Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Encadrement des loyers à Paris : récupérer un trop-perçu après avoir quitté le logement

La Ville de Paris a publié le 27 avril 2026 un bilan qui remet le sujet au premier plan : les locataires ayant signalé un dépassement de loyer récupèrent en moyenne 3 476 euros lors de la régularisation. Le chiffre est élevé parce que beaucoup de dossiers ne portent pas seulement sur le mois en cours, mais sur plusieurs mois de loyer payé au-dessus du plafond.

La question pratique est donc simple : que faire lorsque l’on découvre le dépassement après avoir quitté le logement ?

La réponse dépend du bail, de la date de signature, du montant du loyer de référence majoré, de l’existence d’un complément de loyer et des démarches déjà engagées. Mais le départ du logement ne ferme pas automatiquement la porte. Dans plusieurs décisions récentes du juge des contentieux de la protection de Paris, des locataires ont obtenu la restitution de loyers trop versés après la fin du bail.

Pour les locataires parisiens, l’enjeu est immédiat. Les requêtes Google Ads consultées pendant ce run montrent une demande forte sur le cluster encadrement loyers paris : 14 800 recherches mensuelles moyennes, concurrence faible, CPC haut 0,64 euro. Les requêtes voisines plafonnement loyer Paris, plafond loyer Paris, loyer de référence Paris et simulation encadrement loyer Paris confirment une intention de calcul et de recours, pas seulement une recherche théorique.

Peut-on réclamer le trop-perçu après avoir quitté le logement ?

Oui, si l’action n’est pas prescrite et si le dossier établit que le loyer payé dépassait le loyer de référence majoré applicable au logement.

Le départ du locataire ne suffit pas à faire disparaître la créance de restitution. Le raisonnement est financier : si le bailleur a perçu chaque mois un loyer supérieur au plafond légal, le trop-perçu peut être calculé mois par mois, puis réclamé.

La difficulté vient des délais. Pour une action dérivant d’un bail d’habitation, l’article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit en principe une prescription de trois ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits permettant d’agir. En matière d’encadrement des loyers, il faut aussi articuler ce délai avec les règles propres à la mise en conformité du bail, à la commission départementale de conciliation et à la contestation d’un complément de loyer.

Le premier réflexe est donc de dater les événements :

  • date de signature du bail ;
  • date d’entrée dans les lieux ;
  • date de départ ;
  • loyer payé hors charges ;
  • surface habitable ;
  • type de location, vide ou meublée ;
  • période de construction de l’immeuble ;
  • secteur de loyer applicable ;
  • éventuel complément de loyer indiqué au bail ;
  • démarches déjà faites auprès du bailleur, de la Ville de Paris ou de la CDC.

Un locataire qui a quitté le logement doit éviter une erreur fréquente : envoyer une demande globale sans calcul. Le bailleur ou l’agence répond alors que le dossier n’est pas assez précis. Il faut partir du loyer de référence majoré applicable à la date de signature, comparer avec le loyer hors charges payé, puis multiplier l’écart par le nombre de mois concernés.

Ce que change le signalement auprès de la Ville de Paris

La page officielle de la Ville de Paris rappelle que les locataires peuvent vérifier leur loyer et déposer un signalement depuis le 1er janvier 2023. Si le dépassement est confirmé, la Ville met en demeure le propriétaire de régulariser le bail et de restituer les loyers trop-perçus.

Ce signalement est utile, mais il ne remplace pas toujours l’action civile.

La Ville peut instruire le dossier et prononcer une amende administrative pouvant aller jusqu’à 5 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale. En revanche, si le bailleur refuse de payer, la Ville précise que seul le juge judiciaire peut contraindre juridiquement le propriétaire à modifier le bail et à reverser les sommes dues.

Le locataire qui a déjà quitté les lieux doit donc raisonner en deux temps.

D’abord, le signalement peut créer un rapport de force et documenter la non-conformité. Ensuite, si le bailleur conteste ou ne paie pas, il faut préparer la voie contentieuse : CDC lorsque la saisine est nécessaire, puis juge des contentieux de la protection.

Cette distinction est décisive. Beaucoup de locataires pensent qu’une mise en demeure administrative suffit à récupérer l’argent. Elle peut suffire si le bailleur régularise. Elle ne suffit pas toujours si le bailleur attend, discute le calcul ou invoque un complément de loyer.

Exemple de calcul du trop-perçu

Prenons un bail meublé signé à Paris pour un studio de 24 m².

Le locataire payait 1 050 euros hors charges. Après vérification du loyer de référence, le loyer de référence majoré applicable était de 36 euros par mètre carré.

Le plafond hors charges est donc :

24 m² x 36 euros = 864 euros.

Le trop-perçu mensuel est :

1 050 euros – 864 euros = 186 euros.

Si le locataire a payé ce loyer pendant 18 mois, le trop-perçu brut est :

186 euros x 18 mois = 3 348 euros.

Ce calcul doit ensuite être ajusté si le bail contient un complément de loyer valable, si le bailleur a appliqué une régularisation en cours de bail, si le logement n’était pas la résidence principale ou si la surface retenue est contestée.

En pratique, il faut séparer le loyer de base, les charges et le complément de loyer. L’encadrement porte sur le loyer hors charges. Les charges récupérables obéissent à une autre logique.

Complément de loyer : le piège le plus fréquent

Le bailleur répond souvent que le dépassement est justifié par un complément de loyer : balcon, cave, vue, cuisine équipée, immeuble récent, bonne isolation, étage élevé, digicode, quartier recherché.

Cette défense ne suffit pas.

Le complément de loyer doit être mentionné dans le bail, avec son montant et les caractéristiques précises censées le justifier. Il doit correspondre à des éléments de confort ou de localisation qui n’ont pas déjà été pris en compte dans le loyer de référence majoré et qui se distinguent réellement des logements comparables dans le même secteur.

La jurisprudence récente est exigeante.

Dans une décision du 26 mars 2026, le juge des contentieux de la protection de Paris a annulé un complément de loyer de 356,38 euros et condamné le bailleur à restituer 5 702,08 euros. Le jugement rappelle qu’en cas de contestation, il appartient au bailleur de démontrer les caractéristiques justifiant le complément. Il retient aussi qu’une bonne performance énergétique ne constitue pas en soi une caractéristique exceptionnelle.

Dans une décision du 10 avril 2026, le même contentieux a conduit à une condamnation de 3 809,98 euros au titre des loyers trop-perçus. Le juge a écarté l’argument du bailleur tiré de travaux, d’une cuisine équipée, d’une orientation sud-ouest et d’une vue dégagée, en relevant que ces éléments restaient communs à d’autres appartements du même secteur et ne justifiaient pas un supplément.

Dans une décision du 21 août 2025, le tribunal judiciaire de Paris a également condamné un bailleur à restituer 12 141,20 euros, le complément de loyer invoqué n’étant pas stipulé au bail. L’agence immobilière a été appelée en garantie, ce qui montre l’intérêt de vérifier le rôle du mandataire de gestion.

Ces décisions ne signifient pas que tout complément de loyer est impossible. Elles montrent que le bailleur doit prouver un élément précis, durable et distinctif. Une cave, une cuisine aménagée ou un immeuble récent ne suffisent pas toujours.

Quelle procédure suivre après le départ ?

Le locataire doit d’abord récupérer toutes les pièces.

Le dossier utile comprend le bail, les avenants, les quittances, les preuves de paiement, l’état des lieux, le DPE, les échanges avec l’agence, les annonces conservées, le calcul du loyer de référence majoré et les éventuelles réponses du bailleur.

Ensuite, il faut qualifier le litige.

Si le problème porte sur un loyer de base supérieur au loyer de référence majoré, l’action vise la diminution du loyer et la restitution du trop-perçu. Si le problème porte sur un complément de loyer, le délai de contestation est plus court et la saisine de la CDC est en principe une étape à sécuriser. Si le bail ne mentionne pas les loyers de référence, une mise en demeure de compléter le bail peut également être pertinente, mais elle ne résume pas toute la stratégie lorsque le bail est déjà terminé.

Le courrier au bailleur doit être sobre :

  • rappeler les références du bail ;
  • indiquer le loyer hors charges payé ;
  • indiquer le loyer de référence majoré retenu ;
  • joindre le calcul ;
  • demander la restitution du trop-perçu ;
  • fixer un délai de réponse ;
  • annoncer la saisine de la CDC ou du juge si aucun accord n’intervient.

Il faut éviter les accusations inutiles. Ce qui compte est le calcul, le texte applicable et les pièces.

Paris et Île-de-France : où agir ?

Pour un logement situé à Paris, le contentieux judiciaire relève du juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris. La CDC compétente est celle de Paris. La plateforme de signalement de la Ville de Paris peut être utilisée lorsque le bail entre dans le champ du dispositif.

En Île-de-France, la situation dépend de la commune. Paris n’est pas le seul territoire concerné par l’encadrement. Certaines communes de Seine-Saint-Denis, de Plaine Commune ou d’autres zones expérimentales relèvent de dispositifs voisins, avec leurs propres loyers de référence et leurs propres modalités pratiques.

Le point de vigilance est le même : ne pas appliquer le plafond parisien à un logement situé hors Paris. Le calcul se fait à partir de l’arrêté applicable au lieu du logement, à la période du bail et aux caractéristiques exactes du bien.

Pour un ancien logement, il faut aussi vérifier l’adresse de notification du bailleur ou de l’agence. Une mise en demeure envoyée à une mauvaise adresse peut faire perdre du temps. Une assignation mal dirigée peut déclencher une difficulté procédurale.

Les erreurs qui font perdre le dossier

La première erreur consiste à réclamer le remboursement du loyer charges comprises. Le calcul doit partir du loyer hors charges, sauf discussion distincte sur les charges récupérables.

La deuxième erreur consiste à oublier la surface réelle. Si le bail mentionne une surface erronée, le calcul du loyer de référence peut être faussé. Il faut alors vérifier si la surface Carrez ou la surface habitable retenue est cohérente avec les pièces disponibles.

La troisième erreur consiste à ignorer le complément de loyer. Même s’il paraît abusif, il faut l’analyser séparément. Le délai, la CDC et la preuve ne sont pas exactement les mêmes.

La quatrième erreur consiste à attendre la fin d’un signalement administratif sans surveiller les délais civils. Le signalement peut être utile, mais il ne doit pas conduire à laisser passer une prescription ou un délai de contestation.

La cinquième erreur consiste à négliger l’agence immobilière. Lorsque l’agence a rédigé le bail, fixé le loyer ou répondu aux demandes, sa responsabilité peut devenir un sujet distinct, notamment si le bailleur cherche à être garanti.

Faut-il agir pour quelques centaines d’euros ?

La réponse dépend du montant mensuel et de la durée d’occupation.

Un dépassement de 80 euros par mois représente 960 euros sur un an et 2 880 euros sur trois ans. Un dépassement de 180 euros par mois représente 6 480 euros sur trois ans. Les chiffres publiés par la Ville de Paris montrent que les montants récupérés peuvent justifier une démarche structurée.

Mais il faut garder une approche économique. Si le montant est faible, un signalement et une lettre argumentée peuvent suffire. Si le montant dépasse plusieurs milliers d’euros, si le bailleur refuse ou si l’agence conteste le calcul, l’analyse juridique devient plus utile.

Le bon angle n’est pas seulement de demander de l’argent. Il faut obtenir un calcul défendable, choisir la bonne procédure et préparer les pièces dès le départ.

Pour approfondir le contentieux du loyer pendant le bail, vous pouvez lire notre article sur le loyer supérieur au plafond à Paris et le complément de loyer abusif. Pour une stratégie plus large en droit immobilier, la page avocat droit immobilier à Paris présente les interventions du cabinet.

Sources utiles : bilan 2026 de la Ville de Paris sur les restitutions de loyers, procédure officielle de signalement à Paris, fiche Service-Public sur l’encadrement des loyers, décisions du tribunal judiciaire de Paris du 10 avril 2026, du 26 mars 2026 et du 21 août 2025.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Nous vérifions votre bail, le loyer de référence, le calcul du trop-perçu et la procédure à engager.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

Nous intervenons à Paris et en Île-de-France pour les locataires, propriétaires bailleurs et agences confrontés à un litige d’encadrement des loyers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».