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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Courrier d’immatriculation Sirene a payer : arnaque, verification SIRET et recours

Vous venez de creer ou modifier votre entreprise et vous recevez un courrier qui ressemble a une formalite officielle. Il cite votre numero SIREN ou SIRET, parle d’immatriculation Sirene, de registre, d’inscription ou de publication, puis demande un paiement rapide, souvent autour de quelques dizaines ou centaines d’euros.

Le reflexe doit etre simple : ne payez pas tant que vous n’avez pas verifie l’origine du courrier. L’immatriculation au repertoire Sirene est gratuite. L’INPI relaie une alerte de l’Insee sur une fraude visant les entreprises nouvellement immatriculees, avec des courriers demandant de confirmer l’immatriculation contre paiement. La DGCCRF alerte aussi depuis plusieurs annees sur les annuaires professionnels qui presentent une offre commerciale comme si elle etait obligatoire.

Cette situation touche surtout les dirigeants qui viennent de creer une societe, les micro-entrepreneurs, les commercants, les artisans, les professionnels liberaux et les societes qui viennent de modifier leur siege ou leurs dirigeants. Le courrier peut arriver au moment precis ou l’entreprise attend un extrait, un avis de situation ou une validation administrative. C’est ce qui le rend dangereux.

SIREN, SIRET, Sirene : ce qui est gratuit et ce qui ne l’est pas

Le SIREN identifie l’entreprise. Le SIRET identifie un etablissement. Le repertoire Sirene, tenu par l’Insee, recense les entreprises et etablissements. L’avis de situation Sirene permet de verifier les informations administratives essentielles : denomination, adresse, activite, etablissement actif ou non.

Ces informations peuvent etre verifiees gratuitement sur les outils publics. Pour controler une entreprise, il faut privilegier les sources officielles : l’alerte INPI sur les fausses demandes de paiement liees a Sirene, les pages publiques de l’Insee et la presentation de l’Annuaire des entreprises par la DGCCRF.

Ce qui peut etre payant, en revanche, c’est une prestation commerciale distincte : abonnement a un annuaire prive, service de visibilite, assistance administrative, formaliste, creation de documents, publicite ou accompagnement. Le probleme n’est donc pas seulement le prix. Le probleme est de savoir si le courrier vous a fait croire qu’un paiement etait obligatoire pour obtenir ou conserver votre immatriculation.

Les signes d’alerte dans un courrier d’immatriculation

Plusieurs indices doivent vous conduire a suspendre le paiement.

Le courrier arrive juste apres une creation d’entreprise, une modification de statuts, un changement d’adresse ou un depot de formalite. Il reprend des donnees publiques exactes, comme votre SIREN, votre SIRET, votre adresse ou votre code APE. Ce n’est pas une preuve d’officialite : ces informations sont souvent publiques.

Le document utilise des termes administratifs : registre, immatriculation, repertoire, avis, publication, validation, inscription, mise a jour. Il peut ressembler a un avis de paiement ou a un formulaire officiel, alors qu’une mention discrete indique parfois qu’il s’agit d’une offre facultative.

Le delai de paiement est court. Le ton suggere une urgence, une regularisation ou une obligation. Le montant semble assez faible pour que l’entreprise paie sans verifier, mais assez eleve pour que l’operation soit rentable si elle est envoyee massivement.

Enfin, le beneficiaire du paiement n’est pas clairement une administration connue. Un RIB etranger, un nom proche d’un organisme public, une adresse commerciale privee ou une absence de numero de telephone fiable doivent vous alerter.

J’ai recu un courrier Sirene ou SIRET : que faire avant de payer ?

La premiere etape consiste a conserver le courrier, l’enveloppe, le courriel, le RIB et les pieces jointes. Ne jetez rien, meme si le document vous parait grossier. Si vous avez recu un courriel, conservez aussi les en-tetes et l’adresse exacte de l’expediteur.

Ensuite, verifiez gratuitement votre situation administrative sur une source officielle. Si votre entreprise apparait correctement dans l’annuaire public ou dans Sirene, le paiement reclame n’est pas necessaire pour « valider » votre existence administrative.

Troisieme reflexe : recherchez le nom exact de l’organisme qui vous demande de payer. Regardez les mentions legales, le pays d’etablissement, le numero SIREN de la societe emettrice, les conditions generales et la presence d’une mention « offre facultative ». Une offre facultative peut etre licite si elle est claire. Elle devient contestable si sa presentation induit en erreur sur son caractere obligatoire ou officiel.

Quatrieme reflexe : ne signez pas et ne scannez pas de document sans l’avoir relu comme un contrat. Certains courriers fonctionnent comme des bons de commande deguises. Une signature, meme apposee pour « verifier les informations », peut ensuite etre utilisee pour reclamer le paiement d’un abonnement.

Si vous avez deja paye : peut-on recuperer l’argent ?

Oui, mais il faut agir vite et methodiquement.

Si le paiement vient d’etre effectue par virement, contactez immediatement votre banque pour demander si une procedure de rappel de fonds est encore possible. Ce n’est pas automatique, mais plus la demande est rapide, plus elle a une chance d’etre traitee.

Adressez ensuite une contestation ecrite a l’organisme, par email et par lettre recommandee si l’enjeu le justifie. Le courrier doit rappeler que vous contestez avoir souscrit librement a une prestation commerciale si le document etait presente comme une formalite obligatoire. Demandez l’annulation, le remboursement et la cessation de toute relance.

Si l’organisme vous relance, ne vous contentez pas d’un appel telephonique. Repondez par ecrit. Exigez la communication du contrat, du bon de commande, des conditions applicables, de la preuve de l’information precontractuelle et de l’identite complete du creancier. Cela permet de deplacer le debat du terrain de l’intimidation vers le terrain de la preuve.

Lorsque les faits paraissent frauduleux, vous pouvez signaler la situation a la DGCCRF ou utiliser les canaux publics de signalement. Si le procede repose sur de fausses qualites, des manoeuvres ou une usurpation d’apparence officielle, une plainte peut aussi etre envisagee. L’analyse dependra du contenu exact du courrier, du mode de paiement, du nombre de victimes, de l’identite de l’emetteur et de la possibilite de prouver la tromperie.

Offre commerciale facultative ou pratique trompeuse : ou est la limite ?

Une entreprise privee peut proposer un service payant a des professionnels : annuaire, publicite, accompagnement, generation de documents ou assistance aux formalites. Ce n’est pas interdit en soi.

La ligne rouge est franchie lorsque la presentation cree une confusion avec une administration ou laisse croire que le paiement est obligatoire. Le droit des pratiques commerciales trompeuses vise notamment les presentations fausses ou de nature a induire en erreur sur la nature du service, le prix, les conditions de paiement, l’identite du professionnel ou les droits de la personne visee.

En pratique, il faut regarder le document comme un juge le ferait : que comprend un dirigeant normalement attentif au moment ou il recoit le courrier ? Le document met-il clairement en avant le caractere facultatif ? Le prix correspond-il a une prestation identifiee ? L’expediteur est-il clairement identifiable ? Le paiement est-il presente comme une condition d’immatriculation, de validation ou de maintien au registre ?

La DGCCRF rappelle, sur les annuaires professionnels, que certaines pratiques peuvent donner lieu a des poursuites pour pratique commerciale trompeuse et a une action pour faire cesser les pratiques. Cette base est importante lorsqu’un professionnel a ete pousse a payer ou a signer sous l’apparence d’une obligation administrative.

Les pieces a reunir pour contester efficacement

Avant de demander un remboursement ou de saisir une autorite, reunissez un dossier court mais complet.

Conservez le courrier original, l’enveloppe, les emails, les relances, le justificatif de paiement, le RIB, les captures d’ecran du site de l’emetteur, ses mentions legales, les conditions generales et toute page qui presente l’offre. Ajoutez une capture de votre fiche officielle sur l’annuaire public, montrant que votre immatriculation existe deja et ne dependait pas du paiement reclame.

Si vous avez signe un document, isolez la page signee et les mentions situees autour de la signature. C’est souvent la que se joue le litige : le caractere obligatoire etait-il suggere en gros titre, tandis que le caractere facultatif etait cache en petits caracteres ?

Notez aussi la chronologie : date de creation ou modification de l’entreprise, date de reception du courrier, date de paiement, date de decouverte de l’erreur, date de contestation. Une chronologie claire permet de montrer que le courrier a profite d’un moment de vulnerabilite administrative.

Dirigeant a Paris ou en Ile-de-France : quel canal utiliser ?

Pour une societe situee a Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne ou plus largement en Ile-de-France, la priorite reste la meme : preuve, contestation ecrite, verification officielle et action rapide.

Si le litige porte sur une simple facture ou un bon de commande commercial, la competence peut relever du tribunal de commerce lorsque les parties sont commercantes ou societes commerciales. Si le dossier comporte une tromperie organisee, une usurpation d’identite ou une fraude plus large, le volet penal peut aussi etre envisage. Le bon canal depend donc de la qualite des parties et de la nature exacte du document.

Dans les dossiers les plus urgents, l’objectif n’est pas seulement de recuperer une somme deja payee. Il faut aussi stopper les relances, eviter une reconnaissance de dette, proteger la tresorerie, prevenir d’autres paiements automatiques et, si necessaire, signaler un schema qui cible plusieurs entreprises.

Ce qu’il ne faut pas faire

Ne payez pas « pour etre tranquille » si vous avez un doute. Ce paiement peut ensuite etre presente comme l’acceptation d’une prestation.

Ne signez pas un document de verification d’informations sans verifier s’il contient un engagement de paiement. Ne communiquez pas votre RIB, votre carte bancaire ou des justificatifs d’identite a un organisme dont vous n’avez pas confirme l’identite.

Ne vous laissez pas impressionner par une relance qui ressemble a une mise en demeure. Une vraie mise en demeure doit s’appuyer sur une creance identifiable. Si la creance nait d’un document ambigu ou d’une offre presentee comme obligatoire, elle peut etre contestee.

Ne perdez pas de temps si plusieurs personnes de l’entreprise ont recu le meme courrier. Centralisez la reponse. Informez le comptable, l’assistant administratif, l’expert-comptable et la personne qui gere les paiements afin d’eviter un reglement automatique.

Reponse pratique en 5 etapes

  1. Verifiez gratuitement votre SIREN ou SIRET sur une source officielle.
  2. Identifiez l’emetteur reel du courrier et cherchez s’il s’agit d’une societe privee.
  3. Ne payez pas et ne signez pas tant que le caractere obligatoire n’est pas prouve.
  4. Si vous avez paye, demandez rapidement le rappel de fonds et envoyez une contestation ecrite.
  5. Conservez les preuves et faites analyser le document si les relances continuent.

Un courrier d’immatriculation Sirene ou SIRET n’est pas dangereux parce qu’il contient des informations exactes. Il est dangereux parce qu’il arrive au bon moment, avec les bons mots, et pousse l’entreprise a payer avant de verifier. La bonne reponse consiste a ralentir, verifier sur les sources officielles, puis contester fermement si le paiement a ete obtenu par confusion.

Sources utiles

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous avez recu un courrier d’immatriculation, une relance de paiement ou une facture douteuse adressee a votre entreprise.

Le cabinet peut organiser une consultation telephonique en 48 heures avec un avocat pour verifier le document, preparer une contestation et choisir le bon canal d’action.

Appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact du cabinet.

Intervention possible pour les entreprises situees a Paris et en Ile-de-France.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».