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Le droit au silence du salarié dans l entretien préalable disciplinaire : la summa divisio constitutionnelle entre sanction publique et privée

Le droit au silence du salarie dans l entretien prealable disciplinaire : la summa divisio constitutionnelle entre sanction publique et privee

Le 13 mai 2026, la chambre sociale de la Cour de cassation a rejete le pourvoi forme contre un arret de la cour d appel de Versailles du 27 novembre 2024, closant ainsi un cycle contentieux qui avait mobilise, tour a tour, le juge judiciaire, le Conseil constitutionnel et les sources europeennes. Ce cycle avait ete ouvert par le renvoi, le 20 juin 2025, de deux questions prioritaires de constitutionnalite portant sur la conformite a l article 9 de la Declaration des droits de l homme et du citoyen des articles L. 1232 3 et L. 1332 2 du code du travail, en ce qu ils ne prevoient pas l obligation pour l employeur d informer le salarie de son droit de se taire durant l entretien prealable a une sanction disciplinaire ou a un licenciement pour motif personnel. Par sa decision du 19 septembre 2025, le Conseil constitutionnel a declare ces dispositions conformes a la Constitution. La chambre sociale en a tire les consequences le 13 mai 2026, en rejetant le pourvoi et en ecartant le grief tire de la violation des articles 6 de la Convention europeenne des droits de l homme et 48 de la Charte des droits fondamentaux de l Union europeenne. L arret merite une analyse approfondie car il consacre, en droit du travail, une summa divisio dont les implications depassent le seul contentieux disciplinaire.

Le droit de se taire et de ne pas contribuer a sa propre incrimination a connu, depuis l arret Funke c. France du 25 fevrier 1993 [[CEDH, 25 fevrier 1993, Funke c. France, n 10588/83, consacre par l arret Murray c. Royaume Uni du 8 fevrier 1996, n 18731/91, et recemment rappele par la CJUE, 2 fevrier 2021, C 481/19.]], une extension remarquable dans l ordre juridique francais. Consacre en procedure penale par la loi du 15 juin 2000, il a ete erige en principe constitutionnel par le Conseil constitutionnel dans sa decision du 18 juin 2010 [[Cons. const., 18 juin 2010, n 2010 10 QPC, cons. 3.]], avant d etre etendu a toute procedure de sanction ayant le caractere d une punition au sens de la Convention europeenne. Or, la question de son application aux procedures disciplinaires du droit du travail restait pendante, suscitant une incertitude que la decision du 13 mai 2026 a vocation a dissiper. L enjeu etait double : d une part, celui de l identification du fondement constitutionnel et conventionnel du droit de se taire ; d autre part, celui de la qualification juridique du pouvoir disciplinaire de l employeur. La Cour de cassation, en s appuyant sur la decision du Conseil constitutionnel et sur les sources europeennes, pose une distinction nette entre sanction administrative ou penale et sanction disciplinaire privee, et en tire toutes les consequences quant aux garanties procedurales applicables.

I. La summa divisio constitutionnelle entre le pouvoir de punir de l Etat et le pouvoir disciplinaire de l employeur

A. L ancrage du droit de se taire dans la matiere repressive et quasi repressive

Le droit de se taire puise sa source premiere dans l article 9 de la Declaration des droits de l homme et du citoyen du 26 aout 1789, qui dispose que tout homme est presume innocent jusqu a ce qu il ait ete declare coupable. Le Conseil constitutionnel, dans sa decision du 19 septembre 2025 [[Cons. const., 19 sept. 2025, n 2025 1160/1161/1162 QPC. Voir egalement Cons. const., 18 juin 2010, n 2010 10 QPC, cons. 3 ; Cons. const., 30 mars 2018, n 2018 696 QPC, cons. 7.]] sur les questions renvoyees par la chambre sociale, a rappele que le principe selon lequel nul n est tenu de s accuser, dont decoule le droit de se taire, ne s applique qu aux peines et aux sanctions ayant le caractere d une punition prises dans l exercice de prerogatives de puissance publique. Cette formulation, qui delimite strictement le perimetre du principe constitutionnel, constitue le pivot de la demonstration. Le Conseil en a deduit que le licenciement pour motif personnel et la sanction disciplinaire prononcee par l employeur ne constituant pas des sanctions administratives ou penales relevant de la puissance publique, les articles L. 1332 2 et L. 1232 3 du code du travail etaient conformes a la Constitution.

Cette position s inscrit dans une ligne jurisprudentielle constante du Conseil constitutionnel, qui a toujours distingue les sanctions prononcees par les autorites publiques de celles emanant de personnes privees. Par ailleurs, la Cour europeenne des droits de l homme a, des l arret Engel c. Pays Bas du 8 juin 1976 [[CEDH, 8 juin 1976, Engel c. Pays Bas, nos 5100/71 et suiv.]], pose les criteres de qualification d une accusation en matiere penale au sens de l article 6 de la Convention, criteres que la chambre sociale a expressement ecartes en l espece dans son arret du 13 mai 2026 en considerant que ni le licenciement pour motif personnel ni la sanction prise par l employeur dans le cadre d un contrat de travail ne constituent une sanction ayant le caractere d une punition. La chambre sociale rejoint ainsi la position de la chambre criminelle qui, dans un arret du 10 janvier 2023 [[Crim., 10 janv. 2023, n 22 80.245, publie au Bulletin. Voir aussi Crim., 14 fev. 2023, n 22 80.458.]], avait deja rappele que le droit de se taire ne trouvait pas a s appliquer dans les procedures disciplinaires internes aux entreprises, faute de relever de l exercice de la puissance publique.

En consequence, la construction jurisprudentielle repose sur une distinction fondamentale entre, d une part, le pouvoir de punir inherent a la souverainete de l Etat et a l exercice de prerogatives de puissance publique et, d autre part, le pouvoir disciplinaire de l employeur, qui releve de l exercice de son pouvoir de direction et d organisation. Cette distinction irrigue l ensemble du raisonnement de la chambre sociale, qui l a transposee du terrain constitutionnel au terrain conventionnel europeen, en ecartant successivement l application de l article 6, paragraphe 1, de la Convention europeenne et de l article 48 de la Charte des droits fondamentaux de l Union europeenne.

B. Le refus d extension du droit de se taire aux procedures disciplinaires privees

La chambre sociale, dans son arret du 13 mai 2026, a repris a son compte la motivation du Conseil constitutionnel pour ecarter l argumentation de la salariee qui soutenait que l absence d information sur le droit de se taire durant l entretien prealable constituait une violation des droits de la defense. Le raisonnement se decline en trois temps. Premierement, la Cour rappelle qu elle a, par arret du 20 juin 2025 [[Cass. soc., 20 juin 2025, n 25 11.250, publie au Bulletin. Les questions etaient ainsi redigees : premiere question, Les dispositions de l article L. 1332 2 du code du travail, en ce qu elles ne prevoient pas la notification aux salaries faisant l objet d une sanction disciplinaire, de leur droit de se taire durant leur entretien, portent elles atteinte aux droits garantis par l article 9 de la Declaration des droits de l homme et du citoyen du 26 aout 1789 ; seconde question, Les dispositions combinees des articles L. 1232 3 et L. 1332 2 du code du travail, en ce qu elles ne prevoient pas la notification aux salaries faisant l objet d une procedure de licenciement disciplinaire, de leur droit de se taire durant leur entretien prealable, portent elles atteinte aux droits garantis par l article 9 de la Declaration des droits de l homme et du citoyen du 26 aout 1789.]], renvoye au Conseil constitutionnel les deux QPC portant sur les mots et recueille les explications du salarie figurant aux articles L. 1232 3 et L. 1332 2 du code du travail. La Cour avait alors estime que les questions n etaient pas depourvues de caractere serieux, en ce qu il pourrait etre estime qu un salarie faisant l objet d une procedure de licenciement pour motif disciplinaire ne peut etre entendu sur les manquements qui lui sont reproches par l employeur sans etre prealablement informe du droit qu il a de se taire.

Deuxiemement, la Cour prend acte de la decision du Conseil constitutionnel du 19 septembre 2025 [[Cons. const., 19 sept. 2025, n 2025 1160/1161/1162 QPC. Le Conseil constitutionnel a juge que les mots et recueille les explications du salarie figurant a l article L. 1232 3 du code du travail et a l avant dernier alinea de l article L. 1332 2 du meme code sont conformes a la Constitution.]], qui a declare les dispositions contestees conformes a la Constitution, au motif que le droit de se taire s applique aux peines et aux sanctions ayant le caractere d une punition prises dans l exercice de prerogatives de puissance publique et que ni le licenciement pour motif personnel ni la sanction disciplinaire prononcee par l employeur ne sauraient etre assimiles a de telles sanctions. Troisiemement, la Cour opere un controle de conventionnalite en examinant successivement l article 6, paragraphe 1, de la Convention europeenne des droits de l homme et l article 48 de la Charte des droits fondamentaux de l Union europeenne, pour conclure que ces textes ne trouvent pas davantage a s appliquer a la procedure disciplinaire privee.

A cet egard, la Cour releve que la Cour europeenne des droits de l homme comme la Cour de justice de l Union europeenne reconnaissent, en matiere penale ou dans le contexte de procedures susceptibles d aboutir a l infliction de sanctions administratives revetant un caractere penal, le droit de se taire et celui de ne pas contribuer a sa propre incrimination [[CEDH, 25 fev. 1993, Funke c. France, n 10588/83, par. 44 ; CEDH, 8 fev. 1996, Murray c. Royaume Uni, n 18731/91, par. 45 ; CJUE, 2 fev. 2021, n C 481/19. La Cour europeenne a precise que le droit de se taire et le droit de ne pas contribuer a sa propre incrimination sont des normes internationales generalement reconnues qui relevent de la notion de proces equitable. Leur raison d etre tient notamment a la protection de l accuse contre une coercition abusive de la part des autorites.]]. Or, le licenciement pour motif personnel et la sanction disciplinaire prononces par l employeur ne constituent pas des sanctions revetant un caractere penal au sens de ces textes. Cette analyse est confortee par la jurisprudence de la Cour de cassation elle meme qui, dans un arret du 11 janvier 2024 [[CA Versailles, 11 janv. 2024, n 21/01860. La cour d appel de Versailles a juge que le respect des droits de la defense n impose pas que le salarie ait acces au dossier avant l entretien prealable et que l employeur n est pas tenu de communiquer au salarie, avant l entretien prealable, les elements de preuve qu il detient.]], avait deja juge que le respect des droits de la defense n impose pas que le salarie ait acces au dossier avant l entretien prealable. Des lors, le moyen tire de la violation des droits de la defense est declare sans portee.

II. La consolidation jurisprudentielle du clivage par la chambre sociale

A. La confirmation du dualisme des garanties procedurales

L arret du 13 mai 2026 ne se borne pas a entamer la decision du Conseil constitutionnel. Il opere une veritable consolidation du clivage entre les garanties procedurales applicables aux procedures publiques et celles applicables aux procedures privees. En rejetant le grief tire de la violation des droits de la defense, la chambre sociale rappelle implicitement que la procedure disciplinaire de droit du travail obeit a des regles propres, definies par les articles L. 1332 2 et L. 1232 3 du code du travail, lesquelles se bornent a imposer a l employeur de convoquer le salarie a un entretien prealable, de lui indiquer le motif de la sanction ou du licenciement envisage et de recueillir ses explications. Ces garanties, pour limitees qu elles soient au regard des standards de la procedure penale, n en sont pas moins effectives, ainsi que l a rappele la cour d appel de Dijon dans un arret du 17 juillet 2025 [[CA Dijon, 17 juill. 2025, n 23/00656. La cour d appel de Dijon a juge que lors de l entretien prealable a un eventuel licenciement, le salarie connaissait l existence de l enquete et a ete informe des faits reproches, sans que l employeur ait l obligation de lui communiquer les elements a l appui de son choix d initier une procedure pouvant aboutir a un licenciement, cet entretien n etant pas une procedure judiciaire ni conventionnelle.]]. La Cour de cassation elle meme, dans un arret du 5 fevrier 2025 [[Cass. soc., 5 fev. 2025, n 24 13.429, publie au Bulletin, relatif a la procedure disciplinaire applicable aux salaries des industries electriques et gazieres. La Cour a juge que les dispositions de la circulaire PERS 846 autorisent un salarie poursuivi disciplinairement a se faire assister lors de l entretien prealable par tout salarie appartenant a l une quelconque des autres entreprises relevant de la branche des IEG.]], avait eu l occasion de preciser les contours des garanties d assistance applicables dans les procedures disciplinaires conventionnelles.

Par ailleurs, la dualite des regimes de garanties procedurales est confortee par la distinction, classique en droit du travail, entre garantie de fond et garantie de forme. La cour d appel de Riom, dans un arret du 28 janvier 2025 [[CA Riom, 28 janv. 2025, n 22/00847. La cour d appel de Riom a rappele que les clauses conventionnelles ou reglementaires peuvent prevoir une meilleure information des salaries ou enrichir les regles de procedure particulieres apportant des garanties supplementaires aux salaries. L irregularite doit etre assimilee a la violation d une garantie de fond lorsque l irregularite a prive le salarie du droit d assurer sa defense ou est susceptible d avoir exerce une influence sur la decision finale de licenciement.]], a rappele que les irregularites affectant la procedure disciplinaire conventionnelle ne sont sanctionnees comme une violation d une garantie de fond que si elles ont prive le salarie du droit d assurer sa defense ou si elles sont susceptibles d avoir exerce une influence sur la decision finale de licenciement. Or, l absence d information sur le droit de se taire, en ce qu elle ne prive pas le salarie de la possibilite de s exprimer librement et de presenter ses observations, ne saurait etre assimilee a une violation d une garantie de fond. La cour d appel de Dijon, dans un arret du 10 juillet 2025 [[CA Dijon, 10 juill. 2025, n 23/00528. La cour d appel de Dijon a rappele qu il appartient au juge de mettre en balance les differents droits et interets en presence et d apprecier si une preuve obtenue ou produite de maniere illicite porte une atteinte au caractere equitable de la procedure dans son ensemble.]], avait d ailleurs rappele que le juge doit mettre en balance les differents droits et interets en presence pour apprecier le caractere equitable de la procedure.

En consequence, le droit positif applicable a la procedure disciplinaire de droit du travail se presente comme un edifice coherent, dans lequel les garanties procedurales sont calibrees sur la nature privee de la relation de travail, sans que les standards de la matiere penale ou quasi penale n y trouvent a s appliquer. La chambre sociale, en rejetant le pourvoi le 13 mai 2026, a donc non seulement tire les consequences de la decision du Conseil constitutionnel, mais egalement conforte une architecture jurisprudentielle dont la stabilite etait jusqu alors incertaine.

B. Les perspectives d articulation avec les droits de la defense et la loyaute probatoire

Si l arret du 13 mai 2026 exclut l application du droit de se taire a la procedure disciplinaire de droit du travail, il ne signifie pas pour autant que le salarie est depourvu de toute protection a l occasion de l entretien prealable. La Cour de cassation a, dans des arrets recents, considerablement renforce les exigences de loyaute probatoire et les garanties des droits de la defense dans le contentieux disciplinaire. Dans un arret du 1er avril 2026 [[Cass. soc., 1er avr. 2026, n 24 20.863 F D. La Cour a juge qu ayant pris en compte la position de directeur financier du salarie et son devoir d exemplarite ainsi que le caractere sarcastique et trop relache des propos qu il avait tenus a l egard du nouveau directeur general, a l occasion de la reunion d un comite de direction, la cour d appel a pu en deduire que le salarie n avait pas abuse de sa liberte d expression et que son licenciement etait nul.]], la chambre sociale avait eu l occasion de preciser les limites de la liberte d expression du cadre dirigeant a l occasion d une procedure disciplinaire. Dans un autre arret du meme jour [[Cass. soc., 1er avr. 2026, n 24 19.193 F D. La Cour a juge que la production en justice par le salarie de documents obtenus en penetrant dans le systeme informatique de la societe durant sa mise a pied conservatoire constituait une preuve deloyale et illicite, mais que l obtention de ces documents litigieux etait strictement necessaire a l exercice des droits de la defense du salarie, de sorte que les pieces etaient recevables.]], elle a precise les conditions dans lesquelles un salarie peut produire en justice des documents obtenus de maniere deloyale, en operant une mise en balance entre le droit a la preuve et le principe de loyaute. Cette jurisprudence temoigne de ce que les droits de la defense en matiere disciplinaire, sans atteindre les standards de la procedure penale, ne sont pas inexistants.

Par ailleurs, la chambre sociale avait, dans un arret du 1er avril 2026 [[Cass. soc., 1er avr. 2026, n 24 21.452 F D. La Cour a juge que la production en justice de documents couverts par le secret medical ne peut etre justifiee que lorsqu elle est indispensable a l exercice des droits de la defense et proportionnee au but poursuivi.]] relatif a la production en justice de documents couverts par le secret medical, rappele que la protection des droits de la defense justifie des atteintes proportionnees a d autres droits fondamentaux. Ainsi, le salarie qui entend contester la regularite de la procedure disciplinaire ou le bien fonde de la sanction prononcee dispose de voies de droit effectives pour faire valoir ses griefs devant le conseil de prud hommes, dans le cadre d un proces equitable au sens de l article 6, paragraphe 1, de la Convention europeenne des droits de l homme, qui s applique pleinement a la phase juridictionnelle du contentieux.

En definitive, l arret du 13 mai 2026, combine a la decision du Conseil constitutionnel du 19 septembre 2025 et a la jurisprudence europeenne, consacre un clivage entre, d une part, la phase disciplinaire interne a l entreprise, qui releve du pouvoir de direction de l employeur et n est pas soumise aux garanties de la matiere penale ou quasi penale, et, d autre part, la phase juridictionnelle, qui releve du proces equitable et des garanties de l article 6 de la Convention europeenne des droits de l homme. Ce clivage, dont la coherence theorique est renforcee par la motivation de la chambre sociale, n en laisse pas moins subsister une zone d incertitude quant aux contours exacts des droits de la defense durant l entretien prealable, qui meritera sans doute d etre exploree par la doctrine et la jurisprudence a venir.

Sur ces questions, un cabinet Kohen Avocats, avocat en droit du travail à Paris peut vérifier les délais applicables et préparer le dossier prud’homal.

Conclusion

Le cycle contentieux ouvert par le renvoi des QPC du 20 juin 2025 et clos par l arret de la chambre sociale du 13 mai 2026 a permis de clarifier le perimetre du droit de se taire en droit du travail. La solution est desormais acquise : l employeur n a pas l obligation d informer le salarie de son droit de se taire durant l entretien prealable a une sanction disciplinaire ou a un licenciement pour motif personnel. Le fondement de cette solution reside dans la distinction entre le pouvoir de punir de l Etat, qui engage les garanties constitutionnelles et conventionnelles de la matiere penale, et le pouvoir disciplinaire de l employeur, qui releve de l exercice du pouvoir de direction et d organisation dans le cadre d un contrat de droit prive. Le Conseil constitutionnel, par sa decision du 19 septembre 2025, et la Cour de cassation, par son arret du 13 mai 2026, ont ainsi consolide une summa divisio entre sanction publique et sanction privee, dont les consequences doctrinales et pratiques continueront de se deployer dans les annees a venir. L equilibre ainsi trouve entre la protection des droits de la defense, la liberte d entreprendre et la securite juridique des procedures disciplinaires apparait comme une contribution significative a la theorie generale des garanties procedurales en droit du travail, dont il appartiendra aux juridictions du fond et a la doctrine d affiner les contours.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».