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Dossier de surendettement : impôts impayés, le fisc vous poursuit — faut-il déclarer, peut-on effacer et comment contester devant le juge ?

Vous venez de recevoir une saisie administrative à tiers détenteur sur votre compte bancaire pour des impôts impayés, ou un avis à tiers détenteur sur votre salaire, et vous vous demandez si un dossier de surendettement peut encore vous protéger. La réponse est oui, dans la plupart des cas, à condition de déclarer ces dettes fiscales avec précision et de comprendre ce que la commission de surendettement peut en faire. L’impôt sur le revenu, la taxe foncière, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, les majorations de retard et les frais de poursuites entrent dans le périmètre du dossier, mais toutes les dettes fiscales ne se traitent pas de la même façon. Certaines peuvent être rééchelonnées puis partiellement effacées, d’autres, sanctionnées pour fraude, restent dues quoi qu’il arrive. Cet article explique concrètement comment déclarer une dette fiscale dans un dossier déposé à la Banque de France, ce que la recevabilité bloque du côté du fisc, ce qui peut être effacé et comment contester devant le juge des contentieux de la protection quand la commission ou le comptable public s’oppose à vos demandes. Pour une vue d’ensemble du dispositif, vous pouvez aussi consulter notre guide des dettes éligibles au surendettement et de l’effacement des dettes.

I. Dossier de surendettement : faut-il déclarer ses impôts impayés et le fisc peut-il encore saisir après la recevabilité ?

A. Comment déclarer une dette fiscale : impôt sur le revenu, taxe foncière, majorations et saisie administrative à tiers détenteur

La première règle est simple : toute dette fiscale exigible ou à échoir doit figurer dans le dossier de surendettement. Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi, et la loi vise l’ensemble des dettes, sans exclure par principe les dettes publiques. Comme le prévoit l’article L. 711-1 du code de la consommation, « Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. » Les dettes fiscales d’un particulier — impôt sur le revenu, prélèvements sociaux, taxe foncière, taxe d’habitation sur les résidences secondaires, contribution à l’audiovisuel public lorsqu’elle était due — sont donc des dettes comme les autres au stade du dépôt. Les oublier expose à des difficultés sérieuses : une dette non déclarée ne sera pas traitée par la commission, le comptable public poursuivra son recouvrement en parallèle, et l’omission volontaire peut faire douter de votre bonne foi.

Concrètement, le formulaire de dépôt demande la liste de tous les créanciers avec les montants dus. Pour le fisc, le créancier à indiquer est le service des impôts des particuliers ou le pôle de recouvrement spécialisé dont dépend votre domicile, en reprenant les références de chaque avis d’imposition : année d’imposition, nature de l’impôt, montant en principal, majorations de 10 % pour retard de paiement et frais de poursuites. Joignez les copies des avis d’imposition, des mises en demeure, des avis de saisie administrative à tiers détenteur déjà reçus et, si un contrôle fiscal est en cours, la proposition de rectification. Si vous avez contesté l’impôt devant l’administration ou devant le juge administratif, signalez-le et joignez la réclamation : la commission doit connaître le montant certain, mais aussi la part contestée. Une dette fiscale contestée devant le tribunal administratif reste déclarable, et c’est au juge de l’impôt de trancher son bien-fondé, pas à la commission.

Un point mérite une attention particulière : la nature exacte de chaque dette fiscale. L’impôt sur le revenu du foyer fiscal est une dette personnelle, même lorsque les revenus redressés proviennent d’une activité. La Cour de cassation l’a tranché nettement : « l’impôt sur le revenu, qui frappe le revenu annuel net global d’un foyer fiscal, quelle que soit la source de ce revenu, selon des modalités prenant en considération la situation propre de ce foyer fiscal, n’est pas une dette professionnelle, mais personnelle » (Cass. 2e civ., 4 novembre 2021, n° 20-15.008). Cette qualification compte parce qu’elle conditionne l’accès même à la procédure : avant la réforme qui a ouvert le surendettement aux dettes professionnelles, des débiteurs voyaient leur dossier écarté au motif que leurs dettes fiscales seraient professionnelles. La solution reste utile aujourd’hui pour les entrepreneurs individuels et pour distinguer, au sein d’un redressement, la TVA — de nature professionnelle — de l’impôt sur le revenu — de nature personnelle. Dans votre déclaration, séparez donc les lignes : d’un côté l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, de l’autre la TVA et les dettes liées à une activité professionnelle si vous êtes entrepreneur individuel.

Déclarez aussi les majorations et pénalités pour leur montant exact, en distinguant la majoration de 10 % pour paiement tardif des majorations pour manquement délibéré, manœuvres frauduleuses ou abus de droit. Cette distinction n’est pas formelle : elle déterminera plus tard ce qui peut être effacé et ce qui restera exclu. Conservez les documents qui établissent l’origine de chaque majoration — proposition de rectification, réponse de l’administration, décision du tribunal administratif si vous avez contesté. Si vous ne comprenez pas le détail d’un avis, demandez au service des impôts un relevé détaillé de la créance avant de déposer : une déclaration précise accélère l’instruction et limite les contestations ultérieures du comptable public sur l’état du passif.

B. La recevabilité suspend-elle la saisie administrative à tiers détenteur et les autres poursuites du fisc ?

Oui : dès que la commission déclare votre dossier recevable, les poursuites du fisc sont suspendues comme celles des autres créanciers. Aux termes de l’article L. 722-2 du code de la consommation, « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires. » Les dettes fiscales ne sont pas des dettes alimentaires : la saisie administrative à tiers détenteur notifiée à votre banque, l’avis à tiers détenteur sur votre salaire, la saisie-vente de vos meubles ou une procédure de saisie immobilière engagée par le comptable public se trouvent donc suspendus ou interdits à compter de la recevabilité. La suspension court jusqu’à l’approbation du plan conventionnel, jusqu’à la décision imposant les mesures, jusqu’au jugement de rétablissement personnel sans liquidation ou jusqu’au jugement d’ouverture d’un rétablissement personnel avec liquidation, dans la limite de deux ans : « Cette suspension et cette interdiction ne peuvent excéder deux ans. » (article L. 722-3 du code de la consommation).

En pratique, la suspension n’est pas toujours spontanément respectée par les services de recouvrement, surtout lorsqu’une saisie administrative à tiers détenteur a été notifiée juste avant la recevabilité. Rappelez-vous le mécanisme : l’article L. 262 du livre des procédures fiscales prévoit que « La saisie administrative à tiers détenteur emporte l’effet d’attribution immédiate » prévu à l’article L. 211-2 du code des procédures civiles d’exécution Autrement dit, les sommes sont attribuées au Trésor dès la notification au tiers saisi, même si le versement effectif intervient plus tard. D’où des litiges fréquents : le fisc soutient que la saisie, notifiée avant la recevabilité, a déjà produit son effet attributif, tandis que le débiteur fait valoir que les fonds n’ont pas encore été versés. Si votre banque bloque vos fonds après la recevabilité pour une saisie notifiée avant, adressez immédiatement à la banque et au comptable public une copie de la décision de recevabilité en demandant la mainlevée de la part postérieure à la recevabilité, et saisissez la commission puis le juge des contentieux de la protection en cas de refus. Conservez les dates exactes de notification de la saisie et de la recevabilité : tout se joue sur cette chronologie.

La suspension protège aussi votre salaire : un avis à tiers détenteur notifié à votre employeur par le fisc pour des impôts impayés ne peut plus donner lieu à de nouveaux prélèvements après la recevabilité, et aucun nouvel avis à tiers détenteur ne peut être notifié pendant la procédure. En revanche, la suspension ne fait pas disparaître la dette et ne rembourse pas automatiquement les sommes déjà versées au Trésor avant la recevabilité. Elle ne bloque pas non plus les actes purement conservatoires ni, surtout, l’émission de nouveaux avis d’imposition pour des impôts devenus exigibles après le dépôt : l’impôt sur le revenu de l’année en cours, la taxe foncière de l’automne ou la taxe d’habitation sur une résidence secondaire continuent d’être établis et doivent être payés couramment. C’est même une obligation : ne pas payer ses impôts courants pendant la procédure peut être analysé comme une aggravation volontaire de l’endettement et peser sur la suite du dossier. Prévoyez donc, dans votre budget présenté à la commission, une ligne pour les charges fiscales courantes, mensualisation à l’appui si nécessaire.

Cas particulier de la saisie immobilière : si le fisc a engagé une saisie de votre logement et que la vente forcée a déjà été ordonnée, la recevabilité ne suffit plus à elle seule. L’article L. 722-4 du code de la consommation dispose qu’« En cas de saisie immobilière, lorsque la vente forcée a été ordonnée, le report de la date d’adjudication ne peut résulter que d’une décision du juge chargé de la saisie immobilière, saisi à cette fin par la commission, pour causes graves et dûment justifiées. » Si vous êtes dans cette situation, alertez la commission dès le dépôt pour qu’elle saisisse le juge de l’exécution avant la date d’adjudication, et ne manquez aucune audience. Passé ce stade, seule une décision du juge de la saisie immobilière peut reporter la vente.

II. Dossier de surendettement : peut-on faire effacer ses impôts et comment contester devant le juge ?

A. Quelles dettes fiscales peuvent être rééchelonnées ou effacées et lesquelles restent exclues malgré le dossier

C’est ici que tout se joue, et c’est aussi la principale source de déception : toutes les dettes fiscales déclarées ne peuvent pas être effacées. La loi exclut expressément une partie d’entre elles de toute remise, de tout rééchelonnement et de tout effacement. L’article L. 711-4 du code de la consommation dispose que « Sauf accord du créancier, sont exclues de toute remise, de tout rééchelonnement ou effacement », avant d’énumérer les dettes concernées, parmi lesquelles « Les dettes fiscales dont les droits dus ont été sanctionnés par les majorations non rémissibles » mentionnées au II de l’article 1756 du code général des impôts. Concrètement, lorsque vos droits d’impôt ont été assortis de majorations pour manquement délibéré, manœuvres frauduleuses, opposition à contrôle fiscal ou abus de droit — les majorations des articles 1729 et 1732 du code général des impôts — la dette correspondante, en principal comme en majorations, reste intégralement due, sauf si le comptable public accepte volontairement un aménagement. À l’inverse, les impôts assortis de la seule majoration de 10 % pour retard de paiement, les frais de poursuites ordinaires et les pénalités rémissibles entrent dans le traitement normal du dossier : rééchelonnement, report, effacement partiel et, en cas de situation irrémédiablement compromise, effacement total dans le cadre d’un rétablissement personnel.

Deux décisions récentes illustrent cette frontière avec une netteté qui doit guider chaque débiteur. Dans un arrêt du 16 février 2026, la cour d’appel de Nancy a jugé qu’« Il en résulte qu’une somme totale de 239 357,91 euros doit être exclue de toute remise, de tout rééchelonnement ou effacement, sur le fondement de l’article L. 711-4 du code de la consommation. » (CA Nancy, 16 février 2026, RG n° 25/01318). En l’espèce, les dettes d’impôt sur le revenu 2012 et 2013 et de prélèvements sociaux résultaient d’un contrôle fiscal sanctionné par une majoration de 40 % non rémissible, confirmée par le tribunal administratif : la cour a donc exclu 239 357,91 euros de tout traitement, tout en maintenant l’effacement partiel du surplus — impôt sur le revenu 2016, taxe d’habitation 2017 et taxe foncière 2017 assortis de la seule majoration de 10 % — à hauteur de 25 306,43 euros. La leçon est directe : pour des impôts ordinaires payés en retard, l’effacement reste possible ; pour des droits redressés avec une majoration de 40 % ou 80 %, il faut prouver que la majoration n’est pas de celles visées par l’exclusion, ou obtenir l’accord du fisc, faute de quoi la dette survit à la procédure.

La cour d’appel de Dijon a appliqué la même logique dans un arrêt du 7 janvier 2025 : « Dit qu’est exclue des mesures d’effacement la créance fiscale du centre des finances publiques de [Localité 86] correspondant aux deux années d’imposition 2019 et 2020, comprenant les majorations soit 34291 euros et 36774 euros » (CA Dijon, 7 janvier 2025, RG n° 24/00087). Le débiteur, pourtant admis au rétablissement personnel sans liquidation judiciaire, n’a donc pas été libéré de ces deux années d’impôt sur le revenu majorées de 40 %. Notez le raisonnement de la cour sur la charge de la preuve : le pôle de recouvrement spécialisé justifiait d’un titre exécutoire et d’une proposition de rectification détaillant les majorations, tandis que le débiteur, qui contestait les majorations sans avoir saisi le tribunal administratif, ne rapportait pas la preuve contraire. Si vous contestez les majorations qui fondent l’exclusion, contestez-les devant le juge de l’impôt — le tribunal administratif — et produisez cette contestation dans le dossier de surendettement : le juge du surendettement n’est pas compétent pour annuler une majoration fiscale, mais il peut tenir compte d’une instance en cours et, surtout, il appliquera l’exclusion dès lors que le titre exécutoire mentionne des majorations non rémissibles non contestées utilement.

Pour les dettes fiscales qui entrent dans le traitement, le sort dépend de l’orientation donnée au dossier. Si vos ressources ou votre actif réalisable le permettent, la commission s’efforce d’abord de concilier les parties en vue d’un plan conventionnel de redressement (article L. 732-1 du code de la consommation), puis, en cas d’échec, peut imposer des mesures : rééchelonnement dans la limite de sept ans, report, effacement partiel du solde (article L. 733-1 du code de la consommation). Vos impôts ordinaires — impôt sur le revenu sans majoration frauduleuse, taxe foncière, taxe d’habitation — suivent ce régime et peuvent donc être rééchelonnés puis partiellement effacés. Si votre situation est irrémédiablement compromise et que vous ne détenez que des biens sans valeur marchande ou indispensables à la vie courante, la commission peut imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire (article L. 724-1 du code de la consommation), qui entraîne, en l’absence de contestation, l’effacement de toutes les dettes arrêtées à la date de sa décision, à l’exception des dettes mentionnées aux articles L. 711-4 et L. 711-5 : « En l’absence de contestation dans les conditions prévues à l’article L. 741-4 , le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne l’effacement de toutes les dettes, professionnelles et non professionnelles, du débiteur, arrêtées à la date de la décision de la commission, à l’exception des dettes mentionnées aux articles L. 711-4 et L. 711-5 et des dettes dont le montant a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques. » (article L. 741-2 du code de la consommation). En cas de liquidation, la clôture produit un effet comparable : l’effacement de toutes les dettes arrêtées à la date du jugement d’ouverture, à l’exception de celles payées par la caution ou le coobligé (article L. 742-22 du code de la consommation).

Une précision fiscale souvent ignorée joue en votre faveur dans le rétablissement personnel : l’article 1756 du code général des impôts prévoit que « En cas de mise en œuvre de la procédure de rétablissement personnel prévue aux articles L. 741-1 à L. 741-3 et L. 742-3 à L. 742-7 du code de la consommation, les majorations, frais de poursuites et pénalités fiscales encourus en matière d’impôts directs dus à la date à laquelle la commission recommande un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ou à la date du jugement d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire sont remis, à l’exception des majorations prévues aux b et c du 1 de l’article 1728 ainsi qu’aux articles 1729 et 1732. » Autrement dit, même pour des impôts directs qui subsisteraient, les majorations ordinaires, frais de poursuites et pénalités rémissibles sont remis de plein droit dans le rétablissement personnel. Vérifiez donc, ligne par ligne, quelles majorations grèvent votre dette : ce tri détermine ce qui peut disparaître et ce qui restera à payer après la procédure.

B. Comment contester devant le juge des contentieux de la protection : délais, preuves et recours du fisc

Quand la commission déclare votre dossier irrecevable, refuse l’effacement de vos impôts ordinaires ou impose des mensualités intenables, vous pouvez contester devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de votre domicile. Le recours contre la décision de recevabilité ou contre les mesures imposées se forme par déclaration au greffe dans le délai indiqué dans la notification — en pratique quinze jours à compter de cette notification — et le juge réexamine l’ensemble du dossier : état du passif, capacité de remboursement, bonne foi et application de l’exclusion des dettes fiscales. Préparez un dossier de contestation méthodique : relevés détaillés de chaque dette fiscale distinguant principal, majoration de 10 % et majorations pour manquement délibéré ou fraude, titres exécutoires du comptable public, preuves de paiement des impôts courants depuis le dépôt, justificatifs de charges et de revenus actualisés, et, si vous invoquez le caractère rémissible d’une majoration, la proposition de rectification et vos échanges avec l’administration. C’est sur pièces que le juge tranchera si telle année d’imposition relève de l’exclusion ou du traitement ordinaire.

Anticipez aussi le recours symétrique du comptable public : comme le montrent les arrêts de Nancy et de Dijon, le pôle de recouvrement spécialisé fait appel dès que la commission ou le premier juge efface une créance fiscale qu’il estime exclue. Dans l’affaire nancéienne, le comptable a interjeté appel d’un jugement qui avait ordonné le report puis l’effacement de 268 164,34 euros de dette fiscale, et la cour lui a donné partiellement raison en excluant 239 357,91 euros correspondant aux impôts sanctionnés par la majoration de 40 %. Dans l’affaire dijonnaise, le comptable a obtenu l’exclusion de 34 291 euros et 36 774 euros au titre des années 2019 et 2020. Si le fisc conteste vos mesures, ne restez pas passif : comparaissez ou faites-vous représenter, répondez précisément sur la nature de chaque majoration et produisez tout jugement du tribunal administratif qui les aurait annulées ou réduites. Une majoration annulée par le juge administratif cesse de fonder l’exclusion, et le juge du surendettement en tirera les conséquences sur l’effacement.

Articulez enfin les deux juges sans les confondre. Le juge des contentieux de la protection statue sur le surendettement — recevabilité, orientation, mesures, effacement — mais ne peut pas annuler un impôt ni une majoration : seul le tribunal administratif le peut, après réclamation préalable auprès de l’administration. Menées en parallèle, les deux contestations se renforcent : obtenez du juge administratif la décharge d’une majoration de 40 % et l’exclusion tombe devant le juge du surendettement ; obtenez du juge du surendettement un rééchelonnement des impôts ordinaires et la pression du recouvrement cesse pendant la procédure. Respectez les délais propres à chaque voie — réclamation fiscale dans les délais de l’avis, recours devant le juge du surendettement dans le délai de la notification de la commission — et informez chaque juridiction de l’instance pendante devant l’autre. Cette discipline procédurale fait souvent la différence entre une dette fiscale qui survit au dossier et une dette qui s’éteint avec lui.

Conclusion

Déclarer ses impôts impayés dans un dossier de surendettement est presque toujours la bonne décision : la recevabilité suspend les saisies du fisc, la commission traite les impôts ordinaires comme les autres dettes, et le rétablissement personnel peut effacer ce qui n’a pas pu être payé. Mais la dette fiscale obéit à une ligne de partage stricte : les impôts assortis de la seule majoration de retard se rééchelonnent et s’effacent, tandis que les droits sanctionnés par des majorations pour fraude ou manquement délibéré survivent à la procédure, sauf accord du comptable public. Tout l’enjeu du dossier consiste donc à trier, année par année, le principal, les majorations rémissibles et les majorations exclues, à payer ses impôts courants sans interruption et à contester chaque majoration litigieuse devant le tribunal administratif tout en défendant l’effacement du surplus devant le juge des contentieux de la protection. Préparé avec cette rigueur, appuyé sur les textes et les décisions citées dans cet article, un dossier comportant des dettes fiscales aboutit : les poursuites s’arrêtent, les impôts ordinaires se traitent, et seules les dettes frauduleuses, dûment établies, restent dues.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».