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Conciergerie Airbnb mise en demeure par la mairie : qui paie l’amende en 2026 ?

Depuis le 20 mai 2026, les meublés de tourisme sont entrés dans une phase de contrôle plus lisible pour les mairies. Le numéro d’enregistrement se généralise, les plateformes peuvent être sollicitées, et les annonces Airbnb, Booking ou Abritel deviennent plus faciles à rattacher à un logement, à un propriétaire, à un gestionnaire et parfois à une conciergerie.

Le sujet n’est plus seulement : « faut-il un numéro Airbnb ? ». Le sujet devient : que se passe-t-il lorsque la mairie adresse une mise en demeure, un procès-verbal ou une assignation alors que le logement est géré par une conciergerie ? Le propriétaire peut-il répondre que la conciergerie s’occupait de tout ? La conciergerie peut-elle refuser de prendre en charge l’amende ? Le mandat de gestion protège-t-il vraiment le bailleur ?

La demande Google confirme l’intérêt immédiat. Le cluster conciergerie Airbnb atteint 6 600 recherches mensuelles moyennes en France, avec une concurrence moyenne et un CPC haut de 4,31 euros. gestion Airbnb atteint 390 recherches mensuelles avec un CPC haut de 6,17 euros. gestion locative Airbnb et Airbnb gestion locative atteignent chacune 140 recherches mensuelles avec un CPC haut de 7,18 euros. Ces requêtes ne sont pas purement informatives. Elles révèlent un marché de propriétaires qui délèguent, comparent les tarifs, signent des mandats, puis découvrent parfois que la responsabilité administrative n’a pas été transférée comme ils l’imaginaient.

Le cabinet a déjà publié sur le numéro d’enregistrement Airbnb refusé par la mairie, l’annonce Airbnb sans numéro d’enregistrement, la SCI qui loue sur Airbnb à Paris et l’accompagnement général en droit immobilier à Paris. Le présent article traite un angle différent : le partage du risque entre le propriétaire, la conciergerie, le mandataire et la plateforme lorsque la mairie engage une procédure.

Conciergerie Airbnb : le propriétaire reste le premier exposé

La conciergerie peut rédiger l’annonce, répondre aux voyageurs, organiser les entrées, gérer le ménage, ajuster le calendrier, encaisser une commission et conseiller le propriétaire sur la rentabilité. Mais elle ne rend pas automatiquement la location licite.

Le point de départ reste le logement. Est-il la résidence principale du loueur ? Est-il une résidence secondaire ? Est-il situé à Paris, en petite couronne ou dans une commune qui soumet le changement d’usage à autorisation ? Le règlement de copropriété autorise-t-il la location meublée touristique ? Le numéro d’enregistrement existe-t-il et correspond-il réellement au bien ? Ces réponses ne disparaissent pas parce qu’un prestataire intervient.

L’article L. 324-1-1 du code du tourisme définit le meublé de tourisme comme un logement meublé offert à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile. Dans sa version applicable depuis le 20 mai 2026, il prévoit une déclaration préalable soumise à enregistrement auprès d’un téléservice national pour toute personne qui offre un meublé de tourisme à la location. Le texte est consultable sur Légifrance.

Le ministère de l’économie rappelle également que le numéro obtenu doit être mentionné dans l’annonce et que la déclaration avec enregistrement devient obligatoire dans toute la France au plus tard le 20 mai 2026. Cette page officielle est utile pour vérifier la règle de base applicable à une location meublée de tourisme.

En pratique, la mairie vise souvent le propriétaire parce qu’il détient le bien, bénéficie de l’exploitation et peut produire les titres, les déclarations, les autorisations et les relevés de réservation. La conciergerie peut être mise en cause dans certains dossiers, mais elle ne remplace pas mécaniquement le propriétaire dans la procédure.

Ce que la mairie va regarder

Une mise en demeure municipale ou une assignation ne se limite pas au contrat de conciergerie. La mairie peut exploiter plusieurs familles de preuves.

Elle peut d’abord regarder l’annonce : adresse, photos, nombre de couchages, calendrier, avis voyageurs, nom de l’hôte, lien entre l’hôte affiché et le propriétaire, numéro d’enregistrement, mentions de résidence principale ou secondaire.

Elle peut ensuite regarder l’usage réel du logement : fréquence des séjours, durée moyenne, alternance de voyageurs, commentaires en ligne, taxe de séjour, revenus déclarés, disponibilité du calendrier, existence d’un bail d’habitation ou d’un bail mobilité pendant la même période.

Elle peut enfin vérifier la chaîne de gestion : mandat de conciergerie, échanges avec le prestataire, facture de commission, accès au compte Airbnb, délégation de publication de l’annonce, messages aux voyageurs, preuve que la conciergerie connaissait ou non l’absence d’autorisation.

Le propriétaire doit donc éviter une défense abstraite du type : « je pensais que la conciergerie gérait tout ». Cette phrase ne suffit pas. Il faut produire le mandat, les courriels, les alertes reçues, les conseils donnés, les documents transmis au prestataire et les réponses apportées avant la mise en ligne.

Changement d’usage : la conciergerie n’efface pas l’autorisation

À Paris et dans les communes concernées, le changement d’usage reste le point le plus coûteux.

L’article L. 631-7 du code de la construction et de l’habitation prévoit que la location répétée d’un local meublé à usage d’habitation comme meublé de tourisme constitue un changement d’usage. L’article L. 651-2 prévoit l’amende civile en cas de violation du régime applicable. Les textes sont accessibles dans la section Légifrance sur les changements d’usage des locaux d’habitation.

La jurisprudence récente confirme que le juge ne s’arrête pas au nom donné au montage. Dans un arrêt du 11 juillet 2024, la troisième chambre civile de la Cour de cassation a rappelé que le montant de l’amende civile s’apprécie par personne poursuivie et par local irrégulièrement transformé. La décision visait notamment un professionnel de l’immobilier, gérant d’une société de réservation et de conciergerie, ce qui montre que les intermédiaires peuvent entrer dans le champ du débat lorsque leur rôle dépasse une simple prestation matérielle. Décision : Cass. 3e civ., 11 juillet 2024, n° 22-24.020.

Dans un autre arrêt du 13 mars 2025, la Cour de cassation a admis la condamnation d’un propriétaire qui avait donné son bien en connaissance de cause à une société qui le sous-louait ensuite en courte durée à une clientèle de passage. Décision : Cass. 3e civ., 13 mars 2025, n° 24-11.508.

Le message est simple : le propriétaire ne peut pas toujours se protéger derrière la société qui exploite ou gère le bien. À l’inverse, la conciergerie n’est pas automatiquement condamnée dans tous les dossiers. Le rôle concret de chacun reste déterminant.

Quand la conciergerie peut être exposée

La conciergerie est plus exposée lorsqu’elle ne se contente pas de remettre les clés.

Le risque augmente si elle crée ou contrôle l’annonce, choisit les périodes ouvertes, fixe les prix, collecte les pièces, conseille le propriétaire sur le numéro d’enregistrement, affirme que l’autorisation n’est pas nécessaire, utilise son propre compte hôte, encaisse les sommes ou signe les échanges avec la mairie.

Le risque augmente aussi si le contrat lui confie une véritable mission de gestion locative ou d’entremise. L’article L. 324-2-1 du code du tourisme impose aux personnes qui se livrent ou prêtent leur concours à la mise en location d’un meublé de tourisme d’informer le loueur des obligations de déclaration ou d’autorisation préalables et d’obtenir certaines déclarations avant la mise en ligne de l’annonce. La section officielle des meublés de tourisme sur Légifrance permet de vérifier ces obligations.

En droit du mandat, les articles 1991 et 1992 du code civil imposent au mandataire d’exécuter le mandat et peuvent engager sa responsabilité en cas de faute dans sa gestion. La discussion change donc selon le contrat signé. Une conciergerie qui promet seulement le ménage et l’accueil n’a pas la même exposition qu’un mandataire qui rédige l’annonce, vérifie les autorisations et pilote l’exploitation.

Le propriétaire doit relire le contrat avant de répondre à la mairie. Certains contrats contiennent une clause par laquelle le propriétaire déclare être seul responsable des autorisations administratives. D’autres annoncent une assistance à la conformité. D’autres encore sont ambigus. C’est dans ces ambiguïtés que se jouent les recours entre propriétaire et conciergerie.

Quand la conciergerie peut refuser de payer

La conciergerie peut refuser de prendre en charge l’amende si le propriétaire lui a fourni de fausses informations, s’il a affirmé disposer d’une autorisation inexistante, s’il a imposé la mise en ligne malgré les alertes, ou si le contrat exclut clairement la vérification juridique des autorisations.

Elle peut aussi soutenir qu’elle n’est pas à l’origine du changement d’usage. Certaines décisions de première instance distinguent le propriétaire qui décide d’exploiter le bien et l’intermédiaire qui intervient seulement dans la gestion pratique. Un jugement du tribunal judiciaire de Paris du 8 décembre 2025, repéré dans Judilibre, a ainsi rejeté les demandes contre une entreprise individuelle intervenue comme conciergerie, au motif qu’elle n’était pas à l’origine de la faute de changement d’usage. Cette solution dépend des faits du dossier et ne doit pas être généralisée.

L’erreur du propriétaire serait de considérer que la conciergerie paiera nécessairement. L’erreur de la conciergerie serait de croire qu’une clause de style suffit toujours à l’exonérer. Si le prestataire a présenté la location comme conforme, s’il a obtenu ou utilisé un faux numéro, s’il a organisé la mise en ligne malgré une interdiction connue, ou s’il a conservé les documents qui prouvent l’activité, sa responsabilité peut être discutée.

Que faire dès la réception d’une mise en demeure

Il ne faut pas supprimer l’annonce dans la précipitation sans conserver les preuves. Il faut d’abord figer le dossier.

Le propriétaire doit sauvegarder les captures de l’annonce, le numéro d’enregistrement affiché, les périodes de réservation, les commentaires voyageurs, les relevés Airbnb ou Booking, les factures de conciergerie, le mandat, les échanges avec le prestataire, les documents transmis à la mairie et les éventuelles alertes du syndic.

Il faut ensuite séparer trois questions.

Première question : le logement était-il légalement exploitable en meublé de tourisme ? Si la réponse est non, la stratégie consiste souvent à limiter l’exposition, arrêter l’activité litigieuse, vérifier le retour à l’habitation et discuter le montant de l’amende.

Deuxième question : qui a commis quelle faute ? Le propriétaire peut avoir exploité sans autorisation. La conciergerie peut avoir manqué à son obligation d’information ou de conseil. La plateforme peut avoir maintenu une annonce malgré des incohérences. Ces responsabilités ne se confondent pas.

Troisième question : quel recours contractuel engager ? Si le mandat prévoyait une mission de conformité ou de gestion complète, le propriétaire peut envisager une mise en cause de la conciergerie. Si le contrat renvoyait clairement les autorisations au propriétaire, le recours sera plus difficile.

Les clauses à relire dans le contrat de conciergerie

Le contrat de conciergerie doit être relu ligne par ligne. Les clauses décisives sont rarement celles qui parlent de ménage ou de remise de clés.

Il faut chercher la clause sur les autorisations administratives, la déclaration du propriétaire, le numéro d’enregistrement, la conformité au règlement de copropriété, la taxe de séjour, l’assurance, l’accès au compte Airbnb, la gestion des données, la responsabilité civile professionnelle, l’indemnisation en cas de sanction, la résiliation du mandat et les pénalités de sortie.

Une clause qui dit seulement « le propriétaire garantit être en conformité » protège davantage la conciergerie. Une clause qui indique que la conciergerie accompagne la conformité, vérifie les pièces ou conseille sur les obligations locales ouvre un débat différent.

Il faut aussi regarder qui a créé l’annonce. Si la conciergerie a rédigé l’annonce, renseigné le numéro, choisi la catégorie du logement et répondu aux messages de contrôle, elle ne pourra pas toujours se présenter comme un simple prestataire technique. Si le propriétaire a tout configuré seul et n’a confié que les arrivées et le ménage, la discussion sera différente.

Paris et Île-de-France : le risque pratique est plus élevé

À Paris, la question de la conciergerie Airbnb est plus sensible parce que les contrôles municipaux sont structurés, les contentieux de changement d’usage sont nombreux, et les immeubles en copropriété produisent souvent des signalements.

En petite couronne, les mêmes réflexes s’imposent. Les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne comportent des communes où la tension locative, les règlements locaux et les politiques de contrôle rendent les montages de courte durée plus risqués. Un propriétaire qui délègue à une conciergerie doit donc vérifier avant la mise en ligne, et non après la lettre de la mairie.

La section locale du dossier doit être concrète : tribunal compétent, commune concernée, statut du logement, règlement de copropriété, autorisation de changement d’usage, numéro d’enregistrement, mandat de conciergerie, preuves d’exploitation et revenus tirés des locations.

Pour un propriétaire parisien, la question prioritaire n’est pas de savoir si la conciergerie est « responsable moralement ». La question est de savoir si le dossier permet de répondre à la mairie, de discuter le montant de l’amende, puis d’engager un recours utile contre le prestataire si une faute contractuelle est démontrable.

Plan d’action propriétaire

Si vous recevez une mise en demeure, commencez par ces vérifications :

  1. récupérer l’intégralité du mandat de conciergerie et ses annexes ;
  2. sauvegarder l’annonce et les réservations avant toute suppression ;
  3. identifier le titulaire du compte hôte et du numéro d’enregistrement ;
  4. vérifier si le logement est résidence principale, secondaire ou investissement locatif ;
  5. relire le règlement de copropriété et les échanges avec le syndic ;
  6. demander à la conciergerie la copie de tous les échanges, déclarations et justificatifs ;
  7. vérifier les clauses d’indemnisation, de responsabilité et d’assurance ;
  8. préparer une réponse factuelle à la mairie, sans reconnaître plus que nécessaire ;
  9. chiffrer les revenus, les périodes louées et l’exposition maximale ;
  10. décider s’il faut répondre seul, avec la conciergerie, ou en mettant celle-ci en cause.

Il faut éviter les réponses rapides qui aggravent le dossier. Une lettre mal rédigée peut confirmer une exploitation irrégulière, reconnaître une fausse déclaration ou contredire le mandat. Il vaut mieux répondre avec une chronologie, des pièces et une position claire sur le rôle de chacun.

Plan d’action conciergerie

La conciergerie doit aussi se protéger.

Elle doit conserver les déclarations du propriétaire, les pièces reçues, les preuves d’information sur les obligations légales, les captures de l’annonce au moment de la mise en ligne, les consignes reçues et les échanges sur le numéro d’enregistrement ou le changement d’usage.

Si elle reçoit une demande de la mairie ou une réclamation du propriétaire, elle ne doit pas répondre par une formule générale. Elle doit vérifier son périmètre exact : simple accueil voyageurs, prestation de ménage, co-hôte Airbnb, mandat de gestion, entremise, fixation des prix, conseil juridique ou fiscal annoncé dans les documents commerciaux.

Plus la conciergerie se présente comme experte de la réglementation Airbnb 2026, plus elle doit pouvoir prouver qu’elle a informé le propriétaire des limites de sa mission et des autorisations nécessaires.

Ce qu’il faut retenir

La conciergerie Airbnb ne neutralise pas le risque de mise en demeure par la mairie. Elle peut réduire les erreurs pratiques, mais elle peut aussi créer une zone de confusion si le contrat ne dit pas clairement qui vérifie les autorisations et qui assume les conséquences.

Le propriétaire reste souvent la première cible parce qu’il détient le logement et bénéficie de l’exploitation. La conciergerie peut être exposée si elle a prêté son concours à la mise en location sans vérifier les obligations essentielles, si elle a créé l’annonce ou si elle a donné un conseil erroné. La réponse dépend des pièces.

Depuis le 20 mai 2026, l’enregistrement national rend les annonces plus traçables. Le bon réflexe n’est donc pas de déléguer sans contrôle. C’est de faire auditer le logement, le mandat et l’annonce avant que la mairie ne transforme une difficulté administrative en contentieux.

Sources utiles

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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