des restitutions bloquées se dénouent à ce stade, car l’agence mesure le coût du retard.

À Paris et en Île-de-France, la sortie de colocation présente des particularités qu’il faut intégrer dès le congé. D’abord, la quasi-totalité des logements parisiens et de la petite couronne se trouve en zone tendue, ce qui sécurise le préavis d’un mois, mais les loyers élevés rendent chaque mois de solidarité coûteux : pour une chambre à 900 euros dans une colocation parisienne, six mois de solidarité représentent 5 400 euros d’exposition maximale, d’où l’urgence de faire entrer un remplaçant solvable et d’obtenir l’avenant. Ensuite, les agences parisiennes appliquent fréquemment des frais de gestion de l’avenant ou de constitution du dossier du remplaçant : ces frais ne peuvent pas être facturés au sortant au-delà des plafonds réglementaires des frais de mise en location, et toute facturation doit être justifiée par écrit. Refusez les frais forfaitaires de sortie non prévus au bail, comme les prétendus frais de remise en état systématiques ou les frais de ménage imposés sans état des lieux comparé.

La juridiction compétente pour les litiges parisiens et franciliens est le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire du lieu de l’immeuble : le tribunal judiciaire de Paris pour un logement parisien, et les tribunaux de Nanterre, Bobigny ou Créteil pour la petite couronne. La saisine est possible sans avocat jusqu’à 5 000 euros en déclaration au greffe, et la commission départementale de conciliation de Paris ou du département concerné offre une étape préalable gratuite. Les délais parisiens doivent être anticipés : en septembre, les agences traitent des centaines de mouvements de rentrée, et un état des lieux de sortie peut être repoussé de plusieurs semaines si vous ne le réservez pas dès l’envoi du congé. Proposez par écrit trois dates dans la semaine de votre départ effectif et conservez la preuve de ces propositions : un bailleur qui refuse ou tarde à établir l’état des lieux ne peut pas vous imputer ensuite les dégradations survenues après votre départ.

Les pièces à préparer pour un dossier parisien complet tiennent dans une pochette que vous gardez pendant trois ans, durée de la prescription des arriérés : bail initial et pacte de colocation, avenants successifs, lettre de congé avec accusé de réception, justificatif de zone tendue ou du motif de préavis réduit, états des lieux d’entrée et de sortie avec photos, relevés de compteurs, quittances de loyer jusqu’à la fin du préavis, décompte du prorata du dernier mois, attestation de remboursement entre sortant et remplaçant, mise en demeure de restitution du dépôt avec calcul de la pénalité. Les litiges franciliens se gagnent sur pièces : le dossier qui présente la chronologie complète, congé, préavis, avenant, états des lieux et décomptes, obtient conciliation ou condamnation dans la grande majorité des cas, tandis que le dossier oral, même fondé, s’enlise. La charge de la preuve pèse sur celui qui réclame : au bailleur de justifier chaque retenue, au sortant de prouver son congé et ses paiements.

Lorsque le bailleur retient indûment le dépôt ou réclame des loyers au-delà de la solidarité, agissez dans l’ordre : mise en demeure chiffrée en recommandé, saisine de la commission départementale de conciliation avec dossier complet, puis saisine du juge des contentieux de la protection avec demande de restitution, pénalité de retard, et, le cas échéant, dommages et intérêts pour résistance abusive. Chiffrez chaque chef de demande : part de dépôt, pénalité mensuelle de 10 %, trop-perçu de loyers après extinction de la solidarité, frais de constat de commissaire de justice. Devant le juge, rappelez les textes applicables, la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 et ses articles 8-1, 12 et 22, la loi ALUR pour la limitation de la solidarité à six mois, les articles 1731 et suivants du Code civil pour l’état des lieux, et les fiches officielles dont les passages cités dans ce dossier reprennent les termes exacts. Un dossier chiffré et textuellement fondé aboutit plus vite, y compris à Paris où les juridictions apprécient la précision.

Conclusion

Quitter une colocation à la rentrée 2026 sans contentieux tient en quatre réflexes. D’abord, un congé en règle dès que la décision est prise, par recommandé avec accusé de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre récépissé, avec le motif de préavis réduit et ses justificatifs, en rappelant que « Le délai de préavis commence le jour de la réception effective ». Ensuite, le paiement jusqu’au dernier jour du préavis, au prorata exact, avec conservation des quittances, car « Le propriétaire (ou agence immobilière) peut réclamer pendant 3 ans tout arriéré de charges ou de loyers ». Puis, la recherche active d’un remplaçant solvable et l’exigence d’un avenant écrit, seule voie pour éteindre la solidarité avant l’échéance automatique : « Il prévoit que la solidarité du colocataire sortant et celle de son garant s’éteignent au plus tard à l’expiration d’un délai de 6 mois après la fin du délai de préavis. » Enfin, un état des lieux de sortie individuel avec photos, suivi d’une mise en demeure chiffrée si le dépôt n’est pas restitué dans le mois ou les deux mois légaux. À Paris et en Île-de-France, où les loyers rendent chaque mois d’erreur coûteux, ces réflexes se doublent d’une anticipation des délais d’agence et d’un dossier de pièces conservé trois ans. Le départ reste un droit, « Le locataire n’a pas à motiver sa décision », mais sa sécurité juridique se construit par écrit, dès le mois de septembre.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».