Avocat recouvrement de créances commerciales à Paris : obtenir un titre et faire payer.
Recouvrer une créance commerciale impayée à Paris impose de choisir vite la bonne procédure : injonction de payer pour les factures incontestables, référé provision quand l'urgence l'exige, assignation au fond en cas de contestation sérieuse. Le cabinet sécurise la preuve, obtient un titre exécutoire et déclenche la saisie attribution ou la saisie conservatoire selon le profil du débiteur.
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Le recouvrement de créance s'articule avec d'autres expertises : contrats commerciaux dont le manquement déclenche la dette, conditions générales de vente qui chiffrent les pénalités, procédures collectives quand le débiteur sombre, et contentieux commercial pour les litiges au fond.
Créance commerciale : vérifier qu'elle est exigible
Avant toute procédure, le cabinet vérifie trois conditions cumulatives : la créance doit être certaine dans son principe, liquide dans son montant et exigible dans son terme. Une facture impayée n'est pas systématiquement recouvrable : il faut s'assurer que la prestation a bien été exécutée, que le prix est déterminable, que le délai de paiement contractuel est dépassé et que la prescription n'est pas acquise.
La preuve entre commerçants est libre (article L. 110-3 du Code de commerce) : factures, bons de commande, échanges de courriels, accusés de réception, livraisons signées, conditions générales acceptées, tout est recevable. La prescription est de cinq ans à compter du jour où le créancier a connu ou aurait dû connaître les faits permettant d'agir (article L. 110-4 du Code de commerce). Le délai court généralement à compter de l'échéance impayée.
Pièces à préparer pour qualifier la créance
Créancier
K-bis, factures impayées, bons de commande, devis signé, échéancier convenu, conditions générales de vente.
Direction administrative et financière
Relances écrites, mails du débiteur, échéanciers proposés, paiements partiels, lettres recommandées.
Prestataire ou fournisseur
Bordereau de livraison signé, procès-verbal de réception, attestation de service fait, validation contradictoire.
Dirigeant exposé
Comptes annuels du débiteur, fiche INPI, BODACC, indices d'insolvabilité, garanties personnelles éventuelles.
Mise en demeure : préparer la preuve
La mise en demeure n'est pas obligatoire pour saisir le juge des référés ou requérir une injonction de payer, mais elle reste recommandée. Elle constitue la preuve formelle du retard, déclenche le cours des intérêts moratoires si le contrat n'a rien prévu, et permet souvent un règlement amiable. Une mise en demeure bien rédigée évite parfois six mois de procédure.
Pour les créances entre professionnels, la loi prévoit de plein droit, en cas de retard, un intérêt au moins égal à trois fois le taux légal et une indemnité forfaitaire de quarante euros pour frais de recouvrement (article L. 441-10 du Code de commerce). Une indemnisation complémentaire peut être demandée sur justification si les frais réels excèdent ce forfait. Le cabinet chiffre intégralement la créance dès la mise en demeure pour éviter toute contestation ultérieure sur l'assiette.
Ce que le cabinet vérifie avant d'agir
Échéance et exigibilité
Date d'émission, conditions de règlement, dépassement effectif du délai contractuel ou légal.
Solidité de la preuve
Bons de livraison, échanges écrits, acceptation tacite, absence de réserve sur la prestation.
Identité juridique du débiteur
Forme sociale exacte, dénomination en vigueur, siège, dirigeants, procédure collective éventuelle.
Solvabilité réelle
Comptes déposés, BODACC, hypothèques, sûretés existantes, indices de défaut imminent.
Injonction, référé, assignation : choisir la procédure
Trois voies coexistent en droit du recouvrement commercial. Chacune a ses conditions de recevabilité, son délai propre et ses risques. Le bon choix dépend de la nature de la créance, du profil du débiteur, du montant en jeu et de l'urgence. Le tableau ci-dessous résume les arbitrages les plus fréquents.
L'injonction de payer suit le régime des articles 1405 et suivants du Code de procédure civile : recouvrement d'une créance ayant une cause contractuelle d'un montant déterminé, requête au président du tribunal compétent. Le référé provision repose sur l'article 873, alinéa 2, du Code de procédure civile devant le président du tribunal de commerce, son équivalent figurant à l'article 835 du même code devant le président du tribunal judiciaire. L'assignation au fond suit la procédure ordinaire avec mise en état, échanges contradictoires et plaidoirie.
| Situation | Risque principal | Procédure adaptée | Décision recommandée |
|---|---|---|---|
| Facture B2B incontestée, retard simple | Lenteur si on plaide au fond | Injonction de payer (article 1405 CPC) | Requête au tribunal de commerce du débiteur |
| Créance non sérieusement contestable, urgence | Trésorerie immédiate menacée | Référé provision (article 873 CPC) | Assigner en référé devant le tribunal de commerce |
| Débiteur conteste sérieusement la créance | Référé rejeté pour contestation sérieuse | Assignation au fond | Préparer un dossier complet, plaider sous neuf à dix-huit mois |
| Débiteur risque de se vider de sa substance | Insolvabilité organisée pendant la procédure | Saisie conservatoire (article L. 511-1 CPCE) | Requête d'autorisation au juge de l'exécution |
| Titre exécutoire obtenu, débiteur silencieux | Décision restée lettre morte | Saisie attribution sur compte bancaire | Mandater un commissaire de justice avec relevé bancaire |
| Clause attributive de juridiction au contrat | Saisine d'un tribunal incompétent | Tribunal désigné si validité de la clause | Vérifier la validité au regard de l'article 48 CPC |
Jurisprudence vérifiée
Cass. com., 13 juin 2018, n° 17-15.492 (au visa de l'article 873, alinéa 2, du Code de procédure civile). La Chambre commerciale casse l'arrêt qui avait accordé une provision en référé alors que le débiteur opposait l'exception d'inexécution liée à un défaut d'entretien des prestations facturées. La Cour rappelle que le juge des référés ne peut allouer une provision lorsqu'il existe une contestation sérieuse sur l'obligation. Lire la décision sur courdecassation.fr.
L'opposition à une injonction de payer, signifiée au débiteur, doit être formée dans le mois qui suit la signification (article 1416 du Code de procédure civile). Si la signification n'a pas été faite à personne, le délai court à compter du premier acte signifié à personne ou de la première mesure d'exécution. Une fois opposition formée, l'affaire bascule au fond devant la juridiction qui a rendu l'ordonnance (article 1417 CPC).
Débiteur insolvable : sécuriser avant d'agir
Engager une procédure contre un débiteur déjà en cessation des paiements, ou sur le point de se vider de ses actifs, revient à payer pour rien. Le cabinet vérifie systématiquement la solvabilité réelle avant tout dépôt de requête : extraits BODACC, comptes annuels déposés à l'INPI, immatriculation, garanties existantes, sûretés des autres créanciers, valeur des actifs identifiables.
Quand le risque est avéré, la saisie conservatoire constitue le levier le plus efficace pour figer les actifs avant titre. Il suffit que la créance paraisse fondée en son principe et qu'existent des circonstances susceptibles d'en menacer le recouvrement (articles L. 110-4 du Code de commerce et L. 511-1 du Code des procédures civiles d'exécution). Le juge de l'exécution autorisé la mesure sur requête, sans débat contradictoire préalable.
Jurisprudence vérifiée
Cass. com., 19 mai 2015, n° 14-17.401, Banque Monte Paschi (publié au Bulletin). Au visa des articles L. 511-1 et L. 511-2 du Code des procédures civiles d'exécution et L. 511-21 et L. 512-4 du Code de commerce, la Chambre commerciale rappelle que le bénéficiaire d'un billet à ordre impayé peut, sans autorisation préalable du juge, pratiquer des mesures conservatoires sur les biens de l'avaliste, tenu de la même manière que le souscripteur. Lire la décision sur courdecassation.fr.
Trois dossiers traités récemment
Injonction de payer 38 000 €, opposition perdante
Société de prestations informatiques, factures impayées sur huit mois. Requête en injonction de payer déposée au tribunal de commerce du siège du débiteur. Ordonnance obtenue en six semaines. Opposition formée par la débitrice rejetée au fond, jugement exécutoire et signifié.
Référé provision 320 000 €, créance incontestée
Fournisseur industriel, factures sur deux exercices, accusés de réception signés, livraisons confirmées par mail. Référé provision devant le tribunal de commerce de Paris : provision intégrale allouée, débiteur condamné aux dépens et à l'article 700.
Saisie conservatoire 180 000 €, créance contestable
Prestataire de services, créance refusée par le client allègant un défaut d'exécution. Risque réel de mise en sauvegarde du débiteur sous quelques semaines. Requête au juge de l'exécution, autorisation obtenue, saisie conservatoire pratiquée sur un compte bancaire et dénoncée. Procédure au fond engagée en parallèle.
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Envoyer les piècesSaisie et exécution : transformer le jugement en cash
Obtenir un titre exécutoire ne suffit pas. La phase d'exécution exige une stratégie distincte : choisir la mesure adaptée selon les actifs identifiables (compte bancaire, créance détenue par le débiteur sur un tiers, parts sociales, fonds de commerce, immeuble), mandater un commissaire de justice, anticiper les contestations possibles devant le juge de l'exécution.
La saisie attribution sur compte bancaire reste la mesure la plus rapide : elle attribue immédiatement au créancier la somme saisie, dans la limite de la créance due, à compter de la signification (article L. 211-1 du Code des procédures civiles d'exécution). Le débiteur dispose d'un mois pour contester. La saisie est pratiquée par un commissaire de justice sur la base du titre exécutoire et d'un relevé d'identité bancaire identifié.
Pour les actifs plus complexes, d'autres voies existent : saisie de droits d'associé et valeurs mobilières, saisie de parts sociales avec adjudication, saisie immobilière le cas échéant, saisie de créance entre les mains d'un tiers détenteur. Chaque mesure obéit à ses formes propres et à des délais à respecter scrupuleusement.
Jurisprudence vérifiée
Cass. com., 2 octobre 1985, n° 84-10.156 (publié au Bulletin), au visa des articles 1er du Code de commerce et 48 du nouveau Code de procédure civile. La Chambre commerciale casse l'arrêt qui attribuait la qualité de commerçant à une personne ayant accompli un acte isolé à caractère commercial pour valider une clause attributive de juridiction. Les clauses attributives ne sont valables qu'entre commerçants au sens de l'exercice habituel d'actes de commerce. Lire la décision sur courdecassation.fr.
Comment le cabinet vous accompagne
Audit du dossier et qualification de la créance
Examen des pièces, vérification de l'exigibilité, calcul exact des sommes dues intérêts et indemnité L. 441-10 inclus.
Mise en demeure rédigée par avocat
Lettre comminatoire avec décompte précis et délai de règlement, premier filtre amiable avant procédure.
Choix de la procédure et saisine
Injonction de payer, référé provision ou assignation au fond selon le profil du débiteur et la solidité de la preuve.
Mesures conservatoires si nécessaire
Saisie conservatoire de comptes ou de créances avant titre, sur autorisation du juge de l'exécution.
Exécution forcée par commissaire de justice
Saisie attribution, saisie vente, saisie de droits d'associé, conversion d'une mesure conservatoire en saisie définitive.
Une créance qui dort est une créance qui s'éteint. La prescription quinquennale court silencieusement, et un débiteur silencieux est rarement un débiteur solvable. Plus tôt l'avocat est saisi, plus large est l'éventail des options : amiable d'abord, conservatoire si nécessaire, exécution ensuite.
Quelques chiffres utiles au recouvrement
La timeline d'un recouvrement réussi
Un recouvrement maîtrisé suit un ordre précis. Brûler les étapes expose à un rejet de la procédure ou à un titre inutile faute d'actifs saisissables.
Vérification de la créance et de la solvabilité
Pièces du dossier, comptes du débiteur, BODACC, garanties existantes, indices de défaut.
Mise en demeure rédigée par avocat
Décompte chiffré, délai imparti, fondement juridique, notification par lettre recommandée.
Saisie conservatoire si risque de fuite des actifs
Requête au juge de l'exécution, autorisation, signification au débiteur dans les huit jours.
Procédure judiciaire adaptée
Injonction de payer, référé provision ou assignation au fond selon la nature de la contestation.
Obtention du titre exécutoire
Ordonnance, jugement de référé ou jugement au fond, signification par commissaire de justice.
Exécution forcée et conversion conservatoire
Saisie attribution sur compte bancaire, saisie de créance, conversion de la conservatoire si applicable.
Le cabinet
Maître Reda Kohen, avocat à Paris
Inscrit au Barreau de Paris, le cabinet accompagne PME, fournisseurs, prestataires et dirigeants exposés à des impayés commerciaux. La pratique combine procédures rapides (injonction de payer, référé provision), mesures conservatoires et exécution forcée, devant le tribunal de commerce de Paris et au-delà.
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Questions fréquentes sur le recouvrement de créances commerciales
Quelle différence entre injonction de payer, référé provision et assignation au fond ?
L'injonction de payer (articles 1405 et suivants du Code de procédure civile) est une procédure rapide, non contradictoire au stade initial, adaptée aux créances contractuelles certaines, liquides et exigibles. Le référé provision (article 873 CPC pour le tribunal de commerce, article 835 CPC pour le tribunal judiciaire) suppose que la créance ne soit pas sérieusement contestable et permet une provision en quelques semaines. L'assignation au fond s'impose dès qu'existe une contestation sérieuse : le dossier est instruit et plaidé, le délai d'obtention du jugement est plus long, mais la décision tranche définitivement le litige.
Quelle est la prescription d'une créance commerciale ?
Les obligations nées entre commerçants ou entre commerçants et non-commerçants se prescrivent par cinq ans (article L. 110-4 du Code de commerce), sauf prescriptions spéciales plus courtes. Le délai court à compter de l'exigibilité de la créance. Une mise en demeure ne suspend pas la prescription, seule la saisine d'un juge ou la reconnaissance de dette par le débiteur l'interrompt. Au-delà de cinq ans, la créance est en principe éteinte sauf cause d'interruption ou de suspension valablement caractérisée.
La mise en demeure est-elle obligatoire avant d'agir en recouvrement ?
La mise en demeure n'est pas requise pour saisir le juge des référés ni pour requérir une injonction de payer, mais elle reste vivement recommandée. Elle constitue la preuve du retard, déclenche l'écoulement des intérêts moratoires si le contrat n'a rien prévu, et règle souvent le différend sans procédure judiciaire. Pour les créances entre professionnels, l'article L. 441-10 du Code de commerce ouvre droit de plein droit, à l'échéance, à des intérêts au moins égaux à trois fois le taux légal et à une indemnité forfaitaire de quarante euros.
Qu'est-ce qu'une créance exigible au sens du recouvrement ?
Une créance est exigible lorsque le terme de paiement est échu et que le créancier peut donc en réclamer immédiatement le règlement. La créance doit également être certaine dans son principe (preuve du fait générateur) et liquide dans son montant (somme déterminée ou déterminable selon les éléments du contrat). Une facture émise sans échéance contractuelle est exigible dès sa réception. Une créance soumise à condition suspensive ne devient exigible qu'à la réalisation de la condition.
Quel est le délai pour former opposition à une injonction de payer ?
L'opposition est formée dans le mois qui suit la signification de l'ordonnance (article 1416 du Code de procédure civile). Si la signification n'a pas été faite à personne, le délai court à compter du premier acte signifié à personne ou de la première mesure d'exécution rendant indisponibles les biens du débiteur. Passé ce délai, l'ordonnance acquiert force exécutoire et peut être exécutée par toute voie de droit. L'opposition relance le procès au fond devant la juridiction qui a rendu l'ordonnance (article 1417 CPC).
Quelles conditions pour obtenir un référé provision en matière commerciale ?
Devant le président du tribunal de commerce, le référé provision est ouvert lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable (article 873, alinéa 2, du Code de procédure civile). La Chambre commerciale rappelle que le juge des référés doit refuser la provision dès qu'apparaît une contestation sérieuse, par exemple une exception d'inexécution étayée par les pièces (Cass. com. 13 juin 2018, n° 17-15.492). Le créancier doit donc présenter un dossier solide : factures, bons de livraison, accusés de réception, absence de réserve formelle du débiteur.
Peut-on saisir les biens d'un débiteur sans avoir encore obtenu de titre ?
Oui, par voie de saisie conservatoire (article L. 511-1 du Code des procédures civiles d'exécution). Toute personne dont la créance paraît fondée en son principe peut demander au juge de l'exécution l'autorisation de pratiquer une mesure conservatoire si elle justifie de circonstances susceptibles d'en menacer le recouvrement. La saisie immobilise les actifs (compte bancaire, créance, parts sociales) sans transfert de propriété. Le créancier doit ensuite engager une procédure au fond et obtenir un titre, sous peine de mainlevée.
Comment recouvrer concrètement une fois le titre exécutoire obtenu ?
La voie la plus rapide est la saisie attribution sur compte bancaire (article L. 211-1 du Code des procédures civiles d'exécution). Elle attribue immédiatement au créancier la somme saisie dans la limite de la créance due, à compter de la signification au tiers détenteur. D'autres voies existent selon les actifs : saisie de créance entre les mains d'un tiers, saisie de droits d'associé et valeurs mobilières, saisie vente de meubles, saisie immobilière. L'exécution est confiée à un commissaire de justice, qui agit sur la base du titre et de la désignation des biens à saisir.
Combien coûte une procédure de recouvrement ?
Les frais varient selon la procédure choisie. L'injonction de payer génère des frais de timbre fiscal et de signification limités. Le référé et l'assignation au fond engagent des frais de greffe et d'huissier plus élevés. Les honoraires d'avocat sont définis au forfait (à partir d'environ 1 200 euros TTC pour une injonction de payer simple) ou au temps passé (taux horaire pour les dossiers complexes). Une partie peut être récupérée auprès du débiteur condamné (article 700 du Code de procédure civile et article L. 441-10 du Code de commerce).
Quel tribunal est compétent pour le recouvrement d'une créance commerciale ?
Lorsque le créancier et le débiteur sont commerçants, le tribunal de commerce est compétent. Pour l'injonction de payer, la requête est portée devant le président du tribunal de commerce du lieu où demeure le débiteur (article 1406 du Code de procédure civile). Une clause attributive de juridiction valable peut désigner un autre tribunal commercial, à condition d'avoir été convenue entre commerçants et stipulée de façon très apparente (article 48 CPC, Cass. com. 2 octobre 1985, n° 84-10.156, Bulletin).
Que faire si le débiteur est mis en redressement ou en liquidation pendant la procédure ?
L'ouverture d'une procédure collective entraîne l'arrêt des poursuites individuelles. Le créancier doit déclarer sa créance au passif dans le délai légal (deux mois à compter de la publication au BODACC, étendu pour les créanciers domiciliés à l'étranger). À défaut, la créance est inopposable à la procédure et le recouvrement compromis. Le cabinet vérifie systématiquement la situation du débiteur avant d'engager la procédure et déclare la créance dès l'ouverture si la procédure intervient en cours d'instance.
Quelles preuves recueillir pour faciliter le recouvrement ?
Le couple de preuves le plus solide associé le contrat ou les conditions générales de vente acceptées, les factures émises et les preuves d'exécution (bons de livraison signés, procès-verbal de réception, attestation de service fait). À cela s'ajoutent les relances écrites datables (lettre recommandée, courriel avec accusé), les éventuels paiements partiels (qui valent reconnaissance) et les échanges révélant l'absence de contestation au moment de la livraison. Entre commerçants, la preuve est libre (article L. 110-3 du Code de commerce).
Que se passe-t-il si la créance est contestée par le débiteur ?
Si le débiteur conteste sérieusement, le référé provision est exclu et l'injonction de payer s'expose à une opposition victorieuse. Il faut alors basculer sur l'assignation au fond, où le tribunal examine en détail les éléments de fait et de droit. Le créancier doit produire un dossier complet : preuve de la créance, preuve de l'exécution, réfutation argumentée des contestations. La saisie conservatoire reste possible en parallèle pour figer les actifs pendant l'instance, à condition de justifier d'une menace sur le recouvrement.
La clause pénale ou l'indemnité forfaitaire prévue au contrat est-elle automatiquement due ?
Une clause pénale convenue dans le contrat ou les CGV est en principe applicable, mais le juge peut la modérer si elle est manifestement excessive. L'indemnité forfaitaire de quarante euros pour frais de recouvrement, prévue par l'article L. 441-10 du Code de commerce, est due de plein droit et sans rappel pour tout retard de paiement entre professionnels. Une indemnisation complémentaire peut être réclamée sur justification, lorsque les frais réels excèdent ce forfait (notamment honoraires d'avocat et frais de procédure).
Combien de temps faut-il pour récupérer concrètement les sommes dues ?
Pour une injonction de payer non opposée, le titre est obtenu en quatre à huit semaines, puis l'exécution prend deux à quatre semaines supplémentaires en cas de saisie attribution sur compte connu. Un référé provision aboutit en cinq à huit semaines, audience comprise. Une assignation au fond demande neuf à dix-huit mois selon le calendrier de la juridiction. Une saisie conservatoire peut être autorisée en quelques jours. Le cabinet bâtit le calendrier dès l'audit du dossier.