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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Fuite de toiture en copropriété : qui doit réparer, qui paie et comment l’exiger

Une tache brune s’étend au plafond du séjour après chaque épisode de pluie, la peinture cloque au-dessus de la fenêtre, une odeur d’humidité s’installe dans la chambre. Quand vous habitez le dernier étage d’une copropriété, ce scénario d’automne a presque toujours la même origine : l’eau traverse la toiture de l’immeuble avant de ruisseler dans votre appartement. La réponse tient en une phrase : la toiture est une partie commune, le syndicat des copropriétaires répond des dommages qu’elle cause, et le syndic doit agir vite, faire voter les travaux et déclarer le sinistre aux assurances. Encore faut-il prouver l’origine de l’eau, mettre le syndic en demeure par écrit et saisir le bon juge avec les bonnes pièces quand rien ne bouge. Ce dossier repose sur des sources vérifiées : les articles 3 et 14 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété, les articles 1240, 1241, 1244, 1353 et 2224 du code civil, l’article 700 du code de procédure civile, un arrêt de la cour d’appel de Poitiers du 9 septembre 2025 (RG n° 23/02545) qui confirme la responsabilité du syndicat pour des infiltrations venues des parties communes, et un jugement du tribunal judiciaire de Marseille du 22 septembre 2026 (RG n° 25/00857) qui condamne un syndicat à payer plus de 30 000 euros pour des infiltrations non traitées. Réserves d’emblée : chaque règlement de copropriété et chaque contrat d’assurance a ses clauses, seul le juge tranche les litiges, et les montants cités illustrent des cas jugés, jamais une promesse de résultat. La première partie explique d’où vient juridiquement la fuite et qui doit agir. La seconde détaille qui paie, comment se faire indemniser et comment forcer la décision quand le syndic laisse traîner.

I. La fuite vient du toit de l’immeuble : pourquoi c’est à la copropriété d’agir

A. La toiture est une partie commune et le syndicat répond des infiltrations

Tout commence par un principe simple aux conséquences considérables : dans un immeuble en copropriété, la toiture appartient à tous. L’article 3 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis range parmi les parties communes les parties des bâtiments et des terrains affectées à l’usage ou à l’utilité de tous les copropriétaires ou de plusieurs d’entre eux. Le gros œuvre, la charpente, la couverture, l’étanchéité d’un toit-terrasse et les éléments qui assurent le clos et le couvert de l’immeuble sont donc des parties communes, sauf clause contraire du règlement de copropriété, ce qui reste exceptionnel. Concrètement, quand l’eau traverse la couverture ou l’étanchéité du toit-terrasse pour finir dans votre salon, le désordre naît dans une partie commune, même si le dommage se révèle dans votre lot privatif. Cette distinction commande tout le reste : l’entretien et la réparation de la toiture relèvent de la collectivité des copropriétaires, et c’est elle qui devra répondre du préjudice subi par l’occupant du dessous.

La responsabilité du syndicat est écrite noir sur blanc dans la loi. L’article 14 de la loi du 10 juillet 1965 rend le syndicat responsable des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers qui ont leur origine dans les parties communes, tout en lui réservant ses actions récursoires contre les éventuels responsables. Autrement dit, le copropriétaire dont l’appartement est inondé par une toiture défaillante n’a pas à démontrer une faute précise du syndic ou d’un voisin : il lui suffit d’établir que l’eau vient des parties communes. La cour d’appel de Poitiers l’a rappelé le 9 septembre 2025 dans une affaire où le propriétaire d’un appartement avec toit-terrasse subissait des infiltrations chroniques (RG n° 23/02545) : après avoir cité ces deux articles, la cour a confirmé le jugement du tribunal judiciaire de La Rochelle du 26 septembre 2023 qui retenait la responsabilité du syndicat, et elle a condamné le syndicat aux dépens d’appel ainsi qu’à payer 2 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Le raisonnement vaut pour toutes les configurations : toiture en pente dont les tuiles laissent passer l’eau, toit-terrasse dont l’étanchéité a vieilli, gouttières et chéneaux communs qui débordent et renvoient l’eau dans les murs. Dès que l’origine se situe dans le clos, le couvert ou l’étanchéité de l’immeuble, c’est le syndicat qui répond, quitte à se retourner ensuite contre un constructeur, un couvreur ou un assureur.

Reste à ne pas confondre cette responsabilité avec celle du voisin du dessus. Quand la fuite vient d’une salle de bains, d’un ballon d’eau chaude ou d’une machine à laver du voisin, le litige oppose deux occupants et relève du droit commun de la responsabilité : l’article 1240 du code civil dispose que « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » et l’article 1241 ajoute que « Chacun est responsable du dommage qu’il a causé non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence. » Quand l’eau vient de la toiture, en revanche, le voisin du dessus n’y est pour rien et le véritable responsable est la collectivité des copropriétaires. Cette nuance change le destinataire de vos courriers : inutile d’épuiser vos forces contre un voisin qui n’est que la victime située entre deux, c’est au syndic, représentant du syndicat, qu’il faut écrire. Et si l’immeuble menace ruine par défaut d’entretien, l’article 1244 du code civil renforce encore l’obligation d’agir, puisqu’il dispose que « Le propriétaire d’un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine, lorsqu’elle est arrivée par une suite du défaut d’entretien ou par le vice de sa construction. » Une toiture laissée à l’abandon pendant des années, dont chacun savait qu’elle fuyait à chaque automne, expose donc la copropriété à une responsabilité d’autant plus difficile à contester.

Précision utile pour les derniers étages avec terrasse : le fait de disposer de la jouissance exclusive d’un toit-terrasse ne transforme pas l’étanchéité en partie privative. Dans l’affaire jugée à Poitiers, le copropriétaire occupait un appartement avec toit-terrasse et c’est bien le syndicat qui a été déclaré responsable, parce que l’élément qui assure le couvert et l’étanchéité de l’immeuble reste commun même quand son usage est réservé à un seul lot. Le règlement de copropriété peut mettre l’entretien courant du revêtement de surface à la charge du bénéficiaire de la jouissance, comme le nettoyage ou le remplacement des dalles sur plots, mais la membrane d’étanchéité et le gros œuvre qui la porte demeurent l’affaire de la collectivité. Avant d’écrire au syndic, relisez donc votre règlement : s’il attribue la jouissance du toit-terrasse à votre lot, vérifiez qui supporte l’entretien de surface, puis exigez du syndicat la réfection de l’étanchéité défaillante, qui ne vous incombe pas.

B. Le syndic doit agir : constat, déclaration d’assurance et mise en demeure

Face à une tache qui s’agrandit, le premier réflexe utile n’est pas le seau mais le dossier de preuves. Photographiez le plafond et les murs à chaque épisode de pluie, avec la date visible, conservez les relevés météorologiques des jours concernés, et faites établir un constat par un commissaire de justice au plus fort du désordre : ce procès-verbal fige l’existence, l’étendue et la localisation des traces, et il pèsera lourd devant l’assureur comme devant le juge. Prévenez ensuite le syndic par écrit, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, en décrivant les désordres, leur apparition dans le temps et les pièces touchées, et demandez expressément une visite, une recherche de fuite et la déclaration du sinistre à l’assurance de la copropriété. Si vous êtes locataire, écrivez en même temps à votre bailleur : c’est à lui de relayer vers le syndic et de veiller à la décence du logement, tandis que vous déclarez le dégât des eaux à votre propre assurance habitation dans le délai prévu par votre contrat. Gardez copie de tout : ce faisceau de pièces prouvera que vous avez alerté en temps utile, et il interdira au syndic de prétendre qu’il découvrait le problème le jour de l’assignation. Retenez à cet égard la règle de preuve de l’article 1353 du code civil, aux termes duquel « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l’extinction de son obligation. » Celui qui demande la réparation et l’indemnisation doit donc prouver l’origine commune de l’eau et l’étendue de son préjudice, d’où l’importance du constat, des photographies datées et des rapports d’expertise.

Si le syndic répond par le silence ou par des promesses sans calendrier, passez à la mise en demeure. Adressez au syndic, toujours en recommandé avec accusé de réception, un courrier qui récapitule les désordres, rappelle les alertes précédentes restées sans effet, vise la responsabilité du syndicat pour les dommages ayant leur origine dans les parties communes, et fixe un délai précis pour faire procéder à la recherche de fuite, aux mesures conservatoires et à la déclaration à l’assurance. Demandez parallèlement l’inscription de la question des travaux de toiture à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale : le syndic est tenu d’y inscrire les questions dont un copropriétaire lui demande l’inscription par lettre recommandée, et l’assemblée est seule compétente pour voter les travaux sur les parties communes et leur financement. Quand l’eau continue d’entrer et que le gros œuvre se dégrade, le juge des référés peut être saisi pour ordonner en urgence les mesures conservatoires et l’expertise : le tribunal judiciaire de Marseille, dans son jugement du 22 septembre 2026, relève d’ailleurs que la copropriétaire avait fait mettre le syndicat en demeure dès le 8 octobre 2021 avant d’obtenir, cinq ans plus tard, la condamnation du syndicat. Cinq années de procédure pour une toiture qui fuyait : l’enseignement est clair, écrivez tôt, écrivez précis, et ne laissez pas l’hiver aggraver ce que l’automne a révélé. Pour un immeuble situé à Paris ou en Île-de-France, la juridiction compétente est le tribunal judiciaire du lieu de l’immeuble, et les constats établis pendant les épisodes pluvieux d’octobre et de novembre y sont reçus comme la meilleure preuve de l’origine des désordres, à condition d’être précis et datés.

II. Qui paie les travaux et comment obtenir réparation du préjudice

A. Travaux votés en assemblée, assurances mobilisées et charges réparties

La réfection de la toiture se décide et se finance collectivement. Sur le rapport du syndic, souvent après un diagnostic de couvreur ou d’étancheur et plusieurs devis, l’assemblée générale vote les travaux de réparation ou de réfection de la couverture ou de l’étanchéité, ainsi que l’appel de fonds correspondant, réparti entre les copropriétaires selon les tantièmes de charges. Refuser de voter les travaux par économie expose la copropriété à une aggravation continue : chaque nouvelle pluie étend les dégâts dans les lots, alourdit la facture finale et nourrit les demandes d’indemnisation des occupants. Quand l’assemblée rejette les travaux nécessaires ou que le syndic n’exécute pas le vote, tout copropriétaire peut demander au juge d’autoriser les travaux ou de désigner un administrateur, et la responsabilité du syndicat pour les dommages postérieurs au refus devient quasiment inattaquable. Les occupants du dernier étage, premiers exposés, ont donc intérêt à chiffrer dès le départ le coût de l’inaction : devis de réfection, devis de reprise des peintures et revêtements intérieurs, coût d’un relogement temporaire si le logement devient inhabitable. Face à une copropriété qui tarde à protéger le clos et le couvert de l’immeuble, l’accompagnement du cabinet en droit immobilier à Paris et en Île-de-France permet de structurer la mise en demeure, la demande d’inscription à l’ordre du jour et la saisine du juge : l’expertise du cabinet en droit immobilier à Paris et en Île-de-France répond précisément à ce besoin d’organiser la preuve et la procédure avant que les désordres ne s’aggravent.

Côté assurance, deux contrats entrent en scène et il faut les activer tous les deux. L’assurance de la copropriété couvre les parties communes et la responsabilité du syndicat : le syndic doit déclarer le sinistre et transmettre le constat, les photographies et les devis. Votre assurance habitation couvre vos biens et votre responsabilité d’occupant : déclarez-lui le dégât des eaux dans le délai stipulé au contrat, généralement de quelques jours après la découverte, et suivez ses instructions pour la recherche de fuite, souvent prise en charge sans franchise. Quand les deux assureurs sont saisis, leurs experts se coordonnent pour déterminer l’origine de l’eau et chiffrer les reprises, ce qui accélère le règlement amiable. Attention toutefois aux exclusions classiques : un défaut d’entretien manifeste et prolongé, connu et jamais traité, peut fonder un refus partiel de garantie, et les embellissements sans rapport avec le sinistre restent à votre charge. Lisez donc votre contrat avant de signer un procès-verbal d’expertise, ne reconnaissez par écrit que ce que vous avez vérifié, et conservez les factures de toutes les dépenses engagées à cause de la fuite, du pressing des textiles tachés au déshumidificateur loué pour assécher la pièce. Chaque euro justifié par une facture entre dans le préjudice réparable, chaque dépense alléguée sans pièce en sort.

Quand le logement fuit et qu’il est loué, les rôles se répartissent sans se confondre. Le locataire doit informer le bailleur par écrit dès les premières traces, continuer à payer son loyer et ne pas faire réaliser lui-même des travaux sur les parties communes, qu’il n’a pas qualité pour commander. Le bailleur, averti, doit saisir le syndic, voter en assemblée générale en faveur des travaux nécessaires et faire le nécessaire pour que le logement reste décent ; s’il reste passif alors qu’il savait, sa propre responsabilité envers son locataire peut être recherchée en plus de celle du syndicat. Les charges des travaux de toiture, réparties selon les tantièmes, ne sont pas récupérables sur le locataire au titre des charges locatives : la réfection du clos et du couvert incombe au propriétaire et à la collectivité des copropriétaires. Le fondement de cette exigence envers le bailleur figure à l’article 1719 du code civil, qui lui impose notamment « 2° D’entretenir cette chose en état de servir à l’usage pour lequel elle a été louée ; 3° D’en faire jouir paisiblement le preneur pendant la durée du bail ». En pratique, joignez à votre courrier au bailleur les mêmes pièces qu’au syndic, constat, photographies et mise en demeure, afin que chacun agisse sur la base du même dossier.

B. Quand rien ne bouge : le juge chiffre travaux, loyers perdus et préjudice moral

Le jugement marseillais du 22 septembre 2026 donne la mesure de ce qu’un syndicat inerte risque de payer. Dans cette affaire, la propriétaire de deux appartements subissait infiltrations d’eau et fissures, avait fait mettre le syndicat en demeure dès octobre 2021, et n’obtenait toujours pas la réfection : le tribunal judiciaire de Marseille (RG n° 25/00857) a condamné le syndicat des copropriétaires à payer 11 231 euros toutes taxes comprises au titre des travaux de reprise des deux appartements, 14 107,20 euros au titre des pertes locatives, 1 793 euros au titre de la taxe sur les logements vacants, 3 000 euros au titre du préjudice moral, outre les dépens et 3 500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, avec exécution provisoire. Trois enseignements s’en dégagent. D’abord, les travaux de reprise de votre lot privatif dégradé par l’eau venue des parties communes sont à la charge du syndicat, pour 11 231 euros dans ce cas, sur factures et expertise. Ensuite, le préjudice ne s’arrête pas aux murs : des appartements rendus inhabitables ou inlouables pendant des années justifient l’indemnisation des loyers perdus, ici 14 107,20 euros, et même de la taxe sur les logements vacants restée due, ici 1 793 euros. Enfin, vivre des années avec des seaux, des moisissures et des artisans qui ne viennent pas constitue un préjudice moral autonome, ici évalué à 3 000 euros. L’article 700 du code de procédure civile, dont le tribunal a fait application à hauteur de 3 500 euros, prévoit que « Le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer : 1° A l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens » : même victorieux, un procès coûte, et cette somme en atténue une partie, sans jamais l’effacer.

En cas d’urgence avérée, le juge des référés peut ordonner l’expertise judiciaire qui fige l’origine des désordres et chiffre les reprises, ainsi qu’une provision à valoir sur l’indemnisation définitive quand l’obligation du syndicat n’est pas sérieusement contestable. Cette expertise, menée contradictoirement avec le syndic et les assureurs, devient ensuite la colonne vertébrale du procès au fond : les juges de Poitiers comme ceux de Marseille se sont appuyés sur des constatations techniques précises pour imputer la fuite aux parties communes et évaluer les travaux. L’article 835 du code de procédure civile ouvre cette voie d’urgence puisqu’il prévoit que « Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire. » Son coût est avancé par le demandeur puis mis à la charge de la partie qui succombe dans le cadre des dépens, avec la contribution de l’article 700 pour les frais d’avocat restés exposés. Saisir le juge des référés dès le premier hiver sans réaction du syndic coûte donc moins cher que de laisser pourrir la situation pendant des années : à Marseille, cinq ans se sont écoulés entre la mise en demeure d’octobre 2021 et le jugement de septembre 2026, et chaque année d’attente a gonflé les loyers perdus et le préjudice moral finalement mis à la charge du syndicat.

Devant le juge, le dossier qui gagne est le dossier chiffré et daté. Présentez dans l’ordre chronologique : le constat de commissaire de justice et les photographies datées des épisodes pluvieux, les lettres recommandées au syndic et au bailleur avec leurs accusés de réception, la mise en demeure avec son délai, les devis et factures de reprise, les quittances et avis d’imposition pour les pertes locatives et la taxe sur les logements vacants, les certificats médicaux si l’humidité a affecté votre santé, et les échanges avec les assurances. Demandez au tribunal l’exécution provisoire, comme à Marseille, pour que les travaux ordonnés démarrent sans attendre un éventuel appel. Et surveillez le calendrier : l’article 2224 du code civil dispose que « Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. » Chaque nouvelle infiltration fait courir un nouveau délai pour le dommage qu’elle cause, mais attendre cinq ans après la première tache pour agir expose la créance la plus ancienne à la prescription. À Paris comme ailleurs, les juges voient défiler chaque automne des plafonds tachés et des syndics débordés : le copropriétaire qui arrive avec un dossier complet, une mise en demeure restée sans réponse et des devis précis se distingue aussitôt de celui qui n’apporte que sa colère. Faites établir le constat pendant qu’il pleut, écrivez au syndic avant que l’hiver n’aggrave la toiture, et faites voter les travaux à la prochaine assemblée : une toiture réparée à temps coûte toujours moins cher qu’un procès gagné trop tard.

Conclusion

Une fuite de toiture en copropriété n’est ni une fatalité d’automne ni un simple dégât des eaux à éponger en attendant des jours meilleurs. La toiture est une partie commune, le syndicat répond des dommages qui en ont l’origine, et le syndic doit faire constater, déclarer, mettre à l’ordre du jour et exécuter les travaux votés. Votre stratégie tient en cinq réflexes : documenter chaque épisode de pluie avec des photographies datées et un constat de commissaire de justice, déclarer le sinistre aux deux assurances dans les délais du contrat, mettre le syndic en demeure par recommandé avec un délai précis, exiger l’inscription des travaux à l’ordre du jour de l’assemblée générale, et saisir le juge des référés puis le juge du fond avec un dossier chiffré si rien ne bouge. L’arrêt de Poitiers de septembre 2025 et le jugement de Marseille de septembre 2026 montrent que les juges condamnent les syndicats qui laissent fuir les toitures, en payant les travaux de reprise, les loyers perdus et le préjudice moral, à condition que l’occupant prouve l’origine commune de l’eau au lieu de l’affirmer. Constituez ce dossier dès la première tache, avant que l’hiver n’aggrave les désordres et ne disperse les preuves.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».