Résiliation de bail — bailleurs et locataires
Avocat résiliation de bail à Paris : clause résolutoire ou résiliation judiciaire.
Deux voies pour mettre fin au bail : la clause résolutoire, mécanique mais strictement encadrée, et la résiliation judiciaire, qui exige un manquement suffisamment grave. Le cabinet choisit le fondement, sécurise les actes et défend aussi les locataires assignés.
Pour les baux conclus depuis le 29 juillet 2023, le commandement de payer ouvre un délai de six semaines. Pour un bail antérieur, la clause peut conserver le délai contractuel de deux mois : sa date et sa rédaction doivent être vérifiées avant toute assignation.
Maître Reda Kohen
Avocat au Barreau de Paris — baux d'habitation et contentieux locatif.
Profil officiel sur l'annuaire Avocat.fr
Page mise à jour le 23 juillet 2026.
La clause résolutoire
Résiliation de plein droit pour impayés de loyers, de charges ou de dépôt de garantie : six semaines pour les baux conclus depuis le 29 juillet 2023 ; pour un bail antérieur, le délai contractuel peut rester de deux mois (article 24 de la loi du 6 juillet 1989).
La résiliation judiciaire
Fondée sur l'article 1224 du code civil, elle suppose un manquement suffisamment grave — troubles, défaut d'assurance, usage non conforme — apprécié souverainement par le juge.
La défense existe
Délais de paiement jusqu'à trois ans pour le locataire en mesure de payer, contestation du commandement, gravité insuffisante ou non actuelle : une assignation ne vaut pas expulsion.
Réponse rapide
Deux fondements à ne pas confondre : la clause résolutoire de l'article 24 de la loi de 1989, qui joue après un commandement régulier resté sans effet pendant six semaines pour les baux conclus depuis le 29 juillet 2023, le délai contractuel pouvant rester de deux mois pour un bail antérieur, et la résiliation judiciaire de l'article 1224 du code civil, qui exige un manquement suffisamment grave. Le commandement contient à peine de nullité un décompte ventilé et les mentions légales. Le juge peut accorder jusqu'à trois ans de délais au locataire en mesure de payer, et le paiement complet dans le délai prive la clause d'effet.
Comprendre votre situation
Résiliation de bail : ce qui décide vraiment du dossier
Sept points pour résilier efficacement — ou se défendre contre une résiliation engagée.
Panneau 1 — Les règles
Deux fondements, deux régimes
Quatre règles structurent le contentieux de la résiliation.
La clause résolutoire joue de plein droit pour défaut de paiement du loyer, des charges ou du dépôt de garantie, dans le cadre strict de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 : commandement régulier, délai de six semaines depuis la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023.
Les nouveaux délais légaux ne modifient pas les clauses des baux en cours à l'entrée en vigueur de la loi (Cass. avis, 13 juin 2024, n° 24-70.002) : la lecture de la clause précède toute computation.
La résiliation judiciaire de l'article 1224 du code civil exige un manquement suffisamment grave aux obligations de l'article 7. La cessation du manquement n'interdit pas, à elle seule, la résiliation, même si elle peut peser dans l'appréciation concrète de sa gravité (CA Paris, Pôle 4 ch. 4, 27 mai 2025, n° 23/02385).
Le commandement contient à peine de nullité un décompte ventilé — loyers, charges, imputation des règlements, dates d'échéances (CA Paris, Pôle 4 ch. 4, 10 mai 2022, n° 19/16713).
Côté défense, le juge peut accorder jusqu'à trois ans de délais au locataire en situation de régler sa dette, y compris pour les baux antérieurs à la loi ALUR (Cass. avis, 16 février 2015, n° 14-70.011) ; le paiement complet dans le délai du commandement prive la clause résolutoire d'effet. Le juge peut aussi, selon les circonstances, constater ou prononcer la résiliation (article 1228 du code civil).
Panneau 2 — Vos pièces
Ce qu'il faut transmettre selon votre rôle
Le bail, le commandement et le décompte portent l'essentiel de l'analyse.
Bailleur
- Bail signé avec la clause résolutoire
- Commandement de payer délivré et décompte ventilé
- Preuves du manquement : impayés, troubles, défaut d'assurance
- Échanges avec le locataire et la caution
Locataire assigné
- Assignation et commandement reçus avec leurs dates
- Justificatifs de paiements et quittances
- Éléments de solvabilité pour les délais : revenus, aides
- Preuves des manquements du bailleur le cas échéant
Erreurs fréquentes : un commandement au décompte global non ventilé — nullité ; attendre l'audience pour demander des délais sans dossier de solvabilité.
Le cabinet traite aussi :
Panneau 3 — La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
Le choix du fondement se fait au vu des preuves — pas l'inverse.
Premier échange et envoi du dossier
Bail, commandement, décompte, échanges : première lecture juridique sous 24 à 48 heures.
Choix du fondement
Clause résolutoire pour les impayés caractérisés ; résiliation judiciaire pour les autres manquements graves — ou défense selon le rôle du client.
Actes et assignation
Commandement ventilé, assignation devant le juge des contentieux de la protection, notification au représentant de l'État.
Audience et exécution
Plaidoirie, délais éventuels, jugement, commandement de quitter les lieux et suivi de l'expulsion — ou apurement négocié.
La résiliation judiciaire se plaide sur la gravité établie par les preuves. Une régularisation avant l'audience n'efface pas automatiquement le manquement, mais elle peut peser dans l'appréciation du juge.
Panneau 4 — Le calendrier
La chronologie d'une résiliation pour impayés
Du commandement au jugement, voie clause résolutoire.
J 0 — Commandement de payer
Acte de commissaire de justice : décompte ventilé, mentions légales, délai de six semaines.
J+42 — Expiration du délai
Paiement complet : la clause est privée d'effet. Défaut : la clause est acquise.
Assignation
Constat d'acquisition de la clause, demande d'expulsion et de paiement ; notification au préfet au moins six semaines avant l'audience.
Audience
Vérification de la régularité, demandes de délais du locataire, décision.
Jugement
Résiliation constatée ou délais accordés avec suspension de la clause ; condamnation au paiement.
Exécution
Commandement de quitter les lieux, concours de la force publique, trêve hivernale le cas échéant.
Panneau 5 — Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant d'agir
Aucune assignation ni défense sans avoir validé ces points.
Présence et rédaction exacte de la clause résolutoire dans le bail.
Régularité du commandement : décompte ventilé, mentions, délai applicable au bail.
Computation : date de signification, expiration des six semaines, paiements intervenus.
Pour la voie judiciaire : gravité du manquement, preuves produites et situation au jour de l'audience.
Notification au représentant de l'État et diagnostics sociaux obligatoires.
Côté locataire : capacité d'apurement, délais de l'article 24 V, contestations du décompte.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
FAQ
Questions fréquentes
15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Sur quels fondements peut-on résilier un bail d'habitation ?
Le bail d'habitation peut être résilié sur deux fondements distincts. La clause résolutoire de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 vise le défaut de paiement du loyer ou des charges et le non-versement du dépôt de garantie. D'autres manquements, comme le défaut d'assurance ou les troubles de voisinage, obéissent à des fondements et à des formalités distincts. La résiliation judiciaire de l'article 1224 du code civil suppose un manquement suffisamment grave et une décision du juge : troubles répétés de voisinage, défaut d'entretien, usage non conforme à la destination, dégradations volontaires. Le choix entre les deux fondements dépend de la nature du manquement. La clause de l'article 24 est strictement limitée aux impayés de loyer ou de charges et au dépôt de garantie ; les autres manquements requièrent un autre fondement. La résiliation judiciaire est plus large mais suppose une démonstration probatoire de la gravité.
Qu'est-ce que la clause résolutoire et comment fonctionne-t-elle ?
La clause résolutoire est une stipulation insérée par la loi dans tout bail d'habitation. Elle prévoit la résiliation de plein droit du contrat pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus, ou pour non-versement du dépôt de garantie. Le mécanisme suppose la signification d'un commandement de payer par commissaire de justice, contenant à peine de nullité plusieurs mentions obligatoires : délai accordé au locataire pour payer, montant mensuel du loyer et des charges, décompte de la dette, avertissement sur les conséquences d'un défaut, information sur le fonds de solidarité pour le logement, information sur la possibilité de demander un délai de grâce. Le délai est de six semaines pour les baux conclus à compter du 29 juillet 2023, et de deux mois pour les baux antérieurs. À l'expiration sans paiement, la clause produit ses effets, sous réserve de la constatation par le juge.
Quel délai a le locataire pour payer après commandement ?
Le délai dépend de la date du bail. Pour les baux conclus à compter du 29 juillet 2023, date d'entrée en vigueur de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, le délai légal est de six semaines. Pour les baux conclus avant cette date, le délai contractuel de deux mois s'applique. La Cour de cassation, dans un avis du 13 juin 2024 (n° 24-70.002), a tranché clairement ce conflit de lois en jugeant que la loi nouvelle ne modifie pas les délais figurant dans les clauses des baux en cours au jour de son entrée en vigueur. Ce délai court à compter de la signification du commandement et permet au locataire de régulariser intégralement sa dette pour paralyser la clause résolutoire. Toute somme partielle ne suffit pas : le paiement doit être complet à la date d'expiration du délai. Le locataire peut également saisir le juge en délais de paiement, ce qui suspend les effets de la clause.
La résiliation judiciaire est-elle possible sans clause résolutoire ?
Oui. La résiliation judiciaire repose sur l'article 1224 du code civil qui dispose que la résolution résulte soit de l'application d'une clause résolutoire, soit en cas d'inexécution suffisamment grave d'une notification du créancier ou d'une décision de justice. La résiliation judiciaire est donc une voie autonome qui couvre les manquements non visés par la clause résolutoire de l'article 24 de la loi de 1989. Elle est utile pour les troubles répétés de voisinage, le défaut d'entretien, l'usage des lieux à des fins commerciales contraires à la destination d'habitation, les dégradations volontaires, ou l'occupation effective par un tiers en violation du bail. La résiliation judiciaire suppose deux conditions : un manquement imputable au locataire et une gravité suffisante pour justifier la résiliation immédiate plutôt que de simples dommages et intérêts. La gravité relève de l'appréciation souveraine du juge du fond.
Comment prouver un manquement grave du locataire ?
La preuve du manquement grave est essentielle pour obtenir la résiliation judiciaire. Le bailleur doit constituer un dossier probatoire complet adapté à la nature du manquement. Pour les troubles de voisinage, sont utiles les courriers et attestations des voisins, les mains courantes ou plaintes au commissariat, les constats de commissaire de justice, les courriers du syndic ou du conseil syndical, les photos datées. Pour le défaut d'entretien, sont utiles les constats de commissaire de justice à l'intérieur du logement, les factures de réparations rendues nécessaires, les courriers de mise en demeure restés vains. Pour l'usage non conforme, sont utiles les preuves d'activité commerciale (panneau, site internet, livraisons), les attestations de voisins, les constats sur place. La gravité doit être démontrée dans la durée : un manquement isolé suffit rarement. La répétition, l'intensité et la persistance après mise en demeure sont des facteurs décisifs.
Le locataire peut-il obtenir des délais de paiement en audience ?
Oui. Le V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 autorise le juge des contentieux de la protection à accorder au locataire des délais de paiement dans la limite de trois années, à condition que le locataire soit en situation de régler la dette et qu'il ait repris le paiement intégral du loyer courant avant l'audience. Pendant l'exécution du plan, la clause résolutoire est suspendue. La Cour de cassation a confirmé l'application immédiate de cette faculté aux baux en cours dans son avis du 16 février 2015 (n° 14-70.011). La demande peut être formulée à l'audience ou par voie de conclusions écrites, accompagnée des justificatifs de revenus, des attestations CAF, du dossier de surendettement éventuel et d'une proposition d'échéancier crédible. Le respect rigoureux du plan préserve le bail. Une seule échéance manquée peut faire reprendre la clause résolutoire son plein effet, sous réserve d'une nouvelle saisine du juge.
Que faire si le commandement de payer est irrégulier ?
L'irrégularité du commandement de payer ouvre une voie de défense puissante pour le locataire. La nullité peut être obtenue lorsque le commandement ne contient pas les mentions obligatoires de l'article 24 de la loi de 1989 (délai accordé, montant du loyer et des charges, décompte, avertissement, fonds de solidarité, délai de grâce) ou lorsque le décompte annexé est imprécis. La cour d'appel de Paris a posé une règle de principe dans un arrêt du 10 mai 2022 (n° 19/16713) : le commandement doit être suffisamment explicite pour permettre au locataire de vérifier le bien-fondé de la créance, en distinguant entre loyers et charges et en faisant apparaître l'imputation des règlements effectués. La sanction est la nullité du commandement, qui prive la résiliation de son effet. Le locataire doit soulever la nullité par voie d'exception devant le juge des contentieux de la protection. Le bailleur doit alors recommencer la procédure.
L'audience peut-elle suspendre la clause résolutoire ?
Oui. Le juge des contentieux de la protection peut suspendre les effets de la clause résolutoire en accordant au locataire des délais de paiement sur le fondement du V de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989. La suspension est conditionnée à la reprise effective du paiement du loyer courant avant l'audience et à la capacité du locataire à respecter l'échéancier proposé. La Cour de cassation, dans un arrêt du 22 octobre 2020 (n° 19-19.542) publié au Bulletin, a précisé qu'une fois l'ordonnance ayant suspendu les effets de la clause résolutoire passée en force de chose jugée, le bailleur ne peut plus demander unilatéralement l'exécution du bail résilié en cas de non-respect par le preneur des délais. Cette logique est transposable au bail d'habitation. Le bailleur ne peut pas reprendre le logement par voie de fait : il doit nécessairement saisir le juge pour faire constater le manquement à l'échéancier.
Combien de temps prend une procédure de résiliation à Paris ?
Une procédure complète de résiliation à Paris dure entre 8 et 14 mois entre la signification du commandement de payer et le jugement définitif. Le calendrier type combine plusieurs étapes : commandement de payer signifié au mois 1 ou 2, expiration du délai légal au mois 3 (six semaines) ou 4 (deux mois), assignation devant le juge des contentieux de la protection au mois 4 ou 5 avec notification au préfet six semaines avant l'audience, audience devant le juge au mois 7 à 9 selon les délais d'audiencement, jugement de résiliation rendu sur le siège ou en délibéré, signification du jugement au mois 10. La phase d'exécution (commandement de quitter les lieux, concours de la force publique) ajoute 4 à 6 mois supplémentaires. La trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars peut décaler l'expulsion matérielle. Une procédure simplifiée par protocole transactionnel peut raccourcir significativement le calendrier lorsque le débiteur est solvable et coopératif.
Le bailleur peut-il refuser le paiement en cours d'instance ?
Le bailleur ne peut pas refuser un paiement intégral effectué dans le délai du commandement de payer : la régularisation paralyse automatiquement la clause résolutoire, indépendamment du consentement du bailleur. En revanche, après l'expiration du délai, le paiement intervenu en cours d'instance est plus complexe. Le bailleur peut soit accepter le paiement et se désister de sa demande de résiliation, soit maintenir l'action mais dans ce cas le juge appréciera selon les circonstances : un paiement intégral après expiration du délai mais avant l'audience peut conduire à un constat de bonne foi qui justifie l'octroi de délais et la suspension de la clause. Si le bailleur refuse un plan d'apurement amiable, le juge peut imposer des délais de paiement contre l'avis du bailleur sur le fondement du V de l'article 24. Le bailleur a donc intérêt à examiner attentivement la proposition du locataire avant de la refuser.
Quels sont les frais à la charge du locataire après jugement ?
Le jugement qui prononce la résiliation et condamne le locataire au paiement met à sa charge les dépens, c'est-à-dire les frais de procédure : commandement de payer, signification du jugement, droits d'enregistrement. Le bailleur peut également obtenir une indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile pour ses frais d'avocat, dont le montant est fixé librement par le juge. Les frais d'exécution (commandement de quitter les lieux, concours de la force publique, serrurier, garde-meuble éventuel) sont en principe à la charge du locataire. L'indemnité d'occupation court jusqu'à la libération effective des lieux et son montant correspond généralement au montant du loyer et des charges. En pratique, le recouvrement effectif de tous ces frais dépend de la solvabilité du locataire. Si le locataire est insolvable, les frais resteront à la charge du bailleur même si le titre exécutoire les met formellement à la charge du locataire.
Le bailleur peut-il résilier pour défaut d'entretien ?
Oui. Le défaut d'entretien constitue un manquement aux obligations du locataire prévues par l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989, qui impose au locataire de prendre à sa charge l'entretien courant du logement et les menues réparations. Lorsque le défaut d'entretien est suffisamment grave (logement laissé à l'abandon, dégradations majeures, défaut d'aération causant des moisissures), le bailleur peut demander la résiliation judiciaire fondée sur l'article 1224 du code civil. La preuve repose sur des constats de commissaire de justice, des photos datées, des courriers de mise en demeure restés vains, des factures de réparations rendues nécessaires. La gravité doit être démontrée par des faits précis. Une régularisation avant l'audience n'efface pas automatiquement le manquement, mais peut peser dans l'appréciation du juge. Le bailleur peut également solliciter, en complément ou à titre subsidiaire, l'exécution forcée des obligations de remise en état.
L'expulsion suit-elle automatiquement la résiliation ?
Non. La résiliation prononcée par le jugement n'emporte pas l'expulsion automatique du locataire : elle ouvre seulement la phase d'exécution. Si le locataire reste dans les lieux après le jugement, le bailleur doit faire signifier par commissaire de justice un commandement de quitter les lieux qui ouvre un nouveau délai de deux mois avant l'expulsion forcée, conformément à l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d'exécution. Ce commandement doit également être notifié au préfet du département. À l'issue du délai, si le locataire n'a pas libéré les lieux, le commissaire de justice sollicite le concours de la force publique auprès du préfet. La trêve hivernale du 1er novembre au 31 mars suspend l'expulsion matérielle, sauf exceptions. L'ensemble de cette phase post-jugement peut prendre plusieurs mois supplémentaires. Pour le détail de la phase d'exécution, voir la page expulsion locative du cabinet.
Quel tribunal est compétent pour la résiliation à Paris ?
Le tribunal compétent pour les actions en résiliation de bail d'habitation à Paris est le tribunal judiciaire de Paris, plus précisément le juge des contentieux de la protection, spécialisé dans les contentieux locatifs et de la protection. La compétence territoriale est celle du tribunal du lieu de situation de l'immeuble, par dérogation à la règle générale du domicile du défendeur. À Paris, le tribunal judiciaire siège au Parvis du Tribunal de Paris dans le 17e arrondissement. La procédure est introduite par assignation, qui doit être notifiée au préfet de Paris au moins six semaines avant l'audience à peine d'irrecevabilité, sur le fondement du III de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989. La saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives est également obligatoire au moins deux mois avant la délivrance de l'assignation pour les bailleurs personnes morales autres que les SCI familiales.
Comment contester une résiliation abusive ?
Le locataire dispose de plusieurs voies pour contester une résiliation abusive. Au stade du commandement de payer, il peut soulever la nullité par voie d'exception devant le juge des contentieux de la protection en s'appuyant sur les mentions obligatoires de l'article 24 de la loi de 1989 ou sur l'imprécision du décompte annexé. Au stade de l'audience, il peut contester la régularité de la procédure (notification au préfet, saisine de la commission de coordination), demander des délais de paiement sur le fondement du V de l'article 24, opposer un manquement du bailleur à son obligation de délivrance ou des troubles de jouissance subis. Au stade du jugement, la voie de l'appel reste ouverte dans le délai d'un mois à compter de la signification, sauf si le jugement est rendu en dernier ressort. Au stade de l'exécution, le locataire peut saisir le juge de l'exécution pour contester la régularité du commandement de quitter les lieux ou demander des délais d'expulsion. Toute irrégularité, même apparemment formelle, peut suspendre la procédure et faire gagner plusieurs mois.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
- Article 24 de la loi du 6 juillet 1989 sur Légifrance — clause résolutoire et protection du locataire
- Article 1224 du code civil sur Légifrance — résolution pour inexécution suffisamment grave
Synthèse
Situation, preuve, délai, action
Les configurations les plus fréquentes au cabinet, pour calibrer rapidement la priorité et l'arme procédurale.
| Situation | Preuve décisive | Délai | Action utile |
|---|---|---|---|
| Loyer impayé depuis 2 termes | Avis d'échéance, dernière quittance, décompte ventilé | Aussitôt après le 2e terme manquant | Mise en demeure puis commandement de payer visant la clause résolutoire |
| Commandement reçu par le locataire | Acte signifié, décompte annexé, ressources actuelles | 6 semaines (bail post-29 juillet 2023) ou 2 mois (bail antérieur) | Régulariser ou saisir le juge en délais avant audience |
| Manquement grave non pécuniaire | Constats, plaintes voisinage, mises en demeure, photos datées | Action utile dès la deuxième mise en demeure | Résiliation judiciaire fondée sur l'article 1224 code civil |
| Audience locative imminente | Bail, commandement, décompte actualisé, justificatifs | Au moins 15 jours avant la date | Conclusions, demande de délais ou de constatation |
| Commandement irrégulier reçu | Acte signifié et décompte annexé incomplet | Avant l'expiration du délai légal | Demande de nullité par voie d'exception devant le juge |
| Résiliation prononcée, locataire occupant | Jugement signifié, certificat de non-appel | 2 mois après commandement de quitter les lieux | Demande de concours de la force publique au préfet |
Dossiers
Cas pratiques du cabinet
Exemples anonymisés. Les chiffres correspondent à des dossiers réels, arrondis par souci de discrétion.
Les exemples ci-dessous, anonymisés, illustrent la diversité des dossiers. Les chiffres correspondent à des situations réelles arrondies par discrétion.
Bailleur récupère son bien en 6 mois pour 9 800 euros d'impayés
Dette de 9 800 euros sur sept mois. Mise en demeure, commandement de payer dans les six semaines, audience devant le juge des contentieux de la protection en quatre mois, jugement de résiliation, expulsion juste après la trêve hivernale.
Action : clause résolutoire + audience. Résultat : libération des lieux et titre exécutoire de paiement.
Locataire obtient suspension et délais sur 24 mois
Famille en arriérés de 5 600 euros à la suite d'une perte d'emploi. Délais de paiement obtenus à l'audience sur le fondement de l'article 24 V, plan d'apurement de 24 mois homologué, clause résolutoire suspendue. Maintien dans le logement et reprise des paiements.
Action : article 24 V + reprise loyer courant. Résultat : bail préservé.
Annulation d'un commandement irrégulier, résiliation rejetée
Commandement de payer signifié sans décompte ventilé entre loyer et charges, et avec une erreur sur l'imputation des règlements effectués. Demande de nullité accueillie devant le juge, résiliation rejetée, le bailleur a dû recommencer la procédure depuis le début, perdant 5 mois.
Action : exception de nullité du commandement. Résultat : bail maintenu, calendrier décalé.
Une procédure de résiliation ? Réagissez aujourd'hui.
Bailleur qui veut récupérer son bien ou locataire assigné : le fondement et le calendrier décident du dossier. Envoyez le bail, le commandement et le décompte — réponse sous 24 à 48 heures.