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Caution solidaire en location : acte de cautionnement, montant, durée et erreurs à éviter

Un bailleur peut penser qu’une caution solidaire règle le risque d’impayé. Un locataire peut penser que son garant signe seulement une formalité pour faire accepter le dossier. Le garant, lui, découvre parfois trop tard que l’acte signé couvre les loyers, les charges, les réparations locatives, l’indemnité d’occupation et les frais liés au bail.

Le vrai sujet n’est donc pas seulement de savoir s’il faut un garant. Le sujet utile est plus précis : l’acte de cautionnement est-il valable, pour quel montant, pendant quelle durée, et que peut faire le bailleur si le locataire ne paie plus ?

Pour la déclinaison Paris et Île-de-France, avec le juge compétent, les pièces et le bon ordre de poursuite contre le garant, voir aussi : Caution solidaire en location à Paris et en Île-de-France : quel juge saisir, quelles pièces réunir et comment agir contre le garant ?

1. Caution solidaire, dépôt de garantie et assurance loyers impayés : trois mécanismes différents

La confusion la plus fréquente consiste à mélanger trois garanties.

Le dépôt de garantie est une somme versée par le locataire au début du bail. Il sert à couvrir certaines dettes locatives à la sortie, dans les limites de l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989.

La caution solidaire est un engagement personnel d’un tiers. L’article 2288 du code civil définit le cautionnement comme le contrat par lequel la caution s’oblige envers le créancier à payer la dette du débiteur si celui-ci ne paie pas.

L’assurance loyers impayés est un contrat d’assurance. Elle obéit à ses propres conditions, exclusions et délais de déclaration.

L’article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 pose une règle décisive : le bailleur ne peut pas demander un cautionnement s’il a souscrit une assurance ou une autre garantie couvrant les obligations locatives du locataire, sauf logement loué à un étudiant ou à un apprenti. Ce point doit être vérifié avant même de relire le modèle d’acte.

2. Quand le bailleur peut-il demander une caution solidaire ?

En bail d’habitation classique, le bailleur particulier peut demander une caution, sous réserve de respecter le formalisme légal et de ne pas cumuler irrégulièrement les garanties.

Si le bailleur est une personne morale, la loi encadre plus fortement la possibilité de demander un garant. L’article 22-1 limite ce recours, sauf situations prévues par le texte, notamment certains organismes ou le logement loué à un étudiant non boursier.

Le bailleur ne peut pas non plus refuser une caution uniquement parce qu’elle n’a pas la nationalité française ou parce qu’elle ne réside pas en métropole. Le critère sérieux est la solvabilité, pas la nationalité.

En pratique, il faut donc contrôler :

  • le type de bail ;
  • l’identité du bailleur ;
  • l’existence ou non d’une garantie loyers impayés ;
  • le statut du locataire, notamment étudiant ou apprenti ;
  • les pièces justificatives réellement demandées au garant ;
  • la cohérence entre le bail, l’acte de cautionnement et les annexes.

3. Les mentions qui décident de la validité de l’acte

Depuis la réforme du droit des sûretés applicable au 1er janvier 2022, le formalisme du cautionnement se concentre sur une mention claire, rédigée par la caution personne physique.

L’article 2297 du code civil impose que la caution indique qu’elle s’engage à payer ce que doit le débiteur en cas de défaillance, dans la limite d’un montant en principal et accessoires exprimé en toutes lettres et en chiffres. Si les deux montants diffèrent, celui écrit en toutes lettres prévaut.

Lorsque la caution renonce au bénéfice de discussion ou au bénéfice de division, la mention doit aussi le dire. Sinon, elle conserve le droit de demander au créancier de poursuivre d’abord le locataire ou de diviser ses poursuites entre plusieurs cautions.

L’article 22-1 ajoute, pour le bail d’habitation, des exigences propres : l’acte doit notamment faire apparaître le montant du loyer et les conditions de sa révision tels qu’ils figurent dans le contrat de location.

Le contrôle utile est très concret. Un bon dossier contient :

  • le bail signé ;
  • l’acte de cautionnement séparé ou annexé ;
  • le montant maximal garanti ;
  • la durée de l’engagement ;
  • la preuve de signature ;
  • les justificatifs remis par le garant ;
  • les échanges précontractuels si la caution conteste avoir compris la portée de son engagement.

4. Le montant maximum n’est pas une formule décorative

L’erreur classique consiste à écrire que le garant couvre les loyers, les charges et les frais, sans traiter sérieusement le plafond.

Pour une caution personne physique, l’article 2297 impose une limite chiffrée en principal et accessoires. Ce montant doit être exprimé en lettres et en chiffres. Il doit être cohérent avec le loyer, les charges, la durée couverte et les postes garantis.

Un plafond trop bas peut protéger le garant plus vite que prévu. Un plafond mal rédigé peut ouvrir une discussion sur la portée de l’engagement. Un acte qui oublie d’indiquer correctement la limite peut exposer le bailleur à une contestation de validité.

Le bailleur doit donc raisonner avant la signature :

  • combien de mois de loyers et charges veut-il couvrir ;
  • les réparations locatives sont-elles incluses ;
  • l’indemnité d’occupation après résiliation est-elle visée ;
  • les frais de procédure et accessoires sont-ils compris ;
  • le plafond reste-t-il proportionné et compréhensible pour le garant.

Le garant doit, lui, lire ce plafond comme un risque réel. Il ne signe pas une simple attestation de soutien moral. Il s’expose à une demande de paiement si le locataire devient débiteur.

5. La durée : bail initial, renouvellement, reconduction ou résiliation

La durée de l’engagement est un second point sensible.

Un cautionnement peut être à durée déterminée. Dans ce cas, il faut lire précisément ce que la durée couvre : bail initial seulement, renouvellement, tacite reconduction, ou période fixe indépendante du bail.

Il peut aussi être à durée indéterminée. L’article 22-1 prévoit alors que la caution peut résilier unilatéralement son engagement. Mais cette résiliation ne produit pas nécessairement un effet immédiat : elle prend effet au terme du contrat de location, qu’il s’agisse du bail initial, reconduit ou renouvelé, au cours duquel le bailleur reçoit la notification.

Cette règle piège souvent les garants. Envoyer une lettre ne suffit pas à effacer les dettes déjà nées. Et si la résiliation prend effet plus tard, le garant peut rester exposé pendant plusieurs mois.

En colocation, il faut ajouter l’article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989. La solidarité du colocataire sortant et celle de la personne qui s’est portée caution pour lui prennent fin lorsqu’un nouveau colocataire figure au bail, et à défaut au plus tard six mois après la date d’effet du congé.

6. Que peut réclamer le bailleur au garant ?

Tout dépend de l’acte.

Si l’acte vise seulement les loyers et charges, il sera plus difficile d’étendre la demande à d’autres postes. Si l’acte couvre aussi les réparations locatives, indemnités d’occupation, frais et accessoires, le bailleur dispose d’une base plus large, dans la limite du plafond.

La jurisprudence publiée par la Cour de cassation montre que les juridictions examinent très concrètement la rédaction de l’acte. Des décisions récentes de tribunaux judiciaires rappellent que le juge vérifie le bail, le plafond, la durée, la solidarité, le renoncement aux bénéfices de discussion et de division, puis le décompte produit contre le locataire et le garant.

Le bailleur doit donc produire un décompte propre. Il ne suffit pas d’indiquer une somme globale. Il faut distinguer :

  • loyers impayés ;
  • provisions et régularisations de charges ;
  • indemnité d’occupation après résiliation ;
  • réparations locatives ;
  • intérêts et frais ;
  • paiements déjà reçus ;
  • plafond restant disponible contre la caution.

7. Comment le garant peut-il contester ?

Le garant dispose de moyens sérieux lorsqu’ils sont documentés.

Premier moyen : le cumul irrégulier avec une assurance loyers impayés, sauf exception étudiant ou apprenti.

Deuxième moyen : l’irrégularité de l’acte, notamment l’absence de montant maximal correctement exprimé, une mention incomplète ou une incertitude sur la solidarité.

Troisième moyen : la durée. Si l’engagement était limité au bail initial, au renouvellement ou à une date précise, il faut vérifier si la dette réclamée entre réellement dans cette période.

Quatrième moyen : le décompte. Le garant peut discuter les charges non justifiées, les réparations locatives non prouvées, les paiements non imputés, ou les frais étrangers au bail.

Cinquième moyen : la procédure. En cas de commandement de payer visant la clause résolutoire, l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit une dénonciation à la caution dans un délai de quinze jours. Cette étape peut devenir utile dans la discussion sur les sommes réclamées.

8. Pourquoi cet angle est distinct d’un modèle de caution solidaire

Les concurrents français couvrent déjà le modèle d’acte, la liste des justificatifs, la différence caution simple / caution solidaire et les questions générales de garant.

L’angle utile pour un dossier de cabinet est différent. Il consiste à lire l’acte comme une future pièce contentieuse : validité, plafond, durée, cumul GLI, solidarité, preuve du décompte et stratégie contre le garant.

C’est ici que le bailleur gagne ou perd du temps. Un acte mal calibré au départ peut bloquer une procédure de recouvrement. Un garant qui conteste trop tard peut laisser passer des moyens utiles. Et un locataire peut se retrouver au centre d’une chaîne de recours entre bailleur et garant.

Pour replacer ce sujet dans le contentieux locatif plus large, voir aussi la page du cabinet consacrée au bail d’habitation et l’analyse sur la garantie loyers impayés refusée par l’assureur.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous avez un acte de cautionnement à vérifier, un garant à poursuivre, ou une contestation de caution solidaire à préparer.

Le cabinet peut organiser une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat pour relire le bail, l’acte, le décompte et les pièces utiles.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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