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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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Chambre civile, Cour de cassation, le 6 février 2025, n° 23-18.360

Sommaire rédigé par l’IA

Référence de l’arrêt : Arrêt n° 70 FS-B, Pourvoi n° H 23-18.360, rendu le 6 février 2025 par la troisième chambre civile de la Cour de cassation.

Synthèse des faits :
Un local commercial loué à usage de restaurant par M. [U], qui a succédé à M. [J], fait l’objet d’un litige. Après la constatation de la fermeture du restaurant en janvier 2019, la société civile immobilière [3], devenant bailleresse, a délivré au locataire un commandement pour reprendre l’exploitation, s’appuyant sur une clause résolutoire du bail.

Réponse de la Cour de cassation :
La Cour de cassation casse partiellement l’arrêt de la cour d’appel qui avait rejeté la demande du locataire de suspendre les effets de la clause résolutoire. La Cour rappelle que l’article L. 145-41 du code de commerce permet de suspendre une clause résolutoire quels que soient les manquements reprochés, y compris pour défaut d’exploitation. Elle renvoie l’affaire devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, autrement composée.

Commentaire d’arrêt rédigé par l’IA :

Commentaire d’arrêt de la Cour de cassation, troisième chambre civile, du 6 février 2025

I. Le sens de la décision

L’arrêt en date du 6 février 2025 rendu par la troisième chambre civile de la Cour de cassation traite de l’application de l’article L. 145-41 du code de commerce relatif à la suspension des effets de la clause résolutoire dans un contrat de bail commercial. En l’espèce, M. [U], locataire d’un local à usage de restaurant, a cessé son activité, conduisant la SCI [3] à mettre en œuvre la clause résolutoire prévue au bail. La question essentielle posée à la Cour de cassation était de déterminer si le juge des référés pouvait accorder des délais et suspendre les effets de cette clause résolutoire pour manquement à une obligation autre que le paiement des loyers et charges, en l’occurrence, le défaut d’exploitation du fonds.

La Cour de cassation a cassé l’arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence qui avait limité l’application de l’article L. 145-41 exclusivement aux situations de non-paiement de loyers et charges. L’interprétation de la Cour de cassation est extensive : le juge peut suspendre les effets d’une clause résolutoire pour n’importe quel manquement aux obligations du locataire, et pas uniquement pour des défauts de paiement.

II. La valeur de la décision

La décision de la Cour de cassation s’avère particulièrement claire et fondée dans son interprétation des dispositions légales, en soulignant l’ampleur de l’application de l’article L. 145-41 du code de commerce. En étendant la capacité du juge à suspender une clause résolutoire à toute forme de manquement, la Cour augmente la protection offerte aux locataires de baux commerciaux, renforçant ainsi leur capacité à maintenir leur activité commerciale même lorsqu’ils rencontrent des difficultés touchant d’autres obligations du bail. Cela contribue à un équilibre entre les droits du bailleur et la viabilité économique du locataire. Toutefois, certaines critiques pourraient émaner de la sphère des propriétaires qui pourraient percevoir cette décision comme une réduction de leur sécurité contractuelle.

III. La portée de la décision

Cette décision s’inscrit dans une volonté d’harmoniser l’interprétation des clauses résolutoires liées aux baux commerciaux, en asXXXant que la législation offre une protection uniforme quels que soient les manquements. XXX le plan pratique, cet arrêt marquera probablement une influence forte XXX les contestations futures relatives aux baux commerciaux, en incitant à un recours plus fréquent à l’article L. 145-41 pour protéger l’exploitation commerciale des locataires. La jurisprudence antérieure qui limitait l’application de cet article risque d’être revue à la lumière de cette décision, générant ainsi une jurisprudence plus convergente. Il est attendu que cette interprétation inspire également d’autres chambres ou juridictions, tant internes qu’européennes, notamment XXX l’interprétation des clauses résolutoires dans les relations contractuelles commerciales.

Texte intégral de la décision :

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».