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MACF / CBAM 2026 : importateur, seuil de 50 tonnes, statut obligatoire et certificats carbone

Le MACF n’est plus un sujet de veille lointaine. La page officielle du ministère de la Transition écologique a été mise à jour le 29 avril 2026, au lendemain d’un webinaire DGEC consacré aux obligations qui prendront place en 2027. Pour les importateurs d’acier, d’aluminium, de ciment, d’engrais azotés, d’hydrogène ou d’électricité, la question devient immédiate : peut-on encore dédouaner, à quelles conditions, avec quel statut et quel coût carbone à provisionner ?

La demande Google confirme que le sujet monte. Google Ads remonte macf à 5 400 recherches mensuelles en France, avec concurrence faible et CPC haut de 2,73 euros. cbam atteint 2 400 recherches mensuelles, avec concurrence faible et CPC haut de 3,16 euros. La requête longue mécanisme d ajustement carbone aux frontières macf atteint 50 recherches mensuelles avec CPC haut de 2,25 euros. L’intention n’est pas seulement informationnelle : un dirigeant, un responsable achat, un transitaire ou un importateur veut savoir s’il doit demander le statut de déclarant MACF autorisé, s’il bénéficie du seuil de 50 tonnes et comment éviter un blocage douanier.

La réponse tient en trois points. Depuis le 1er janvier 2026, le MACF est entré dans sa phase définitive. L’importateur concerné doit vérifier ses codes NC, son numéro EORI, le seuil annuel de 50 tonnes et son besoin de statut. Les certificats ne s’achètent pas tous immédiatement en 2026, mais les flux de 2026 préparent déjà les obligations de déclaration, de calcul, de justification et de restitution.

MACF et CBAM : de quoi parle-t-on ?

MACF signifie mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. CBAM est l’acronyme anglais, pour Carbon Border Adjustment Mechanism. Le dispositif vise les importations dans l’Union européenne de certaines marchandises fortement exposées au risque de fuite de carbone.

L’idée est simple. Un producteur européen supporte le prix du carbone dans le système européen d’échange de quotas. Un producteur situé hors de l’Union européenne peut produire dans un pays où la contrainte carbone est plus faible. Le MACF cherche donc à rapprocher le coût carbone des produits importés de celui supporté dans l’Union.

Pour l’entreprise, le sujet n’est pas théorique. Il faut identifier les marchandises, les codes douaniers, l’origine, les fournisseurs, les émissions incorporées, la valeur carbone à provisionner et les justificatifs à conserver. Le service achats, le transitaire, le service douane, la direction financière et la direction juridique doivent travailler ensemble.

Qui est concerné par le MACF en 2026 ?

Le ministère indique que le MACF vise les acteurs économiques identifiés par un numéro EORI qui sont responsables de la mise en libre pratique des produits listés à l’annexe I du règlement MACF dans le territoire douanier de l’Union européenne.

Les secteurs couverts dans un premier temps sont les suivants :

  • acier ;
  • ciment ;
  • aluminium ;
  • engrais azotés ;
  • hydrogène ;
  • importations d’électricité.

La première vérification consiste donc à comparer les codes NC de vos importations avec le périmètre MACF. Une entreprise qui importe des produits finis, des pièces, des composants ou des matières premières ne doit pas raisonner seulement par intitulé commercial. Le code douanier décide.

La deuxième vérification concerne la personne responsable. Dans certains montages, l’importateur réel, le déclarant en douane, le représentant indirect et l’acheteur français ne sont pas la même personne. Le contrat de vente, l’Incoterm, la déclaration douanière et le mandat donné au transitaire doivent être relus ensemble.

Le seuil de 50 tonnes : une exemption utile, mais dangereuse si elle est mal calculée

La simplification dite omnibus a remplacé l’ancien seuil de faible valeur par un seuil annuel de masse. Pour la période définitive, les importateurs dont les importations cumulées de marchandises MACF acier, aluminium, ciment ou engrais azotés ne dépassent pas 50 tonnes sur l’année civile sont exemptés des obligations MACF.

Ce point est important pour les PME. Le Conseil de l’Union européenne avait expliqué que ce seuil vise notamment à réduire la charge administrative des petits importateurs, sans retirer l’essentiel des émissions du champ du dispositif.

Mais le seuil ne doit pas être lu trop vite.

D’abord, il se calcule par importateur et par année civile. Une entreprise qui importe peu à chaque opération peut dépasser le seuil par accumulation.

Ensuite, le seuil ne s’applique pas à l’électricité et à l’hydrogène. Ces flux doivent être traités à part.

Enfin, si le seuil est dépassé en cours d’année, l’entreprise doit raisonner sur l’ensemble des obligations applicables. La Douane précise que le dépassement du seuil expose l’importateur aux obligations MACF sur l’année : statut, certificats, rapport annuel et suivi des émissions.

Le bon réflexe consiste à créer un tableau mensuel : code NC, pays d’origine, masse nette, fournisseur, déclarant, numéro de déclaration, valeur estimée des émissions, statut du justificatif fournisseur et total cumulé depuis le 1er janvier.

Statut de déclarant MACF autorisé : quand faut-il le demander ?

Depuis le 1er janvier 2026, les marchandises soumises au MACF nécessitent en principe le statut de déclarant MACF autorisé. La demande est réalisée sur le registre MACF définitif. Une fois validée, elle donne lieu à un numéro de compte MACF de type CBAM-FR.

La Douane avait prévu une mesure de flexibilité au démarrage : le dédouanement restait possible pendant l’instruction de la demande si celle-ci avait été déposée avant la déclaration en douane et au plus tard le 31 mars 2026. Cette fenêtre de démarrage ne doit pas être confondue avec une dispense durable. En mai 2026, un importateur régulier doit avoir clarifié son statut.

La question pratique est la suivante : qui porte la demande ? L’importateur lui-même, un représentant indirect, une entité du groupe, ou un prestataire douanier ? La réponse dépend du schéma d’importation et de la responsabilité déclarative.

Il faut aussi anticiper les délais internes. Une demande de statut suppose des informations administratives, des accès au registre, une cohérence EORI, une gouvernance de suivi et parfois une coordination avec les fournisseurs hors Union européenne.

Certificats MACF : ce qu’il faut provisionner dès maintenant

Le ministère indique que les certificats pour l’année 2026 devront être achetés à partir de février 2027. Cela ne signifie pas que le sujet peut attendre février 2027.

L’entreprise doit d’abord savoir ce qu’elle importe. Elle doit ensuite déterminer les émissions associées aux marchandises. Ces émissions peuvent être établies par valeurs par défaut ou, lorsque c’est possible, par valeurs réelles certifiées. Plus le fournisseur est capable de documenter les émissions, plus l’importateur peut piloter le coût.

Le coût dépend notamment du prix des certificats, de la masse importée, de l’intensité carbone, des éventuelles allocations gratuites et du prix carbone déjà payé dans un pays tiers. Pour le premier trimestre 2026, la page officielle du ministère indique un prix de certificat de 75,36 euros.

Ce chiffre ne suffit pas à établir le coût d’un dossier. Il donne un ordre de grandeur. Un importateur doit donc faire un calcul par flux, par pays d’origine et par fournisseur.

Déclaration annuelle : l’échéance se prépare pendant l’année d’importation

La déclaration annuelle portera sur les importations soumises au MACF. Elle indiquera les émissions importées associées à chacune des importations concernées. Elle s’accompagnera de la restitution du nombre de certificats correspondant.

L’erreur fréquente consiste à attendre la date de déclaration pour réunir les données. À ce stade, le fournisseur peut ne plus répondre, le transitaire peut ne plus avoir le dossier complet, les codes peuvent être contestés et les valeurs réelles peuvent être difficiles à certifier.

La bonne méthode consiste à intégrer une clause MACF dans les commandes et contrats fournisseurs. Cette clause doit prévoir la transmission des informations d’émissions, le format des données, les délais, la coopération en cas de contrôle, la responsabilité en cas d’information erronée et l’impact sur le prix.

Le contrat avec le transitaire doit lui aussi être relu. Il faut savoir qui renseigne les mentions douanières, qui vérifie le seuil, qui alerte en cas de dépassement et qui conserve les pièces.

Que risque l’entreprise en cas d’erreur ?

Le risque le plus immédiat est opérationnel. Une importation peut être retardée si le statut, le numéro MACF ou la mention douanière attendue fait défaut. Pour une entreprise qui travaille en flux tendu, quelques jours de blocage peuvent coûter plus cher que la mise en conformité.

Le deuxième risque est financier. Si l’entreprise sous-estime les émissions, oublie des flux, dépasse le seuil sans l’avoir vu ou provisionne trop peu de certificats, le coût peut apparaître tardivement dans les comptes.

Le troisième risque est contractuel. Un client peut refuser une hausse de prix si le contrat ne prévoit pas la répercussion du coût MACF. Un fournisseur peut refuser de transmettre ses données si aucune obligation contractuelle n’a été prévue. Un transitaire peut limiter sa responsabilité si son mandat est mal rédigé.

Le quatrième risque est probatoire. En cas de contrôle, l’entreprise doit pouvoir reconstituer ses flux. Les factures, déclarations, codes, pays d’origine, masses, échanges fournisseurs, calculs et justificatifs doivent être conservés.

La checklist de l’importateur MACF en mai 2026

Première étape : lister les marchandises importées depuis le 1er janvier 2026. Il faut partir des déclarations douanières, pas seulement des achats comptables.

Deuxième étape : isoler les codes NC potentiellement couverts. Un contrôle par libellé commercial ne suffit pas.

Troisième étape : calculer le seuil annuel de 50 tonnes par importateur, en suivant la masse nette cumulée.

Quatrième étape : vérifier si l’électricité ou l’hydrogène sont concernés, car le seuil de 50 tonnes ne joue pas pour ces flux.

Cinquième étape : identifier le déclarant MACF autorisé ou déposer la demande si elle n’a pas été traitée.

Sixième étape : préparer la collecte des données fournisseurs. Les valeurs par défaut peuvent dépanner, mais elles peuvent aussi augmenter le coût.

Septième étape : relire les contrats fournisseurs, achats, transport, douane et revente client. Le coût carbone doit être attribué clairement.

Huitième étape : créer une procédure interne. Une obligation MACF qui reste dans la tête d’une seule personne devient un risque de continuité.

Paris et Île-de-France : pourquoi les PME importatrices doivent agir vite

À Paris et en Île-de-France, les dossiers MACF concernent souvent des sociétés de négoce, entreprises du bâtiment, distributeurs, importateurs de pièces métalliques, industriels légers, sociétés de maintenance, acheteurs de composants aluminium ou acier, et filiales françaises de groupes internationaux.

Le risque est souvent discret. L’entreprise ne se pense pas comme un industriel polluant. Elle importe seulement des lots, pièces ou matériaux. Pourtant, le code douanier peut la placer dans le champ MACF.

Pour une PME francilienne, le travail utile tient en une réunion courte : responsable achats, comptable, dirigeant, transitaire et conseil. On vérifie les codes, le seuil, le statut, les contrats et la provision de coût.

Le cabinet intervient en droit des affaires à Paris pour relire les contrats commerciaux, sécuriser les obligations réglementaires des entreprises et traiter les litiges entre fournisseurs, clients, transitaires et dirigeants.

Ce qu’il faut retenir

Le MACF / CBAM est entré dans sa phase définitive depuis le 1er janvier 2026. Le seuil de 50 tonnes peut exonérer certains importateurs, mais il doit être suivi précisément sur l’année civile. Le statut de déclarant MACF autorisé est la clé du dédouanement pour les marchandises concernées. Les certificats liés aux importations 2026 seront achetés à partir de 2027, mais les données se préparent dès maintenant.

Le bon réflexe n’est pas de demander si le MACF concerne « les grandes entreprises ». Le bon réflexe est de regarder les codes NC, les masses, le rôle douanier, les fournisseurs, les contrats et les preuves.

Sources consultées : ministère de la Transition écologique, page MACF mise à jour le 29 avril 2026 ; Douane française, rappel du 23 décembre 2025 sur l’entrée en vigueur définitive du MACF ; Douane française, publication de l’omnibus simplification MACF ; EUR-Lex, règlement (UE) 2023/956 établissant le MACF et règlement (UE) 2025/2083 de simplification ; Conseil de l’Union européenne, communiqué du 27 mai 2025 sur le seuil de 50 tonnes ; Voyage/Judilibre interrogé sur les décisions récentes, sans décision pertinente du 27 avril au 4 mai 2026 ; Legifrance MCP interrogé, sans résultat exploitable sur cette recherche.

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Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France pour les dirigeants, PME, importateurs, distributeurs, sociétés de négoce, entreprises du bâtiment et groupes confrontés à une obligation MACF / CBAM.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».