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Arnaque MaPrimeRénov et démarchage rénovation : annuler le contrat et récupérer l’argent

Les alertes sur les faux conseillers du logement et les arnaques à la rénovation énergétique se multiplient pendant l’été 2026. L’ANIL rappelle, dans son actualité du 2 juillet 2026, que l’ADIL ne démarche jamais les particuliers à domicile, par téléphone ou par mail. France Rénov’ invite aussi les ménages à se méfier des offres trop rapides, des promesses d’aide certaine et des entreprises qui se présentent comme mandatées par un service public. Pour un propriétaire ou un occupant qui vient de signer un devis, de transmettre son avis d’imposition, de communiquer un RIB ou d’accepter un crédit lié à des travaux, la question n’est plus théorique : faut-il se rétracter, demander l’annulation, porter plainte, bloquer le paiement ou saisir le juge ?

Le droit français donne plusieurs leviers. Le démarchage téléphonique pour vendre des équipements ou travaux d’économie d’énergie est interdit à la date du 27 juillet 2026. Le contrat conclu hors établissement ouvre en principe un délai de rétractation de quatorze jours. Les mensonges sur MaPrimeRénov’, le label RGE, le prix réel ou l’identité du démarcheur peuvent relever des pratiques commerciales trompeuses, du dol civil ou de l’escroquerie pénale. La difficulté pratique consiste à agir vite, dans le bon ordre, avec les bonnes pièces : bon de commande, mandat MaPrimeRénov’, échanges, preuve du démarchage, devis, crédit affecté, photos, signalement et mise en demeure.

Voici la méthode pour reprendre la main lorsqu’un contrat de rénovation énergétique a été signé sous pression, avec une aide publique promise ou avec une usurpation d’organisme public.

I. Arnaque MaPrimeRénov et démarchage rénovation énergétique : vérifier si le contrat peut être annulé

A. Démarchage téléphonique interdit, faux conseiller public et signature à domicile

Le premier réflexe consiste à qualifier l’entrée en relation. Le dossier n’est pas le même si vous avez contacté vous-même une entreprise après comparaison de plusieurs devis, si un commercial s’est présenté à votre domicile après un appel non sollicité, ou si vous avez cru parler à l’ADIL, à l’ANAH, à France Rénov’ ou à un autre service public. Dans les arnaques les plus fréquentes, le commercial crée un sentiment d’urgence : dossier d’aide prétendument ouvert, prime à perdre dans les quarante-huit heures, audit obligatoire, contrôle énergétique imaginaire, reste à charge présenté comme nul ou quasiment nul.

À la date du 27 juillet 2026, l’article L. 223-1 du Code de la consommation énonce une règle décisive : « Toute prospection commerciale » par téléphone ayant pour objet des travaux d’économie d’énergie « est interdite ». Le même article précise aussi que « Tout contrat conclu » après un démarchage téléphonique illicite « est nul ». Cette version de l’article est applicable au 27 juillet 2026, avec une abrogation programmée au 11 août 2026 ; la date des faits doit donc être conservée précisément.

Cette règle vise le démarchage téléphonique, mais elle éclaire aussi les dossiers où le téléphone sert à organiser une visite à domicile. Si le premier contact est un appel promettant une aide, un contrôle ou une intervention d’un organisme public, il faut noter le numéro, l’heure, le nom utilisé, l’objet annoncé, puis rechercher tout SMS ou courriel envoyé ensuite. Le professionnel pourra tenter de soutenir que la visite a été librement sollicitée. Vos pièces doivent donc montrer que la décision de signer a été provoquée par une sollicitation interdite ou trompeuse.

La fausse qualité est un indice majeur. L’ADIL n’est pas une entreprise de travaux, l’ANAH ne mandate pas des commerciaux pour faire signer un devis au domicile, et France Rénov’ n’a pas vocation à imposer une société privée. Si le démarcheur se présente comme “conseiller officiel”, “partenaire obligatoire”, “service de l’État” ou “plateforme mandatée”, demandez la preuve écrite de cette qualité. En pratique, l’absence de mandat public, l’usage d’un logo public, une adresse mail non institutionnelle, un numéro mobile ou une demande de RIB immédiate doivent alerter.

La signature à domicile fait entrer le dossier dans les contrats conclus hors établissement lorsque le professionnel vient chez le consommateur. L’article L. 221-18 du Code de la consommation prévoit que le consommateur dispose d’un « délai de quatorze jours » pour se rétracter d’un contrat conclu à distance, à la suite d’un démarchage téléphonique ou hors établissement. Cette rétractation n’a pas à être justifiée. Elle doit être envoyée par un moyen dont vous gardez la preuve : formulaire joint, courrier recommandé, courriel avec accusé, espace client si disponible, puis conservation d’une copie complète.

Le paiement immédiat est un autre signal. L’article L. 221-10 du Code de la consommation interdit au professionnel de recevoir un paiement « avant l’expiration d’un délai de sept jours » après la conclusion du contrat hors établissement. Si le commercial a exigé un acompte, un chèque, un virement, une autorisation de prélèvement ou une signature de crédit dès le premier rendez-vous, cette chronologie doit être vérifiée. La copie du chèque, l’ordre de virement, le relevé bancaire et le contrat de crédit deviennent alors des preuves centrales.

Le droit de rétractation ne suffit pas toujours. Certains dossiers sont découverts après quatorze jours, lorsque les travaux sont déjà commencés, lorsque le crédit est débloqué ou lorsque l’aide promise n’arrive jamais. Il faut alors chercher d’autres fondements : informations mensongères, omission d’un élément déterminant, pression insistante, absence de formulaire de rétractation, prix trompeur, faux label, mandat financier incompris, fausse promesse de versement de MaPrimeRénov’ sur votre compte.

Le dossier doit être gelé immédiatement. Ne signez aucun avenant correctif sans avis, ne laissez pas l’entreprise reprendre les documents originaux, ne supprimez pas les SMS, ne communiquez plus d’identifiants fiscaux ou bancaires, et demandez à votre banque de vous confirmer les moyens d’opposition encore disponibles. Si un crédit affecté finance les travaux, contactez aussi l’établissement prêteur par écrit pour signaler la contestation du contrat principal et demander la suspension de tout déblocage non encore réalisé.

La conservation des pièces est souvent décisive. Préparez un dossier chronologique : premier appel, visite, devis, bon de commande, mandat MaPrimeRénov’, mandat de perception, contrat de crédit, preuve du paiement, courriels, SMS, photos du chantier, plaques ou matériels installés, justificatifs des aides promises, capture du site internet, fiche RGE, échanges avec France Rénov’ ou l’ANAH, dépôt SignalConso, plainte éventuelle. Le juge ne statue pas sur un sentiment d’arnaque, mais sur une démonstration.

Le signalement administratif ne remplace pas l’action civile ou pénale. SignalConso, France Rénov’, l’ANAH, la DGCCRF ou l’ADIL peuvent orienter, alerter ou recueillir des informations. Mais pour obtenir l’annulation, le remboursement, la désinstallation, la suspension d’un crédit ou des dommages-intérêts, il faut souvent écrire au professionnel, au prêteur, puis saisir le tribunal compétent si aucune solution n’intervient.

B. Promesse d’aide, faux label RGE et coût réel des travaux : prouver le dol ou la pratique trompeuse

La promesse de MaPrimeRénov’ est l’un des leviers commerciaux les plus sensibles. Le commercial annonce parfois une aide certaine, un remboursement automatique, un reste à charge dérisoire ou un versement direct sur votre compte, alors que le dossier dépend de conditions techniques, de plafonds, de ressources, d’un professionnel RGE, d’un audit, d’une validation administrative ou d’un mandat financier. L’écart entre ce qui a été promis et ce qui est écrit doit être examiné ligne par ligne.

L’article L. 121-2 du Code de la consommation qualifie de trompeuse une pratique reposant sur des indications « fausses ou de nature à induire en erreur ». Le texte vise notamment le prix, le mode de calcul du prix, les caractéristiques du service, les droits du professionnel et les droits du consommateur. Une fausse mention “RGE”, une aide présentée comme acquise, un prix “après primes” non garanti ou une identité publique usurpée peuvent donc entrer dans cette grille d’analyse.

L’article L. 121-3 du Code de la consommation ajoute qu’une pratique est trompeuse lorsqu’elle omet ou dissimule « une information substantielle ». Dans un contrat de rénovation énergétique, l’information substantielle peut porter sur le montant réellement à payer, l’existence d’un crédit, le versement de l’aide à un tiers, la qualification RGE de l’entreprise ou du sous-traitant, le délai de rétractation, les conditions de l’aide, le calendrier des travaux, la garantie décennale ou le service après-vente.

Les pratiques agressives doivent aussi être identifiées. L’article L. 121-6 du Code de la consommation vise les sollicitations « répétées et insistantes » ou l’usage d’une contrainte morale qui altère la liberté de choix. Cela concerne les visites prolongées, les appels répétés, les menaces de perte de prime, l’impossibilité de relire le contrat, la pression exercée sur une personne âgée, malade, isolée ou vulnérable, ou le refus de laisser le consommateur consulter un proche avant de signer.

La sanction pénale des pratiques trompeuses n’est pas symbolique. L’article L. 132-2 du Code de la consommation prévoit « deux ans » d’emprisonnement et « 300 000 euros » d’amende. Si l’infraction utilise un support numérique, le texte prévoit des peines portées à cinq ans et 750 000 euros. Ces sanctions n’accordent pas automatiquement un remboursement à la victime, mais elles renforcent la gravité du dossier et peuvent justifier un signalement pénal lorsqu’il existe des manœuvres organisées.

Le droit civil offre un fondement complémentaire : le dol. L’article 1137 du Code civil définit le dol comme le fait d’obtenir le consentement par « des manœuvres ou des mensonges ». Il vise aussi la dissimulation intentionnelle d’une information déterminante. Si vous n’auriez pas signé sans la promesse d’une aide, sans le faux statut public, sans le label RGE annoncé ou sans l’assurance d’un reste à charge précis, le dol peut soutenir une demande de nullité du contrat.

La jurisprudence récente illustre cette logique. Dans un arrêt de la cour d’appel de Bourges du 3 avril 2026, n° 25/00752, disponible sur le site officiel de la Cour de cassation (CA Bourges, 3 avril 2026, n° 25/00752), le client avait signé des bons de commande pour une pompe à chaleur et un ballon thermodynamique après démarchage à domicile. La cour retient que « le représentant de la société GLE chauffage a provoqué une erreur dans l’esprit de l’intimé sur le coût réel de l’opération ». Elle ajoute que le client apporte la preuve de manœuvres dolosives ayant vicié son consentement.

Cette décision ne signifie pas que toute promesse d’aide annule automatiquement un contrat. Elle montre la méthode : comparer le devis, le bon de commande, le mandat MaPrimeRénov’, le mandat de perception, les explications données et la situation personnelle du consommateur. Lorsque le document fait croire que l’aide sera versée au client alors qu’un mandat la dirige vers un tiers, ou lorsque le coût final présenté au consommateur ne correspond pas à la réalité contractuelle, le dossier devient sérieux.

Il faut aussi vérifier le crédit affecté. Beaucoup de contrats de rénovation sont financés par un prêt signé le même jour. Si le contrat principal est annulé, le crédit peut également être contesté selon les conditions du dossier. Le prêteur n’est pas toujours un simple spectateur : il peut avoir débloqué les fonds malgré une attestation imprécise, des travaux non achevés ou un bon de commande irrégulier. Le courrier au prêteur doit donc être envoyé rapidement, avec copie de la rétractation, de la mise en demeure ou de l’assignation envisagée.

La preuve du préjudice doit être large. Il ne s’agit pas seulement du prix du devis. La victime peut subir un crédit à rembourser, une aide perdue, des travaux inutiles, un matériel défectueux, une dégradation du logement, des frais bancaires, un préjudice moral, des frais d’expertise ou une impossibilité de revendre ou louer sereinement. L’article 1217 du Code civil rappelle que la partie victime d’une inexécution peut notamment obtenir « une réduction du prix », provoquer la résolution du contrat ou demander réparation. Ces demandes doivent être chiffrées et prouvées.

Lorsque les manœuvres dépassent le litige contractuel, l’angle pénal doit être envisagé. L’article 313-1 du Code pénal définit l’escroquerie par l’usage d’un faux nom, d’une fausse qualité ou de manœuvres frauduleuses pour déterminer une remise de fonds. Le texte prévoit « cinq ans » d’emprisonnement et « 375 000 euros » d’amende. Une plainte est particulièrement utile si vous avez transmis un RIB, des identifiants fiscaux, signé un mandat douteux, payé une somme importante ou découvert d’autres victimes.

La plainte ne doit pas être rédigée de façon vague. Il faut décrire les faits chronologiquement, identifier les personnes, indiquer les numéros, joindre les pièces, expliquer la fausse qualité utilisée, le montant payé, l’aide promise, le crédit souscrit et les conséquences. Si plusieurs victimes existent, chaque dossier doit rester individualisé : date, lieu, documents signés, préjudice. Un récit précis évite que la plainte soit traitée comme une simple insatisfaction commerciale.

Avant toute action, vérifiez enfin l’entreprise. Recherchez son SIREN, son assurance décennale, son label RGE, son historique, son adresse, les avis, les éventuelles liquidations, l’identité du signataire et la cohérence entre la société qui vend, celle qui pose, celle qui encaisse et celle qui gère le dossier d’aide. Les arnaques se cachent souvent dans cette dissociation : une société démarche, une autre fait signer, une troisième perçoit, une quatrième pose ou disparaît.

II. Que faire après signature : rétractation, mise en demeure, plainte et remboursement

A. Agir dans les quatorze jours, bloquer les paiements et sécuriser le dossier

Si le contrat vient d’être signé, le délai de quatorze jours est la priorité. Envoyez immédiatement la rétractation, même si vous hésitez encore sur les autres recours. Le courrier doit identifier le contrat, la date, le professionnel, le logement, les travaux et votre décision claire de vous rétracter. Joignez, si possible, une copie du bon de commande. Envoyez le tout par lettre recommandée avec accusé de réception et par courriel lorsque vous avez une adresse. Gardez les preuves d’envoi.

Si les travaux n’ont pas commencé, interdisez par écrit toute intervention. Si une date de chantier est programmée, annulez-la expressément. Si le professionnel se présente malgré la rétractation, ne le laissez pas entrer et gardez une trace : appel, photo, message, témoin. Si des matériaux sont livrés, refusez la livraison ou mentionnez des réserves. Le but est d’éviter que l’entreprise invoque une exécution acceptée pour compliquer la restitution.

Si vous avez remis un chèque ou signé une autorisation de prélèvement, contactez votre banque. L’opposition à un chèque obéit à des conditions strictes, mais la banque peut vous expliquer les démarches disponibles selon le moyen de paiement. Pour un virement déjà exécuté, demandez immédiatement une procédure de rappel de fonds, même si son succès dépend du bénéficiaire. Pour un prélèvement SEPA, vérifiez les possibilités de contestation dans les délais. Pour un crédit affecté, écrivez au prêteur séparément.

Le courrier au prêteur doit être direct : contrat principal contesté, rétractation exercée ou nullité invoquée, demande de ne pas débloquer les fonds, demande de suspension des prélèvements si le dossier le permet, communication de toutes les pièces. N’attendez pas que le professionnel vous dise qu’il “s’occupe du financement”. Si le crédit a été signé dans le même mouvement commercial, le prêteur doit être informé de la contestation dès le départ.

Si le professionnel refuse la rétractation, réclame une indemnité ou menace de poursuites, ne répondez pas oralement. Demandez le fondement juridique écrit de sa position. Beaucoup de refus reposent sur des formules générales : “travaux personnalisés”, “commande spéciale”, “dossier déjà lancé”, “prime déjà demandée”. Ces arguments doivent être vérifiés juridiquement. La rénovation énergétique du logement n’exclut pas automatiquement le droit de rétractation, surtout lorsque le contrat a été signé hors établissement.

Le signalement administratif peut être fait en parallèle. SignalConso permet de déclarer un problème lié aux primes d’énergie et aux aides à la rénovation. France Rénov’ peut confirmer qu’aucun démarchage officiel n’existe et orienter vers un conseiller. L’ANAH peut vérifier certains points sur MaPrimeRénov’. L’ADIL peut rappeler qu’elle ne démarche pas. Ces démarches créent une trace utile, mais elles ne remplacent pas la lettre au professionnel, au prêteur et, si nécessaire, la saisine du tribunal.

Lorsque le délai de sept jours prévu par l’article L. 221-10 a été méconnu, mettez ce point en avant dans la mise en demeure. Indiquez la date de signature, la date du paiement, le montant et le moyen utilisé. Si le professionnel a encaissé une somme dès la visite à domicile, demandez la restitution immédiate. Une copie du relevé bancaire ou du chèque renforce la demande.

Les pièces à réunir dans les quarante-huit premières heures sont les suivantes : contrat complet, devis, conditions générales, formulaire de rétractation, mandat MaPrimeRénov’, mandat financier, contrat de crédit, justificatif de paiement, publicités, cartes de visite, captures du site, preuve du numéro de téléphone, échange avec le commercial, photos du logement avant travaux, justificatifs de ressources transmis, RIB transmis, numéro fiscal communiqué, échanges avec l’ANAH ou France Rénov’. Cette liste paraît lourde, mais elle évite de chercher les pièces dans l’urgence au moment de saisir le juge.

Si des travaux ont déjà commencé, prenez des photos datées avant toute modification. Ne laissez pas l’entreprise reprendre le matériel sans écrit clair, car cela peut faire disparaître la preuve de la prestation défectueuse ou inutile. Si le matériel crée un danger, faites constater la situation par un commissaire de justice, un expert, un artisan indépendant ou, à défaut, par des photos très précises. Le danger immédiat justifie parfois des mesures conservatoires, mais il faut garder la preuve du problème.

La mise en demeure doit rester structurée. Rappelez les faits, visez les textes utiles, demandez l’annulation ou la résolution selon le cas, exigez le remboursement, la désinstallation, l’arrêt des prélèvements, la communication des dossiers d’aide et la confirmation qu’aucune demande n’a été faite avec vos identifiants sans consentement. Fixez un délai de réponse court. Envoyez la lettre au siège social de l’entreprise, pas seulement au commercial.

B. Après le délai ou après travaux : saisir le juge, porter plainte et demander réparation

Lorsque les quatorze jours sont expirés ou que les travaux ont été posés, le dossier n’est pas perdu. Il change de terrain. Il faut démontrer l’irrégularité du démarchage, le dol, la pratique trompeuse, l’inexécution, la non-conformité, le défaut d’information ou l’escroquerie. Une action au fond peut viser la nullité du contrat, la restitution du prix, la désinstallation, la nullité ou les conséquences du crédit affecté, les dommages-intérêts et le remboursement des frais exposés.

Le choix du tribunal dépend du montant, de la qualité des parties, du lieu et de la nature du litige. Pour un consommateur face à une entreprise de travaux, le tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection peut être concerné selon le dossier. Si l’urgence porte sur l’arrêt de prélèvements, la conservation d’une preuve, la suspension de travaux dangereux ou la désignation d’un expert, un référé peut être envisagé. L’objectif n’est pas toujours de tout trancher immédiatement, mais de protéger la preuve et d’éviter l’aggravation du préjudice.

Une expertise peut être utile lorsque les travaux sont défectueux, inutiles ou différents de ce qui a été vendu. Elle peut porter sur la conformité de la pompe à chaleur, l’isolation, les panneaux, les performances annoncées, l’état du logement après intervention, le coût de reprise et l’intérêt réel des travaux. Mais l’expertise technique ne remplace pas la preuve commerciale : si le problème vient d’une fausse aide ou d’un faux conseiller public, les documents de vente restent aussi importants que le chantier.

La plainte pénale doit être envisagée lorsque la fausse qualité, l’usurpation d’organisme public, la captation d’identifiants, le détournement d’aide, la multiplication de victimes ou l’organisation du montage dépassent le litige contractuel. Déposez plainte avec les pièces, demandez un récépissé, puis conservez le numéro de procédure. Si vous avez communiqué des identifiants fiscaux, changez vos accès et surveillez les demandes déposées en votre nom. Si un RIB a été transmis, informez la banque et surveillez les prélèvements.

Le dépôt de plainte n’interrompt pas forcément les prélèvements du crédit et ne rembourse pas automatiquement les sommes versées. Il faut donc mener en parallèle l’action civile ou les démarches bancaires. Beaucoup de victimes perdent du temps en pensant que la plainte suffit. En pratique, la stratégie efficace combine plainte, signalement, mise en demeure, courrier au prêteur, constitution du dossier de preuves et, si nécessaire, assignation.

Le remboursement demandé doit être chiffré poste par poste. Prix payé, échéances de crédit, frais bancaires, coût de démontage, remise en état, frais d’expertise, préjudice de jouissance, préjudice moral, perte d’aide ou frais de conseil : chaque somme doit correspondre à une pièce. Le juge ne condamne pas une entreprise à rembourser un montant abstrait. Il apprécie les factures, relevés, devis de reprise, attestations et certificats utiles.

La défense du professionnel suivra souvent trois axes : vous auriez signé librement, les aides n’étaient pas garanties, les travaux seraient conformes. Il faut donc préparer la réponse. La liberté de signer se conteste par la preuve du démarchage interdit, de la pression, de la fausse qualité ou de l’absence d’information. La non-garantie des aides se conteste par les phrases du devis, les promesses écrites, le mandat et les explications données. La conformité des travaux se conteste par des photos, une expertise, des devis de reprise ou l’absence de performance attendue.

À Paris et en Île-de-France, les dossiers comportent souvent un enjeu immobilier supplémentaire. Les travaux peuvent toucher une copropriété, une façade, un conduit, un balcon, une unité extérieure, une isolation par l’extérieur ou une installation visible. Il faut alors vérifier le règlement de copropriété, les autorisations d’assemblée générale, les règles d’urbanisme et les nuisances éventuelles. Une arnaque à la rénovation peut donc créer un second litige avec le syndic, les voisins ou la mairie si les travaux ont été posés sans autorisation.

La victime doit aussi protéger son logement. Si l’entreprise a posé un matériel dangereux ou laissé le chantier ouvert, il faut sécuriser sans détruire la preuve. Faites constater, demandez un devis de mise en sécurité, conservez les anciens équipements lorsque c’est possible, et gardez les échanges. Si une pompe à chaleur, un ballon, une isolation ou des panneaux présentent un risque, la priorité est d’éviter le dommage corporel ou matériel tout en documentant la faute.

Enfin, il faut surveiller l’insolvabilité de l’entreprise. Certaines sociétés de démarchage disparaissent vite, changent de nom ou se placent en liquidation. Recherchez régulièrement l’état de la société au registre, identifiez l’assureur, le prêteur, les sous-traitants, le mandataire MaPrimeRénov’ et les bénéficiaires des paiements. Plus les acteurs sont identifiés tôt, plus les recours restent concrets.

Conclusion

Une arnaque MaPrimeRénov’ ou rénovation énergétique ne se traite pas comme une simple déception commerciale. Il faut dater le démarchage, vérifier si l’appel téléphonique était interdit, exercer la rétractation si le délai court encore, bloquer les paiements possibles, informer le prêteur, signaler les faits et préparer une demande d’annulation ou de remboursement. Les textes vérifiés donnent des leviers précis : interdiction du démarchage téléphonique énergétique au 27 juillet 2026, rétractation de quatorze jours, interdiction de paiement immédiat dans certains contrats hors établissement, pratiques trompeuses, dol civil, inexécution et escroquerie.

La décision de la cour d’appel de Bourges du 3 avril 2026 montre qu’une promesse mal présentée sur MaPrimeRénov’ peut vicier le consentement lorsque le coût réel de l’opération a été faussé. Mais chaque dossier dépend de ses pièces. Le point décisif est de démontrer ce qui a été promis, ce qui a été signé, ce qui a été payé, ce qui a été réellement exécuté et ce que vous auriez décidé si l’information avait été loyale.

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