Location meublée touristique — propriétaires, locataires et bailleurs

Avocat location Airbnb à Paris : changement d'usage, sous-location et amendes.

À Paris, la location meublée touristique répétée d'un local d'habitation est un changement d'usage soumis à autorisation, et la Ville poursuit activement. Le cabinet défend les propriétaires assignés, les bailleurs victimes de sous-location et les loueurs qui veulent se mettre en règle.

L'assignation de la Ville de Paris se joue sur la preuve : commercialité, nombre de nuits, résidence principale. Le dossier se construit avant l'audience, pas à la barre.

Maître Reda Kohen, avocat location Airbnb à Paris

Maître Reda Kohen

Avocat au Barreau de Paris — locations meublées touristiques et changement d'usage.

Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr

Page mise à jour le 11 juin 2026.

Le changement d'usage

Louer de manière répétée un meublé pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile constitue un changement d'usage soumis à autorisation préalable (article L. 631-7 du code de la construction et de l'habitation).

L'exception résidence principale

La résidence principale du loueur se loue sans autorisation dans la limite de 120 nuits par an — plafond que les communes peuvent abaisser jusqu'à 90 nuits depuis la loi du 19 novembre 2024.

La sous-location interdite

Le locataire qui sous-loue sur Airbnb sans accord écrit du bailleur risque la résiliation du bail et la restitution intégrale des sous-loyers perçus.

Réponse rapide

Trois contentieux distincts : le changement d'usage — la location meublée touristique répétée exige une autorisation, avec compensation à Paris, sous peine d'amende civile (articles L. 631-7 et L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation) ; la sous-location prohibée — résiliation du bail et restitution des sous-loyers au bailleur ; la copropriété — règlement, destination de l'immeuble et troubles de voisinage. La défense se joue sur la preuve : résidence principale, plafond de nuits, matérialité des locations, régularité du contrôle.

Comprendre votre situation

Airbnb à Paris : ce qui décide vraiment du dossier

Sept points pour se défendre face à la Ville, au bailleur ou à la copropriété — ou louer en règle.

Panneau 1 — Les règles

Changement d'usage, sous-location, copropriété

Quatre règles structurent le contentieux Airbnb à Paris.

1

Louer de manière répétée un local meublé pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile constitue un changement d'usage soumis à autorisation préalable (article L. 631-7 du CCH) : la Cour de cassation a validé ce régime au regard du droit européen (Cass. 3e civ., 18 février 2021, n° 17-26.156, publié au Bulletin et au Rapport).

2

La résidence principale du loueur échappe à l'autorisation dans la limite du plafond de nuits de l'article L. 631-7-1 A du CCH — 120 nuits par an, que les communes peuvent abaisser depuis la loi du 19 novembre 2024.

3

Le changement d'usage illicite expose à l'amende civile de l'article L. 651-2 du CCH, dans sa rédaction issue de la loi du 19 novembre 2024, et au retour forcé du local à l'habitation.

4

Le locataire qui sous-loue sans accord écrit s'expose à la résiliation du bail et à la restitution des sous-loyers : les fruits de la sous-location irrégulière reviennent au bailleur, le sous-loueur n'étant pas possesseur de bonne foi (Cass. 3e civ., 22 juin 2022, n° 21-18.612, au visa des articles 548 et 549 du code civil).

Les juridictions parisiennes appliquent ce régime avec rigueur : amende civile et retour à l'usage d'habitation du local irrégulièrement transformé (CA Paris, Pôle 1 ch. 8, 15 novembre 2024, n° RG 24/06242). La défense s'organise sur trois axes : régularité du contrôle et de la preuve de la Ville, démonstration de la résidence principale et du respect du plafond de nuits, contestation de la matérialité et du nombre des locations.

Panneau 2 — Vos pièces

Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle

La preuve de l'usage et des nuitées porte l'essentiel du dossier.

Propriétaire ou loueur

  • Assignation ou courrier de la Ville avec ses annexes
  • Relevés des plateformes : nuitées, revenus, annonces
  • Justificatifs de résidence principale : impôts, factures, attestations
  • Numéro d'enregistrement et autorisations éventuelles

Bailleur ou copropriété

  • Bail avec la clause d'interdiction de sous-location
  • Captures des annonces et commentaires de voyageurs
  • Constats de commissaire de justice
  • Règlement de copropriété et plaintes des occupants

Erreurs fréquentes : supprimer l'annonce en pensant effacer la preuve — les plateformes répondent aux réquisitions ; négliger le numéro d'enregistrement, infraction autonome.

Le cabinet traite aussi :

Mise en conformité et autorisationCompensation parisienneTroubles de voisinage en copropriétéRestitution des sous-loyers

Panneau 3 — La méthode

Comment le cabinet vous accompagne

Chaque rôle a sa stratégie — la preuve des nuitées est le nerf de tous les dossiers.

1

Premier échange et envoi du dossier

Assignation, annonces, relevés de plateformes, bail : première lecture juridique sous 24 à 48 heures.

2

Audit de l'exposition

Qualification du local, usage d'habitation, résidence principale, nombre de nuitées, autorisations : chiffrage du risque réel.

3

Stratégie

Défense contre la Ville, action en résiliation et restitution contre le sous-loueur, ou mise en conformité selon le client.

4

Procédure

Conclusions, contestation de la preuve adverse, plaidoirie ; négociation avec la Ville quand la régularisation est possible.

L'amende civile se module : bonne foi, durée, revenus tirés des locations, régularisation engagée — le dossier de personnalisation se prépare dès la première audience.

Panneau 4 — Le calendrier

La chronologie d'un contentieux avec la Ville

Du contrôle au jugement.

Contrôle

Agents assermentés de la Ville : visite, constat, réquisitions aux plateformes.

Mise en demeure

Courrier de la Ville : demande de régularisation ou de cessation de l'activité.

Assignation

Procédure accélérée au fond devant le tribunal judiciaire de Paris : amende civile et retour à l'habitation.

Préparation

Analyse de la preuve adverse, justificatifs de résidence principale, comptage des nuitées.

Audience

Contestation de la matérialité, moyens de défense, modulation de l'amende.

Jugement

Relaxe civile, amende modulée ou condamnation avec astreinte ; appel possible.

Panneau 5 — Les vérifications

Ce que le cabinet contrôle avant d'agir

Aucune défense ni action sans avoir validé ces points.

Usage d'habitation du local au sens de l'article L. 631-7 et sa preuve.

Résidence principale : huit mois d'occupation par an, justificatifs concordants.

Nombre de nuitées réelles : relevés de plateformes, réquisitions, commentaires datés.

Numéro d'enregistrement et déclarations en mairie.

Pour le bailleur : clause d'interdiction, preuve de la sous-location, quantum des sous-loyers.

En copropriété : destination de l'immeuble, clause d'habitation bourgeoise, troubles prouvés.

Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.

FAQ

Questions fréquentes

15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.

Peut-on louer son appartement sur Airbnb à Paris ?

Oui, sous trois conditions cumulatives. Première condition, déclarer le meublé de tourisme à la mairie et obtenir un numéro d'enregistrement, qui doit figurer sur toute annonce. Deuxième condition, respecter le plafond de 120 nuits par année civile lorsque le logement est la résidence principale du loueur, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. Troisième condition, obtenir une autorisation préalable de changement d'usage lorsque le logement n'est pas la résidence principale du loueur, faute de quoi l'opération expose à une amende civile pouvant atteindre 100 000 euros par local. La Cour de cassation a confirmé le 18 février 2021 la conformité de ce régime au droit européen, après l'arrêt CJUE Cali Apartments du 22 septembre 2020.

Quelles sont les règles de la Ville de Paris pour Airbnb ?

Le Conseil de Paris a délibéré, dès 2008 puis successivement en 2014 et 2018, pour soumettre à autorisation préalable tout changement d'usage des locaux à usage d'habitation, en application des articles L. 631-7 et L. 631-7-1 du code de la construction et de l'habitation. Le règlement municipal impose une compensation pour la grande majorité des opérations professionnelles : transformer un mètre carré d'habitation en meublé de tourisme oblige à transformer en parallèle un mètre carré de bureau, voire deux mètres carrés en zone de compensation renforcée. La Ville a aussi mis en place une procédure d'enregistrement avec numéro à six chiffres et un plafond de 120 nuits annuelles pour la résidence principale. Toute infraction est portée devant le président du tribunal judiciaire de Paris en procédure accélérée au fond, et peut donner lieu à une amende civile jusqu'à 100 000 euros par logement.

Le numéro d'enregistrement est-il obligatoire ?

Oui à Paris, dans toute commune ayant délibéré pour soumettre à enregistrement la déclaration préalable des meublés de tourisme. Le numéro doit figurer sur toute annonce, qu'elle soit publiée sur Airbnb, Booking, Vrbo, Abritel ou toute plate-forme équivalente. Le défaut de numéro expose le loueur à une amende civile pouvant atteindre 5 000 euros, en application de l'article L. 324-1-1 du code du tourisme. Le dépassement du plafond de 120 nuits par année civile, lorsque le logement est la résidence principale, expose à une amende civile pouvant atteindre 10 000 euros. Le numéro est délivré sans frais par la mairie sur simple téléservice, ce qui rend l'absence d'enregistrement sans excuse. Le loueur doit conserver les preuves de durée d'occupation effective : factures d'énergie, abonnements internet, déclarations fiscales.

Quel est le plafond de 120 nuits par an ?

Le plafond de 120 nuits par année civile s'applique à la résidence principale du loueur, c'est-à-dire au logement qu'il occupe au moins huit mois par an au sens de l'article 2 de la loi du 6 juillet 1989. La loi du 19 novembre 2024 permet aux communes d'abaisser ce plafond jusqu'à 90 nuits. Plusieurs exceptions s'appliquent : obligation professionnelle, raison de santé, cas de force majeure. Le loueur doit pouvoir prouver, dans l'année qui suit la mise en location, le nombre exact de nuits louées. La commune peut le lui demander jusqu'au 31 décembre de l'année suivante. Tout dépassement est qualifié de changement d'usage non autorisé et expose à l'amende de 100 000 euros par logement. La preuve incombe au loueur, qui doit produire les déclarations fiscales BIC, les factures, les abonnements et les attestations CAF.

Le bailleur peut-il interdire la sous-location Airbnb ?

Oui, et la loi le permet sans qu'aucune clause spécifique ne soit nécessaire. L'article 8 de la loi du 6 juillet 1989 interdit au locataire de sous-louer le logement sans l'accord écrit du bailleur, lequel doit également porter sur le prix. La même règle figure à l'article 1717 du code civil. Le locataire qui sous-loue sur Airbnb sans autorisation s'expose à la résiliation du bail et à la restitution intégrale des sous-loyers perçus, qualifiés de fruits civils par l'article 547 du code civil. La Cour de cassation a jugé le 22 juin 2022, dans un arrêt publié au Bulletin, que le loyer constitue un fruit civil de la propriété et que le preneur, auteur de la sous-location interdite, ne pouvait être un possesseur de bonne foi. Le bailleur récupère donc l'intégralité des sous-loyers Airbnb, sans déduction du loyer principal versé par le locataire.

Que risque le locataire qui sous-loue sur Airbnb ?

Quatre risques cumulatifs. Premier risque, la résiliation du bail principal. La Cour de cassation, dans son arrêt du 22 juin 2022, a précisé que la sous-location lucrative et répétée caractérise un manquement grave susceptible de justifier la résiliation, surtout en logement conventionné. Deuxième risque, la restitution intégrale des sous-loyers perçus, sans déduction du loyer principal. Troisième risque, l'expulsion du logement, après jugement de résiliation et signification du commandement de quitter les lieux. Quatrième risque, en logement social conventionné, l'éventuelle qualification pénale d'escroquerie au regard des aides au logement perçues. Le défaut de bonne foi du locataire est présumé, ce qui ferme la voie d'une éventuelle déduction des frais engagés. Pour la phase de résiliation, voir la page bail d'habitation.

Le syndic peut-il agir contre un Airbnb dans la copropriété ?

Oui, sur trois fondements alternatifs. Premier fondement, le respect du règlement de copropriété, lorsque celui-ci comporte une clause d'habitation bourgeoise interdisant toute activité commerciale. La location meublée touristique régulière, génératrice de service para-hôtelier, est qualifiée d'activité commerciale par la jurisprudence. Deuxième fondement, l'article 9 de la loi du 10 juillet 1965, qui interdit aux copropriétaires de porter atteinte à la destination de l'immeuble. Troisième fondement, la théorie des troubles anormaux de voisinage, lorsque l'activité Airbnb engendre nuisances sonores, va-et-vient incessants ou dégradations des parties communes. La voie procédurale principale est la saisine du président du tribunal judiciaire en référé sur le fondement de l'article 835 du code de procédure civile, pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Le syndic agit au nom du syndicat des copropriétaires, sur autorisation préalable de l'assemblée générale.

Le règlement de copropriété peut-il interdire Airbnb ?

Oui, soit explicitement, soit par interprétation d'une clause d'habitation bourgeoise. Lorsque le règlement comporte une clause d'habitation bourgeoise stricte interdisant toute activité commerciale, la jurisprudence retient que la location meublée touristique régulière, génératrice de prestations para-hôtelières, contrevient à cette clause. Lorsque la clause est mixte, autorisant les professions libérales, la solution dépend des nuisances effectivement causées : un Airbnb sans trouble manifeste peut échapper à l'interdiction. L'assemblée générale peut aussi voter, à la majorité de l'article 26 de la loi du 10 juillet 1965, une résolution interdisant explicitement la location meublée touristique. Cette résolution doit être votée à la double majorité de l'article 26 et respecter la procédure de convocation. Une résolution adoptée à la majorité simple, ou sans respecter le quorum, peut être annulée. Le délai pour contester est de deux mois à compter de la notification du procès-verbal.

Quelle amende encourt-on pour changement d'usage illicite ?

L'article L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction issue de la loi du 19 novembre 2024, prévoit une amende civile dont le montant ne peut excéder 100 000 euros par local irrégulièrement transformé. Le plafond a été doublé par cette loi, alors qu'il s'élevait à 50 000 euros sous l'empire des textes antérieurs. L'amende est prononcée par le président du tribunal judiciaire statuant en procédure accélérée au fond, sur assignation de la commune. Le produit est intégralement versé à la commune dans laquelle est situé le local. Le tribunal peut également ordonner le retour à l'usage d'habitation sous astreinte journalière jusqu'à 1 000 euros par mètre carré utile. La cour d'appel de Paris a déjà condamné des contrevenants à 50 000 euros d'amende dans un arrêt du 15 novembre 2024. La défense suppose un audit minutieux des fiches H2 et R, et une stratégie probatoire solide.

Comment prouver un usage occasionnel ?

Plusieurs sources de preuve sont admises par le juge. Première preuve, les déclarations fiscales BIC, qui établissent le montant des recettes annuelles et la fréquence des locations. Deuxième preuve, les attestations CAF mentionnant l'adresse de résidence principale du loueur. Troisième preuve, les factures d'énergie et les abonnements internet, qui démontrent la consommation effective du loueur dans le logement. Quatrième preuve, les déclarations Airbnb de durée d'occupation, qui peuvent être obtenues sur le tableau de bord du loueur. La commune peut, jusqu'au 31 décembre de l'année suivant celle de la mise en location, demander au loueur de transmettre le nombre de jours loués. Le défaut de réponse expose à une présomption de dépassement du plafond. Le loueur prudent conserve un journal de bord détaillé, avec les dates précises de chaque location et les attestations correspondantes. La preuve doit être circonstanciée, datée et exhaustive, faute de quoi le juge écarte la défense.

Les revenus Airbnb sont-ils soumis à déclaration fiscale ?

Oui, sans exception. Les revenus tirés d'une location meublée touristique sont imposables et doivent être déclarés en bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Le régime applicable dépend du montant des recettes annuelles. En deçà de 23 000 euros et hors location professionnelle, le loueur relève du loueur en meublé non professionnel (LMNP) et peut opter pour le régime micro-BIC avec un abattement forfaitaire de 50% pour les meublés non classés et de 71% pour les meublés classés et les chambres d'hôtes. Au-delà, le loueur peut basculer en régime du loueur en meublé professionnel (LMP), avec inscription au registre du commerce. La loi de finances pour 2024 a réduit les abattements fiscaux pour les meublés non classés. Le défaut de déclaration expose à un redressement fiscal et à des pénalités de 10% à 80% selon la gravité. Une déclaration omise depuis plusieurs années peut conduire à un redressement sur six exercices. Le cabinet coordonne la défense avec un expert-comptable lorsque la situation l'exige.

La compensation est-elle obligatoire pour Airbnb pro ?

Oui, à Paris, pour la quasi-totalité des opérations professionnelles. Le règlement municipal adopté par le Conseil de Paris en 2008 et modifié successivement en 2014 et 2018 impose une compensation lorsque le propriétaire souhaite obtenir une autorisation de changement d'usage pour louer en meublé de tourisme. La compensation consiste à transformer en parallèle des locaux ayant un autre usage en logements d'habitation. Dans les zones dites de compensation renforcée, la surface compensée doit être le double de la surface objet du changement d'usage, sauf si la compensation est apportée sous forme de logements sociaux. Une autre voie consiste à acheter des droits dits de commercialité auprès d'autres propriétaires souhaitant transformer du commercial en habitation. La Cour de cassation a confirmé le 18 février 2021 la proportionnalité de cette obligation de compensation au regard du droit européen.

Quel tribunal compétent pour les amendes Airbnb à Paris ?

Le président du tribunal judiciaire de Paris est exclusivement compétent pour les amendes civiles fondées sur les articles L. 631-7 et L. 651-2 du code de la construction et de l'habitation, en application du dernier alinéa de l'article L. 651-2. Le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel est situé le local irrégulièrement transformé. La procédure suit la voie accélérée au fond, qui permet d'obtenir une décision dans un délai relativement court. La représentation par avocat est obligatoire devant le tribunal judiciaire de Paris. Pour les contestations d'autorisation de changement d'usage refusée par la mairie, c'est le tribunal administratif de Paris qui est compétent. Pour les actions en cessation d'activité Airbnb dans la copropriété, le syndicat des copropriétaires saisit le président du tribunal judiciaire en référé. Pour les contentieux locatifs liés à la sous-location, c'est le juge des contentieux de la protection au tribunal judiciaire de Paris qui est compétent.

Le bailleur peut-il récupérer les loyers Airbnb du locataire ?

Oui, intégralement. La Cour de cassation a jugé le 22 juin 2022, dans un arrêt publié au Bulletin, que les sous-loyers Airbnb perçus par un locataire en violation d'une clause de bail interdisant la sous-location constituent des fruits civils qui appartiennent par accession au bailleur, en application des articles 547 et 548 du code civil. Le locataire, auteur d'une sous-location interdite, ne peut être un possesseur de bonne foi. La haute juridiction a censuré la cour d'appel qui avait déduit du montant des sous-loyers à restituer le montant des loyers payés au bailleur. Le bailleur récupère donc l'intégralité des sous-loyers Airbnb perçus, sans déduction du loyer principal. La preuve repose sur les captures d'annonces, les commentaires des voyageurs, les constats d'huissier et les sommations interpellatives. Le quantum est calculé à partir du nombre de nuits effectives et du tarif moyen pratiqué, ce qui justifie un constat précis sur plusieurs périodes.

Comment régulariser sa situation Airbnb à Paris ?

Quatre étapes successives. Première étape, vérifier si le logement est la résidence principale du loueur ou un autre logement. Pour la résidence principale, la déclaration en mairie et l'obtention du numéro d'enregistrement suffisent, à condition de respecter le plafond de 120 nuits par an. Deuxième étape, pour les autres logements, déposer une demande d'autorisation préalable de changement d'usage auprès de la mairie d'arrondissement, accompagnée d'une compensation conforme au règlement local. Troisième étape, vérifier la conformité au règlement de copropriété et obtenir, le cas échéant, l'accord de l'assemblée générale des copropriétaires. Quatrième étape, déclarer les revenus en BIC auprès de l'administration fiscale et tenir un journal de bord détaillé. La régularisation doit intervenir avant tout constat de l'agent assermenté de la Ville, faute de quoi l'amende civile peut être prononcée même en cas de régularisation postérieure. Le cabinet conseille en amont sur la stratégie de régularisation et accompagne le dépôt de la demande d'autorisation.

Références

Textes officiels et pages liées

Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.

Synthèse

Situation, preuve, délai, action

Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.

SituationPreuve décisiveDélaiAction utile
Assignation Ville de Paris en amende civileConstat d'agent assermenté, annonces, fiches H2/RProcédure accélérée au fondConclusions en défense, contestation usage 1970, plaidoirie devant le président
Sous-location Airbnb par le locataireConstat d'huissier, captures d'annonces, sommation interpellativeAussi vite que possibleMise en demeure puis assignation en résiliation et restitution des sous-loyers
Trouble Airbnb dans la copropriétéRèglement de copropriété, plaintes datées, constats de commissaireRéféré article 835 CPCSaisine en référé pour cessation sous astreinte journalière
Refus de la mairie d'accorder le changement d'usageDemande déposée, réponse motivée, règlement local2 mois pour le recoursRecours gracieux puis recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif
Annulation d'une résolution d'AG anti-AirbnbProcès-verbal d'AG, convocation, feuille de présence2 mois à compter de la notificationAssignation en annulation devant le tribunal judiciaire
Activité de para-hôtellerie qualifiée commercialeAnnonces, services para-hôteliers fournis, durée des séjoursProcédure au fondAction en cessation sur le fondement de la clause bourgeoise

Dossiers

Cas pratiques du cabinet

Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.

Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des situations traitées en matière de location Airbnb à Paris. Les chiffres correspondent à des dossiers réels mais ont été arrondis par souci de discrétion.

Propriétaire condamné à 36 000 euros : T2 75011

Propriétaire d'un T2 dans le 11e arrondissement loué en meublé touristique sans autorisation. Constat d'agent assermenté, plus de 80 nuitées sur l'année. Condamnation à 36 000 euros d'amende civile et retour à l'usage d'habitation sous astreinte de 100 euros par jour et par mètre carré.

Action : défense sur la qualification d'habitation 1970. Résultat : amende réduite par négociation.

Bail résilié, 8 400 euros restitués au bailleur

Locataire en bail nu sous-louant l'appartement sur Airbnb durant ses absences. Sommation interpellative et constat d'huissier. Assignation en résiliation et restitution des sous-loyers. Bail résilié, 8 400 euros de sous-loyers Airbnb restitués au bailleur sur 14 mois.

Action : article 8 loi 1989 et article 547 code civil. Résultat : récupération intégrale.

Annulation amende mairie : usage occasionnel sous 120 nuits

Propriétaire d'une résidence principale louée en meublé touristique pendant ses vacances. Calendrier réel de 95 nuits sur l'année, justifié par les factures d'énergie et les attestations CAF. Annulation de l'amende civile par le tribunal judiciaire de Paris.

Action : preuve du plafond 120 nuits. Résultat : décharge intégrale.

Une procédure Airbnb à Paris ? Réagissez aujourd'hui.

Assigné par la Ville, victime d'une sous-location ou loueur à régulariser : la preuve des nuitées et le statut du local décident du dossier. Envoyez l'assignation, les annonces et les relevés — réponse sous 24 à 48 heures.

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