Le compte courant d’associé est l’avance de trésorerie consentie par un associé à sa société. Sa qualification juridique est celle d’un prêt à durée indéterminée, ce qui produit une conséquence pratique majeure : en l’absence de convention particulière ou de clause statutaire de blocage, l’associé peut en réclamer le remboursement à tout moment, par simple demande, et la société est tenue de s’exécuter sans pouvoir invoquer ses propres difficultés financières. La chambre commerciale l’a posé en principe par un arrêt du 10 mai 2011 (n° 10-18.749, publié au Bulletin) et l’a confirmé plus récemment (Cass. com. 19 décembre 2018, n° 17-19.656 ; Cass. com. 15 mars 2023, n° 21-22.143). Le miroir inverse existe : lorsque le compte courant devient débiteur au profit d’un gérant de SARL, le contrat est frappé de nullité par l’article L. 223-21 du Code de commerce, le dirigeant doit rembourser immédiatement et il s’expose à une action en responsabilité civile, voire pénale. Cette page détaille les deux faces du contentieux et la procédure utile pour récupérer son argent ou se défendre.
Comment ça se passe.
Le compte courant créditeur de l’associé : exigibilité à première demande.
Aucune difficulté financière de la société ni argument d’opportunité ne fait obstacle à l’action en paiement de l’associé créancier (Cass. com. 10 mai 2011, 19 décembre 2018 et 15 mars 2023).
Le compte courant débiteur du dirigeant : interdiction de l’article L. 223-21.
La procédure utile : récupérer ou se défendre en pratique.
L’article L. 223-21 du Code de commerce protège la société et ses créanciers contre le détournement par compte courant débiteur. La sanction est absolue, le remboursement n’est pas négociable.
Vos questions les plus fréquentes.
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