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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Dépôt de garantie rendu après la sortie : retenues du bailleur, pénalité de 10 % par mois et recours du locataire (2026)

Vous avez rendu les clés de votre location, l’état des lieux de sortie est signé, et pourtant le dépôt de garantie ne revient pas. Le bailleur annonce des retenues pour des dégradations que vous contestez, retient une provision pour charges sans détailler, ou cesse simplement de répondre. Cette situation, très fréquente à chaque vague de déménagements, obéit à des règles strictes : lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à l’état des lieux d’entrée, le dépôt de garantie doit être restitué dans un délai maximal d’un mois à compter de la remise des clés ; dans le cas contraire, le délai maximal est de deux mois. Passé ce délai, chaque mois de retard commencé fait courir une majoration égale à 10 % du loyer mensuel. Les tribunaux appliquent ces textes avec rigueur : en 2025 et 2026, plusieurs juges des contentieux de la protection ont condamné des bailleurs à restituer le dépôt et à payer des majorations de plusieurs milliers d’euros, tandis que la Cour de cassation a rappelé, le 13 mars 2025, comment s’articulent la demande de restitution du locataire et la créance de remise en état invoquée par le bailleur. Cet article expose la méthode complète : vérifier le délai applicable, contrôler chaque retenue pièce par pièce, adresser une mise en demeure efficace, saisir la conciliation puis le juge, et obtenir la pénalité de 10 % mois par mois.

I. Délai de restitution du dépôt de garantie : un mois ou deux mois après la remise des clés

Le point de départ du délai est unique : la remise des clés au bailleur ou à son mandataire, en main propre ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. C’est ce moment qui fait courir le compte à rebours, et non la date de fin du bail ni celle de l’état des lieux lorsqu’elle lui est postérieure. Lors de la remise des clés, le locataire indique au bailleur ou à son mandataire l’adresse de son nouveau domicile, car c’est à cette adresse que le solde doit être envoyé. Conservez la preuve de cette remise : reçu signé, récépissé de la lettre recommandée, ou mention sur l’état des lieux de sortie. Sans cette preuve, le bailleur pourra prétendre que les clés ont été rendues plus tard, et le calcul du retard deviendra contestable.

A. État des lieux de sortie conforme à l’état des lieux d’entrée : restitution sous un mois

Lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à l’état des lieux d’entrée, la loi impose une restitution rapide. L’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 dispose : « Il est restitué dans un délai maximal d’un mois à compter de la remise des clés par le locataire lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à l’état des lieux d’entrée, déduction faite, le cas échéant, des sommes restant dues au bailleur et des sommes dont celui-ci pourrait être tenu, en lieu et place du locataire, sous réserve qu’elles soient dûment justifiées. » Chaque mot de cette phrase a une portée pratique. La conformité s’apprécie par comparaison des deux états des lieux, ligne par ligne et pièce par pièce : un logement rendu dans le même état que celui décrit à l’entrée ouvre droit au délai d’un mois, même si le bailleur estime ensuite que des travaux d’embellissement seraient souhaitables. La déduction reste possible dans ce délai court, mais uniquement pour des sommes déjà dues et justifiées, par exemple un reliquat de loyer ou de charges. Et la justification n’est pas une formalité : celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation, de sorte que le bailleur doit remettre au locataire les documents qui fondent chaque retenue, comme le rappelle la fiche officielle de Service-public, qui vise les états des lieux d’entrée et de sortie, les photographies, le constat établi par un commissaire de justice, les factures ou devis de travaux et les relances écrites restées sans réponse.

L’état des lieux lui-même obéit à des formes précises. L’article 3-2 de la même loi confie à un décret en Conseil d’État, pris après avis de la Commission nationale de concertation, le soin de fixer les modalités de cet état des lieux, établi en autant d’exemplaires que de parties lors de la remise et de la restitution des clés. Le décret du 30 mars 2016 fixe ces modalités : contenu minimal, mentions obligatoires, relevés des compteurs, et prise en compte de l’état des équipements. En pratique, un état des lieux de sortie rédigé seul par le bailleur, sans votre signature ni celle d’un tiers mandaté, n’a pas la valeur d’un constat contradictoire. Si vous avez refusé de signer parce que les mentions vous paraissaient inexactes, faites-le constater par écrit sur le document lui-même et photographiez chaque pièce le jour du départ. Ces photographies datées, confrontées aux mentions de l’état des lieux d’entrée, constituent souvent la pièce décisive devant le juge.

Le cas particulier de l’absence d’état des lieux d’entrée mérite une attention spéciale, car il inverse la charge de la preuve en votre faveur comme en votre défaveur selon la situation. L’article 1731 du code civil dispose : « S’il n’a pas été fait d’état des lieux, le preneur est présumé les avoir reçus en bon état de réparations locatives, et doit les rendre tels, sauf la preuve contraire. » Autrement dit, sans état des lieux d’entrée, vous êtes présumé avoir reçu un logement en bon état, et c’est à vous de prouver le contraire par tout moyen : photographies d’époque, témoignages, constats, factures de travaux antérieurs. Cette présomption explique pourquoi un bailleur qui n’a pas fait établir d’état des lieux à l’entrée se retrouve en position favorable pour retenir des sommes, sauf si vous rapportez cette preuve contraire. Vérifiez donc dès l’ouverture du dossier si l’état des lieux d’entrée existe, s’il est signé des deux parties et s’il décrit précisément chaque pièce : un document lacunaire ou non signé ouvre un débat que le bailleur préférerait éviter.

B. État des lieux de sortie non conforme : deux mois et des retenues strictement justifiées

Lorsque la comparaison fait apparaître des différences entre l’entrée et la sortie, le bailleur dispose d’un délai maximal de deux mois. L’article 22 énonce : « Il est restitué dans un délai maximal de deux mois à compter de la remise en main propre, ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, des clés au bailleur ou à son mandataire, déduction faite, le cas échéant, des sommes restant dues au bailleur et des sommes dont celui-ci pourrait être tenu, aux lieu et place du locataire, sous réserve qu’elles soient dûment justifiées. » Ce délai plus long n’est pas un blanc-seing : il sert à chiffrer les sommes dues, à obtenir des devis, à arrêter les comptes de charges, mais chaque euro retenu doit correspondre à une créance réelle et documentée. Deux familles de retenues sont admises. D’abord, les sommes restant dues : loyers impayés, provisions de charges non réglées, régularisation de charges exigible. Ensuite, les sommes dont le bailleur pourrait être tenu aux lieu et place du locataire : typiquement le coût des réparations locatives que le locataire n’a pas exécutées et que le bailleur devra payer à sa place.

La frontière entre l’usure normale et la dégradation imputable au locataire est le point le plus disputé des dossiers. L’article 1732 du code civil pose le principe : « Il répond des dégradations ou des pertes qui arrivent pendant sa jouissance, à moins qu’il ne prouve qu’elles ont eu lieu sans sa faute. » Le locataire répond donc des dégradations survenues pendant qu’il occupait les lieux, sauf preuve d’une cause étrangère à sa faute : vice de construction, vétusté, force majeure, fait d’un tiers. La liste des réparations qui ont le caractère de réparations locatives figure en annexe du décret du 26 août 1987 relatif aux réparations locatives : menus travaux d’entretien courant, remplacement d’éléments usés par l’usage quotidien, entretien des équipements mentionnés au bail. Tout ce qui dépasse cet entretien courant et résulte d’un usage anormal relève de la dégradation et peut être retenu, à condition d’être prouvé et chiffré. Un papier peint jauni par le temps, une moquette tassée après dix ans d’occupation ou des traces d’usure sur un parquet vitrifié relèvent de la vétusté et ne peuvent pas être facturés au sortant. Un trou dans une porte, un plan de travail brûlé, des joints arrachés ou des équipements cassés relèvent au contraire de la dégradation, pourvu que l’état des lieux d’entrée décrive ces éléments en bon état.

La cour d’appel de Paris a fixé en 2026 une règle que tout locataire doit connaître avant de contester : des retenues sont admises lorsqu’elles correspondent à des dégradations qui dépassent l’usure normale et sont étayées par des devis ou des factures, sans que le bailleur ait à démontrer que les travaux étaient déjà exécutés avant la restitution — solution rendue en visant la troisième chambre civile du 4 février 2016 (n° 14-29.278). Dans cette affaire jugée le 14 avril 2026 (RG 24/05816), la cour a confirmé le jugement qui validait une retenue de 3 396 euros, au vu de pièces jugées concordantes sur le montant et la nature des réparations. Deux leçons s’en dégagent. D’une part, le bailleur n’a pas à prouver qu’il a déjà fait exécuter les travaux : des devis ou des factures suffisent, ce qui rend vaine la contestation qui consisterait à soutenir que les travaux n’auraient pas été exécutés. D’autre part, la contestation efficace porte sur la réalité de la dégradation elle-même et sur son chiffrage : comparez chaque devis à l’état des lieux d’entrée, vérifiez que les quantités et les prix correspondent aux désordres constatés à la sortie, et faites établir un contre-devis par un artisan indépendant lorsque les montants vous paraissent gonflés.

Les loyers et charges impayés constituent l’autre motif classique de retenue, et celui-ci est le plus difficile à contester lorsqu’il est établi. Le tribunal judiciaire de Grenoble l’a illustré le 11 décembre 2025 (RG 25/01559) : la locataire avait versé un dépôt de garantie de 880 euros, la défense établissant que le loyer de mai, provisions pour charges incluses, ainsi que le loyer courant du 1er au 12 juin 2024 avaient été imputés sur le dépôt, de sorte que la demanderesse, qui ne justifiait d’aucun préjudice indemnisable, a été déboutée de l’ensemble de ses prétentions. Si vous devez encore des loyers au jour de la sortie, attendez-vous à une imputation sur le dépôt, et préparez votre contestation sur le terrain du décompte exact plutôt que sur le principe. Lorsque les impayés du locataire dépassent le dépôt et que le bailleur envisage une procédure de recouvrement, la situation du locataire qui ne paie pas son loyer doit être traitée sans attendre, car les intérêts et les frais s’ajoutent à la dette pendant que le dossier du dépôt de garantie suit son cours. À l’inverse, si tous vos loyers sont payés et que le bailleur retient des sommes au titre de charges non détaillées, exigez le décompte de régularisation et les justificatifs du bailleur : une provision pour charges conservée sans arrêté des comptes ni pièce à l’appui n’est pas une retenue justifiée.

II. Retenue abusive sur le dépôt de garantie : contester pas à pas et obtenir la pénalité de 10 %

Une retenue est abusive lorsqu’elle ne correspond à aucune somme due ou lorsqu’elle n’est étayée par aucun justificatif sérieux : dégradation inexistante à la sortie, usure normale présentée comme un dégât, devis sans rapport avec les lieux, charges non décomptées, ou simple silence du bailleur qui ne restitue rien sans explication. Face à cette situation, la méthode qui donne des résultats suit un ordre précis : contrôler le décompte, mettre en demeure par écrit, tenter la conciliation, puis saisir le juge des contentieux de la protection avec un dossier complet. Chaque étape prépare la suivante, et les écrits échangés serviront de preuves. Ne laissez pas passer le temps : même si la pénalité de 10 % court automatiquement chaque mois commencé en retard, un dossier constitué tôt se plaide mieux qu’un dossier reconstruit un an après la sortie, quand les photographies ont disparu et que les témoins ont oublié.

A. Mise en demeure, conciliation départementale et preuves à réunir dès la sortie

Commencez par exiger le décompte détaillé de la retenue. Adressez au bailleur ou à son agence une lettre recommandée avec demande d’avis de réception qui rappelle la date de remise des clés, le montant du dépôt versé, le délai applicable d’un ou deux mois selon la conformité des états des lieux, et qui demande la restitution du solde sous huitaine avec l’ensemble des justificatifs. Joignez la copie des deux états des lieux et vos photographies de sortie. Cette lettre n’est pas une simple formalité : elle fixe le point de départ de la démonstration de la mauvaise foi en cas de résistance ultérieure, et son absence affaiblit toute demande de dommages-intérêts pour résistance abusive, comme l’a montré le tribunal de Dax en 2026 en déboutant des locataires de ce chef malgré le bien-fondé de leur demande principale. Restez factuel, chiffrez chaque poste contesté, et donnez un délai précis. Si le bailleur répond en produisant des devis, faites-les examiner par un professionnel indépendant et demandez un contre-chiffrage : un devis global de remise en état de plusieurs milliers d’euros sans détail par pièce est contestable poste par poste.

Si la mise en demeure reste sans effet, la commission départementale de conciliation constitue l’étape suivante, rapide et qui n’entraîne aucun frais de procédure. L’article 20 de la loi du 6 juillet 1989 organise cette conciliation pour les litiges nés de l’application de la loi, et le différend sur la restitution du dépôt de garantie entre dans son champ. La saisine se fait par lettre adressée au secrétariat de la commission du département du logement, en exposant les faits et en joignant les pièces. La tentative de conciliation présente deux avantages : elle aboutit souvent à un accord chiffré sans passer par le tribunal, et le procès-verbal de non-conciliation démontre au juge que vous avez cherché une solution amiable. Préparez cette audience comme une audience au fond : tableau comparatif entrée-sortie, photographies légendées, devis du bailleur annotés, contre-devis, relevés de loyers et quittances prouvant que vous étiez à jour. Les conciliateurs tranchent rarement les débats techniques sur la vétusté, mais un dossier photographique clair fait évoluer la plupart des positions.

Constituez en parallèle le dossier qui servira devant le juge. Les pièces indispensables sont le contrat de bail et ses avenants, la preuve du versement du dépôt et de son montant, les deux états des lieux signés, la preuve de la remise des clés et de sa date, la preuve de l’envoi de votre nouvelle adresse, l’ensemble de la correspondance avec le bailleur, ses devis et factures, vos contre-devis, vos quittances de loyers, et le décompte de charges s’il existe. Lorsque le logement fait partie d’une copropriété, le bailleur peut conserver une provision jusqu’à l’arrêté annuel des comptes de l’immeuble, à condition d’avoir procédé à un arrêté des comptes provisoire et de fixer cette provision à l’appui de documents justificatifs : exigez cet arrêté provisoire et vérifiez que la provision correspond à une estimation documentée et non à un pourcentage forfaitaire. Si aucun état des lieux de sortie n’a pu être établi contradictoirement parce que le bailleur ne s’est pas présenté, faites établir un constat par un commissaire de justice le jour du départ : ce constat vaut preuve de l’état du logement et prive le bailleur de l’argument des dégradations constatées seul après votre départ.

B. Devant le juge : majoration mois par mois, créances croisées et réflexes parisiens

Le juge compétent est le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble. C’est lui qui a statué dans toutes les décisions récentes citées dans cet article, selon une procédure accessible sans représentation obligatoire pour les litiges relevant de son taux de compétence. La demande porte sur trois chefs : la restitution du solde du dépôt de garantie, la majoration légale de 10 % par mois de retard commencé, et, le cas échéant, des dommages-intérêts pour résistance abusive ainsi que le remboursement des frais irrépétibles sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Chiffrez la majoration avec précision : elle se calcule mois par mois à compter de l’expiration du délai d’un ou deux mois, chaque période mensuelle commencée comptant pour un mois entier, et elle porte sur le dépôt restant dû. L’article 22 est explicite : « A défaut de restitution dans les délais prévus, le dépôt de garantie restant dû au locataire est majoré d’une somme égale à 10 % du loyer mensuel en principal, pour chaque période mensuelle commencée en retard. »

Les montants accordés par les tribunaux montrent que cette majoration change l’économie du litige. Le 18 février 2026, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris (RG 25/04084) a condamné les bailleurs à payer aux locataires la somme de 1 800 euros au titre de la restitution du dépôt de garantie, et celle de 7 200 euros au titre de la majoration légale sanctionnant le défaut de restitution. La majoration représente ici quatre fois le dépôt, ce qui illustre l’effet cumulatif des mois de retard. Le 21 avril 2026, le tribunal judiciaire de Dax (RG 25/00561) a condamné les bailleurs à payer aux locataires la somme de 855 euros au titre de la majoration de 10 % du loyer mensuel pour le retard apporté à la restitution du solde du dépôt de garantie, soit 95 euros par mois pendant neuf mois de retard, tout en déboutant les demandeurs de leur demande de dommages-intérêts pour résistance abusive. La leçon est double : la majoration se calcule mécaniquement dès que le retard est constaté, mais les dommages-intérêts supplémentaires exigent la preuve d’un préjudice distinct et d’une résistance caractérisée, que la seule lenteur ne suffit pas toujours à établir. Le principe posé par le code civil demeure : « Le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure. »

Le bailleur qui oppose une créance de remise en état à la demande de restitution ne fait pas échec automatiquement à la demande du locataire, mais le juge examine les deux prétentions ensemble. La troisième chambre civile de la Cour de cassation l’a confirmé le 13 mars 2025 (pourvoi n° 23-21.681) en retenant que le rejet de la demande de restitution se justifiait dès lors que le premier juge avait admis, à la charge de la locataire, une créance de remise en état du logement et de charges restant dues dont dépendait ce chef de dispositif. Concrètement, par le jeu de la compensation — « l’extinction simultanée d’obligations réciproques entre deux personnes » —, si le bailleur prouve par des pièces concordantes qu’il détient une créance de remise en état et de charges supérieure au dépôt, le rejet de la demande de restitution est justifié ; si sa créance est inférieure ou mal justifiée, le juge ordonne la restitution du solde et applique la majoration sur ce solde pour chaque mois de retard. Préparez-vous donc aux deux hypothèses : contestez la créance du bailleur poste par poste, mais chiffrez aussi le solde qui vous reviendrait si le juge ne retient qu’une partie de ses prétentions, afin que la majoration soit calculée sur une base exacte.

À Paris et en Île-de-France, quelques réflexes pratiques augmentent les chances de succès. Saisissez la commission départementale de conciliation de Paris, dont le secrétariat traite un volume important de différends locatifs et propose des séances rapprochées : un accord obtenu à ce stade vous évite des mois de procédure. Devant le tribunal judiciaire de Paris, le pôle civil de proximité statue régulièrement sur ces dossiers, comme l’illustre le jugement du 18 février 2026 rendu par cette formation : présentez un tableau de calcul lisible avec la date de remise des clés, le délai applicable, le nombre de mois de retard commencés et le montant de la majoration réclamée. Les agences parisiennes retiennent fréquemment des provisions pour charges élevées en invoquant l’arrêté annuel à venir de la copropriété : exigez l’arrêté provisoire et comparez la provision aux décomptes des années précédentes, car une provision manifestement surévaluée constitue une retenue injustifiée. Enfin, conservez les échanges avec l’agence : à Paris, la gestion intermédiée multiplie les interlocuteurs, et le juge apprécie de voir qui a décidé quoi, surtout lorsque l’agence impute le retard au bailleur et le bailleur à l’agence.

Conclusion

La restitution du dépôt de garantie n’est ni une faveur ni une négociation : c’est une obligation chiffrée, assortie d’un délai d’un mois si l’état des lieux de sortie est conforme à celui d’entrée, de deux mois dans le cas contraire, et d’une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard commencé. Le bailleur ne peut retenir que des sommes dues et justifiées, loyers et charges d’un côté, réparations excédant l’usure normale de l’autre, avec des devis ou factures à l’appui. La jurisprudence de 2025 et 2026 confirme cette grille de lecture : restitutions ordonnées à plusieurs milliers d’euros de majoration à Paris, calcul mécanique de la pénalité mois par mois à Dax, validation des retenues documentées à la cour d’appel de Paris, et articulation contrôlée des créances croisées par la Cour de cassation. Pour le locataire, la méthode tient en quatre gestes : prouver la date de remise des clés, comparer les états des lieux ligne à ligne, mettre en demeure par écrit avec un décompte précis, puis saisir la conciliation et le juge des contentieux de la protection avec un dossier photographique et comptable complet. Pour le bailleur, la prudence commande l’inverse : justifier chaque euro retenu dès la restitution, car chaque mois de retard sans pièce probante augmente la dette de 10 % du loyer.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».