Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Copropriétaires solidaires des impayés : faut-il payer l’appel de fonds des autres ?

Dans beaucoup d’immeubles, la question revient dès que les charges augmentent ou qu’un copropriétaire cesse de payer : les autres copropriétaires sont-ils vraiment « solidaires » de ses impayés ? Peuvent-ils refuser un appel de fonds qui sert, en pratique, à maintenir la trésorerie de la copropriété ? Que doit faire le syndic avant de demander un effort financier aux copropriétaires à jour ?

La réponse doit être précise. Un copropriétaire n’est pas, par principe, la caution personnelle du voisin qui ne paie pas ses charges. La dette de charges reste attachée au lot du copropriétaire débiteur et le syndic doit agir contre lui. En revanche, la copropriété doit continuer à payer l’assurance de l’immeuble, le chauffage collectif, l’eau, le gardiennage, l’ascenseur, les travaux votés et les entreprises. Quand la trésorerie manque, les copropriétaires à jour peuvent donc recevoir un appel de fonds, une avance ou une régularisation qui donne l’impression de payer pour les autres.

Tout l’enjeu est là : distinguer la dette du copropriétaire défaillant, les besoins de trésorerie du syndicat des copropriétaires, et les appels que vous pouvez contester.

Non, vous n’êtes pas automatiquement débiteur des charges du voisin

Chaque copropriétaire doit contribuer aux charges de copropriété à hauteur de sa quote-part. Les charges générales sont réparties selon les tantièmes attachés au lot. Les charges spéciales dépendent de l’utilité objective du service ou de l’équipement commun pour chaque lot.

Le principe est rappelé par la fiche officielle sur les charges de copropriété : c’est le propriétaire du lot concerné qui paie les charges correspondant à sa quote-part. La dette d’un copropriétaire ne devient donc pas automatiquement la dette personnelle des autres copropriétaires.

Il existe des cas particuliers de solidarité dans un même lot : indivision, démembrement de propriété, clause du règlement de copropriété entre usufruitier et nu-propriétaire, ou situation prévue par le règlement. Mais cette solidarité joue entre personnes intéressées au même lot. Elle ne signifie pas que l’ensemble des copropriétaires devient garant du copropriétaire défaillant.

En pratique, si votre voisin ne paie pas ses appels de fonds, le syndic ne peut pas vous adresser une mise en demeure en vous réclamant directement sa dette. Il doit poursuivre le copropriétaire débiteur, avec les outils prévus par la loi.

Pourquoi les autres copropriétaires peuvent quand même subir l’impayé

La copropriété fonctionne avec une trésorerie collective. Le syndicat des copropriétaires doit payer les dépenses communes même si un ou plusieurs copropriétaires ne règlent pas leurs appels de fonds. Lorsque les impayés deviennent significatifs, plusieurs conséquences apparaissent :

  • le compte bancaire de la copropriété se tend ;
  • certaines factures d’entreprises sont retardées ;
  • des travaux votés peuvent être bloqués ;
  • le conseil syndical demande des explications au syndic ;
  • l’assemblée générale peut voter une avance, un appel exceptionnel ou une mesure de redressement.

Cet appel n’est pas nécessairement illégal. Une copropriété peut avoir besoin de financer son fonctionnement, surtout lorsque les charges courantes ont déjà été votées et que les fournisseurs doivent être payés. Mais il faut vérifier la base juridique de l’appel : budget prévisionnel, régularisation après approbation des comptes, avance de trésorerie, fonds travaux, travaux votés, ou appel exceptionnel décidé en assemblée générale.

Le problème survient quand l’appel est présenté de manière floue : « impayés copropriétaires », « charges douteuses », « avance exceptionnelle » ou « rattrapage trésorerie », sans résolution claire, sans ventilation et sans explication sur les démarches de recouvrement engagées. Dans ce cas, il ne faut pas refuser brutalement de payer sans analyse, mais il faut demander les pièces et contrôler la régularité de l’appel.

Ce que le syndic doit faire contre le copropriétaire débiteur

Le syndic a un rôle central. Le recouvrement des charges impayées relève de sa mission. La fiche officielle sur le recouvrement des charges de copropriété impayées rappelle les étapes habituelles : relance, mise en demeure, mesure amiable lorsque le montant le permet, puis action judiciaire si nécessaire.

La loi du 10 juillet 1965 donne au syndicat des copropriétaires des leviers efficaces. Le texte est consultable sur Légifrance. L’article 19 permet notamment de garantir les créances du syndicat par une hypothèque légale sur le lot du copropriétaire débiteur. L’article 19-2 prévoit, après mise en demeure restée infructueuse pendant trente jours, l’exigibilité immédiate de certaines provisions et sommes dues, sous le contrôle du président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond.

Autrement dit, la bonne réaction n’est pas seulement de demander de l’argent aux copropriétaires à jour. Le syndic doit aussi démontrer qu’il suit le débiteur : mise en demeure, identification des sommes exigibles, action si nécessaire, inscription de garantie lorsque la situation l’exige, suivi comptable et information du conseil syndical.

Si le syndic laisse la dette grossir pendant des mois sans action sérieuse, la question peut devenir celle de sa responsabilité ou, au minimum, de son remplacement. Un impayé isolé n’appelle pas la même stratégie qu’un immeuble dans lequel les retards s’accumulent et menacent le paiement des dépenses courantes.

Pouvez-vous refuser un appel de fonds lié aux impayés ?

Il faut éviter deux réflexes dangereux.

Le premier consiste à payer sans rien demander. Cela peut être nécessaire pour éviter une procédure contre vous, mais vous perdez alors du temps si l’appel était irrégulier ou mal justifié.

Le second consiste à bloquer tout paiement parce que « ce sont les dettes des autres ». Ce refus peut vous placer vous-même en impayé, avec frais de mise en demeure, relances et action du syndic contre vous.

La bonne méthode consiste à payer ce qui est clairement dû et à contester, par écrit, ce qui ne l’est pas ou ce qui n’est pas justifié. Avant de refuser un appel, vérifiez au minimum :

  • la résolution d’assemblée générale qui autorise l’appel ou l’avance ;
  • le budget prévisionnel voté ;
  • le procès-verbal d’approbation des comptes ;
  • le détail de votre quote-part et des tantièmes utilisés ;
  • la nature de l’appel : charges courantes, travaux, fonds travaux, avance, régularisation ;
  • le relevé de compte individuel de votre lot ;
  • la ventilation entre les charges dues par vous et les impayés d’autres copropriétaires ;
  • les démarches déjà engagées contre le copropriétaire débiteur.

Si l’appel a été régulièrement voté et réparti selon les bonnes clés, il est souvent risqué de cesser de payer. En revanche, si l’appel n’a aucune base claire, si les tantièmes sont incohérents, si une dépense de recouvrement est imputée à l’ensemble des copropriétaires alors qu’elle doit peser sur le débiteur, ou si le syndic refuse toute pièce, une contestation structurée peut être envisagée.

Frais de recouvrement : qui doit les supporter ?

Les frais nécessaires exposés par le syndicat pour recouvrer une créance justifiée contre un copropriétaire peuvent être imputés au seul copropriétaire concerné, notamment les frais de mise en demeure, de relance ou d’actes de commissaire de justice, dans les conditions prévues par la loi.

Ce point est important. Si le syndic vous facture indistinctement des frais de recouvrement liés à la dette d’un autre lot, il faut demander la ventilation. Tous les frais ne se discutent pas de la même manière :

  • les dépenses générales de fonctionnement restent réparties entre les copropriétaires selon les clés applicables ;
  • les frais nécessaires de recouvrement d’une créance justifiée doivent viser le débiteur concerné ;
  • les frais de procédure peuvent dépendre de la décision judiciaire et des textes applicables ;
  • les honoraires exceptionnels du syndic doivent être contrôlés au regard du contrat de syndic et des décisions d’assemblée.

La formule « les copropriétaires sont solidaires » est donc trop courte. Elle peut masquer une vraie difficulté de trésorerie, mais elle ne remplace ni les règles de répartition des charges, ni les obligations du syndic contre le copropriétaire débiteur.

Que demander au syndic avant l’assemblée générale ?

Le moment stratégique est souvent avant l’assemblée générale. Une fois la résolution votée, la contestation devient plus technique et les délais peuvent être courts. Si une avance ou un appel exceptionnel est annoncé, demandez par écrit :

  • le montant total des impayés ;
  • le nombre de lots concernés ;
  • l’ancienneté de la dette ;
  • les mises en demeure déjà envoyées ;
  • les procédures engagées ou prévues ;
  • l’impact exact sur la trésorerie ;
  • les factures urgentes à payer ;
  • les alternatives envisagées ;
  • le calendrier de recouvrement ;
  • la résolution proposée et la clé de répartition.

Le conseil syndical peut aussi demander un point comptable détaillé. Si la dette est ancienne, il faut comprendre pourquoi elle n’a pas été traitée plus tôt. Si elle est récente, il faut vérifier si une relance, une mise en demeure ou une procédure accélérée peut suffire avant de créer une nouvelle charge pour les copropriétaires à jour.

Copropriétaire débiteur : mieux vaut traiter tôt que subir une procédure

Si vous êtes le copropriétaire qui ne peut plus payer ses charges, il ne faut pas laisser la situation devenir illisible. Les charges impayées ne disparaissent pas. Elles peuvent entraîner des frais, une procédure judiciaire, une inscription de garantie et, dans les dossiers les plus graves, une action pouvant aller jusqu’à la saisie du lot après obtention des titres nécessaires.

La priorité est de demander rapidement :

  • un décompte détaillé ;
  • les appels de fonds concernés ;
  • les procès-verbaux d’assemblée ;
  • la preuve de la mise en demeure ;
  • une ventilation entre charges courantes, travaux, fonds travaux, frais et honoraires ;
  • un échéancier écrit si la dette est reconnue.

Un échéancier oral ne suffit pas. Il faut un écrit clair, daté, avec le montant reconnu, les dates de paiement, le sort des frais et l’engagement du syndic sur les suites. Si vous contestez une partie des sommes, il faut isoler ce que vous reconnaissez devoir et expliquer précisément le reste.

Paris et Île-de-France : un sujet de trésorerie très concret

À Paris et en Île-de-France, les copropriétés peuvent être particulièrement exposées : immeubles anciens, chauffage collectif, ascenseurs, ravalements, travaux de sécurité, rénovation énergétique, honoraires de syndic, hausse des contrats d’entretien. Un seul gros impayé peut peser lourd dans une petite copropriété. Plusieurs impayés peuvent désorganiser un immeuble plus important.

Le tribunal compétent dépend en principe du lieu de situation de l’immeuble. Pour un immeuble à Paris, le contentieux relève du tribunal judiciaire de Paris. En petite couronne, il faudra regarder la localisation précise : Nanterre, Bobigny, Créteil ou le tribunal territorialement compétent. Cette dimension locale compte pour les délais, les pièces à préparer et la stratégie de recouvrement.

Pour un accompagnement plus large sur les litiges de copropriété, vous pouvez consulter notre page dédiée : avocat en droit de la copropriété. Pour un litige portant spécifiquement sur les appels de fonds, tantièmes et régularisations, la page avocat charges de copropriété à Paris présente les principaux axes d’intervention.

Les pièces à réunir avant de contester ou de payer

Avant d’écrire au syndic, au conseil syndical ou à un avocat, réunissez un dossier court mais complet :

  • les trois derniers appels de fonds ;
  • le dernier décompte individuel de charges ;
  • le procès-verbal de la dernière assemblée générale ;
  • le budget prévisionnel ;
  • les comptes approuvés ;
  • le règlement de copropriété et l’état de répartition des charges ;
  • les courriels ou lettres du syndic évoquant les impayés ;
  • la résolution qui prévoit une avance ou un appel exceptionnel ;
  • le relevé des paiements déjà effectués ;
  • les relances ou mises en demeure reçues.

Avec ces pièces, il devient possible de répondre à la vraie question : l’appel est-il une charge régulière que vous devez payer, une avance légalement votée, une demande mal ventilée, ou une tentative de faire supporter aux copropriétaires à jour des frais qui devraient viser le débiteur ?

Ce qu’il faut faire maintenant

Si vous recevez un appel de fonds lié aux impayés d’autres copropriétaires, ne vous contentez pas de la formule « solidarité ». Demandez la base de l’appel, la résolution, la ventilation et le plan de recouvrement. Payez les sommes manifestement dues pour ne pas créer votre propre impayé, mais contestez rapidement ce qui est irrégulier ou insuffisamment justifié.

Si vous êtes membre du conseil syndical, demandez un tableau de suivi des impayés, lot par lot, avec ancienneté, actions engagées et prochaine étape. Si vous êtes débiteur, demandez un décompte et un échéancier écrit avant que la procédure s’aggrave.

Dans les dossiers importants, l’enjeu n’est pas seulement le montant de l’appel de fonds. Il faut empêcher que la copropriété entre dans une logique de trésorerie permanente où les copropriétaires à jour avancent, sans contrôle, les conséquences d’une dette qui aurait dû être traitée plus tôt.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Pour un litige de charges de copropriété à Paris ou en Île-de-France, nous pouvons relire l’appel de fonds, le procès-verbal d’assemblée, le décompte du syndic et les pièces de recouvrement.

Appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez notre formulaire de contact.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse offerte
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».