Le pacte de préférence stipulé dans un pacte d’associés ou inséré directement dans les statuts engage le cédant à proposer ses titres au bénéficiaire avant tout tiers. Sa violation soulève une question décisive : le bénéficiaire évincé peut-il prendre la place de l’acquéreur ou doit-il se contenter de dommages-intérêts ? L’arrêt fondateur de chambre mixte du 26 mai 2006 et les apports récents de la chambre commerciale en 2024 dessinent un régime précis, exigeant et largement méconnu des cédants. Le cabinet expose cette mécanique et ses voies d’action.
Comment ça se passe.
Le cadre légal du pacte de préférence.
Connaissance du pacte par le tiers, connaissance de l’intention du bénéficiaire de s’en prévaloir : c’est ce double seuil de l’arrêt de chambre mixte du 26 mai 2006 qui sépare l’éviction de l’indemnisation.
Violation, sanctions, mise en œuvre.
04Le repentir du cédant avant exercice du droit : pas de fraude présumée.+
Une décision récente du 18 décembre 2024 illustre les limites de la fraude au pacte de préférence. Le cédant qui notifie un projet de cession au bénéficiaire conserve la faculté de se repentir de ce projet tant que le bénéficiaire n’a pas exercé son droit de préférence.
Cass. com., 18 décembre 2024, n° 23-17.592 : « la cour d’appel a exactement déduit de ces seuls motifs que la société CBM 25 et les associés de cette dernière avaient valablement notifié leur repentir, le 4 décembre 2020, à la société LBI, laquelle ne leur avait pas encore notifié sa décision d’exercer son droit de préférence ».
La portée pratique est lourde pour le bénéficiaire. Tant que la lettre de préemption n’est pas adressée, le cédant peut renoncer librement, sans que la fraude soit présumée. La fraude n’est caractérisée que si le bénéficiaire démontre, au-delà du retrait, un montage destiné à contourner le pacte, par exemple une prise de contrôle occulte du cessionnaire par un tiers. Le bénéficiaire diligent répond donc dans des délais brefs. Cass. com., 18 déc. 2024, n° 23-17.592
Questions fréquentes.
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