Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Recouvrement de loyers impayés à Paris : procédure, délais et accompagnement par un avocat

Loyers impayés : un contentieux fréquent qui nécessite une réaction rapide

Les impayés de loyer constituent l’une des difficultés les plus courantes auxquelles sont confrontés les propriétaires bailleurs à Paris. Qu’il s’agisse d’un logement vide, meublé ou d’un bail mobilité, le non-paiement du loyer par le locataire engendre des conséquences financières parfois considérables, aggravées par la longueur des procédures judiciaires si elles ne sont pas engagées dans les meilleurs délais.

Le recouvrement des loyers impayés obéit à un cadre juridique précis, articulé autour de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, du Code civil et du Code des procédures civiles d’exécution. Comprendre ces mécanismes est indispensable pour agir efficacement et préserver ses droits.

Les premières démarches amiables : la relance et la mise en demeure

Avant toute action en justice, le propriétaire doit tenter de résoudre le différend à l’amiable. Cette phase préalable, bien que non obligatoire dans tous les cas, est vivement recommandée par les tribunaux parisiens et peut être exigée par certaines clauses du bail.

La première étape consiste à adresser au locataire une lettre de relance, suivie d’une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette mise en demeure doit rappeler le montant précis des sommes dues, le détail mois par mois des loyers et charges impayés, ainsi que le fondement juridique de l’obligation de payer. L’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989 impose en effet au locataire de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.

En parallèle, si le locataire bénéficie d’une aide au logement (APL ou AL), le bailleur a l’obligation de signaler les impayés à la Caisse d’allocations familiales (CAF) dans un délai de deux mois, conformément à l’article L. 824-1 du Code de la construction et de l’habitation. Ce signalement conditionne le maintien du versement de l’aide et peut déclencher un accompagnement social du locataire.

L’activation de la clause résolutoire : le commandement de payer

La quasi-totalité des baux d’habitation comporte une clause résolutoire prévoyant la résiliation automatique du contrat en cas de non-paiement du loyer. Pour mettre en œuvre cette clause, le propriétaire doit faire délivrer au locataire un commandement de payer par acte d’huissier de justice, conformément à l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989.

Ce commandement doit impérativement mentionner le décompte précis des sommes réclamées, le délai de deux mois dont dispose le locataire pour régulariser sa dette, la possibilité de saisir le Fonds de solidarité pour le logement (FSL), et reproduire les dispositions de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989. L’huissier doit également signaler l’impayé au représentant de l’État dans le département, afin de permettre la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions (CCAPEX).

Si le locataire ne régularise pas l’intégralité de sa dette dans le délai de deux mois suivant la signification du commandement, le bailleur peut saisir le tribunal judiciaire de Paris pour faire constater l’acquisition de la clause résolutoire et obtenir la condamnation du locataire au paiement des arriérés.

La procédure judiciaire devant le tribunal judiciaire de Paris

L’assignation aux fins de constat de la clause résolutoire et de condamnation au paiement des loyers impayés doit être délivrée au locataire par acte d’huissier. Depuis la réforme issue de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, dite loi Kasbarian, les délais de procédure ont été encadrés plus strictement pour accélérer le traitement de ces contentieux.

Le juge des contentieux de la protection (JCP) du tribunal judiciaire est compétent pour connaître de ces litiges. Il dispose néanmoins d’un pouvoir souverain pour accorder des délais de paiement au locataire, dans la limite de trois ans, en application de l’article 24 III de la loi de 1989. Ce pouvoir modérateur s’exerce lorsque le locataire est en mesure de reprendre le paiement régulier du loyer courant et de rembourser sa dette selon un échéancier.

Le juge peut également suspendre les effets de la clause résolutoire pendant la durée de ces délais, à condition que le locataire respecte scrupuleusement l’échéancier fixé. En cas de défaillance, la clause résolutoire reprend ses effets de plein droit.

L’ordonnance de référé : une voie rapide pour les cas urgents

Lorsque l’urgence le justifie ou que la dette est incontestable, le propriétaire peut opter pour une procédure de référé. L’ordonnance de référé permet d’obtenir rapidement une décision exécutoire, souvent dans un délai de quelques semaines après l’assignation. Cette voie procédurale est particulièrement adaptée lorsque le locataire ne conteste pas la réalité de l’impayé.

Le juge des référés peut condamner le locataire au paiement d’une provision sur les loyers impayés et, le cas échéant, constater l’acquisition de la clause résolutoire et ordonner l’expulsion. L’ordonnance de référé est exécutoire par provision, ce qui signifie qu’elle peut être mise en œuvre immédiatement, sans attendre l’expiration des délais d’appel.

Le recouvrement forcé des sommes dues

Une fois la décision judiciaire obtenue, le propriétaire dispose de plusieurs instruments pour recouvrer les sommes impayées. Le titre exécutoire permet de mandater un commissaire de justice (anciennement huissier de justice) pour procéder à des mesures d’exécution forcée : saisie-attribution sur les comptes bancaires du locataire, saisie sur salaire (saisie des rémunérations), saisie-vente des biens mobiliers.

La saisie-attribution, régie par les articles L. 211-1 et suivants du Code des procédures civiles d’exécution, est la mesure la plus efficace. Elle permet d’appréhender directement les fonds présents sur les comptes bancaires du débiteur, à concurrence du montant de la créance. Cette saisie produit un effet d’attribution immédiat au profit du créancier.

Lorsque le locataire est salarié, la saisie des rémunérations prévue aux articles L. 3252-1 et suivants du Code du travail permet de prélever directement sur son salaire une fraction calculée selon un barème progressif fixé par décret, tout en préservant le minimum vital (le solde bancaire insaisissable correspondant au montant du RSA).

La garantie des loyers impayés et le cautionnement

La question du recouvrement est indissociable des garanties souscrites lors de la conclusion du bail. Lorsqu’un garant (caution) s’est engagé par acte de cautionnement solidaire, le propriétaire peut actionner ce garant dès le premier impayé, sans avoir à justifier de poursuites préalables contre le locataire, en vertu du caractère solidaire de l’engagement.

L’article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 encadre strictement le formalisme du cautionnement. Le non-respect des mentions obligatoires peut entraîner la nullité de l’acte, privant le bailleur de cette garantie. Il est donc essentiel de vérifier la validité de l’acte de cautionnement avant d’engager des poursuites contre le garant.

Quant à la garantie Visale, dispositif public géré par Action Logement, elle couvre les impayés de loyer pendant les trois premières années du bail. Le bailleur doit déclarer l’impayé sur la plateforme Visale dans un délai de trente jours suivant le terme du loyer impayé. L’indemnisation intervient ensuite directement, Action Logement se retournant contre le locataire défaillant.

Pourquoi faire appel à un avocat pour le recouvrement de loyers impayés à Paris

Le recouvrement de loyers impayés implique une maîtrise fine du droit locatif, de la procédure civile et des voies d’exécution. Un avocat intervenant en contentieux locatif et recouvrement de loyers à Paris permet d’optimiser chaque étape de la procédure : vérification de la conformité du commandement de payer, rédaction de l’assignation, obtention d’une décision exécutoire dans les meilleurs délais, et supervision des mesures d’exécution forcée.

L’accompagnement par un professionnel du droit est d’autant plus crucial que les juridictions parisiennes, confrontées à un volume important de contentieux locatifs, appliquent une jurisprudence nuancée sur l’octroi de délais de paiement et la proportionnalité des mesures d’expulsion. Un avocat expérimenté saura adapter la stratégie procédurale aux circonstances de chaque dossier, tout en veillant au respect des droits fondamentaux du locataire tels qu’ils résultent de la loi et de la jurisprudence de la Cour de cassation.

La prescription de l’action en paiement des loyers est de trois ans à compter de la date d’exigibilité de chaque terme, conformément à l’article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989. Agir rapidement est donc impératif pour éviter toute perte de créance liée à la prescription.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».