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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Article 381-2 – Code civil

Article 381-2 du Code civil

Définition et application par la jurisprudence


Texte de loi

Article 381-2

Le tribunal judiciaire déclare délaissé l’enfant recueilli par une personne, un établissement ou un service départemental de l’aide sociale à l’enfance qui se trouve dans la situation mentionnée à l’article 381-1 pendant l’année qui précède l’introduction de la demande en déclaration judiciaire de délaissement parental. La demande en déclaration de délaissement parental est obligatoirement transmise, à l’expiration du délai d’un an prévu à l’article 381-1, par la personne, l’établissement ou le service départemental de l’aide sociale à l’enfance qui a recueilli l’enfant, après que des mesures appropriées de soutien aux parents leur ont été proposées. La demande peut également être présentée par le ministère public agissant d’office ou, le cas échéant, sur proposition du juge des enfants. La simple rétractation du consentement à l’adoption, la demande de nouvelles ou l’intention exprimée mais non suivie d’effet de reprendre l’enfant ne constituent pas un acte suffisant pour rejeter de plein droit une demande en déclaration de délaissement parental et n’interrompent pas le délai mentionné au premier alinéa du présent article. Le délaissement parental n’est pas déclaré si, au cours du délai mentionné au premier alinéa, un membre de la famille a demandé à assumer la charge de l’enfant et si cette demande est jugée conforme à l’intérêt de ce dernier. Le délaissement parental peut être déclaré à l’endroit des deux parents ou d’un seul. Lorsqu’il déclare l’enfant délaissé, le tribunal délègue par la même décision l’autorité parentale sur l’enfant à la personne, à l’établissement ou au service départemental de l’aide sociale à l’enfance qui a recueilli l’enfant ou à qui ce dernier a été confié. La tierce opposition n’est recevable qu’en cas de dol, de fraude ou d’erreur sur l’identité de l’enfant.

Source : Légifrance (DILA) – Licence Ouverte 2.0

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Application par la jurisprudence

Nota bene — application de l’article 381-2 C. civ.
– Les juges apprécient de façon concrète l’« absence de relations » pendant un an: des contacts sporadiques, vœux ou cadeaux sans réel investissement ne suffisent pas, alors que des démarches régulières et suivies peuvent faire obstacle à la déclaration de délaissement.
– Ils vérifient aussi si le parent était empêché pour des causes indépendantes de sa volonté; de tels empêchements excluent le délaissement.
– La charge de la preuve pèse sur le demandeur, et l’appréciation est souveraine, guidée par l’intérêt supérieur de l’enfant; la décision ouvre ensuite la voie au placement en vue d’adoption.


Jurisprudence citant cet article

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