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MaPrimeRénov’ : votre devis solaire thermique signé cet été reste-t-il finançable en septembre 2026 ?

Vous avez signé en juillet ou en août 2026 un devis pour un chauffe-eau solaire, un système solaire hybride ou une chaudière gaz, en comptant sur MaPrimeRénov’ pour financer une partie du chantier, et votre dossier n’était toujours pas déposé fin août ? Depuis le 1er septembre 2026, les règles ont changé : le solaire thermique et les systèmes hybrides sont exclus du parcours par geste, et la rénovation d’ampleur des maisons individuelles ne peut plus conserver un chauffage au gaz. Concrètement, un devis signé mais non déposé avant l’échéance peut se retrouver sans aide, avec un acompte déjà versé et un artisan qui attend le démarrage du chantier.

La réponse courte tient en trois points. D’abord, la date qui compte est celle du dépôt du dossier et de l’engagement de l’aide, pas celle de la signature du devis : un devis signé en juillet ne protège pas, à lui seul, contre une règle entrée en vigueur le 1er septembre. Ensuite, un refus d’aide se conteste, d’abord devant l’Agence nationale de l’habitat, puis devant le tribunal administratif dans un délai strict. Enfin, l’acompte versé à l’artisan n’est pas perdu par principe : si le chantier ne peut plus se faire comme prévu, le contrat d’entreprise offre des voies de sortie, de la renégociation à la résolution avec restitution.

Cet article explique ce que le décret du 25 août 2026 change pour les équipements solaires, quel sort est réservé aux devis signés cet été, comment contester un refus d’aide et comment régler la question de l’acompte avec l’artisan. Il s’appuie sur la fiche officielle du service public mise à jour le 27 août 2026, sur les textes applicables et sur des décisions de justice récentes, dont un arrêt du Conseil d’État du 11 mars 2026 sur la prime de transition énergétique. Réserve importante : chaque dossier dépend de sa date de dépôt exacte, du contenu du devis et des conditions de ressources du ménage ; les montants d’aide cités sont ceux des barèmes officiels et peuvent évoluer.

I. Le 1er septembre 2026 change la donne pour le solaire aidé

A. Le solaire thermique et l’hybride sortent du parcours par geste

Jusqu’à l’été 2026, un propriétaire pouvait financer un chauffe-eau solaire individuel ou un système combiné par le parcours par geste de MaPrimeRénov’, c’est-à-dire une aide attribuée équipement par équipement, sans engager une rénovation globale du logement. Ce parcours simple séduisait les ménages qui voulaient remplacer un ballon électrique vieillissant ou coupler solaire et appoint sans se lancer dans un chantier d’ampleur. La fiche officielle du service public consacrée à ces évolutions, publiée le 23 février 2026 puis mise à jour le 27 août 2026, annonce la nouvelle règle : à compter du 1er septembre 2026, les équipements de solaire thermique et les systèmes hybrides ne sont plus éligibles au parcours par geste, et le plafond de ce parcours est fixé à 30 000 euros de dépenses éligibles. La presse spécialisée du 3 septembre 2026 l’a confirmé, en précisant que le décret vise aussi le gaz, conservé mais exclu de la rénovation d’ampleur des maisons individuelles.

Il faut bien mesurer ce que cette exclusion signifie. Elle ne dit pas que le solaire thermique est interdit, ni qu’il est inefficace : elle dit que l’argent public ne le financera plus par la voie la plus simple. Un propriétaire qui avait calibré son budget en comptant sur une prime de plusieurs milliers d’euros pour un chauffe-eau solaire se retrouve avec un reste à charge brutalement augmenté. La promesse commerciale de l’installateur, formulée en juin ou en juillet sur la base des barèmes alors en vigueur, ne vaut plus en septembre, et ce décalage est la source de la plupart des litiges actuels : le client reproche à l’artisan de ne pas l’avoir prévenu, l’artisan répond qu’il n’est pas l’administration et que le devis mentionnait des aides « sous réserve d’éligibilité ».

Le périmètre exact mérite attention. Sont visés le solaire thermique pur, comme le chauffe-eau solaire individuel et le système solaire combiné, ainsi que les équipements hybrides qui associent une pompe à chaleur et un appoint. Les panneaux photovoltaïques, qui produisent de l’électricité et relèvent d’autres mécanismes comme l’obligation d’achat, ne sont pas concernés par cette exclusion. De même, la rénovation d’ampleur accompagnée reste ouverte aux projets solaires dès lors qu’ils s’inscrivent dans un bouquet de travaux avec un gain de performance : la porte qui se ferme est celle du geste isolé, pas celle de la rénovation globale. Cette distinction est décisive pour la suite, car elle offre une voie de repli aux porteurs de projet : transformer un geste unique en projet d’ampleur, à condition d’en accepter le coût, les délais et l’accompagnement obligatoire.

Le contexte budgétaire éclaire la décision sans la rendre moins brutale pour les ménages. MaPrimeRénov’ est une prime de transition énergétique créée par l’article 15 de la loi de finances pour 2020 et distribuée, pour le compte de l’État, par l’Agence nationale de l’habitat, comme le rappelle le Conseil d’État dans sa décision du 11 mars 2026 : « L’article 15 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 a créé une prime de transition énergétique destinée à financer, sous conditions de ressources, des travaux et dépenses en faveur de la rénovation énergétique des logements, et distribuée, pour le compte de l’Etat, par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH). » (Conseil d’État, 11 mars 2026, n° 501151) Les modalités d’octroi sont fixées par le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 et par des arrêtés interministériels régulièrement modifiés, ce qui signifie que les barèmes et les listes d’équipements éligibles peuvent changer d’une année sur l’autre. Le décret du 25 août 2026 s’inscrit dans cette logique d’ajustement, avec une priorité donnée à l’électrification et aux rénovations globales. Pour le propriétaire, la leçon est claire : une aide publique n’est jamais un droit acquis tant que le dossier n’est pas déposé et l’aide engagée, et tout calendrier de travaux qui parie sur la stabilité des barèmes prend un risque.

B. Devis signé cet été, dossier non déposé : où en êtes-vous ?

La situation la plus fréquente en ce mois de septembre 2026 est celle-ci : devis signé en juillet ou en août, acompte de 30 à 40 % versé, artisan prêt à intervenir à l’automne, mais dossier MaPrimeRénov’ non encore déposé parce qu’il manquait une pièce, parce que l’accompagnateur n’avait pas validé le projet ou simplement parce que l’été a ralenti les démarches. Ce dossier tombe désormais sous l’empire des règles applicables à sa date de dépôt, donc sans le solaire thermique en parcours par geste. Trois cas de figure doivent être distingués, car tout le contentieux en découle.

Premier cas : le dossier a été déposé complet avant le 31 août 2026 et l’aide a été engagée. Le changement de règle ne remet pas en cause, par principe, une décision d’octroi déjà notifiée : l’administration ne peut pas retirer une aide accordée sauf dans les cas prévus par les textes, comme la fausse déclaration ou le non-respect des engagements. Conservez précieusement la notification d’octroi, la date de dépôt et l’accusé de réception : ce sont vos meilleures protections si un contrôle ultérieur interroge l’éligibilité du projet.

Deuxième cas : le dossier a été déposé mais l’instruction n’est pas terminée. C’est la zone grise. En principe, c’est la réglementation applicable à la date de la décision qui s’applique, sauf disposition transitoire contraire prévoyant le maintien des anciennes règles pour les dossiers en cours. Le décret du 25 août 2026 et ses arrêtés d’application doivent donc être lus de près pour repérer une éventuelle clause de sauvegarde des dossiers déposés avant le 1er septembre. Si le décret n’en prévoit pas, l’administration appliquera les nouvelles listes d’équipements, et le volet solaire du projet sera écarté. C’est dans cette configuration que le recours gracieux puis contentieux prend tout son sens, comme on le verra, en invoquant notamment la sécurité juridique et la confiance légitime des pétitionnaires dont le dossier était complet avant l’échéance.

Troisième cas, le plus exposé : aucun dossier déposé au 31 août, seulement un devis signé et un acompte versé. Ici, aucune aide n’est engagée et l’administration n’a rien à maintenir : le projet solaire en geste isolé n’est plus finançable. Le propriétaire doit alors choisir entre trois voies : abandonner le solaire et réorienter le chantier vers un équipement toujours éligible en geste isolé, comme une pompe à chaleur air-eau ; transformer le projet en rénovation d’ampleur accompagnée en ajoutant isolation et ventilation pour atteindre les seuils de gain énergétique ; ou réaliser les travaux sans aide, en renégociant le prix avec l’artisan. Chacune de ces voies a des conséquences sur le contrat signé, car le devis mentionnait un équipement précis pour un prix précis : changer d’équipement, c’est modifier le contrat, ce qui suppose l’accord des deux parties et, en pratique, un avenant écrit.

Un point de vigilance concerne les devis eux-mêmes. Beaucoup comportent une mention « aides déduites » ou un reste à charge calculé après prime, parfois assortie d’un astérisque « sous réserve d’acceptation du dossier ». Cette mention protège l’artisan mais n’éteint pas tout débat : si le commercial a affirmé que l’aide était garantie, ou s’il a fait déposer tardivement un dossier qu’il s’était engagé à traiter vite, sa responsabilité peut être recherchée. À l’inverse, un devis qui détaille honnêtement le prix total, le montant estimé de l’aide et le reste à charge effectif en cas de refus donne au client l’information qui lui permet de décider en connaissance de cause. Dans tous les cas, ne signez aucun avenant dans la précipitation de septembre : prenez le temps de chiffrer chaque scénario, aide comprise et hors aide, avant d’engager plusieurs milliers d’euros supplémentaires.

II. Vos recours quand l’aide est refusée et que l’acompte est bloqué

A. Contester un refus d’aide : du recours gracieux au juge administratif

Un refus de MaPrimeRénov’ est une décision administrative, prise par l’Agence nationale de l’habitat pour le compte de l’État, et comme toute décision administrative, elle se conteste selon un chemin balisé. La première étape est le recours gracieux adressé à l’Anah elle-même : un courrier recommandé qui expose les faits, rappelle la chronologie du dossier et demande le réexamen de la décision. Ce recours est utile à double titre. D’une part, il permet de corriger les refus fondés sur une simple erreur matérielle, comme une pièce jugée manquante alors qu’elle figurait au dossier ou une mauvaise lecture de la date de dépôt. D’autre part, il interrompt les délais et prépare le recours contentieux en constituant un dossier écrit, daté et complet. Joignez-y l’accusé de dépôt du dossier, la notification de refus, le devis signé, les justificatifs de ressources et tout échange avec l’accompagnateur ou l’instructeur.

Si le recours gracieux est rejeté ou reste sans réponse pendant deux mois, le silence valant rejet implicite, vient la deuxième étape : le recours devant le tribunal administratif. Le délai est strict et bref. Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. » Deux mois, pas un jour de plus : une requête déposée hors délai est irrecevable, quelle que soit la qualité des arguments sur le fond. Le tribunal compétent est en principe celui du lieu où se situe le logement aidé, et la requête doit identifier précisément la décision attaquée, les moyens invoqués et les conclusions demandées, annulation et, le cas échéant, injonction de réexaminer le dossier.

Sur le fond, quels moyens invoquer contre un refus fondé sur les règles nouvelles ? Le premier moyen tient à la date applicable : si votre dossier était complet avant le 1er septembre 2026, vous pouvez soutenir que l’administration devait appliquer les règles en vigueur à la date du dépôt, ou à tout le moins qu’une application rétroactive des exclusions nouvelles à un dossier complet porte atteinte à la sécurité juridique. Ce moyen n’est pas gagné d’avance, car en matière d’aides facultatives le juge admet largement que l’administration applique la réglementation en vigueur au jour de sa décision, mais il mérite d’être plaidé avec un dossier chronologique impeccable, surtout si des dispositions transitoires protègent les dossiers en cours. Le deuxième moyen tient à l’erreur d’appréciation : un système présenté comme hybride qui serait en réalité une pompe à chaleur éligible, un chauffe-eau thermodynamique confondu avec un chauffe-eau solaire, une maison individuelle traitée comme une copropriété. L’administration instruit des milliers de dossiers et les erreurs de qualification existent : la démonstration technique, fiches produit et avis de l’installateur à l’appui, peut emporter l’annulation. Le troisième moyen tient à la motivation : une décision de refus doit exposer les considérations de droit et de fait qui la fondent, et un refus stéréotypé qui ne répond à aucun élément de votre dossier est vulnérable.

Au-delà du dossier individuel, sachez que les actes réglementaires qui fixent les barèmes et les listes d’équipements peuvent eux-mêmes être contestés par la voie du recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d’État. L’exemple est récent et parlant : le 11 mars 2026, le Conseil d’État, saisi par l’association Propellet France, a annulé partiellement un arrêté modifiant la prime de transition énergétique. La Haute juridiction a d’abord rappelé le cadre : « Un arrêté conjoint des ministres chargés du logement, de l’énergie, de l’outre-mer, de l’économie et du budget précise les caractéristiques techniques et les modalités de réalisation des travaux et prestations dont les dépenses sont éligibles à la prime » Puis elle a constaté que l’arrêté attaqué n’avait, pour sa part, pas été signé par le ministre chargé de l’outre-mer, contrairement à ce que prévoit le décret, et a en conséquence annulé le 1° de l’article 4 de l’arrêté du 4 décembre 2024 en tant qu’il modifiait les forfaits correspondant aux chaudières et équipements fonctionnant au bois et autres biomasses. (Conseil d’État, 11 mars 2026, n° 501151). Cette décision ne concerne pas le solaire thermique et n’ouvre aucun droit individuel automatique, mais elle démontre que les règles du jeu de MaPrimeRénov’ sont placées sous contrôle du juge : une exclusion nouvelle entachée d’incompétence ou d’illégalité peut être annulée, avec effet pour tous. Le Conseil d’État a du reste fait application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, selon lequel « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens » : l’État a été condamné à verser 3 000 euros à l’association requérante. Pour un particulier, la voie réaliste reste le recours individuel contre le refus opposé à son dossier, mais l’existence de ce contrôle juridictionnel pèse dans la négociation amiable avec l’administration.

Deux conseils pratiques pour finir. D’abord, ne laissez jamais passer le délai de deux mois en attendant une réponse à un recours gracieux : le recours gracieux proroge le délai contentieux, mais une fois le rejet intervenu, le compteur repart pour deux mois seulement, et beaucoup de justiciables découvrent trop tard qu’ils sont forclos. Ensuite, chiffrez votre préjudice dès le départ : surcoût du chantier réorienté, frais d’accompagnement supplémentaires, intérêts de l’emprunt souscrit pour préfinancer les travaux, préjudice de jouissance si le chantier est retardé. Le juge administratif peut indemniser, mais seulement ce qui est prouvé, factures et relevés à l’appui. Un dossier de recours bien chiffré est aussi un dossier qui se transige mieux, car l’administration préfère parfois réexaminer un dossier solide plutôt que de défendre un refus fragile jusqu’au jugement.

B. Récupérer l’acompte et réorienter le chantier sans y perdre son logement

Reste la question la plus angoissante : les 3 000, 5 000 ou 8 000 euros déjà versés à l’artisan. Un acompte n’est ni un don ni une somme perdue par principe : c’est un premier versement sur le prix d’un contrat d’entreprise, et si le contrat ne peut plus s’exécuter comme prévu, le droit civil organise la sortie. Le Code civil est limpide sur les armes du client insatisfait. Aux termes de l’article 1217 du Code civil : « La partie envers laquelle l’engagement n’a pas été exécuté, ou l’a été imparfaitement, peut : – refuser d’exécuter ou suspendre l’exécution de sa propre obligation ; – poursuivre l’exécution forcée en nature de l’obligation ; – obtenir une réduction du prix ; – provoquer la résolution du contrat ; – demander réparation des conséquences de l’inexécution. » L’effet de la résolution est ensuite radical : aux termes de l’article 1229 du Code civil, « La résolution met fin au contrat. » Chacun rend ce qu’il a reçu : l’artisan restitue l’acompte, le client restitue le matériel éventuellement livré. Et l’article 1224 du même code précise le mode d’emploi : « La résolution résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice. » Autrement dit, face à un artisan qui ne réalise pas le chantier convenu, ou qui exige un supplément massif parce que l’aide a disparu, vous pouvez suspendre vos paiements, exiger l’exécution, faire baisser le prix, ou provoquer la résolution du contrat avec restitution de l’acompte.

Les tribunaux appliquent ces principes chaque semaine aux litiges d’artisans, et trois jugements récents montrent comment. Le 4 mai 2026, le tribunal judiciaire de Quimper a condamné un entrepreneur qui n’avait jamais exécuté des travaux de rénovation payés d’un acompte de 2 371,60 euros : le tribunal a condamné l’entrepreneur à rembourser au client l’acompte de 2 371,60 euros, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du 12 novembre 2024, plus 1 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile (TJ Quimper, 4 mai 2026, RG 25/02538). Le 7 juillet 2025, le tribunal judiciaire de Cherbourg-en-Cotentin a suivi la même logique pour une rénovation de toiture jamais réalisée : il a prononcé la résolution du contrat conclu avec l’entreprise J Rénovation et condamné celle-ci à rembourser au client l’acompte de 3 540 euros, avec intérêts au taux légal à compter du jugement (TJ Cherbourg-en-Cotentin, 7 juillet 2025, RG 25/00051). Et le 15 janvier 2026, le tribunal judiciaire de Metz a condamné un entrepreneur à rembourser à ses clients les acomptes payés au titre du devis du 1er février 2024, soit 6 600 euros au total avec intérêts légaux à compter du 28 mars 2024, plus 3 000 euros au titre de l’article 700 (TJ Metz, 15 janvier 2026, RG 25/00906). Trois enseignements s’en dégagent : l’acompte d’un chantier inexécuté se restitue, les intérêts courent au plus tôt depuis la mise en demeure, et le juge sanctionne la résistance abusive par une indemnité de procédure. Notez toutefois que les juges rejettent généralement les dommages et intérêts complémentaires quand le préjudice n’est pas démontré : réclamez le remboursement, chiffrez le surplus, ne l’inventez pas.

Avant d’en arriver au tribunal, explorez les sorties amiables, souvent plus rapides et moins coûteuses. Si le devis a été signé à votre domicile ou à la suite d’un démarchage, vous disposiez d’un droit de rétractation de quatorze jours : « Le consommateur dispose d’un délai de quatorze jours pour exercer son droit de rétractation d’un contrat conclu à distance, à la suite d’un démarchage téléphonique ou hors établissement » (article L. 221-18 du code de la consommation). Ce délai est passé pour les devis de l’été, mais vérifiez que le bordereau de rétractation était bien joint au contrat : son absence prolonge le délai et ouvre des nullités que les associations de consommateurs connaissent bien. Et si l’artisan a déjà commencé à travailler à votre demande expresse pendant le délai, la loi règle le sort des sommes dues : aux termes de l’article L. 221-25 du code de la consommation, « Le consommateur qui a exercé son droit de rétractation d’un contrat de prestation de services ou d’un contrat mentionné au premier alinéa de l’article L. 221-4 dont l’exécution a commencé, à sa demande expresse, avant la fin du délai de rétractation verse au professionnel un montant correspondant au service fourni jusqu’à la communication de sa décision de se rétracter » — autrement dit, on paie le travail réellement fourni, pas le chantier entier. Ensuite, tentez la renégociation écrite : avenant qui substitue un équipement éligible au solaire exclu, nouveau calendrier, acompte imputé sur le nouveau projet. Un artisan sérieux préfère souvent adapter le chantier plutôt que de restituer l’acompte et de perdre un client. Puis saisissez le conciliateur de justice, gratuit et rapide, comme l’avaient fait les demandeurs des affaires de Quimper et de Cherbourg avant d’aller au tribunal. Ce n’est qu’en cas d’échec, procès-verbal de carence à l’appui, que l’assignation devant le tribunal judiciaire s’impose, précédée d’une mise en demeure par lettre recommandée qui fera courir les intérêts.

Un dernier mot sur la réorientation du projet, car c’est souvent la solution la plus constructive. Si le solaire en geste isolé n’est plus aidé, trois pistes existent : remplacer le solaire par une pompe à chaleur ou un autre geste éligible, ce qui suppose un avenant et un nouveau chiffrage ; basculer vers une rénovation d’ampleur accompagnée, avec audit, accompagnateur agréé et bouquet de travaux, ce qui rouvre des aides plus élevées mais allonge les délais de plusieurs mois ; ou réaliser le solaire sans aide, en renégociant fermement le prix, car un installateur qui perd le levier de la prime redevient négociable. Dans les trois cas, faites-vous accompagner : un projet modifié à la hâte, sans devis comparatifs et sans vérification de l’éligibilité nouvelle, est un second litige en préparation. Les lecteurs qui souhaitent une vision d’ensemble des contentieux du logement et des travaux peuvent consulter les analyses de notre cabinet en droit immobilier à Paris, qui couvrent les litiges de travaux, de copropriété et de baux.

Conclusion : agir vite, dans l’ordre et par écrit

Le couperet du 1er septembre 2026 est tombé sur les projets solaires en parcours par geste, et les devis signés cet été sans dossier déposé se retrouvent exposés. Mais un couperet réglementaire n’est pas une fatalité juridique : vérifiez d’abord la date exacte de dépôt de votre dossier et le contenu du décret applicable, contestez ensuite tout refus par un recours gracieux puis, si nécessaire, devant le tribunal administratif dans les deux mois, et réglez enfin la question de l’acompte par la renégociation, la conciliation ou, à défaut, la résolution judiciaire avec restitution. À chaque étape, l’écrit fait foi : devis détaillé, avenant signé, mise en demeure recommandée, dossier de recours chiffré. Ceux qui accumulent les preuves dès septembre se donnent les moyens d’obtenir une aide réexaminée, un chantier réorienté ou un acompte restitué ; ceux qui attendent en espérant un geste commercial s’exposent à la forclusion et à l’enlisement. Le logement sous pression énergétique mérite mieux que des promesses : il mérite des décisions documentées.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».