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Comment savoir si une entreprise est en liquidation judiciaire : BODACC, créance et délai 2026

Votre client ne répond plus, un fournisseur demande un paiement comptant, un chantier s’arrête ou une facture reste bloquée. En 2026, la question « comment savoir si une entreprise est en liquidation judiciaire » n’est plus une simple recherche administrative : c’est souvent le point de départ d’une décision urgente pour protéger une créance, éviter une nouvelle livraison risquée ou déclarer une facture dans le délai.

L’actualité rend ce réflexe plus nécessaire. Les chiffres publiés au premier trimestre 2026 font état d’un niveau élevé de défaillances d’entreprises, avec près de 19 000 procédures sur le trimestre selon les données Altares relayées publiquement. Le signal opérationnel est le même pour les TPE, fournisseurs, bailleurs commerciaux, prestataires informatiques, sous-traitants et clients ayant versé un acompte : il faut vérifier vite, avec le bon numéro SIREN, puis agir avant l’expiration du délai de déclaration de créance.

La demande Google confirme cette urgence. Les mots-clés consultés pendant ce run font ressortir « comment savoir si une entreprise est en liquidation judiciaire » à 590 recherches mensuelles moyennes en France, « comment savoir si une entreprise est en redressement judiciaire » à 320, « déclaration de créance liquidation judiciaire » à 320 et « déclaration de créances » à 1 300. Ces requêtes sont moins larges que « liquidation judiciaire » mais beaucoup plus actionnables : l’internaute cherche une preuve officielle et veut savoir quoi faire ensuite.

La réponse courte : cherchez d’abord au BODACC avec le SIREN

Pour savoir si une entreprise est en liquidation judiciaire, la source à consulter en priorité est le BODACC, le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales. C’est la source officielle des annonces de procédures collectives. Le site permet de rechercher une entreprise par dénomination ou, de préférence, par numéro SIREN.

Le SIREN est essentiel. Une recherche par nom peut produire des homonymes, des établissements secondaires ou des sociétés ayant des dénominations proches. Si votre débiteur est une SAS, une SARL, une entreprise individuelle ou une société en nom commercial courant, partez du SIREN figurant sur la facture, le devis, le bon de commande, le Kbis, l’annuaire des entreprises ou les conditions générales.

Sur l’annonce BODACC, vérifiez ensuite cinq informations :

  • la nature de la procédure : sauvegarde, redressement judiciaire, liquidation judiciaire, conversion en liquidation ou clôture ;
  • la date du jugement ;
  • la date de publication au BODACC ;
  • le tribunal ou greffe compétent ;
  • le nom du mandataire judiciaire ou du liquidateur judiciaire.

La date de publication est capitale pour le créancier. D’après la fiche officielle « Déclarer ses créances envers un partenaire commercial en procédure collective » d’Entreprendre Service Public, le délai de déclaration est en principe de 2 mois à compter de la publication du jugement d’ouverture au BODACC. Si vous attendez un courrier, vous pouvez perdre du temps utile.

Pourquoi la vérification doit être faite tout de suite

Une liquidation judiciaire n’a pas les mêmes conséquences qu’un simple retard de paiement. Elle signifie que l’entreprise est en cessation des paiements et que son rétablissement est manifestement impossible. La procédure tend à mettre fin à l’activité et à vendre les actifs pour payer les créanciers, sauf poursuite provisoire autorisée dans certains cas.

Pour le créancier, l’erreur la plus coûteuse consiste à continuer une relance classique comme si la société était encore libre de payer. Une fois la procédure ouverte, les créances nées avant le jugement doivent en principe être traitées dans la procédure collective. La mise en demeure envoyée au client ne suffit plus. Il faut identifier l’organe de la procédure et déclarer la créance.

Le BODACC n’est donc pas seulement un outil de renseignement. C’est un déclencheur de calendrier. Une annonce du 13 mai 2026 consultée via les données BODACC mentionnait par exemple expressément que les déclarations de créances étaient à déposer dans les deux mois suivant la publication auprès du mandataire judiciaire indiqué. Ce type de mention doit être traité comme une alerte immédiate par la comptabilité et la direction.

Liquidation, redressement ou clôture : ne confondez pas les mentions

Une annonce BODACC peut indiquer plusieurs situations. Il faut les distinguer avant d’agir.

« Jugement d’ouverture de redressement judiciaire » signifie que l’entreprise est en procédure collective mais poursuit en principe son activité pendant une période d’observation. Pour un fournisseur, la question devient : faut-il encore livrer et à quelles conditions ? Nous avons traité ce point dans l’article sur le client au BODACC et la poursuite des contrats.

« Jugement d’ouverture de liquidation judiciaire » signifie que la logique change : le liquidateur représente la société, l’activité cesse en principe et les actifs sont réalisés, sauf autorisation temporaire de poursuite. Les nouvelles livraisons non sécurisées doivent être évitées.

« Conversion du redressement en liquidation judiciaire » signifie qu’une procédure de redressement a échoué ou que le rétablissement n’est plus envisageable. Si vous aviez déjà déclaré votre créance dans le redressement, il faut vérifier si une nouvelle déclaration est nécessaire selon les indications reçues et la nature de votre créance.

« Jugement de clôture pour insuffisance d’actif » signifie généralement que la liquidation est terminée sans actif suffisant pour payer tous les créanciers. À ce stade, une facture ancienne non déclarée a très peu de chances d’être récupérée, sauf situation particulière comme une action contre une caution, une garantie autonome, une assurance-crédit ou une fraude à examiner séparément.

Déclaration de créance : que faut-il envoyer au mandataire ou au liquidateur ?

La déclaration de créance sert à faire connaître officiellement votre demande de paiement dans la procédure collective. Elle doit être adressée au mandataire judiciaire en sauvegarde ou redressement judiciaire, et au liquidateur judiciaire en liquidation judiciaire.

La fiche officielle d’Entreprendre Service Public indique que la déclaration doit notamment mentionner le montant de la créance due au jour du jugement d’ouverture, la date d’échéance, les sûretés éventuelles, les modalités de calcul des intérêts dont le cours n’est pas arrêté, les éléments de preuve et, si la créance est litigieuse, la juridiction saisie. Les justificatifs doivent être joints : facture, contrat, bon de commande, bon de livraison, procès-verbal de réception, reconnaissance de dette, jugement, mise en demeure ou échanges utiles.

En pratique, préparez un dossier court mais complet :

  • extrait de l’annonce BODACC ;
  • facture impayée et échéance ;
  • contrat, devis signé ou bon de commande ;
  • preuve d’exécution : livraison, prestation, réception, validation ;
  • relevé de compte client ;
  • échanges de relance ;
  • sûreté ou garantie éventuelle : caution, réserve de propriété, nantissement, garantie autonome, assurance-crédit ;
  • pouvoir si la déclaration est signée par un salarié ou un mandataire.

La déclaration est souvent envoyée par LRAR pour prouver la date d’envoi. Certaines études de mandataires judiciaires proposent aussi un portail numérique. Gardez toujours une preuve de dépôt, car la discussion portera souvent sur le respect du délai.

Le délai de deux mois part de la publication, pas de votre découverte

Le point le plus dangereux est le calendrier. Le délai ordinaire de déclaration de créance est de 2 mois à compter de la publication au BODACC du jugement d’ouverture. Ce délai peut être porté à 4 mois pour certains créanciers situés hors de métropole ou dans des situations ultramarines, mais il ne faut pas construire une stratégie sur cette exception sans vérification.

Le Code de commerce et les fiches Service Public rappellent une logique stricte : les créances non déclarées dans les délais ne sont pas prises en compte dans la procédure. Le créancier devient forclos, sauf relevé de forclusion obtenu sous conditions.

La Cour de cassation applique régulièrement ces règles avec précision. La chambre commerciale a notamment jugé, dans un arrêt du 7 février 2024 publié au Bulletin, qu’une créance née avant l’ouverture de la procédure devait être déclarée dans les deux mois de la publication au BODACC, indépendamment de son exigibilité, lorsque les conditions de l’article L. 622-24 du Code de commerce étaient réunies. Cette jurisprudence confirme que l’on ne peut pas attendre que la facture soit « définitivement discutée » pour surveiller le délai.

Si le délai est dépassé : le relevé de forclusion reste possible, mais il faut agir vite

Le relevé de forclusion est la voie de secours lorsque la déclaration n’a pas été faite dans les délais. Il ne s’agit pas d’une simple régularisation automatique. Le créancier doit démontrer que sa défaillance n’est pas due à son fait, ou qu’elle est liée à une omission du débiteur dans la liste des créanciers.

L’actualité jurisprudentielle récente est utile sur ce point. Dans un arrêt du 3 juillet 2024 publié au Bulletin, la chambre commerciale a rappelé que l’omission du créancier par le débiteur sur la liste des créanciers peut permettre un relevé de forclusion de plein droit par le juge-commissaire. Dans une autre décision du 27 mars 2024, elle a précisé les effets d’une créance portée tardivement à la connaissance du mandataire et la possibilité de demander un relevé pour un montant supplémentaire.

Concrètement, si vous découvrez la liquidation ou le redressement après l’expiration du délai, ne concluez pas immédiatement que tout est perdu. Il faut vérifier :

  • si vous étiez connu du débiteur ;
  • si votre créance figurait sur la liste remise au mandataire ;
  • si vous avez reçu une information personnelle ;
  • à quelle date vous avez découvert la procédure ;
  • si votre retard vient d’une erreur interne ou d’une omission imputable au débiteur ;
  • si le délai de 6 mois pour saisir le juge-commissaire peut encore être respecté.

Cette analyse doit être faite rapidement. Plus le dossier est tardif, plus il faut documenter précisément les dates.

Que faire si vous êtes client et avez versé un acompte ?

L’angle ne concerne pas seulement les fournisseurs. Un client peut avoir payé un acompte à une entreprise ensuite placée en liquidation judiciaire : travaux, déménagement, location, prestation informatique, évènement, achat de matériel ou commande B2B.

La première question est de savoir si la prestation peut encore être exécutée. En liquidation judiciaire, l’activité cesse en principe, mais le tribunal peut autoriser une poursuite provisoire dans certains cas. Il faut donc contacter le liquidateur et demander une réponse écrite : le contrat est-il poursuivi, résilié ou impossible à exécuter ?

Si la prestation ne sera pas exécutée, l’acompte peut devenir une créance à déclarer. Il faut alors produire le devis, la facture d’acompte, la preuve du paiement, les échanges et toute clause utile. Le client ne doit pas seulement « réclamer un remboursement » par email : il doit entrer dans la procédure collective si sa créance est concernée.

Lorsque l’enjeu est important, vérifiez aussi les garanties parallèles : assurance, garantie bancaire, garantie de livraison, caution, responsabilité d’un intermédiaire, paiement par carte, plateforme ou contrat spécifique. Dans certains dossiers, la procédure collective n’est pas la seule piste.

Que faire si vous êtes fournisseur et une facture reste impayée ?

Pour un fournisseur, la méthode doit être séquencée.

Première étape : geler l’encours automatique. Cela ne signifie pas rompre brutalement tout contrat, mais aucune nouvelle livraison importante ne doit partir sans validation écrite sur les conditions de paiement.

Deuxième étape : séparer les créances antérieures et postérieures au jugement. Les factures nées avant le jugement relèvent généralement de la déclaration. Les prestations postérieures doivent être analysées autrement, notamment si elles sont utiles à la procédure ou autorisées.

Troisième étape : déclarer la créance ancienne avec les pièces. Ne vous contentez pas d’une capture d’écran ou d’une relance commerciale. Il faut une déclaration complète, signée par la bonne personne, envoyée au bon organe.

Quatrième étape : vérifier les garanties. Une clause de réserve de propriété, une caution personnelle, une assurance-crédit ou une garantie autonome peut changer la stratégie. Ces garanties doivent être utilisées proprement, car une erreur de forme peut réduire leur efficacité.

Cinquième étape : décider de la suite commerciale. Si vous continuez à livrer, exigez une commande postérieure claire, un paiement comptant ou un accord écrit du bon interlocuteur. Si vous suspendez, formalisez les raisons et évitez les formulations qui laisseraient penser que vous exigez le paiement de dettes anciennes hors procédure.

Paris et Île-de-France : le bon réflexe pour les entreprises locales

À Paris et en Île-de-France, le volume de relations commerciales rend la veille BODACC particulièrement utile. Une PME peut avoir des dizaines de clients récurrents, des prestataires critiques ou des sous-traitants qui changent rapidement de situation. Le risque n’est pas seulement de perdre une facture : c’est d’aggraver l’exposition en continuant à livrer sans cadre.

La méthode locale la plus efficace consiste à créer une alerte sur les clients à risque, à centraliser les SIREN dans le fichier client et à prévoir une procédure interne en 24 heures :

  • comptabilité : extrait de compte, factures, échéances ;
  • commercial : commandes en cours et livraisons prévues ;
  • juridique : contrat, garanties, conditions générales ;
  • direction : décision sur poursuite, suspension ou paiement comptant ;
  • avocat : déclaration de créance, courrier au mandataire, relevé de forclusion ou action sur garantie.

Le cabinet intervient en droit des affaires, en recouvrement et en procédures collectives pour les entreprises situées à Paris, Nanterre, Bobigny, Créteil, Versailles, Évry, Pontoise, Meaux et plus largement en Île-de-France.

Ce que notre article ajoute aux guides existants

Les concurrents français répondent souvent à la question « où chercher ? » : BODACC, Kbis, Infogreffe, Pappers ou annuaire des entreprises. C’est utile, mais insuffisant pour un créancier. Le vrai besoin est le chaînage pratique : vérifier officiellement, identifier la date qui fait courir le délai, choisir le bon destinataire, préparer les pièces, séparer les anciennes et nouvelles créances, puis décider si l’on continue la relation commerciale.

Notre angle ajoute trois éléments opérationnels.

D’abord, il relie la vérification BODACC à la déclaration de créance et au délai de deux mois. Ensuite, il distingue la position du fournisseur et celle du client qui a versé un acompte. Enfin, il intègre les apports jurisprudentiels récents sur la forclusion, l’omission du créancier et la créance portée à la connaissance du mandataire.

Dans un contexte de défaillances élevées en 2026, cette méthode vaut plus qu’une simple fiche de consultation : elle permet de décider dans les premières 24 à 48 heures.

Checklist finale avant d’agir

Avant de conclure que votre débiteur est ou n’est pas en liquidation judiciaire, vérifiez ces points :

  • rechercher avec le SIREN, pas seulement avec le nom ;
  • consulter le BODACC et l’annuaire des entreprises ;
  • noter la date du jugement et la date de publication ;
  • identifier le mandataire ou le liquidateur ;
  • distinguer redressement, liquidation, conversion et clôture ;
  • séparer les factures anciennes et les prestations postérieures ;
  • préparer la déclaration de créance et ses justificatifs ;
  • vérifier les garanties ;
  • surveiller le délai de deux mois ;
  • examiner le relevé de forclusion si le délai semble expiré ;
  • formaliser toute décision de livraison, suspension ou paiement comptant.

Si le montant est significatif, l’urgence n’est pas seulement de chercher l’information. L’urgence est de transformer cette information en acte utile avant que le délai ou la procédure ne vous ferme la porte.

Sources juridiques utiles

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À Paris et en Île-de-France, le cabinet peut vous aider à déclarer votre créance, sécuriser les livraisons restantes, saisir le juge-commissaire en relevé de forclusion ou activer une garantie.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».