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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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Offre d’achat net vendeur ou FAI : frais d’agence, compromis et recours en 2026

Depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 7 mai 2026 sur la commission de l’agent immobilier, une question très concrète mérite d’être isolée : que vaut une offre d’achat lorsque le prix est formulé « net vendeur », « FAI » ou « frais d’agence inclus » sans que la charge des honoraires soit claire ?

Le sujet paraît technique. Il est pourtant fréquent dans les ventes d’appartement à Paris et en Île-de-France. Un acquéreur écrit « j’offre 500 000 euros net vendeur » alors que l’annonce affichait 520 000 euros frais d’agence inclus. Le vendeur croit que la commission sera ajoutée. L’agence considère que l’acheteur tente de sortir ses honoraires de la négociation. Le notaire reçoit ensuite un compromis avec une ventilation différente de l’offre initiale.

Les recherches Google Ads relevées pendant ce run confirment l’intention : « net vendeur » atteint 1000 recherches mensuelles moyennes en France, « prix net vendeur » 720, « prix FAI » 390, « honoraires charge vendeur » 390, « frais d’agence inclus » 170 et « frais d’agence inclus dans le prix de vente » 170. Le besoin n’est donc pas seulement de définir un sigle. Il faut savoir comment rédiger l’offre, quoi vérifier dans le compromis et comment réagir si une agence réclame sa commission.

Offre d’achat net vendeur ou FAI : pourquoi la formule change le dossier

Le prix net vendeur correspond à la somme que le vendeur reçoit hors honoraires d’agence. Le prix FAI, ou frais d’agence inclus, correspond au prix affiché honoraires compris. Entre les deux, il peut y avoir plusieurs milliers d’euros d’écart.

Une offre d’achat doit donc dire clairement si elle porte sur le prix net vendeur ou sur le prix total honoraires inclus. Une phrase comme « je propose 500 000 euros pour le bien » est souvent trop courte lorsque l’annonce mentionne une commission. Elle ne permet pas toujours de savoir si l’acquéreur entend payer 500 000 euros en tout, ou 500 000 euros au vendeur plus les honoraires prévus au mandat.

Cette ambiguïté peut bloquer la signature du compromis. Le vendeur peut soutenir qu’il a accepté un prix net vendeur. L’acquéreur peut répondre qu’il a offert un prix global. L’agence peut, de son côté, rappeler que son mandat prévoit des honoraires à la charge de l’acquéreur ou du vendeur et qu’elle a provoqué la mise en relation.

Ce que l’arrêt du 7 mai 2026 ajoute au risque

La décision du 7 mai 2026, rendue par la troisième chambre civile de la Cour de cassation et publiée au Bulletin, concerne une vente conclue après l’intervention d’une agence. La Cour rappelle qu’un acquéreur, même tiers au mandat de vente, peut engager sa responsabilité délictuelle s’il participe à un comportement fautif qui prive l’agent immobilier de sa rémunération.

L’arrêt ne signifie pas que toute offre directe après une visite crée automatiquement une dette envers l’agence. Il faut une faute, des preuves et un lien avec la perte de rémunération. Mais il rend plus dangereux le réflexe consistant à écrire une offre floue, puis à tenter de réorganiser le prix pour neutraliser la commission après avoir visité par l’agence.

Dans un dossier contentieux, la formule employée dans l’offre devient une pièce. Elle peut montrer que l’acquéreur savait que l’agence intervenait, que les honoraires existaient, que le prix annoncé était honoraires inclus, ou au contraire que les parties ont volontairement clarifié la répartition avant de signer.

Honoraires charge vendeur ou charge acquéreur : ce que le compromis doit reprendre

La mention « honoraires charge vendeur » signifie que la dette d’honoraires pèse juridiquement sur le vendeur, même si économiquement le prix global payé par l’acquéreur finance l’opération. La mention « honoraires charge acquéreur » signifie que le prix net vendeur et les honoraires doivent être distingués.

Le compromis doit être cohérent avec l’annonce, le mandat et l’offre. Il doit identifier l’agence, le montant TTC des honoraires, le débiteur des honoraires et la ventilation du prix. Si l’offre mentionne un prix FAI et que le compromis fait apparaître un prix net vendeur plus des honoraires en supplément, l’acquéreur doit demander une correction avant signature.

Service-public rappelle que, le jour de la signature de l’acte de vente d’un logement existant, l’acheteur paie le prix de vente et les frais de notaire. Cette règle ne suffit pas à régler la commission d’agence : la rémunération de l’intermédiaire dépend du mandat et des documents contractuels. C’est précisément pourquoi l’offre et le compromis doivent parler le même langage.

Les erreurs fréquentes dans une offre d’achat

Première erreur : écrire « prix net vendeur » alors que l’acquéreur veut en réalité plafonner son coût total. Dans ce cas, il risque de découvrir que les honoraires s’ajoutent au prix offert.

Deuxième erreur : écrire « frais d’agence inclus » sans indiquer qui les supporte. La formule FAI indique que les honoraires sont dans le prix affiché, mais elle ne suffit pas toujours à déterminer leur débiteur juridique.

Troisième erreur : modifier la ventilation après acceptation. Une offre acceptée peut créer une difficulté si les parties tentent ensuite de basculer les honoraires de la charge vendeur vers la charge acquéreur, ou inversement, sans accord clair de toutes les parties concernées.

Quatrième erreur : signer une offre directe après une visite d’agence sans traiter le mandat. Si l’agence a présenté le bien, organisé la visite, transmis des informations décisives ou recueilli l’offre, la vente directe peut devenir risquée lorsque les parties cherchent ensuite à l’écarter.

Comment rédiger une offre d’achat plus sûre

Une offre d’achat immobilière devrait contenir une formule simple : prix net vendeur, montant des honoraires, prix total, personne qui supporte les honoraires et référence à l’annonce ou au mandat connu. Par exemple : « Offre au prix total de 520 000 euros FAI, comprenant 500 000 euros net vendeur et 20 000 euros TTC d’honoraires d’agence à la charge de l’acquéreur, sous réserve de vérification du mandat et du compromis. »

Si l’acquéreur veut raisonner uniquement en coût total, il doit l’écrire : « Mon offre porte sur un coût total de 520 000 euros, honoraires d’agence inclus, hors frais d’acquisition notariés. » Cette formulation évite qu’un vendeur soutienne ensuite que l’offre était net vendeur.

Si le vendeur veut préserver son prix net, il doit répondre en distinguant les montants : « Acceptation sous réserve d’un prix net vendeur de 500 000 euros, les honoraires d’agence étant traités conformément au mandat. » Cette réponse ferme la porte à une confusion sur ce qui revient au vendeur.

Que faire si l’offre et le compromis ne correspondent pas ?

Il ne faut pas signer en se disant que le notaire corrigera plus tard. Le compromis fixe la structure économique et juridique de la vente. Une incohérence sur les honoraires peut ensuite produire un conflit sur le prix, la commission, le séquestre, la clause pénale ou la réitération de l’acte authentique.

L’acquéreur doit demander le projet de mandat ou, à tout le moins, la confirmation écrite du montant et du débiteur des honoraires. Il doit comparer l’annonce, l’offre acceptée et le compromis. Si le prix total augmente ou si les honoraires apparaissent comme un supplément non accepté, il faut demander une modification écrite avant signature.

Le vendeur doit vérifier que le compromis ne diminue pas son prix net sans son accord. Il doit aussi éviter les échanges informels laissant penser qu’il accepte de traiter directement avec l’acquéreur pour contourner l’agence.

L’agence, enfin, doit sécuriser son dossier : mandat écrit, barème, annonce conforme, preuve de la présentation de l’acquéreur, échanges sur l’offre, et clause d’honoraires reprise dans l’avant-contrat.

Paris et Île-de-France : les points à contrôler avant signature

À Paris et en Île-de-France, les montants rendent l’erreur plus sensible. Sur un appartement familial, une commission de 3 % à 5 % peut représenter 20 000 à 50 000 euros. Une phrase ambiguë dans une offre peut donc suffire à créer une pression avant compromis ou avant acte authentique.

Le contrôle utile tient en six pièces : l’annonce, le mandat, les échanges avec l’agence, l’offre d’achat, le projet de compromis et le plan de financement. Si le financement bancaire est calculé sur un prix FAI alors que le compromis distingue un prix net vendeur et des honoraires, il faut aussi vérifier l’incidence sur l’apport, les frais d’acquisition et le montant réellement débloqué.

Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France pour relire les offres, compromis et clauses d’honoraires avant signature, ou pour répondre à une mise en demeure d’agence après une vente contestée.

Recours si l’agence réclame des honoraires après l’offre

La première réponse consiste à demander les pièces : mandat, date de visite, preuve de présentation, annonce, offre, échanges, montant réclamé et fondement juridique. Une réclamation générale ne suffit pas.

La deuxième étape consiste à comparer la chronologie. L’acquéreur connaissait-il déjà le bien ? L’agence a-t-elle joué un rôle causal ? L’offre a-t-elle été adressée par son intermédiaire ? La vente a-t-elle été réorganisée rapidement après une visite ? Les parties ont-elles modifié le prix pour faire disparaître les honoraires ?

La troisième étape consiste à choisir une stratégie. Si le mandat est fragile, si la ventilation a toujours été claire ou si l’agence n’a pas causé la vente, une contestation argumentée peut être justifiée. Si les pièces révèlent un contournement, une négociation encadrée peut éviter une procédure coûteuse.

À retenir

Une offre d’achat « net vendeur » n’a pas le même effet qu’une offre « FAI ». La différence doit être écrite avant le compromis.

L’arrêt du 7 mai 2026 renforce l’attention à porter aux dossiers dans lesquels l’acquéreur a visité avec une agence puis cherche à traiter directement.

Le compromis doit reprendre une ventilation cohérente : prix net vendeur, honoraires, débiteur des honoraires, agence concernée et prix total.

Pour compléter, vous pouvez consulter l’article déjà publié sur la commission de l’agent immobilier après vente directe et la page du cabinet dédiée au droit immobilier à Paris.

Sources utiles : Cour de cassation, 3e chambre civile, 7 mai 2026, n° 24-10.637, article 6 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, article 73 du décret n° 72-678 du 20 juillet 1972, Service-public, acte de vente d’un logement existant.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».