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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

La mairie de Paris refuse votre meublé de tourisme ou vous assigne en amende : autorisation de changement d’usage, compensation et recours en 2026

Votre appartement parisien est loué en meublé de tourisme et la mairie de Paris vous refuse l’autorisation de changement d’usage, ou vous assigne devant le tribunal judiciaire en amende civile et retour à l’habitation : que faire en 2026 ? La question est centrale à Paris, où la location de courte durée d’un logement entier suppose une autorisation préalable du maire, souvent subordonnée à une compensation coûteuse, et où les contrôles débouchent sur des amendes pouvant atteindre 100 000 euros par local, assorties d’un ordre de retour à l’usage d’habitation sous astreinte. Beaucoup de propriétaires découvrent le dispositif au stade du refus ou de l’assignation, alors que la distinction entre résidence principale louée occasionnellement et local intégralement exploité en meublé de tourisme conditionne tout le régime applicable.

Le cadre repose sur une articulation entre deux polices : l’autorisation de changement d’usage prévue par le code de la construction et de l’habitation, délivrée par le maire, et l’autorisation d’urbanisme relative au changement de destination, instruite au regard du plan local d’urbanisme. Les deux démarches sont distinctes et cumulatives. Obtenir l’une ne dispense pas de l’autre, et c’est souvent de cette confusion que naissent les refus et les sanctions. La jurisprudence récente, administrative comme judiciaire, précise les règles du jeu : le Conseil d’État a confirmé en 2025 que la protection de l’habitation inscrite au plan local d’urbanisme de Paris justifie l’opposition à un changement de destination vers l’hébergement hôtelier, tandis que la cour d’appel de Paris rappelait en septembre 2026 que la charge de la preuve de l’usage d’habitation pèse sur la commune qui poursuit.

Cet article expose le régime applicable à Paris en 2026 : quand l’autorisation de changement d’usage s’impose pour un meublé de tourisme et comment la solliciter, comment articuler cette demande avec le volet urbanisme et la compensation parisienne, puis comment contester un refus et comment se défendre face à une assignation en amende civile et en retour à l’usage d’habitation.

I. L’autorisation de changement d’usage à Paris : un préalable obligatoire pour exploiter un meublé de tourisme

A. Louer un logement en meublé de tourisme constitue un changement d’usage soumis à autorisation

Dans les communes où l’organe délibérant l’a décidé, au nombre desquelles figure Paris, le changement d’usage des locaux à usage d’habitation peut être soumis à autorisation préalable. Le fait générateur est large : le fait de louer un local meublé à usage d’habitation en tant que meublé de tourisme, au sens du I de l’article L. 324-1-1 du code du tourisme, constitue un changement d’usage. La définition touristique vise, pour sa part, des villas, appartements ou studios meublés, à l’usage exclusif du locataire, offerts à la location à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile. Autrement dit, dès lors que le local est à usage d’habitation et qu’il est offert à une clientèle de passage, l’exploitation suppose en principe l’autorisation, sauf les cas où la loi en dispense.

La dispense principale tient à la résidence principale. La location de sa résidence principale en meublé de tourisme, dans la limite de 120 jours par an, n’exige pas d’autorisation de changement d’usage, mais elle reste soumise à déclaration avec numéro d’enregistrement et aux règles de la copropriété et du bail. Au-delà de ce seuil, ou lorsque le local n’est pas la résidence principale du loueur, le régime de l’autorisation s’applique pleinement. La Cour de cassation veille à la frontière : par un arrêt publié au Bulletin du 7 septembre 2023, elle a jugé que l’amende civile prévue pour défaut de déclaration en matière de meublé de tourisme s’applique aux seules personnes offrant à la location un meublé déclaré comme leur résidence principale, ce qui illustre que chaque sanction a son domaine propre et que la qualification du local détermine le texte applicable (Cass. 3e civ., 7 sept. 2023, n° 22-18.101). Le même arrêt rappelle qu’en matière de preuve de l’usage d’habitation, la déclaration fiscale peut être discutée selon sa date et son contenu, point sur lequel la Cour de cassation avait déjà censuré une cour d’appel le 18 février 2021 pour défaut de base légale (Cass. 3e civ., 18 fév. 2021, n° 19-11.462).

L’enjeu de la qualification d’usage d’habitation mérite une attention particulière, car tout le dispositif en dépend. Un local est réputé à usage d’habitation notamment s’il était affecté à cet usage à une date comprise entre le 1er janvier 1970 et le 31 décembre 1976 inclus, ou à n’importe quel moment au cours des trente dernières années précédant la demande ou la contestation. Surtout, cet usage peut être établi par tout mode de preuve, la charge de la preuve incombant à celui qui veut démontrer un usage illicite. Le Conseil d’État a précisé la portée de cette règle dans un litige opposant un propriétaire à la commune de Neuilly-sur-Seine : on ne peut se fonder sur le seul constat de l’affectation du local à un autre usage que l’habitation au 1er janvier 1970 en écartant le moyen tiré de l’absence de régularisation de cette affectation, et l’arrêt qui avait condamné la commune a été annulé avec renvoi (CE, 5 avr. 2019, n° 410039). Concrètement, un local initialement destiné à l’habitation puis occupé sans autorisation à un autre usage ne perd pas pour autant son usage d’habitation au sens de la police des changements d’usage.

À Paris, le règlement municipal fixant les conditions de délivrance des autorisations, dans sa version consolidée applicable en 2026, soumet le changement d’usage des locaux d’habitation à autorisation préalable de la maire de Paris après avis du maire d’arrondissement, et organise les régimes avec et sans compensation (règlement municipal parisien sur les changements d’usage, dont la Ville de Paris publie les règles applicables aux loueurs). La ville publie par ailleurs le rappel des règles applicables aux loueurs (Ville de Paris, la location meublée touristique : les règles à suivre). Avant toute mise en location d’un logement entier à une clientèle de passage, la vérification à opérer porte donc sur trois points : l’usage actuel du local au sens du code de la construction et de l’habitation, le caractère de résidence principale ou non, et le régime d’autorisation avec ou sans compensation applicable dans l’arrondissement concerné.

B. Demander l’autorisation à Paris : procédure, compensation et articulation avec l’urbanisme

La demande d’autorisation préalable de changement d’usage est adressée au maire. L’autorisation préalable au changement d’usage est délivrée par le maire de la commune dans laquelle est situé l’immeuble, après avis, à Paris, Marseille et Lyon, du maire d’arrondissement concerné. Le dossier doit établir l’usage du local, décrire la transformation projetée et, à Paris, intégrer la question de la compensation. Elle peut être subordonnée à une compensation sous la forme de la transformation concomitante en habitation de locaux ayant un autre usage. À Paris, pour les meublés de tourisme, cette compensation est en pratique exigée et son coût, qui suppose de produire ou d’acquérir des surfaces d’habitation compensatrices dans le même arrondissement, conditionne la viabilité économique du projet. La délibération applicable fixe les conditions de délivrance et de compensation par quartier et par arrondissement au regard des objectifs de mixité sociale et de la pénurie de logements.

La nature du titre obtenu varie selon qu’une compensation est imposée ou non. L’autorisation de changement d’usage est accordée à titre personnel. Toutefois, lorsque l’autorisation est subordonnée à une compensation, le titre est attaché au local et non à la personne. Cette distinction est décisive pour un acquéreur : un logement acquis avec une autorisation personnelle ne conserve pas le bénéfice de cette autorisation lorsque le bénéficiaire cesse définitivement son activité, tandis qu’une autorisation avec compensation, publiée au fichier immobilier, suit le local. Lors d’une acquisition en vue d’une exploitation en meublé de tourisme, la vérification du titre et de sa transmissibilité fait partie des diligences préalables, au même titre que la lecture du règlement de copropriété et du bail.

L’autorisation de changement d’usage ne règle pas, à elle seule, la question d’urbanisme. Le changement de destination entre les destinations définies par le code de l’urbanisme relève d’une demande distincte, déclaration préalable ou permis de construire selon les travaux. Lorsque des travaux entrant dans le champ du permis de construire accompagnent le changement d’usage, la demande de permis vaut demande de changement d’usage, mais les travaux ne peuvent être exécutés qu’après l’obtention de l’autorisation de changement d’usage (art. L. 631-8 du code de la construction et de l’habitation). Et les travaux soumis à permis de construire sur construction existante incluent, hors entretien courant, ceux qui modifient les structures porteuses ou la façade lorsqu’ils s’accompagnent d’un changement de destination. À Paris, le plan local d’urbanisme comporte en outre des secteurs de protection de l’habitation et des règles de mixité qui fondent de nombreuses oppositions.

La jurisprudence administrative parisienne illustre cette articulation. Dans une affaire portant sur un local du 10e arrondissement dont le propriétaire voulait changer la destination en hébergement hôtelier par simple déclaration préalable, la maire de Paris s’est opposée au projet au motif que le local, situé dans un secteur de protection de l’habitation et dans un secteur déficitaire en logement social, ne pouvait faire l’objet d’un tel changement en application du plan local d’urbanisme. Le tribunal administratif puis la cour administrative d’appel de Paris ont rejeté le recours du propriétaire, et le Conseil d’État a rejeté son pourvoi : le pourvoi de la société Dix pour Cent est rejeté (CE, 23 mai 2025, n° 476057). À l’inverse, lorsque l’administration s’est méprise sur la nature réelle du titre en cause, le juge censure : dans l’affaire dite Geciter relative à des locaux des boulevards haussmanniens, le Conseil d’État a jugé que le caractère personnel ou réel des autorisations anciennes, dès lors qu’une compensation effective avait été constatée, était sans incidence sur la légalité des oppositions attaquées pour un autre motif, et a prononcé : l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris du 18 juillet 2017 est annulé, avec renvoi de l’affaire à la cour administrative d’appel de Paris (CE, 15 mars 2019, n° 414361). La leçon pratique est double : vérifier le plan local d’urbanisme avant de déposer, et qualifier exactement le titre existant avant de contester.

Pour les lecteurs parisiens, les spécificités locales se résument ainsi : compétence de la maire de Paris après avis du maire d’arrondissement, compensation en principe exigée pour les meublés de tourisme avec exigence de localisation dans le même arrondissement, juridiction administrative du tribunal administratif de Paris puis de la cour administrative d’appel de Paris pour contester un refus ou une opposition, et juridiction judiciaire du tribunal judiciaire de Paris pour les amendes et le retour à l’usage d’habitation. Les pièces à préparer comprennent les preuves de l’usage du local sur la période de référence, le titre d’occupation, le règlement de copropriété, les projets de compensation le cas échéant, et le dossier d’urbanisme correspondant à la destination projetée. Les délais pratiques s’ajoutent aux délais de recours contentieux de deux mois contre les décisions administratives, ce qui impose d’anticiper plutôt que de régulariser après contrôle. Les règles de changement de destination entre grandes catégories d’occupation, notamment vers le commerce ou l’hébergement, obéissent à une logique voisine et sont exposées dans l’analyse consacrée au changement de destination des locaux à Paris.

II. Refus et sanctions : contester la décision parisienne et se défendre contre l’amende

A. Contester un refus d’autorisation ou une opposition à déclaration préalable à Paris

Le refus d’autorisation de changement d’usage et l’opposition à déclaration préalable de changement de destination sont des décisions administratives susceptibles de recours. La première démarche consiste à obtenir la décision écrite et sa motivation : un refus doit énoncer les considérations de droit et de fait qui le fondent, et c’est à partir de cette motivation que se construisent les moyens. Les moyens envisageables comprennent l’erreur sur l’usage du local, l’erreur de droit sur l’exigence ou le calcul de la compensation, l’erreur manifeste d’appréciation sur la compatibilité avec les objectifs de mixité sociale, et l’illégalité du règlement ou de la délibération appliquée. Un recours gracieux auprès de la maire de Paris peut être tenté, mais il ne suspend pas les délais : le recours contentieux devant le tribunal administratif de Paris doit être formé dans les deux mois de la notification de la décision, ou de la décision implicite de rejet née du silence gardé sur le recours gracieux.

La démonstration de l’usage du local constitue souvent le coeur du litige. Si la mairie soutient que le local est à usage d’habitation et refuse pour ce motif, le demandeur peut établir le contraire par tout mode de preuve : autorisations anciennes, actes notariés, attestations fiscales, constats. Symétriquement, lorsque la mairie affirme un usage commercial ou professionnel pour écarter la police des changements d’usage, elle doit le prouver. L’affaire jugée par la cour administrative d’appel de Paris le 14 février 2019 illustre un refus contesté jusqu’en appel : le maire de Paris avait refusé à un propriétaire l’autorisation de transformer un appartement de la rue de La Boétie, dans le 8e arrondissement, de local d’habitation en local à usage professionnel, et le tribunal administratif puis la cour ont rejeté la contestation (CAA Paris, 14 fév. 2019, n° 17PA03017). Cet exemple montre que le juge contrôle la légalité du refus sans substituer sa propre appréciation d’opportunité, et que le dossier de demande doit être complet dès l’origine.

En Île-de-France hors Paris, la procédure relève du maire de la commune concernée, avec application de la délibération locale ou intercommunale fixant les conditions et compensations. Les communes soumises au dispositif sont celles où la tension sur le logement justifie la police des changements d’usage, et les exigences de compensation y sont généralement moins lourdes qu’à Paris, sans être négligeables. Dans tous les cas, le demandeur doit déposer la demande d’autorisation de changement d’usage et, séparément, la déclaration préalable ou la demande de permis correspondant à la destination projetée, puis attendre les deux feux verts avant d’exploiter ou de réaliser les travaux. En pratique parisienne, le dépôt simultané des deux dossiers, avec un tableau de surfaces comparant l’état existant et l’état projeté, réduit les demandes de pièces complémentaires et sécurise la date à laquelle le délai d’instruction commence à courir. Exploiter sans autorisation expose aux sanctions judiciaires décrites ci-après, et sont nuls de plein droit tous accords ou conventions conclus en violation des interdictions, ce qui fragilise les baux et les mandats de gestion conclus pour une exploitation irrégulière.

Le contentieux de l’opposition à déclaration préalable obéit à la même logique de preuve et de motivation. Le juge vérifie que le local entre dans le champ de la protection, que le plan local d’urbanisme fonde réellement l’opposition, et que la décision n’est entachée ni d’erreur de droit ni d’erreur d’appréciation. La décision du Conseil d’État du 23 mai 2025 confirme que l’argument tiré de la protection de l’habitation et du déficit en logement social, adossé au plan local d’urbanisme parisien, résiste au contrôle de cassation lorsque les juges du fond l’ont retenu. À l’inverse, une opposition fondée sur une qualification erronée du titre existant ou sur une lecture inexacte du plan local d’urbanisme encourt l’annulation. D’où l’importance, avant tout recours, de faire relire le plan local d’urbanisme applicable à la parcelle, la délibération sur les changements d’usage et le règlement municipal, dans leurs versions en vigueur à la date de la décision attaquée.

B. Se défendre contre l’amende civile, le retour à l’habitation et l’astreinte

L’assignation devant le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond constitue le volet répressif et réparateur du dispositif. Toute personne qui enfreint les dispositions des articles L. 631-7 ou L. 631-7-1 A ou qui ne se conforme pas aux conditions ou obligations imposées en application des mêmes articles L. 631-7 et L. 631-7-1 A est condamnée à une amende civile dont le montant ne peut excéder 100 000 euros par local irrégulièrement transformé. L’action est introduite par la commune du lieu du local, l’autorité organisatrice de l’habitat, l’établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d’urbanisme ou l’Agence nationale de l’habitat, et le produit de l’amende est versé à la commune. À la sanction pécuniaire s’ajoute la remise en état : sur assignation de la commune ou de l’Agence nationale de l’habitat, le président du tribunal ordonne le retour à l’usage d’habitation du local transformé sans autorisation, dans un délai qu’il fixe. Passé ce délai, il prononce une astreinte d’un montant maximal de 1 000 euros par jour et par mètre carré utile du local irrégulièrement transformé, dont le produit revient également à la commune, et l’administration peut procéder d’office, aux frais du contrevenant, à l’expulsion des occupants et aux travaux nécessaires.

Face à une telle assignation, la défense s’organise autour de quatre axes. Le premier est la preuve de l’usage : c’est à la commune de démontrer que le local est à usage d’habitation et qu’un changement d’usage est intervenu sans autorisation. La cour d’appel de Paris vient d’en faire une application nette dans un litige opposant la Ville de Paris à une société civile immobilière : le tribunal judiciaire avait débouté la Ville, et la cour confirme, en retenant que l’attestation par laquelle la Ville atteste pour elle-même est insuffisante pour établir le changement de destination contesté, que les mentions d’actes notariés relatives à un usage actuel ne démontrent pas le changement d’usage au sens des textes, et que la décision de non-opposition à changement de destination prise par la Ville elle-même en 2020, revêtant un caractère définitif, fait obstacle à la thèse d’une transformation antérieure non autorisée. La cour ajoute que les locaux construits ou ayant fait l’objet de travaux postérieurs au 1er janvier 1970 sont réputés avoir l’usage autorisé, et condamne la Ville aux dépens ainsi qu’à 2 500 euros au titre des frais irrépétibles (CA Paris, pôle 1 ch. 2, 3 sept. 2026, n° 25/17893). Cet arrêt récent fournit aux propriétaires assignés une grille de lecture directement exploitable : exiger de la commune des preuves extérieures et précises de l’usage, vérifier la portée des actes notariés invoqués, et recenser les décisions administratives antérieures définitives qui fixent l’usage du local.

Le deuxième axe est la régularité de la poursuite : prescription de l’action, qualité du demandeur, compétence du tribunal du lieu du local, respect de la procédure accélérée au fond. Le troisième axe est la proportionnalité : le montant de l’amende, plafonné par local, est modulé par le juge selon la gravité, la durée, la reiteration et les revenus tirés de l’exploitation irrégulière ; la démonstration d’une cessation rapide, d’une demande de régularisation déposée et d’une bonne foi documentée pèse sur la modulation. Le quatrième axe est la régularisation : déposer sans attendre une demande d’autorisation de changement d’usage avec, le cas échéant, une proposition de compensation, et solliciter du juge des délais pour le retour à l’usage d’habitation lorsque la remise en état suppose le départ d’occupants ou des travaux. La régularisation n’efface pas l’infraction déjà constituée, mais elle éclaire le juge sur la sanction et sur l’astreinte.

Deux points pratiques parisiens méritent d’être soulignés. D’abord, les contrôles de la Ville de Paris s’appuient sur les déclarations d’enregistrement, les annonces en ligne et les visites d’agents assermentés ; les procès-verbaux de constat dressés à cette occasion font foi jusqu’à preuve contraire et doivent être analysés de près, notamment sur les dates et la caractérisation de l’occupation. Ensuite, l’assignation vise le propriétaire du local au jour des faits reprochés, y compris lorsque le bien a été acquis avec une situation irrégulière préexistante : l’acquéreur d’un appartement exploité sans autorisation peut se voir reprocher la poursuite de l’infraction, d’où l’importance de l’audit préalable à l’achat évoqué plus haut. En cas de condamnation au retour à l’usage d’habitation, l’exécution spontanée dans le délai fixé évite l’astreinte, dont le montant journalier par mètre carré peut rapidement dépasser l’amende elle-même.

En conclusion, l’exploitation d’un meublé de tourisme à Paris hors résidence principale occasionnelle suppose une autorisation de changement d’usage dont l’obtention, souvent subordonnée à une compensation localisée dans l’arrondissement, se prépare en amont avec les preuves d’usage et le dossier d’urbanisme correspondant. Le refus se conteste devant le tribunal administratif de Paris dans les deux mois, en ciblant la motivation, la qualification de l’usage et la lecture du plan local d’urbanisme. L’assignation en amende et en retour à l’habitation se défend devant le tribunal judiciaire en contestant la preuve de l’usage, la régularité de la poursuite et la proportionnalité, tout en engageant sans tarder la régularisation. La jurisprudence la plus récente confirme les deux faces du dispositif : protection effective de l’habitation parisienne d’un côté, exigence de preuves précises à la charge de la commune de l’autre. Anticiper l’autorisation reste, dans tous les cas, moins coûteux que de plaider l’irrégularité après contrôle.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».