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Entreprise en faillite en 2026 : client, fournisseur, facture impayée, que faire ?

La requête « entreprise en faillite » remonte fortement en 2026 parce que le risque est devenu concret pour les fournisseurs, prestataires, franchisés, bailleurs commerciaux et clients professionnels. La Banque de France a mis en ligne le 11 mai 2026 ses statistiques à fin mars : les défaillances d’entreprises restent proches de 70 000 sur douze mois. En pratique, cela signifie qu’un partenaire commercial peut basculer rapidement en sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire.

Le mot « faillite » parle aux dirigeants. Juridiquement, il faut pourtant identifier la procédure exacte. Une entreprise en redressement judiciaire peut continuer son activité. Une entreprise en liquidation judiciaire est en principe destinée à cesser son activité, sauf poursuite provisoire ou plan de cession. Pour le créancier, l’erreur consiste à raisonner comme dans une facture impayée classique : relance, mise en demeure, huissier, puis tribunal. Après l’ouverture d’une procédure collective, cette logique change.

Cet article explique quoi faire dès que vous apprenez qu’un client, un fournisseur ou un cocontractant est « en faillite » : vérifier l’information, comprendre la procédure, déclarer la créance, préserver les contrats utiles, sécuriser les preuves et éviter les délais perdus.

Pourquoi le sujet est urgent en mai 2026

Les défaillances d’entreprises ne sont plus un bruit de fond. Selon la Banque de France, le cumul sur douze mois à fin mars 2026 reste à un niveau élevé. Pour une TPE, une PME, un fournisseur B2B ou un bailleur commercial, le risque n’est pas seulement macroéconomique : il se traduit par des factures bloquées, des acomptes versés, des livraisons en cours, des contrats non exécutés et parfois des stocks déjà déplacés.

L’angle le plus important est donc pratique. Quand vous découvrez l’annonce, vous devez répondre à cinq questions dans l’ordre :

  • quelle société est concernée, avec quel SIREN ;
  • quelle procédure a été ouverte ;
  • quelle est la date de publication au BODACC ;
  • qui est mandataire judiciaire, administrateur ou liquidateur ;
  • quelles créances, marchandises, acomptes ou contrats sont exposés.

Tant que ces cinq points ne sont pas fixés, toute action peut partir dans la mauvaise direction.

Faillite, redressement, liquidation : ne pas confondre les mots

En droit français, le terme courant « faillite » recouvre plusieurs situations. La sauvegarde vise une entreprise qui n’est pas encore en cessation des paiements mais rencontre des difficultés qu’elle ne peut surmonter seule. Le redressement judiciaire concerne une entreprise en cessation des paiements dont la poursuite d’activité paraît encore possible. La liquidation judiciaire intervient lorsque le redressement paraît impossible ou lorsque l’activité doit être arrêtée.

Cette distinction change la stratégie.

Si votre client est en redressement judiciaire, il peut continuer à commander, livrer et exploiter son activité, mais les dettes antérieures au jugement sont traitées dans la procédure collective. Vous devez déclarer les créances nées avant le jugement et surveiller les créances nées après.

Si votre client est en liquidation judiciaire, l’objectif devient souvent de vendre les actifs, vérifier les créances, régler les créanciers selon leur rang et clôturer la procédure. Dans certains cas, une poursuite d’activité temporaire ou un plan de cession peut être organisé.

La fiche officielle Service Public Entreprendre sur la déclaration de créances rappelle le réflexe central : le créancier doit déclarer sa créance auprès du mandataire ou du liquidateur pour faire connaître sa volonté d’obtenir le paiement.

Première étape : vérifier l’information au BODACC et dans le jugement

Ne vous contentez pas d’une rumeur, d’un email du client ou d’une mention trouvée sur Google. Le bon point de départ est l’annonce officielle, généralement publiée au BODACC, puis le jugement d’ouverture lorsque vous pouvez l’obtenir.

L’annonce permet d’identifier :

  • la dénomination exacte de l’entreprise ;
  • son numéro SIREN ;
  • le tribunal compétent ;
  • la nature de la procédure ;
  • la date du jugement ;
  • le mandataire judiciaire, l’administrateur ou le liquidateur ;
  • le délai applicable pour déclarer les créances.

Cette vérification est indispensable lorsque plusieurs sociétés portent un nom proche, lorsqu’un groupe comporte plusieurs filiales, ou lorsque vous avez contracté avec un établissement secondaire. Une créance déclarée contre la mauvaise société peut devenir inutile.

Pour la méthode détaillée, vous pouvez vous appuyer sur notre article : comment savoir si une entreprise est en liquidation judiciaire et déclarer sa créance.

Facture impayée : la relance ne suffit plus

Avant le jugement d’ouverture, une facture impayée peut justifier une mise en demeure, une injonction de payer, une assignation ou une procédure de recouvrement. Après le jugement d’ouverture, les poursuites individuelles pour les créances antérieures sont en principe arrêtées ou interdites. Le créancier doit entrer dans la discipline collective.

Le réflexe utile est donc double :

  • déclarer la créance dans le délai applicable ;
  • conserver les preuves de la dette et de son exigibilité.

La déclaration ne doit pas être approximative. Elle doit identifier la créance, son montant, son fondement, les factures, les échéances, les garanties, les intérêts, les pénalités éventuelles et les pièces justificatives. Si une partie de la dette est contestée, il faut le signaler avec prudence et documenter le calcul.

Notre guide dédié détaille ce point : déclaration de créance, délai de deux mois, facture impayée et procédure collective.

Client en faillite : que faire si vous êtes fournisseur

Le fournisseur doit d’abord séparer les dettes anciennes et les opérations nouvelles.

Pour les factures antérieures au jugement, la voie normale est la déclaration de créance. Pour les commandes postérieures, il faut vérifier si elles ont été autorisées, si elles sont utiles à la procédure, si elles bénéficient d’un traitement privilégié et si les conditions de paiement sont suffisamment sécurisées.

Ne continuez pas à livrer mécaniquement. Demandez une confirmation écrite de l’administrateur lorsqu’il existe, vérifiez le mandat de la personne qui commande, exigez des délais courts, documentez les livraisons et surveillez les paiements. Si le contrat est essentiel à l’activité du débiteur, sa poursuite peut être imposée ou organisée, mais elle doit être traitée juridiquement.

Le fournisseur doit aussi vérifier les garanties :

  • clause de réserve de propriété ;
  • caution personnelle ;
  • garantie autonome ;
  • délégation de paiement ;
  • assurance-crédit ;
  • affacturage ;
  • nantissement ou sûreté publiée.

Une simple mention dans les conditions générales ne suffit pas toujours. Il faut vérifier la preuve d’acceptation, la date, l’opposabilité et les délais d’action.

Fournisseur en faillite : que faire si vous êtes client

La situation inverse est fréquente. Vous avez payé un acompte, commandé une prestation, signé un contrat de maintenance, réservé un stock ou engagé un projet avec une société qui bascule en procédure collective.

La première question est de savoir si le contrat continue. En redressement judiciaire, certains contrats en cours peuvent être poursuivis. En liquidation judiciaire, le liquidateur peut parfois exécuter, céder ou arrêter certains contrats selon la procédure et l’intérêt des créanciers.

Vous devez rapidement réunir :

  • le contrat signé ;
  • les bons de commande ;
  • les factures et acomptes payés ;
  • les échanges sur le calendrier ;
  • les livrables attendus ;
  • les pénalités contractuelles ;
  • les garanties ou assurances.

Si l’acompte a été payé avant le jugement et que la prestation ne sera pas exécutée, il faudra souvent déclarer une créance. Si le contrat doit absolument être poursuivi, il faut interroger l’organe de la procédure et éviter les initiatives unilatérales qui aggraveraient le dossier.

Marchandises, acompte, stock : ne pas perdre les preuves

Les procédures collectives sont des procédures de preuve. Celui qui agit trop tard perd souvent plus par manque de documents que par absence de droit.

Si vous êtes fournisseur, établissez un tableau par facture : date de commande, date de livraison, référence produit, quantité, prix, échéance, clause applicable, statut du paiement, preuve de livraison, interlocuteur chez le client. Si des marchandises restent identifiables, vérifiez immédiatement si une revendication est possible.

Si vous êtes client, établissez un tableau des sommes versées, prestations attendues, retards, livrables déjà reçus et conséquences économiques. Cela permettra de déclarer une créance, de discuter la poursuite du contrat ou d’évaluer un préjudice.

Dans les deux cas, gardez les emails, accusés de réception, bons de livraison, tickets de transport, captures de l’annonce BODACC, extraits Kbis, factures et relevés de compte. Les pièces simples sont souvent décisives.

Les erreurs fréquentes après l’annonce de la faillite

La première erreur est d’attendre un courrier officiel. Le délai de déclaration court à partir de la publication pertinente, pas à partir du moment où le créancier s’organise en interne.

La deuxième erreur est de continuer les livraisons sans sécuriser les commandes postérieures. Une entreprise en redressement peut poursuivre son activité, mais cela ne signifie pas que toutes les nouvelles commandes seront payées sans risque.

La troisième erreur est de poursuivre le débiteur comme avant. Une assignation en paiement, une saisie ou une pression de recouvrement peut être neutralisée par la procédure collective.

La quatrième erreur est de confondre déclaration de créance et revendication de biens. Déclarer une facture ne permet pas automatiquement de récupérer des marchandises.

La cinquième erreur est d’oublier les garanties personnelles. La procédure collective ouverte contre la société ne règle pas toujours le sort des cautions, garanties autonomes, coobligés ou responsables distincts.

Paris et Île-de-France : les réflexes opérationnels

À Paris et en Île-de-France, beaucoup de dossiers concernent des sociétés multi-sites, des commerces, des prestataires informatiques, des franchises, des restaurants, des agences, des distributeurs ou des entreprises du bâtiment. Le premier travail consiste à identifier le bon tribunal et le bon débiteur.

Ensuite, il faut décider vite si l’enjeu justifie une intervention d’avocat :

  • montant important de facture impayée ;
  • marchandise encore identifiable ;
  • acompte élevé ;
  • contrat stratégique ;
  • risque de rupture de chaîne d’approvisionnement ;
  • caution ou garantie à activer ;
  • contestation prévisible de la créance.

Le cabinet intervient en droit des affaires et en procédures collectives à Paris pour vérifier la procédure, préparer la déclaration de créance, analyser les garanties et engager les démarches utiles.

Candidats écartés et choix de l’angle

Plusieurs angles étaient possibles. L’angle « déclaration de créance » est déjà couvert par un article dédié. L’angle « clause de réserve de propriété » est également couvert, y compris lorsque le stock a disparu. L’angle « insuffisance d’actif du dirigeant » existe déjà dans le corpus. Le choix du jour est donc volontaire : traiter la requête large « entreprise en faillite », qui correspond au langage réel des internautes, tout en la redirigeant vers les actions juridiques exactes.

Ce positionnement permet de capter une intention immédiate : un dirigeant, un fournisseur ou un client professionnel vient d’apprendre qu’une entreprise est en faillite et cherche quoi faire dans les prochaines heures.

Ce qu’il faut faire dans les 24 heures

Dans les 24 heures, vérifiez le BODACC, identifiez la procédure, récupérez le jugement si possible, notez la date de publication, listez vos créances, bloquez toute livraison non sécurisée, rassemblez les pièces et demandez les coordonnées du mandataire ou du liquidateur.

Dans les 72 heures, préparez la déclaration de créance si vous êtes créancier, analysez les contrats en cours, vérifiez les garanties, identifiez les marchandises revendicables et posez un calendrier interne des délais.

Dans la semaine, décidez si une intervention contentieuse est nécessaire : revendication, contestation, mise en cause d’une caution, négociation avec l’administrateur, ou action devant le juge-commissaire.

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Analyse de la procédure, des délais BODACC, des factures impayées, des contrats en cours et des garanties mobilisables.

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Pour les dossiers situés à Paris et en Île-de-France, le cabinet vérifie la juridiction compétente, les pièces à réunir et l’urgence procédurale.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».