Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Augmentation de loyer sans DPE valide : contester la hausse et récupérer le trop-perçu en 2026

Depuis l’entrée en vigueur de la réforme du DPE au 1er janvier 2026, une question revient dans les baux d’habitation : un propriétaire peut-il augmenter le loyer lorsqu’il ne transmet pas de DPE valide, ou lorsqu’il invoque simplement une nouvelle étiquette issue du calcul 2026 ?

La réponse pratique tient en trois temps. D’abord, l’augmentation annuelle du loyer suppose une clause de révision et un calcul IRL exact. Ensuite, un logement classé F ou G ne peut pas subir la révision ou la majoration de loyer visée par l’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989. Enfin, si le bailleur ne communique pas de DPE exploitable, le dossier bascule dans une question de preuve : qui démontre la classe énergétique, à quelle date, avec quel document, et pour quelle période de loyer ?

Le sujet est chaud parce que la réforme 2026 permet à certains logements chauffés à l’électricité de gagner une classe sans travaux. Le ministère de la Transition écologique explique que le coefficient de conversion de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 et qu’une attestation officielle de nouvelle étiquette peut être obtenue sur l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe pour les DPE antérieurs au 1er janvier 2026. Cette attestation peut servir pour une mise en location, mais elle ne transforme pas une hausse de loyer irrégulière en hausse automatique.

Les données Google Ads consultées pendant ce run confirment la demande : dpe 2026 représente environ 5 400 recherches mensuelles en France, interdiction augmentation loyer dpe e 260, augmentation loyer dpe 210, augmentation loyer sans dpe 110, dpe et augmentation de loyer 90, augmentation loyer dpe g 50 et attestation dpe 2026 50. Sur Paris, dpe 2026 atteint environ 880 recherches mensuelles, avec une concurrence basse. L’intention est transactionnelle : le locataire veut savoir s’il peut refuser ou récupérer le trop-perçu ; le bailleur veut éviter une contestation.

Cet angle complète, sans le dupliquer, notre article sur l’augmentation du loyer entre deux locataires en zone tendue et notre analyse générale sur l’augmentation de loyer 2026, l’IRL et le DPE F/G. Pour le cadre global du contentieux locatif, voyez aussi notre page avocat droit immobilier Paris.

Le DPE bloque-t-il vraiment une augmentation de loyer ?

Oui, lorsque le logement est classé F ou G et que le bail entre dans le champ de la loi du 6 juillet 1989. L’article 17-1 prévoit que la révision et la majoration de loyer ne peuvent pas être appliquées dans les logements de classe F ou G. Le ministère de la Transition écologique rappelle aussi que le gel des loyers des passoires énergétiques s’applique aux contrats conclus, renouvelés ou tacitement reconduits après le 24 août 2022 en métropole.

En pratique, le bailleur ne peut pas seulement écrire : « le loyer augmente selon l’IRL ». Il doit pouvoir rattacher la hausse à une clause de révision, au bon indice, à la bonne période et à un logement qui n’est pas bloqué par le DPE. Si le DPE est F ou G, la hausse doit être suspendue. Si le DPE est absent, périmé, vierge ou incohérent, le locataire peut demander les justificatifs avant de payer la hausse.

La règle ne signifie pas que tout logement sans DPE est automatiquement classé F ou G. Elle signifie que le bailleur qui réclame une augmentation doit sécuriser sa preuve. Un avis d’échéance, un courriel d’agence ou une phrase dans le bail ne suffisent pas si le document opposable n’est pas communiqué.

DPE 2026 : nouvelle étiquette, mais pas augmentation automatique

La réforme 2026 a modifié le calcul du DPE pour l’électricité. Selon le ministère, les DPE déjà réalisés restent valables pendant dix ans, mais une attestation officielle peut remplacer l’étiquette initiale lorsqu’elle est générée à partir du numéro du DPE sur l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.

Cette nuance est centrale. Si le logement passe de F à E grâce à l’attestation, le bailleur peut retrouver une marge pour l’avenir, sous réserve des autres conditions : clause de révision, délai d’un an, bon IRL, absence de rattrapage rétroactif, plafonnement local éventuel et respect de l’encadrement en zone tendue.

En revanche, le bailleur ne peut pas transformer la réforme en rattrapage massif. Une augmentation non appliquée à temps est perdue pour l’année écoulée. Une hausse demandée avant la production d’une attestation exploitable reste contestable. Et une attestation 2026 n’efface pas nécessairement les trop-perçus antérieurs si le logement était classé F ou G pendant la période réclamée.

Exemple : le bail prévoit une révision annuelle au 1er mars. Le propriétaire augmente le loyer en mars 2025 alors que le DPE transmis est F. En janvier 2026, une attestation indique que le logement devient E. Le bailleur peut examiner une révision pour l’avenir, mais il ne peut pas, par ce seul document, conserver sans discussion les sommes perçues en 2025 en violation du gel des loyers.

DPE absent, vierge ou périmé : que demander au bailleur ?

Le premier réflexe n’est pas de cesser brutalement de payer le loyer principal. Il faut isoler la hausse contestée et demander les pièces.

Le courrier doit viser le bail, la clause de révision, la date de prise d’effet, le loyer hors charges avant hausse, l’indice utilisé, le nouvel indice, le montant réclamé, puis le DPE invoqué. Il faut demander une copie complète du DPE, ou de l’attestation 2026 si le bailleur s’en prévaut.

Le locataire peut aussi demander pourquoi le DPE n’a pas été annexé au bail ou transmis lors de la reconduction. Service-Public rappelle que le DPE fait partie des diagnostics immobiliers destinés à informer le locataire et que les logements classés G ne peuvent plus être loués depuis le 1er janvier 2025, avec extension progressive aux classes F puis E.

Si le DPE est vierge ou très ancien, il faut vérifier sa validité sur les règles officielles du diagnostic de performance énergétique. Certains diagnostics anciens ne permettent plus de fonder correctement une décision locative. Si un nouveau DPE existe parce que le bien a été mis en vente ou reloué, il faut demander sa communication lorsque le bailleur s’en sert implicitement pour justifier une hausse.

Comment calculer le trop-perçu ?

Le trop-perçu correspond à la différence entre le loyer légalement dû et le loyer effectivement payé.

Il faut construire un tableau simple : mois, loyer hors charges avant hausse, hausse réclamée, loyer payé, montant contesté, motif de contestation. Les charges doivent être séparées du loyer. Le dépôt de garantie, les provisions de charges ou la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ne doivent pas être mélangés avec l’indexation.

Exemple : le loyer hors charges était de 900 euros. L’agence applique une hausse à 910 euros pendant dix mois, sans DPE valide ou malgré une classe F. Le trop-perçu de base est de 10 euros par mois, soit 100 euros, hors éventuelles conséquences sur les quittances et régularisations. Si la hausse a été plus forte ou appliquée pendant plusieurs années, le montant peut justifier une mise en demeure précise.

Le locataire doit éviter les formules vagues comme « votre augmentation est illégale ». Il faut écrire : « je conteste la révision appliquée à compter de telle date, faute de DPE valide démontrant que le logement n’est pas classé F ou G, et je vous demande le remboursement de telle somme ». Cette précision rend le dossier plus exploitable devant la commission départementale de conciliation ou le juge.

Quelle procédure si le bailleur refuse ?

La première étape est la mise en demeure par lettre recommandée ou courrier traçable. Elle doit demander trois choses : communication du DPE ou de l’attestation, rectification du loyer pour l’avenir, remboursement du trop-perçu.

La deuxième étape peut être la commission départementale de conciliation lorsque le litige relève de sa compétence. Elle permet souvent de mettre le bailleur ou l’agence face au calcul, sans ouvrir immédiatement une procédure judiciaire.

La troisième étape est le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire compétent. Le locataire peut demander la restitution du trop-perçu, la fixation du loyer conforme, la production de pièces et, selon les faits, des dommages et intérêts. Le bailleur peut de son côté demander au juge de constater que le DPE ou l’attestation permettait bien la hausse, mais il devra produire le document et le calcul.

Le bailleur a donc intérêt à corriger vite lorsqu’il découvre une erreur. Maintenir une augmentation fragile pendant des mois crée un historique défavorable : quittances inexactes, courriers sans réponse, difficulté de justifier la classe énergétique, tension sur les autres sujets du bail.

Paris et Île-de-France : attention au cumul DPE, IRL et encadrement des loyers

A Paris et dans plusieurs communes d’Île-de-France, la contestation ne s’arrête pas au DPE. Il faut superposer plusieurs règles : révision annuelle IRL, gel des loyers F ou G, encadrement à la relocation en zone tendue, plafonnement local des loyers et, parfois, complément de loyer contestable.

Un appartement parisien peut être classé E après l’attestation 2026 et rester malgré tout bloqué par un autre plafond. A l’inverse, un bailleur peut avoir raison sur l’IRL mais tort sur la communication du DPE ou sur le loyer de référence majoré.

Pour un dossier parisien, les pièces utiles sont les suivantes : bail, DPE initial, éventuelle attestation 2026, avis d’échéance avant et après hausse, quittances, courriel de l’agence, capture du simulateur de loyer de référence, calcul IRL, preuves de paiement et courrier de contestation. Plus le dossier est chiffré tôt, plus la négociation est efficace.

Ce que les contenus concurrents ne traitent pas assez

Les contenus concurrents consultés pendant ce run répondent surtout à la question générale : « un DPE F ou G bloque-t-il l’augmentation de loyer ? » BailFacile présente les cas où le locataire peut dire non, PAP détaille l’encadrement à la relocation, et plusieurs guides expliquent le calcul IRL.

Le manque principal porte sur la preuve : que faire quand le DPE n’est pas transmis, quand il est vierge, quand l’agence invoque la réforme 2026 sans attestation, ou quand le locataire a déjà payé plusieurs mois de hausse. C’est précisément l’angle de cet article : transformer une inquiétude de locataire ou de bailleur en méthode de vérification, de calcul et de recours.

Checklist pour contester une augmentation liée au DPE

Avant d’envoyer un courrier, vérifiez dix points.

Le bail contient-il une clause de révision ? La date de révision est-elle atteinte ? Le bailleur agit-il dans le délai d’un an ? Le bon IRL est-il utilisé ? Le DPE a-t-il été communiqué ? La classe est-elle F ou G ? Une attestation 2026 existe-t-elle vraiment ? La hausse porte-t-elle seulement sur le loyer hors charges ? Le bail est-il soumis à un encadrement local ? Le trop-perçu est-il calculé mois par mois ?

Si plusieurs réponses manquent, il faut contester par écrit et demander les pièces avant de laisser la hausse s’installer.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Nous vérifions le bail, le DPE, l’attestation 2026, le calcul IRL et le montant à contester.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou contactez-nous via le formulaire de contact.

Pour un logement situé à Paris ou en Île-de-France, nous pouvons aussi vérifier l’encadrement local du loyer et les pièces à produire devant le juge compétent.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».