Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Pré-état daté facturé par le syndic : obligatoire, prix et recours lors d’une vente en copropriété

Vous vendez un appartement en copropriété et le syndic réclame des frais pour un « pré-état daté ». Ou vous achetez un lot et le dossier transmis avant le compromis ne contient pas les bons documents : fiche synthétique, règlement de copropriété, procès-verbaux d’assemblée générale, charges, fonds travaux, impayés, plan pluriannuel de travaux.

La difficulté vient d’une confusion très fréquente. Le pré-état daté n’est pas l’état daté. Le premier correspond, en pratique, aux informations que le vendeur doit remettre à l’acquéreur avant la promesse de vente. Le second est un document établi par le syndic pour le notaire avant l’acte authentique.

Cette différence change tout : le prix, la personne qui peut établir le document, le moment où il doit être produit et les recours possibles si la vente prend du retard.

Pré-état daté et état daté : la différence à connaître

L’état daté est un document obligatoire lors de la vente d’un lot de copropriété. Il précise la situation financière du lot vendu : sommes dues par le vendeur au syndicat des copropriétaires, sommes éventuellement dues par le syndicat au vendeur, provisions non encore exigibles et informations financières utiles pour l’acquéreur.

Le Service Public rappelle que l’état daté doit être demandé au syndic par le notaire chargé de la vente ou par le vendeur. Seul le syndic peut l’établir. Son coût est plafonné à 380 euros toutes taxes comprises.

Le pré-état daté est différent. Ce terme n’est pas, à proprement parler, le nom d’un document autonome créé par un texte. Il désigne l’ensemble des documents et informations de copropriété à communiquer à l’acquéreur au plus tard à la signature de la promesse de vente.

Autrement dit, le vendeur doit fournir des informations. Mais il n’est pas toujours obligé de payer au syndic un document intitulé « pré-état daté » si les informations peuvent être réunies autrement, notamment depuis l’extranet de la copropriété, les appels de fonds, les procès-verbaux et les documents déjà disponibles.

Quels documents doivent être remis avant le compromis ?

L’article L. 721-2 du Code de la construction et de l’habitation impose la remise d’un ensemble d’informations lorsque la vente porte sur un lot ou une fraction de lot dans un immeuble soumis au statut de la copropriété.

En pratique, avant ou au plus tard lors de la promesse de vente, l’acquéreur doit recevoir notamment :

  • la fiche synthétique de la copropriété ;
  • le règlement de copropriété et l’état descriptif de division, avec leurs modificatifs publiés ;
  • les procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années, lorsque le vendeur a pu les obtenir ;
  • le montant des charges courantes et des charges hors budget prévisionnel payées par le vendeur sur les deux derniers exercices ;
  • les sommes susceptibles d’être dues par l’acquéreur au syndicat des copropriétaires ;
  • l’état global des impayés de charges et de la dette fournisseurs ;
  • le montant de la part du fonds de travaux attachée au lot vendu ;
  • le carnet d’entretien de l’immeuble ;
  • la notice d’information sur les droits et obligations des copropriétaires ;
  • le diagnostic technique global, s’il existe ;
  • le plan pluriannuel de travaux adopté ou, à défaut, le projet de plan s’il a été élaboré.

Ces documents ne sont pas de simples formalités. Ils permettent à l’acquéreur de comprendre ce qu’il achète : niveau des charges, travaux votés, tensions financières de la copropriété, procédures en cours, fonds travaux disponible, organisation de l’immeuble.

Un appartement peut paraître attractif au prix affiché et devenir beaucoup moins intéressant après lecture des procès-verbaux ou de l’état des impayés. Une toiture à refaire, un ravalement voté, une procédure contre un entrepreneur, un ascenseur à remplacer ou des charges impayées importantes peuvent modifier l’économie de l’achat.

Le syndic peut-il facturer le pré-état daté ?

Le point sensible est là.

Le syndic peut facturer l’état daté, car ce document relève de son intervention propre avant l’acte authentique. Le tarif est plafonné.

Pour le pré-état daté, la situation est plus discutée. Le vendeur doit transmettre des informations à l’acquéreur, mais ces informations peuvent souvent être extraites de documents déjà disponibles. Le syndic n’a pas le monopole de l’établissement d’un pré-état daté comme il a le monopole de l’état daté.

Concrètement, si le syndic facture plusieurs centaines d’euros pour un pré-état daté, le vendeur doit vérifier trois choses :

  • le contrat de syndic prévoit-il expressément cette prestation ?
  • le document demandé correspond-il réellement à un travail spécifique ou à une simple extraction de documents déjà disponibles ?
  • le vendeur peut-il réunir lui-même les informations exigées par l’article L. 721-2 du Code de la construction et de l’habitation ?

Le sujet revient régulièrement dans le débat public parce que certains vendeurs découvrent une double facturation : pré-état daté avant le compromis, puis état daté avant l’acte authentique. La question n’est pas seulement comptable. Lorsque le vendeur refuse de payer, la vente peut être retardée. Lorsque l’acquéreur ne reçoit pas les documents, son délai de rétractation peut être discuté.

Que faire si le syndic bloque ou tarde à transmettre les documents ?

La première étape consiste à distinguer les documents que le vendeur possède déjà de ceux qui nécessitent réellement l’intervention du syndic.

Le vendeur peut souvent récupérer lui-même :

  • le règlement de copropriété ;
  • l’état descriptif de division ;
  • les derniers procès-verbaux d’assemblée générale ;
  • les appels de fonds ;
  • les relevés de charges ;
  • certaines informations disponibles dans l’extranet ;
  • le carnet d’entretien ;
  • la fiche synthétique, lorsqu’elle est mise à disposition.

Si le syndic ne fournit pas un document indispensable, il faut formaliser la demande par écrit. Un simple appel téléphonique ne suffit pas. Le courrier ou le courriel doit identifier le lot vendu, rappeler l’urgence liée à la promesse ou à l’acte authentique, lister les documents manquants et demander un délai précis de transmission.

Si le blocage persiste, le vendeur peut demander au notaire d’intervenir. Le notaire a un rôle central dans la sécurisation de la vente. Pour l’état daté, il peut demander directement le document au syndic avant l’acte authentique.

Lorsque le syndic facture une somme contestée, il faut éviter de bloquer seul la vente si le calendrier est serré. Il peut être plus prudent de payer sous réserve, de conserver la facture, de contester ensuite le fondement et de demander remboursement si la facturation n’était pas justifiée. Tout dépend du montant, du calendrier, de la position du notaire et du risque de perdre l’acquéreur.

L’acquéreur peut-il se rétracter si les documents sont incomplets ?

L’acquéreur d’un logement bénéficie d’un délai de rétractation. En copropriété, la remise des documents prévus par l’article L. 721-2 du Code de la construction et de l’habitation participe à son information.

Si les documents n’ont pas été remis correctement, l’acquéreur peut soutenir qu’il n’a pas été valablement informé. Le point devient sensible lorsque des informations importantes apparaissent après la signature : gros travaux, impayés, dette fournisseurs, procédure en cours, plan pluriannuel de travaux, charges plus élevées que prévu.

Il ne faut toutefois pas confondre document manquant et regret d’achat. Un acquéreur ne peut pas transformer n’importe quelle omission mineure en annulation automatique. Il faut analyser :

  • le document absent ;
  • son importance pour la décision d’achat ;
  • la date à laquelle il a finalement été remis ;
  • ce que l’acquéreur savait déjà ;
  • les clauses du compromis ;
  • le rôle du vendeur, du notaire, de l’agence et du syndic.

Plus le document manquant révèle un risque financier sérieux, plus l’argument devient exploitable. À l’inverse, si l’information était déjà connue ou sans incidence réelle, la contestation sera plus fragile.

État daté : que contient le document transmis au notaire ?

L’article 5 du décret du 17 mars 1967 prévoit que l’état daté comporte trois parties.

La première indique les sommes pouvant rester dues au syndicat par le copropriétaire vendeur : provisions exigibles, charges impayées, avances, sommes dues au titre de certains mécanismes propres à la copropriété.

La deuxième indique les sommes dont le syndicat pourrait être débiteur envers le vendeur, par exemple certaines avances.

La troisième indique les sommes qui devraient incomber au nouveau copropriétaire, notamment les provisions non encore exigibles du budget prévisionnel ou des dépenses hors budget.

L’état daté peut également mentionner les procédures en cours dans lesquelles le syndicat des copropriétaires est partie. C’est un point à lire attentivement. Une procédure contre un constructeur, un voisin, un copropriétaire débiteur ou un ancien syndic peut annoncer un coût, un risque ou une incertitude.

Exemple pratique : le pré-état daté facturé 420 euros

Un vendeur signe un mandat de vente pour un appartement en copropriété à Paris. L’agence lui demande le « pré-état daté ». Le syndic annonce une facture de 420 euros, puis précise qu’un état daté sera aussi facturé avant l’acte authentique.

Le vendeur ne doit pas répondre seulement par principe. Il doit d’abord vérifier le contenu de la demande.

Si le syndic produit un simple dossier composé de documents déjà disponibles sur l’extranet, la facturation peut être contestée. Si le syndic accomplit un travail spécifique de compilation financière et que le contrat le prévoit, la discussion sera plus nuancée.

Le vendeur doit ensuite regarder le calendrier. Si le compromis est prévu dans quarante-huit heures, il peut être risqué de bloquer la signature sans solution alternative. S’il dispose encore de temps, il peut réunir lui-même les documents et demander au notaire si le dossier est suffisant pour faire courir le délai de rétractation.

Enfin, il faut garder une trace. La facture, les échanges avec le syndic, le contrat de syndic, les documents transmis et les observations du notaire seront utiles si une contestation doit être engagée.

Paris et Île-de-France : attention aux ventes rapides

À Paris et en Île-de-France, les ventes d’appartements en copropriété se signent souvent dans des délais courts. Le problème vient du rythme : offre acceptée, compromis à préparer, financement à obtenir, diagnostics à réunir, documents de copropriété à transmettre.

Le vendeur doit anticiper avant même l’offre d’achat. Il doit télécharger les documents disponibles, demander au syndic les pièces manquantes et vérifier les dernières assemblées générales. Si un ravalement, une rénovation énergétique, un plan pluriannuel de travaux ou une procédure apparaît dans les procès-verbaux, il faut l’identifier avant la négociation finale.

Pour l’acquéreur, la vigilance est différente. Il ne suffit pas de regarder le prix, la surface et le DPE. Il faut lire les charges, les travaux, les impayés et les procédures. Un prix de vente légèrement inférieur au marché peut cacher une copropriété coûteuse ou fragilisée.

Les bons réflexes avant de signer

Avant le compromis, le vendeur doit préparer un dossier complet et daté. Il doit éviter les transmissions partielles par messages dispersés. Un dossier unique, envoyé au notaire et à l’acquéreur, limite les contestations.

L’acquéreur doit demander les pièces manquantes avant de signer ou, à tout le moins, avant l’expiration de son délai de rétractation. Il doit lire les procès-verbaux, vérifier les travaux votés, les appels de fonds et le fonds travaux.

Le syndic doit être sollicité par écrit lorsque son intervention est nécessaire. Si une facture paraît abusive, elle doit être contestée précisément : nature de la prestation, base contractuelle, montant, distinction entre pré-état daté et état daté.

Le notaire doit être informé immédiatement en cas de document manquant ou de désaccord sur les frais. C’est lui qui pourra dire si la signature peut être sécurisée, reportée ou conditionnée à une production complémentaire.

Pour replacer ce litige dans une stratégie plus large de vente, de compromis, de copropriété ou de contentieux post-signature, consultez aussi notre page dédiée à l’avocat en droit immobilier à Paris.

Sources utiles

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous vendez ou achetez un appartement en copropriété et un document manque, une facture de syndic bloque la vente, ou les charges révélées avant signature changent l’équilibre de l’achat.

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact du cabinet.

Le cabinet intervient notamment à Paris et en Île-de-France pour les ventes en copropriété, les litiges avec syndic, les compromis de vente et les recours après découverte tardive d’informations financières.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse : 80 € TTC
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».