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Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Déclaration de créance en redressement et liquidation judiciaire : délai, forme et relevé de forclusion (L. 622-24 et L. 622-26)

Cabinet Kohen Avocats · Droit des affaires

Déclaration de créance au passif :
délai, forme et relevé de forclusion.

Une entreprise débitrice est placée en redressement ou en liquidation judiciaire. Le créancier dispose de deux mois pour déclarer sa créance au mandataire judiciaire, sous peine d’être exclu des répartitions. Le relevé de forclusion ouvre une seconde chance, encadrée par deux conditions strictes des articles L. 622-24 et L. 622-26 du Code de commerce. La méthode du cabinet, en pratique, dossier par dossier.

100 % confidentiel · Première analyse : 80 € TTC · Réponse sous 24 h

Vous êtes créancier d’une entreprise
Le débiteur est placé en redressement.
Factures impayées, prêt en cours, loyer arriéré, marché public, condamnation non exécutée. Le délai BODACC de deux mois court.

Voir le cadre légal →

Vous avez manqué le délai
Demander le relevé au juge-commissaire.
Omission du débiteur sur la liste L. 622-6, ou défaillance non imputable au créancier. Six mois ou un an pour agir.

Voir la stratégie →

Comment ça se passe.

1
Vous appelez ou envoyez vos pièces.
Contrats, factures, mises en demeure, jugement éventuel, avis BODACC. Téléphone direct ou dépôt sécurisé.
2
Réponse personnelle sous 24 h.
Maître Reda KOHEN vérifie le délai, identifie le mandataire et formule une première analyse stratégique.
3
Déclaration ou requête en relevé.
Rédaction de la déclaration au mandataire, ou requête au juge-commissaire si le délai est dépassé.
La déclaration, c’est d’abord une question de délai.

Surveiller le BODACC, documenter la créance, identifier le mandataire, formuler une déclaration complète. Avant la discussion sur le quantum, le respect du calendrier.

Partie II

Le relevé de forclusion et les recours.

01Les deux motifs alternatifs du relevé de forclusion.+

L’article L. 622-26, alinéa 1, autorise le juge-commissaire à relever un créancier de sa forclusion à deux conditions alternatives.

Code de commerce, article L. 622-26, alinéa 1 : « À défaut de déclaration dans les délais prévus à l’article L. 622-24, les créanciers ne sont pas admis dans les répartitions et dividendes à moins que le juge-commissaire ne les relève de leur forclusion s’ils établissent que leur défaillance n’est pas due à leur fait ou qu’elle est due à une omission volontaire du débiteur lors de l’établissement de la liste prévue au deuxième alinéa de l’article L. 622-6. »

La première branche tient à la défaillance non imputable au créancier : absence d’information personnelle, force majeure, mandataire inactif, vice de notification. La seconde branche tient à l’omission volontaire du débiteur sur la liste L. 622-6. Une omission par négligence ou de bonne foi ne suffit pas.

La distinction est centrale en pratique. Le créancier doit choisir la bonne branche, l’étayer par des pièces, et exposer au juge-commissaire les circonstances exactes de sa défaillance. Art. L. 622-26 C. com.Art. L. 622-6 C. com.

02Délai pour saisir le juge-commissaire : six mois ou un an.+

L’article L. 622-26, alinéa 3, fixe le délai pour agir. La requête en relevé de forclusion doit être présentée dans les six mois suivant la publication du jugement d’ouverture au BODACC. Ce délai est porté à un an pour les créanciers placés dans l’impossibilité de connaître leur obligation avant l’échéance du délai initial.

Pour les titulaires d’un droit publié ou inscrit, le délai court à compter de la réception de l’avertissement personnel par le mandataire. La précision du point de départ détermine la recevabilité même de la requête.

Une mesure conservatoire peut être utile en parallèle pour préserver les droits du créancier : voir notre analyse de la saisie conservatoire d’un compte bancaire d’entreprise au visa de l’article L. 511-1 du Code des procédures civiles d’exécution. Art. L. 622-26 al. 3 C. com.

03Vérification des créances et avis du mandataire.+

L’article L. 622-27 du Code de commerce organise la vérification des créances déclarées. Le mandataire judiciaire dresse, après examen, des propositions d’admission, de rejet ou de discussion au juge-commissaire.

Code de commerce, article L. 622-27 : « S’il y a discussion sur tout ou partie d’une créance autre que celles mentionnées à l’article L. 625-1, le mandataire judiciaire en avise le créancier intéressé en l’invitant à faire connaître ses explications. Le défaut de réponse dans le délai de trente jours interdit toute contestation ultérieure de la proposition du mandataire judiciaire, à moins que la discussion ne porte sur la régularité de la déclaration de créances. »

Le délai de trente jours est strict. Un silence vaut acquiescement sur le fond. L’avocat répond à l’avis du mandataire avec des explications motivées, accompagnées des pièces justificatives, afin de préserver le droit de contester ultérieurement. Art. L. 622-27 C. com.

04Sanctions L. 622-27 et L. 624-2 : l’exception de l’instance en cours.+

Lorsqu’une instance au fond opposait déjà le créancier au débiteur au jour de l’ouverture de la procédure, les sanctions de défaut de réponse à l’avis du mandataire ne s’appliquent pas. La chambre commerciale l’a affirmé dans un arrêt publié au Bulletin.

« Les sanctions prévues par les articles L. 622-27 et L. 624-2 du code de commerce, qui interdisent au créancier qui n’a pas répondu à l’avis du mandataire judiciaire dans le délai de trente jours de contester ultérieurement la proposition de ce dernier, n’ont pas vocation à s’appliquer lorsqu’une instance au fond était en cours au jour de l’ouverture de la procédure collective du débiteur. » — Cass. com., 13 février 2019, n° 17-28.749, publié au Bulletin.

L’instance en cours est interrompue par le jugement d’ouverture et reprise après déclaration de la créance, dans les conditions de l’article L. 622-22. La déclaration au passif reste obligatoire, mais le créancier conserve le droit de débattre du quantum et de la nature de sa créance devant le juge du fond. Art. L. 622-27 C. com.Art. L. 624-2 C. com.

05Recours contre la décision du juge-commissaire.+

Les ordonnances rendues par le juge-commissaire en matière d’admission, de rejet ou de relevé de forclusion sont susceptibles de recours devant le tribunal qui a ouvert la procédure, dans le délai de dix jours suivant leur notification.

La motivation de la requête initiale conditionne souvent l’issue du recours. Une demande de relevé sommaire, sans pièces, sans démonstration précise de l’omission ou de la défaillance, est régulièrement rejetée. Un recours mal préparé enferme le créancier dans une perte définitive.

L’avocat anticipe cette logique en construisant la requête comme un dossier appelé à être lu deux fois : par le juge-commissaire, puis par le tribunal en cas de recours.

06Conseils pratiques pour un créancier vigilant.+

Surveiller le BODACC sur le SIREN des principaux débiteurs reste la mesure la plus simple. Un abonnement à un service d’alertes coûte peu et évite l’oubli. La consultation hebdomadaire des publications est suffisante.

Documenter la créance avant tout incident : contrat signé, factures émises, mises en demeure, échanges écrits. Une créance bien documentée se déclare en quelques heures. Une créance mal documentée se discute pendant des mois.

Mandater un avocat dès la connaissance de la procédure collective. Le coût d’une déclaration est sans commune mesure avec la perte d’une créance non déclarée. En cas de retard, agir immédiatement : le délai de six mois est court, et la requête en relevé de forclusion demande une préparation rigoureuse.

FAQ

Questions fréquentes.

Mon débiteur vient d’être placé en redressement, à qui dois-je adresser ma déclaration ?+

Au mandataire judiciaire désigné par le tribunal de commerce dans le jugement d’ouverture. Son identité figure sur l’avis publié au BODACC et sur l’extrait Kbis actualisé. La déclaration est adressée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par voie électronique, dans le délai de deux mois fixé par l’article R. 622-24 du Code de commerce.

Je n’ai pas été informé personnellement, ai-je une chance d’être relevé de forclusion ?+

Oui, si l’absence d’information personnelle constitue une défaillance non imputable à votre fait au sens de l’article L. 622-26, ou si votre créance a été volontairement omise par le débiteur sur la liste L. 622-6. La requête doit être présentée dans les six mois suivant la publication du jugement au BODACC, avec démonstration précise des circonstances.

Une instance était en cours au moment du jugement d’ouverture, suis-je dispensé de déclarer ?+

Non. La déclaration reste obligatoire dans le délai de deux mois. En revanche, les sanctions du délai de trente jours sur l’avis du mandataire ne s’appliquent pas (Cass. com., 13 février 2019, n° 17-28.749). L’instance interrompue par le jugement d’ouverture est reprise après déclaration de la créance.

Quel est le coût d’une déclaration de créance par avocat ?+

Le cabinet établit une convention d’honoraires écrite préalable, généralement au forfait pour la déclaration et au temps passé pour la requête en relevé de forclusion ou la contestation devant le juge-commissaire. Une première analyse stratégique est offerte avant signature.

Le débiteur a payé partiellement après le jugement, dois-je déclarer le solde uniquement ?+

Vous devez déclarer la créance pour son montant exact à la date du jugement d’ouverture. Les paiements postérieurs sont irréguliers car la procédure interdit le paiement des créances antérieures. Le mandataire ajustera le passif en conséquence, mais la déclaration initiale doit refléter la situation au jour J.

Puis-je déclarer une créance fiscale ou sociale après l’ouverture de la procédure d’établissement de l’impôt ?+

Oui. La Cour de cassation a jugé en 2025 que le comptable public bénéficie du délai allongé de l’article L. 622-24, alinéa 4, même lorsque la procédure d’établissement de l’impôt est postérieure au jugement d’ouverture (Cass. com., 5 février 2025, n° 23-22.380). Le délai expire au jour du dépôt par le liquidateur de son compte-rendu de fin de mission au greffe.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez vos factures, contrats, mises en demeure et avis BODACC. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique sur le délai, la forme et l’opportunité d’une requête en relevé de forclusion.

Première analyse : 80 € TTC
Réponse personnelle sous 24 h
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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».