Deux gérants sont condamnés solidairement à supporter l’insuffisance d’actif d’une société en liquidation judiciaire. L’un paie seul l’intégralité de la condamnation. L’autre, solvable, n’a rien versé. La question de l’action récursoire se pose alors avec une acuité particulière. L’article L. 651-2 du code de commerce ne règle pas la contribution interne à la dette entre codirigeants condamnés in solidum. Cette répartition obéit au droit commun des obligations solidaires. Le cabinet expose la mécanique de ce recours et ses défenses.
Comment ça se passe.
Le cadre légal de l’action récursoire.
L. 651-2 ne règle pas la part interne entre codirigeants : la division de la dette relève du droit commun, articles 1317 et 1346 du code civil. Encore faut-il agir vite, devant la bonne juridiction, avec les bonnes pièces.
La mise en œuvre de l’action récursoire.
05Les défenses du codirigeant attaqué : simple négligence et faute distincte.+
Le codirigeant visé par l’action récursoire dispose de plusieurs défenses. La première consiste à contester sa part en démontrant que sa faute personnelle a été d’une gravité moindre, voire qu’il s’agit d’une simple négligence exclusive de toute responsabilité depuis la loi Sapin 2.
Cass. com., 5 septembre 2018, n° 17-15.031 : la loi du 9 décembre 2016 introduisant l’exclusion de la responsabilité en cas de simple négligence est d’application immédiate aux instances en cours.
Le caractère gratuit du mandat social est en revanche indifférent. La Cour de cassation a jugé que la responsabilité pour insuffisance d’actif s’apprécie de la même manière, que le dirigeant soit rémunéré ou non.
Cass. com., 9 décembre 2020, n° 18-24.730 : « L’article 1992, alinéa 2, du code civil, selon lequel la responsabilité générale du mandataire est appliquée moins rigoureusement à celui dont le mandat est gratuit, ne concerne pas la situation du dirigeant d’une personne morale en liquidation judiciaire poursuivi en paiement de l’insuffisance d’actif de celle-ci sur le fondement de l’article L. 651-2 du code de commerce, la responsabilité de ce dirigeant s’appréciant, sur le fondement de ce texte spécial, de la même manière, qu’il soit rémunéré ou non. »
La Cour de cassation a jugé que, lorsque le codirigeant est une personne morale ayant désigné un représentant permanent, la faute de gestion peut être caractérisée indifféremment à l’égard de cette personne morale ou de son représentant. Ce double angle élargit le débat contradictoire dans le recours récursoire. Cass. com., 8 janv. 2020, n° 18-15.027Cass. com., 5 sept. 2018, n° 17-15.031Cass. com., 9 déc. 2020, n° 18-24.730
Questions fréquentes.
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