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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Vous voulez attaquer devant le tribunal paritaire des baux ruraux : requête, conciliation obligatoire, jugement et appel en 2026

Votre bailleur refuse de renouveler, conteste votre fermage ou veut vous évincer, et vous envisagez de saisir la justice. Devant quel tribunal porter un litige de bail rural, comment le saisir sans voir votre demande déclarée irrecevable, que se passe-t-il à l’audience de conciliation, et quand pouvez-vous faire appel ? Les décisions rendues en 2025 et 2026 par les tribunaux paritaires et les cours d’appel montrent que la procédure réserve des pièges précis : requête caduque après une absence à la conciliation, intervention d’un proche rejetée, appel d’une mesure d’instruction déclaré irrecevable. Ce guide suit le parcours du demandeur, du choix du tribunal jusqu’aux voies de recours, textes et décisions récentes à l’appui.

Le point de départ tient en une règle de compétence. Aux termes de l’article L. 491-1 du Code rural et de la pêche maritime, en vigueur à la date de rédaction, « Il est créé, dans le ressort de chaque tribunal judiciaire, au moins un tribunal paritaire des baux ruraux qui est seul compétent pour connaître des contestations entre bailleurs et preneurs de baux ruraux relatives à l’application des titres Ier à VI et VIII du livre IV du présent code » (texte officiel). Le tribunal paritaire est donc le juge naturel du fermage : contestation d’un congé, demande d’autorisation de céder, fixation ou révision du prix, résiliation, indemnité du preneur sortant. Saisir le tribunal judiciaire statuant hors formation paritaire ou le juge des référés au fond pour trancher le litige expose à une exception d’incompétence. Dans un arrêt du 24 juillet 2025, la cour d’appel de Pau a ainsi déclaré irrecevable l’exception d’incompétence soulevée contre un jugement du tribunal paritaire des baux ruraux de Pau, confirmant que le litige opposant deux occupants des mêmes parcelles relevait bien de cette juridiction (CA Pau, chambre sociale, 24 juillet 2025, RG 23/01888). Avant d’écrire, vérifiez donc la nature du contrat et la qualité des parties : le tribunal paritaire tranche les différends entre bailleur et preneur d’un bail rural, pas les conflits de voisinage sans lien avec un bail.

I. Saisir le bon tribunal, dans les formes exigées

A. Le tribunal du lieu des terres, seul compétent pour le litige de fermage

La compétence territoriale obéit à une règle simple, posée par l’article 880 du Code de procédure civile : « Le tribunal paritaire de baux ruraux territorialement compétent est celui du lieu de la situation de l’immeuble. » (article 880). Si vos parcelles se trouvent dans le ressort d’un tribunal judiciaire, c’est le tribunal paritaire institué auprès de ce tribunal qu’il faut saisir, même si vous habitez à l’autre bout de la France. Lorsque le tribunal paritaire comporte deux sections, l’affaire est portée devant la section compétente eu égard à la nature du contrat liant les parties, avec bascule vers l’autre section si la première ne peut être constituée ou fonctionner. En pratique, le greffe du tribunal judiciaire vous orientera, mais l’erreur d’aiguillage reste votre risque : une demande portée devant une juridiction incompétente perd des mois.

La composition de la juridiction explique son nom de « paritaire ». Le jugement du tribunal paritaire des baux ruraux de Montluçon du 27 mars 2026 siégeait sous la présidence de la présidente du tribunal judiciaire, entourée de deux assesseurs bailleurs titulaires et de deux assesseurs preneurs titulaires, assistés du greffier (TJ Montluçon, TPBR, 27 mars 2026, RG 24/01460). Cette parité entre représentants des bailleurs et des preneurs irrigue toute la procédure, à commencer par la phase de conciliation. Retenez aussi que la procédure applicable est la procédure orale ordinaire du tribunal judiciaire, sous réserve des règles propres au tribunal paritaire : « La procédure applicable devant le tribunal paritaire est la procédure orale ordinaire applicable devant le tribunal judiciaire sous réserve des dispositions ci-dessous », dispose l’article 882 du Code de procédure civile (article 882). L’oralité signifie que vos explications à l’audience comptent autant que vos écritures, et que votre présence personnelle peut s’avérer décisive, notamment en conciliation.

Qui peut prendre l’initiative ? Le bailleur comme le preneur. Le preneur qui demande l’autorisation de céder son bail à son fils, comme M. et Mme G. devant le tribunal paritaire de Metz par requête du 28 décembre 2022, ou la société d’exploitation qui se dit empêchée d’exploiter par un voisin occupant, comme la SCEA devant le tribunal paritaire de Pau par requête du 20 décembre 2020, agissent en demandeurs. Les tiers peuvent intervenir volontairement en cours d’instance : l’épouse du preneur est intervenue à l’audience devant le tribunal de Metz le 23 mai 2023, et les légataires universels de la bailleresse décédée sont intervenus devant le tribunal de Pau, interventions jugées recevables. Mais cette ouverture a des limites strictes : l’intervention formée directement devant le bureau de jugement, sans être passée par la phase de conciliation, est irrecevable, comme l’a rappelé le tribunal de Montluçon en visant un arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence du 27 novembre 2012. Si un membre de votre famille ou votre associé veut se joindre à l’action, intégrez-le dès la requête initiale plutôt qu’en cours de route.

B. La requête : mentions obligatoires, motivation et choix de l’acte de saisine

Le tribunal se saisit par requête remise ou adressée au greffe, ou par acte d’huissier adressé au greffe. L’article 885 du Code de procédure civile dispose : « La demande est formée et le tribunal saisi par requête remise ou adressée au greffe du tribunal ou par acte d’huissier de justice adressé à ce greffe conformément aux dispositions des articles 54 , 56 à l’exception de ses deuxième et cinquième alinéas, et 57 . Dans tous les cas, la demande doit indiquer, même de façon sommaire, les motifs sur lesquels elle repose. Les demandes soumises à publication au fichier immobilier sont faites par acte d’huissier de justice. » (article 885). Trois enseignements concrets. D’abord, la requête doit exposer les motifs, même sommairement : identité des parties, désignation des parcelles, rappel du bail, faits reprochés et ce que vous demandez au tribunal. Une requête muette sur les motifs fragilise toute la suite. Ensuite, si votre demande doit être publiée au fichier immobilier, l’acte d’huissier est imposé. Enfin, la cour d’appel de Pau a rejeté l’exception de nullité dirigée contre l’acte de saisine du 20 décembre 2020, ce qui montre que l’adversaire tentera souvent de faire annuler votre acte introductif : faites relire la requête avant dépôt, car chaque vice allégué coûtera des mois de débat incident.

Depuis le décret du 11 décembre 2019 réformant la procédure civile, les parties peuvent aussi saisir le tribunal par requête conjointe, lorsque bailleur et preneur s’accordent pour soumettre leur différend au juge tout en cadrant ensemble l’objet du litige. La doctrine ruraliste y a consacré une formule commentée, soulignant que cette voie suppose un accord préalable sur la saisine et offre un cadre écrit commun dès l’introduction de l’instance (M. Reverchon-Billot, une formule commentée consacrée à la requête conjointe devant le tribunal paritaire (Revue de droit rural, mai 2021, n° 493)). La fiche officielle de Service-public confirme les trois voies de saisine — requête, assignation, requête conjointe — et ajoute qu’en cas d’urgence, le tribunal peut être saisi par une assignation en référé (Service-public, procès devant le TPBR). Le référé reste l’exception : il faut une urgence caractérisée, par exemple des travaux irréversibles engagés sur les parcelles.

L’apport de votre dossier commence dès ce stade. Joignez le bail écrit ou, à défaut, les preuves de son existence, les courriers échangés, l’arrêté préfectoral encadrant le fermage si le prix est en jeu, les constats d’huissier établissant l’état des lieux ou les manquements. Dans l’affaire de Metz, des procès-verbaux de constat établis en avril 2023 et mai 2025 ont nourri les débats jusqu’en appel, et la cour en a mis le coût à la charge des preneurs perdants. Chaque pièce compte, et leur datation aussi : dans l’affaire de Montluçon, les deux seules attestations produites par le demandeur portaient sur des faits antérieurs à la conciliation de février 2023 et n’ont rien prouvé sur la période postérieure, ce qui a entraîné le rejet de l’ensemble de ses demandes.

II. Conciliation obligatoire, jugement, puis appel

A. La conciliation : comparution personnelle, procès-verbal et sanctions

Une fois la requête déposée, le greffe convoque le défendeur par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, quinze jours au moins avant la date fixée par le président du tribunal, tandis que le demandeur est avisé par tous moyens des lieu, jour et heure de l’audience, selon l’article 886 du Code de procédure civile (article 886). Ce délai de quinze jours minimum sépare donc la convocation de l’audience, et le non-respect de cette convocation régulière emporte des conséquences. La première audience est une tentative de conciliation, et cette tentative est obligatoire. La fiche Service-public décrit une procédure en trois étapes dont la première est cette conciliation conduite par le tribunal ou par un conciliateur de justice (Service-public, procès devant le TPBR). Les chambres d’agriculture précisent que la première audience consiste en cette tentative, qu’un décret du 1er octobre 2010 permet de déléguer la mission de conciliation à un conciliateur de justice avec l’accord des parties, et que le greffe convoque au moins quinze jours avant la date d’audience (dossier « Tribunal paritaire des baux ruraux », Chambres d’agriculture de Normandie).

Le jour dit, l’article 887 du Code de procédure civile s’applique : « Au jour indiqué, il est procédé, devant le tribunal, à une tentative de conciliation dont il est dressé procès-verbal. En cas de non-comparution de l’une des parties, son absence est constatée dans le procès-verbal. » (texte officiel). Surtout, les parties sont tenues de comparaître en personne à ce stade : « Les parties ont la faculté de se faire assister ou représenter. Toutefois, lors de la tentative préalable de conciliation, elles sont tenues de comparaître en personne, sauf à se faire représenter en cas de motif légitime », dispose l’article 883 du même code (article 883). Envoyer seulement son avocat sans motif légitime, ou sécher l’audience, expose à la caducité de la requête. L’arrêt de la cour d’appel de Colmar du 31 mars 2025 l’illustre : après l’absence des demandeurs à l’audience de conciliation du 16 octobre 2023 devant le tribunal paritaire de Sélestat, la caducité de leur requête avait été prononcée, et il avait fallu une ordonnance du 6 novembre 2023 pour les en relever (CA Colmar, 3e chambre civile, 31 mars 2025, RG 24/01010). Le relevé de caducité reste une faveur du juge, jamais un droit acquis : ne manquez jamais la conciliation sans motif sérieux et documenté.

L’absence de tentative de conciliation est plus grave encore : elle constitue une irrégularité sanctionnée par une fin de non-recevoir, la conciliation étant une formalité indispensable à la régularité de toute la procédure qui suit. C’est ce qu’a jugé le tribunal paritaire de Montluçon le 27 mars 2026, en en déduisant l’irrecevabilité des interventions formées directement devant le bureau de jugement par des tiers au litige initial. Concrètement, on ne peut pas court-circuiter la conciliation, ni pour la demande principale ni pour greffer un intervenant au stade du jugement. Si la conciliation aboutit, le procès-verbal dressé par le tribunal constate l’accord et met fin au différend sur les points réglés. Le tribunal de Montluçon a donné à un tel procès-verbal toute sa portée : les parties y avaient convenu le 3 février 2023 que l’exploitant garderait l’usage des parcelles jusqu’au 11 novembre 2023 puis les libérerait en renonçant à invoquer un bail rural, l’occupation étant convenue sans loyer. Saisi trois ans plus tard de demandes tendant à remettre en cause cet équilibre, le tribunal a rappelé que les transactions se renferment dans leur objet et que la renonciation qui y est faite ne s’entend que de ce qui est relatif au différend qui y a donné lieu, avant de débouter le demandeur qui ne démontrait aucune inexécution de l’accord, la bailleresse ayant fourni le fourrage de compensation convenu. Relisez donc chaque ligne du procès-verbal avant de le signer : il vous liera comme une transaction, et sa résolution judiciaire supposerait de prouver une inexécution suffisamment grave d’une obligation qu’il contient.

Si la conciliation échoue, l’affaire bascule en phase de jugement. L’article 888 du Code de procédure civile prévoit : « A défaut de conciliation, ou en cas de non-comparution de l’une des parties, l’affaire est renvoyée pour être jugée à une audience dont le président indique la date aux parties présentes. Les parties qui n’ont pas été avisées verbalement seront convoquées dans les formes et délais prévus à l’article 886 . La convocation indique que faute pour elles de comparaître, elles s’exposent à ce qu’un jugement soit rendu contre elles sur les seuls éléments fournis par leur adversaire. » (article 888). Autrement dit, le jugement peut être rendu sur les seules pièces de l’adversaire si vous ne comparaissez pas ensuite : la défaillance se paie deux fois, en conciliation puis au fond. Dans l’affaire messine, la non-conciliation constatée à l’audience du 28 février 2023 avait ouvert la phase de jugement qui a conduit au jugement du 13 septembre 2024, puis à l’arrêt d’appel du 12 février 2026. Dans l’affaire paloise, la non-conciliation du 16 février 2021 avait pareillement renvoyé l’affaire à une audience de jugement.

Un mot sur la représentation, car la rumeur selon laquelle l’avocat serait inutile devant le tribunal paritaire fait perdre des procès. L’article 884 du Code de procédure civile liste les personnes habilitées à assister ou représenter les parties : « Les personnes habilitées à assister ou représenter les parties sont : -un avocat ; -un huissier de justice ; -un membre de leur famille ; -comme il est dit à l’article 83 de la loi n° 90-85 du 23 janvier 1990 , leur concubin ou la personne avec laquelle elles ont conclu un pacte civil de solidarité ; -comme il est dit à l’article 83 de la loi n° 90-85 du 23 janvier 1990, un membre ou un salarié d’une organisation professionnelle agricole. » (article 884). L’avocat n’est donc pas obligatoire, mais il est expressément habilité, et les montants en jeu devant cette juridiction justifient rarement l’économie de sa plume : les arrêts de 2025 et 2026 prononcent couramment des condamnations au titre des frais irrépétibles de 1 000 à 2 000 euros par instance, outre les dépens. La fiche Service-public relève d’ailleurs la question du coût de la représentation parmi les interrogations pratiques des justiciables.

B. Le jugement, sa notification et les voies de recours

Au stade du jugement, le tribunal statue en formation paritaire, assesseurs bailleurs et preneurs autour du président. Les assesseurs titulaires et leurs suppléants sont convoqués par tous moyens quinze jours au moins avant la date d’audience fixée par le président, selon l’article 889 du Code de procédure civile (article 889). Ce second délai de quinze jours minimum protège la régularité de la composition. Le tribunal peut ordonner un transport sur les lieux pour vérifier l’état des parcelles, entendre les explications des parties et procéder à toutes constatations utiles : le tribunal de Sélestat l’avait ordonné le 5 février 2024 dans un litige opposant des preneurs viticulteurs à leur bailleresse sur l’état de parcelles de vigne. Les décisions sont prises à la majorité des voix et doivent être motivées, rappellent les chambres d’agriculture (dossier « Tribunal paritaire des baux ruraux », Chambres d’agriculture de Normandie). Le jugement tranche le fond et liquide les frais : dépens à la charge du perdant et indemnité pour frais irrépétibles sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile, dont le premier alinéa permet au juge de condamner la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens (article 700). Les chiffres des espèces récentes donnent l’échelle : 1 200 euros de première instance puis 1 800 euros d’appel à Metz, 1 500 euros de dommages et intérêts plus 1 600 et 2 000 euros au titre de l’article 700 à Pau, 1 000 euros à Colmar. Ajoutez le coût des constats d’huissier, mis à la charge des preneurs à Metz : le procès rural se chiffre avant même de parler du fermage.

Les décisions du tribunal paritaire sont notifiées aux parties elles-mêmes par le greffier, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, selon l’article 891 du Code de procédure civile (article 891). Cette notification fait courir le délai de recours, et le type de recours ouvert est indiqué dans la notification du greffe, comme le souligne la fiche Service-public (Service-public, procès devant le TPBR). Conservez l’enveloppe et l’avis de réception : la date de première présentation conditionne le calcul du délai. La voie de recours dépend de la valeur du litige. Lorsque cette valeur est égale ou inférieure à 5 000 euros, l’appel est impossible et seul le pourvoi en cassation permet de contester le jugement, toujours selon la fiche officielle (Service-public, procès devant le TPBR). Au-dessus de ce seuil de 5 000 euros, ou lorsque la demande est indéterminée — autorisation de céder, résiliation, expulsion — l’appel redevient possible, et il est alors formé, instruit et jugé suivant la procédure sans représentation obligatoire, selon l’article 892 du Code de procédure civile (article 892). Méfiez-vous des pages qui citent encore l’ancien seuil de 4 000 euros : le taux de 5 000 euros s’applique, et plaider l’incompétence ou l’irrecevabilité sur un seuil périmé fait perdre le recours. Le délai d’appel est d’un mois en matière contentieuse, selon l’article 538 du Code de procédure civile (article 538), et il court à compter de la notification par le greffe. Un mois, pas un jour de plus : l’appel tardif est irrecevable, sans examen du fond.

Toutes les décisions ne sont pas susceptibles d’appel immédiat. La cour d’appel de Colmar a déclaré irrecevable l’appel formé le 10 mars 2024 par la bailleresse contre l’ordonnance du tribunal de Sélestat ordonnant le transport sur les lieux : une mesure d’instruction avant dire droit ne s’attaque pas comme un jugement au fond. Avant de relever appel, vérifiez donc la nature de la décision attaquée avec votre conseil plutôt que de consommer des frais sur un recours voué à l’irrecevabilité. À l’inverse, l’appel au fond reste largement ouvert dans les litiges indéterminés : à Metz, la commune bailleresse a fait infirmer le jugement qui autorisait la cession du bail au fils des preneurs, obtenant le débouté des preneurs, les dépens des deux instances et les frais irrépétibles. L’appel peut donc renverser entièrement la première décision, dans un sens comme dans l’autre.

Si vous êtes convoqué plutôt que demandeur, la démarche miroir — préparer la conciliation côté défendeur, prouver le bail et parer l’exception d’incompétence — est traitée dans l’article consacré au fermier ou au bailleur convoqué devant le tribunal paritaire (lire l’article pendant côté défendeur).

En définitive, gagner devant le tribunal paritaire des baux ruraux commence bien avant l’audience de jugement. Saisissez le tribunal du lieu des terres par une requête motivée, même sommairement, présentée en personne à la conciliation sous peine de caducité, ne faites intervenir aucun tiers directement au stade du jugement, lisez le procès-verbal de conciliation comme une transaction qui vous liera, puis surveillez la notification du jugement : en dessous de 5 000 euros, seul le pourvoi en cassation subsiste, et au-dessus, l’appel sans représentation obligatoire doit être formé dans le mois de la notification. Les jugements de Montluçon, Metz, Sélestat et Pau rendus entre 2025 et 2026 le confirment chacun à leur manière : la procédure du tribunal paritaire pardonne rarement l’improvisation, mais elle donne au demandeur rigoureux un juge paritaire, une conciliation qui peut tout régler en une audience, et un double degré de juridiction pour les litiges qui le justifient.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».