Création de société — fondateurs, dirigeants, investisseurs
Avocat création de société à Paris : choisir la structure, sécuriser les statuts et lancer l'activité.
Forme juridique, statuts, pacte d'associés, apports, immatriculation : la constitution suit un ordre opérationnel précis. Une rédaction trop standard expose la société dès le premier conflit — et la correction coûte toujours plus cher que la rédaction soignée.
Avant l'immatriculation, la société est en formation : les engagements pris en son nom doivent être formalisés pour être repris, sous peine d'engager personnellement le fondateur.
Maître Reda Kohen
Avocat au Barreau de Paris — droit des sociétés, de la constitution au contentieux.
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Page mise à jour le 11 juin 2026.
Une structure arbitrée, pas subie
SAS pour les projets ouverts au capital, SARL pour le patrimonial, SASU ou EURL pour l'associé unique : le choix se motive par écrit, avec impacts fiscaux, sociaux et capitalistiques chiffrés.
Des statuts qui anticipent les conflits
Au-delà des mentions de l'article L. 210-2 du code de commerce, la valeur des statuts se joue sur l'agrément, l'exclusion, les plafonds de pouvoirs du dirigeant et les mécanismes anti-blocage.
Des apports sécurisés
Numéraire, nature, industrie : sans commissaire aux apports, les associés répondent solidairement pendant cinq ans de la valeur attribuée aux apports en nature (article L. 223-9).
Réponse rapide
La création ordonnée suit six étapes : choix de forme motivé par écrit, rédaction des statuts (mentions obligatoires de l'article L. 210-2 et clauses sensibles), pacte d'associés rédigé en parallèle, apports avec commissaire le cas échéant, assemblée constitutive, dépôt au guichet unique INPI puis publication. Deux pièges dominent : le 50/50 sans clause d'arbitrage et le conjoint commun en biens sans renonciation écrite.
Comprendre votre situation
Création de société : ce qui décide vraiment du projet
Sept points pour structurer, rédiger et immatriculer sans créer les contentieux de demain.
Panneau 1 — Les fondations
Forme, statuts, apports : trois décisions liées
Quatre règles structurent la constitution.
Le choix de forme conditionne pouvoir, fiscalité, protection sociale et capacité à lever : SAS souple (article L. 227-1), SARL encadrée (article L. 223-1), SA à 37 000 euros de capital minimum (article L. 224-2).
Les statuts contiennent au minimum forme, durée, dénomination, siège, objet et capital (article L. 210-2) ; leur valeur réelle tient aux clauses d'agrément, d'exclusion et aux plafonds de pouvoirs.
Les apports obéissent à l'article 1843-3 du code civil ; en SARL, commissaire aux apports obligatoire sauf décision unanime pour les apports en nature de moins de 30 000 euros ne dépassant pas la moitié du capital (article L. 223-9).
Le pacte d'associés règle ce que les statuts ne peuvent pas dire — sortie chiffrée, valorisation, gouvernance fine — avec une force contractuelle réelle entre signataires.
La jurisprudence encadre la vie sociale dès l'origine : l'affectation systématique des bénéfices aux réserves dans l'unique dessein de favoriser les majoritaires constitue un abus de majorité sanctionné par l'annulation (Cass. com., 17 juin 2008, n° 06-15.045). Les statuts qui prévoient des règles claires de distribution évitent ce terrain.
Panneau 2 — Vos pièces
Ce qu'il faut préparer pour constituer
Un dossier complet au guichet unique INPI évite rejets et délais.
Fondateurs
- Pièce d'identité et justificatif de domicile de chaque fondateur
- Situation matrimoniale — renonciation écrite du conjoint commun en biens
- Répartition du capital et calendrier de levée éventuel
- Justificatifs d'agrément pour les activités réglementées
Société
- Projet de statuts et de pacte d'associés
- Attestation de dépôt du capital
- Rapport du commissaire aux apports le cas échéant
- Justificatif de siège social
Erreurs fréquentes : capital symbolique qui décrédibilise auprès des banques ; objet social incompatible avec une activité réglementée, source de rejet d'immatriculation.
Le cabinet sécurise aussi :
Panneau 3 — La méthode
Comment le cabinet vous accompagne
De la qualification du projet au kit post-immatriculation.
Qualification du projet
Audit du modèle économique, des fondateurs, des risques et du calendrier de levée éventuelle.
Arbitrage et rédaction
Choix de forme motivé par écrit, statuts sur mesure, pacte d'associés rédigé en parallèle et vérifié article par article.
Formalités INPI
Dépôt complet au guichet unique, levée des remarques formelles, suivi jusqu'à l'immatriculation.
Kit post-immatriculation
Premiers procès-verbaux, registres sociaux, déclaration sociale du dirigeant, ouverture comptable.
Repères : prescription de deux ans pour les nullités de société (article 1844-14 du code civil) ; responsabilité solidaire de cinq ans sur les apports en nature sans commissaire.
Panneau 4 — Le calendrier
La timeline d'une création
Sauter une étape ou inverser l'ordre fait perdre du temps et expose à un rejet.
Étape 1 — Choix de forme
SAS, SARL, SASU, EURL ou SA selon le projet, les associés et l'horizon de financement.
Étape 2 — Statuts
Mentions obligatoires, clauses sensibles, articulation avec le pacte d'associés.
Étape 3 — Apports
Versement du numéraire, rapport du commissaire pour les apports en nature le cas échéant.
Étape 4 — Assemblée constitutive
Adoption des statuts, désignation du dirigeant, premières décisions.
Étape 5 — Guichet unique INPI
Dépôt des pièces, vérification d'objet et de siège, immatriculation au RCS.
Étape 6 — Publication et lancement
Annonce légale, BODACC, registres sociaux, déclaration sociale du dirigeant, ouverture comptable.
Panneau 5 — Les vérifications
Ce que le cabinet contrôle avant l'immatriculation
Aucun dépôt sans avoir validé ces points.
Cohérence statuts / pacte : les engagements du pacte ne contredisent pas les statuts.
Pouvoirs et limites du dirigeant : plafonds d'engagement, autorisations préalables, opérations soumises au vote.
Validité des clauses sensibles : agrément, exclusion, préemption, anti-blocage.
Apports : évaluation, commissaire le cas échéant, solidarité de cinq ans mesurée.
Situation matrimoniale : notification et renonciation du conjoint commun en biens.
Compatibilité de l'objet avec les activités réglementées et le siège.
Transmettez ce que vous avez, même incomplet : le cabinet hiérarchise et complète avec vous en urgence au 06 46 60 58 22.
FAQ
Questions fréquentes
15 réponses détaillées, sourcées sur les textes et la jurisprudence.
Quelle est la meilleure forme juridique pour démarrer une activité à Paris ?
Il n'existe pas de meilleure forme dans l'absolu. Le choix dépend du nombre d'associés, de l'horizon de financement, du régime social du dirigeant, de la fiscalité visée et des intentions de cession. La SAS reste majoritaire à Paris pour les projets ouverts au capital. La SARL convient aux structures patrimoniales ou familiales. Le cabinet établit l'arbitrage par écrit avec un comparatif chiffré.
Combien coûte la création d'une société à Paris ?
Au-delà des frais légaux d'immatriculation et de publication (environ 200 à 300 euros pour une SAS ou SARL), les honoraires d'accompagnement varient selon la complexité (nombre d'associés, apports en nature, levée de fonds, pacte). Une création standard avec rédaction des statuts et pacte simple se chiffre généralement à partir de 2 500 euros TTC. Les projets multi-associés avec investisseurs partent de 4 500 euros TTC.
Combien de temps prend une immatriculation au registre du commerce ?
Un dossier complet déposé au guichet unique de l'INPI obtient l'immatriculation en moyenne sous quinze jours ouvrés. Le délai dépend de la complétude des pièces, de la cohérence de l'objet social, de l'éventuel besoin d'un agrément préalable et de la charge du greffe. Le cabinet anticipe les points de contrôle pour limiter les rejets formels.
Faut-il systématiquement un commissaire aux apports ?
Non. Pour la SARL et la SAS, les associés peuvent décider à l'unanimité de s'en dispenser si aucun apport en nature n'excède 30 000 euros et que la valeur totale des apports en nature non évalués ne dépasse pas la moitié du capital (article L. 223-9 du Code de commerce). Sans commissaire, les associés sont solidairement responsables pendant cinq ans à l'égard des tiers de la valeur retenue.
Quelle est la différence entre les statuts et le pacte d'associés ?
Les statuts sont publics, opposables aux tiers et fondent l'existence de la société. Ils contiennent les mentions obligatoires de l'article L. 210-2 du Code de commerce (forme, durée, dénomination, siège, objet, capital). Le pacte d'associés est un contrat privé entre signataires, plus souple et confidentiel. Il règle ce que les statuts ne peuvent pas dire avec autant de finesse : sortie chiffrée, valorisation, gouvernance fine, droits de préférence.
Quel capital social minimum pour SARL, SAS ou SA ?
Aucun minimum légal pour la SARL et la SAS : le capital peut être fixé à 1 euro symbolique. La SA exige un capital de 37 000 euros au moins, conformément à l'article L. 224-2 du Code de commerce. En pratique, un capital trop faible affaiblit la crédibilité auprès des banques et des fournisseurs ; un capital surévalué peut devenir difficile à libérer en numéraire dans les délais légaux.
Apport en numéraire ou en nature : que choisir ?
L'apport en numéraire est versé immédiatement (au moins un cinquième pour la SARL, la moitié pour la SAS) et le solde dans les cinq ans. L'apport en nature transfère un bien (matériel, fonds de commerce, brevet) à la société et doit faire l'objet d'une évaluation rigoureuse. L'apport en industrie reste rare : il donne droit aux bénéfices mais ne participe pas au capital. Le choix dépend des liquidités disponibles et des actifs à transmettre.
Le dirigeant est-il personnellement responsable des dettes sociales ?
Par principe non, l'écran de la personnalité morale protège le patrimoine personnel. Mais cette protection cède en cas de faute de gestion ayant contribué à une insuffisance d'actif (article L. 651-2 du Code de commerce), de faute séparable des fonctions, de cautionnement personnel ou de manquement aux obligations fiscales. Une gouvernance documentée est la meilleure protection.
Quand prévoir un pacte d'associés ?
Dès qu'il y a au moins deux associés. Les sujets à régler : règles de sortie (drag along, tag along, bad leaver), valorisation en cas de cession, gouvernance fine, droit à l'information renforcé, clause d'arbitrage en cas de blocage. Le pacte est rédigé en parallèle des statuts, idéalement signé le même jour.
Que faire si un associé refuse de signer les statuts ?
Si la société n'est pas encore constituée, le projet ne peut pas aboutir sans son accord. Il faut alors renégocier ou exclure l'associé du tour de table avant la signature. Si la société existe et qu'il s'agit d'une modification statutaire, les règles de majorité statutaires s'appliquent. Un blocage abusif peut être sanctionné comme un abus de minorité (Cass. com. 14 janvier 1992, affaire Vitama).
L'INPI peut-il refuser une immatriculation ?
Oui. Les motifs courants : objet social incompatible avec une activité réglementée sans agrément, pièces incomplètes ou non conformes, dénomination déjà déposée à l'INPI, siège social non justifié, dirigeant frappé d'une interdiction de gérer. Le cabinet vérifie chaque point sensible avant le dépôt pour éviter un rejet ou une demande de pièces complémentaires.
Les statuts peuvent-ils être modifiés après immatriculation ?
Oui, par décision collective des associés selon les règles de majorité statutaires (assemblée extraordinaire pour la SARL, décision collective pour la SAS selon les statuts). Toute modification doit être publiée et déclarée au registre du commerce. Le coût et le délai augmentent avec la complexité : changement d'objet, transfert de siège dans un autre département, transformation en autre forme.
Faut-il un avocat ou un expert-comptable pour créer une société ?
Les deux interviennent à des moments différents. L'avocat conçoit la structure juridique, rédige les statuts et le pacte, sécurise les apports et l'immatriculation. L'expert-comptable met en place la comptabilité, déclare la TVA, gère la paie. La création peut se faire en ligne via le guichet unique INPI, mais un acte mal rédigé coûte plus cher à corriger qu'à prévenir.
Quel régime fiscal au démarrage : impôt sur les sociétés ou sur le revenu ?
Par défaut, la SAS, la SASU et la SA sont à l'impôt sur les sociétés (IS). La SARL classique aussi, sauf option pour l'impôt sur le revenu (IR) limitée à cinq ans pour les SARL de famille ou les sociétés répondant à certaines conditions. L'EURL d'un associé personne physique relève de l'IR, sauf option IS. Le choix engage la fiscalité du dirigeant et la stratégie de distribution des dividendes.
Quel tribunal est compétent en cas de litige sur les statuts d'une société parisienne ?
Les contestations entre associés et celles relatives au fonctionnement de la société relèvent du tribunal de commerce du siège social, soit le tribunal de commerce de Paris pour une société immatriculée dans la capitale. Les statuts peuvent prévoir une clause d'arbitrage qui dérogera à cette compétence. Le cabinet plaide régulièrement devant cette juridiction.
Références
Textes officiels et pages liées
Les sources de cette page et les expertises voisines du cabinet.
Textes officiels
- Code de commerce sur Légifrance — articles L. 210-2, L. 223-1 et suivants, L. 227-1 et suivants
- Code civil sur Légifrance — articles 1832 et suivants, 1843-3, 1844-1
Synthèse
Situation, risque, document, décision
Les arbitrages les plus fréquents observés en cabinet sur les dossiers de création.
| Situation | Risque principal | Document à prévoir | Décision recommandée |
|---|---|---|---|
| Deux associés à 50/50 | Blocage total des assemblées | Pacte d'associés avec clause d'arbitrage | Inclure médiation puis cession forcée |
| Levée de fonds sous 18 mois | Statuts non préparés à l'entrée d'un investisseur | Statuts SAS avec actions de préférence | Choisir la SAS dès la création |
| Apport en nature de matériel | Surévaluation, responsabilité solidaire des associés | Rapport du commissaire aux apports | Désigner un commissaire si plus de 30 000 euros |
| Conjoint commun en biens | Revendication de la moitié des parts | Notification au conjoint et renonciation | Obtenir la renonciation écrite avant la signature |
| Activité régulée (santé, financé, sécurité) | Refus d'immatriculation par l'INPI | Justificatif d'agrément ou autorisation | Vérifier la compatibilité de l'objet avant rédaction |
| Dirigeant rémunéré dès le premier mois | Requalification fiscale et sociale | Décision écrite de l'organe compétent | Documenter la fixation et la justification |
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