Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Dossier de surendettement et garantie Visale : Action Logement a payé votre bailleur et vous poursuit, l’huissier saisit — déclarer le recours, suspendre et contester devant le juge, que faire ?

Vos loyers impayés ont déclenché la garantie : Action Logement a réglé votre bailleur au titre de la garantie Visale, puis vous réclame aujourd’hui plusieurs milliers d’euros, et un commissaire de justice menace de saisir votre compte ou votre salaire. Vous venez de déposer un dossier de surendettement à la Banque de France, ou vous vous apprêtez à le faire, et vous vous demandez si cette dette du garant entre dans la procédure, si la recevabilité bloque la saisie, et ce que le juge des contentieux de la protection peut vraiment trancher. La réponse tient en trois gestes : déclarer le recours de Visale comme une dette à part entière, faire jouer la suspension des voies d’exécution dès la recevabilité, puis contester dans les délais chaque décision qui vous défavorise, de l’état du passif jusqu’aux mesures imposées. Cet article décrit pas à pas ce mécanisme, avec les textes applicables et les décisions rendues par la Cour de cassation, afin que vous puissiez agir vite, avec les bonnes pièces, y compris à Paris et en Île-de-France où les circuits de la commission et du tribunal suivent des règles pratiques précises.

I. Visale a payé mon bailleur et me réclame les loyers : dois-je déclarer cette dette dans mon dossier de surendettement ?

A. Que réclame vraiment Action Logement après avoir payé vos loyers impayés ?

La garantie Visale est un cautionnement. Aux termes de la loi, « Le cautionnement est le contrat par lequel une caution s’oblige envers le créancier à payer la dette du débiteur en cas de défaillance de celui-ci. » Concrètement, quand vos loyers restent impayés, Action Logement verse au bailleur les sommes garanties, dans la limite du contrat de cautionnement, puis se retourne contre vous. Ce second temps n’est pas une nouvelle facture d’aide sociale : c’est un recours du garant contre le locataire, fondé sur le paiement effectué à votre place. La loi prévoit ce basculement par la subrogation : « La subrogation a lieu par le seul effet de la loi au profit de celui qui, y ayant un intérêt légitime, paie dès lors que son paiement libère envers le créancier celui sur qui doit peser la charge définitive de tout ou partie de la dette. » Action Logement, qui avait un intérêt légitime à payer en qualité de caution, prend donc la place du bailleur pour les sommes réglées, avec les intérêts et les frais prévus au contrat, sans pouvoir vous réclamer davantage que ce qu’elle a réellement décaissé, sauf clause expresse sur les frais de recouvrement.

Pour comprendre ce que vous devez, exigez le décompte complet : contrat de garantie Visale signé avant l’entrée dans les lieux, quittances et preuves des versements au bailleur mois par mois, mise en demeure qui vous a été adressée, tableau des loyers, charges et éventuelles dégradations, et relevé des sommes que vous auriez déjà remboursées dans le cadre d’un plan d’apurement Visale. Vérifiez trois points sensibles. D’abord, la période couverte : seuls les loyers nés pendant la durée de la garantie et dans son plafond peuvent être réclamés, avec les charges justifiées et, le cas échéant, les dégradations constatées par état des lieux. Ensuite, les paiements partiels : toute mensualité que vous avez versée à Action Logement après sa prise en charge doit venir en déduction, avec imputation sur le principal avant les frais. Enfin, la decomposition entre l’arriéré de loyers et les frais annexes : les pénalités et les frais de recouvrement ajoutés par le garant doivent reposer sur une clause du contrat que vous avez signé, faute de quoi vous pourrez les discuter devant la commission puis devant le juge. Si plusieurs personnes se sont portées garantes de la même dette, la règle de la division peut jouer : le texte rappelle que celle qui est poursuivie peut opposer au créancier le bénéfice de division, sauf cautionnement solidaire ou renonciation expresse à ce bénéfice. Cette vérification n’est pas théorique : c’est elle qui détermine le montant exact à déclarer dans votre dossier de surendettement, et c’est sur ce montant que la commission instruira, puis que le juge statuera en cas de contestation.

La présentation officielle du dispositif figure sur la fiche de Service Public consacrée à la garantie Visale, qui décrit les bénéficiaires, les plafonds et la mise en jeu de la caution au profit du bailleur. Lisez-la avant de répondre à Action Logement : elle vous aide à distinguer ce qui relève du contrat de cautionnement, ce qui relève de votre bail, et ce qui relève du dossier de surendettement. Gardez à l’esprit une articulation souvent mal comprise : le bailleur, une fois payé par Visale pour les mois garantis, ne peut plus vous poursuivre pour ces mêmes mois, mais il conserve ses droits pour les loyers non couverts, pour les charges non justifiées par la garantie, et pour la résiliation du bail si les conditions légales sont réunies. De votre côté, vous ne devez plus rien au bailleur pour les mois réglés par le garant, mais vous devez désormais à Action Logement, qui devient votre créancière. C’est cette dette de recours, et elle seule, que vous porterez dans le dossier de surendettement, avec les justificatifs qui permettent à la commission de la vérifier.

Un dernier point de méthode : ne payez ni ne signez dans la précipitation. Quand Action Logement propose un plan d’apurement sur douze ou vingt-quatre mois avec des mensualités que votre budget ne supporte pas, un engagement intenable suivi d’impayés fragilise votre situation et peut alimenter un doute sur la soutenabilité de votre dossier. Si un commissaire de justice vous délivre déjà un commandement ou une saisie, conservez l’acte, relevez la date de signification, le montant réclamé et le titre exécutoire invoqué, puis intégrez ces éléments au dossier. La suite de la procédure dépendra de la recevabilité prononcée par la commission, qui conditionne la suspension des poursuites, comme l’expose le guide général sur la recevabilité du dossier de surendettement et l’effacement des dettes pour le logement, utile pour situer votre cas dans le parcours complet.

B. Comment déclarer le recours Visale pour le faire traiter comme les autres dettes ?

Le surendettement s’adresse aux personnes physiques de bonne foi dans l’impossibilité de faire face à leurs dettes. La loi dispose : « Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. » La dette née du recours de Visale est une dette non professionnelle classique, au même titre qu’un arriéré de loyers ou un crédit à la consommation. Vous devez donc la déclarer dans le dossier déposé auprès de la commission de la Banque de France, avec l’identité du créancier, le montant exact, les pièces du contrat de garantie, les décomptes et les actes de poursuite reçus. La demande suit le circuit ordinaire : la demande de traitement est portée devant la commission compétente, qui peut proposer ou imposer des mesures ou orienter vers un rétablissement personnel. L’instruction comprend l’examen de la recevabilité, l’information des créanciers, l’établissement de l’état du passif et le choix de l’orientation, selon les règles qui imposent à la commission d’examiner la recevabilité, de notifier sa décision, de procéder à son instruction et de décider de son orientation.

La bonne foi s’apprécie concrètement, à partir de votre comportement : dépôt complet et sincère, absence de dissimulation de ressources ou de biens, absence d’endettement volontaire et massif contracté en sachant ne pouvoir rembourser, efforts de paiement à la mesure de vos moyens. La Cour de cassation contrôle strictement la motivation des juges sur ce point. Dans un arrêt du 21 mai 2026, elle rappelle : « Il résulte de ce texte, qui n’ouvre le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement qu’aux personnes physiques de bonne foi, que le juge doit se prononcer sur la bonne foi de chaque demandeur à la procédure de surendettement. » Quand un couple dépose ensemble, le juge doit examiner la situation de chacun séparément et ne peut pas écarter les deux dossiers d’un seul bloc avec des motifs globaux. Cette exigence vous protège : si votre conjoint a commis des imprudences financières mais que votre propre comportement reste loyal et transparent, votre demande doit être examinée pour elle-même. À l’inverse, toute omission volontaire d’une dette, toute fausse déclaration sur vos revenus ou toute organisation d’insolvabilité expose à l’irrecevabilité, puis à un recours difficile. Déclarez donc le recours Visale dès le dépôt initial, ou par courrier complémentaire au secrétariat de la commission si Action Logement vous poursuit après le dépôt, en joignant les nouvelles pièces.

Certaines dettes restent exclues du traitement, et vous devez les identifier pour ne pas nourrir d’espoirs inexacts : pensions alimentaires, amendes pénales, dettes frauduleuses envers les organismes sociaux et dettes professionnelles, sauf articulation prévue par les textes. Le recours de Visale, lorsqu’il porte sur des loyers d’habitation et des charges locatives, n’entre dans aucune de ces exclusions : il s’agit d’une dette civile ordinaire, traitable par rééchelonnement, effacement partiel ou, en cas de situation irrémédiablement compromise, par rétablissement personnel. La commission peut, quand vos ressources ou votre actif réalisable le permettent, prescrire des mesures de traitement, et orienter vers un rétablissement personnel quand la situation apparaît irrémédiablement compromise. En pratique parisienne, déposez un dossier chiffré avec soin : trois derniers bulletins de salaire ou attestations France Travail, trois derniers relevés de tous vos comptes, avis d’imposition, bail, décompte du bailleur, contrat Visale, courriers d’Action Logement, actes du commissaire de justice, tableau mensuel de vos charges incompressibles. La commission de Paris reçoit des volumes importants ; un dossier ordonné, paginé, avec un tableau récapitulatif des dettes et des paiements déjà effectués au garant, accélère l’instruction et limite les demandes de pièces complémentaires qui retardent la recevabilité, donc la protection contre les saisies.

Si la commission déclare votre demande irrecevable, le recours se porte devant le juge des contentieux de la protection, et la décision rendue par la commission sur la recevabilité du dossier est susceptible de recours devant le juge des contentieux de la protection. Respectez strictement le délai indiqué dans la notification, joignez la décision contestée et exposez par écrit les motifs précis de votre contestation, avec les pièces qui démontrent votre bonne foi et l’impossibilité de payer. Si la commission déclare votre dossier recevable, Action Logement sera avisée comme les autres créanciers et devra déclarer sa créance ; la phase d’instruction se poursuit par l’état du passif, que la commission vous notifie, puisque la commission informe le débiteur de l’état du passif qu’elle a dressé. Vérifiez alors ligne par ligne le montant retenu pour Visale : mois couverts, imputation de vos versements, frais et intérêts. Toute anomalie devra être contestée rapidement, car l’état du passif sert de base aux mesures, et les créances omises ou mal évaluées compliquent l’effacement ultérieur.

II. L’huissier saisit pour Visale malgré mon dossier recevable : comment suspendre et contester devant le juge des contentieux de la protection ?

A. La recevabilité suspend-elle la saisie engagée pour Action Logement ?

Oui, dès la recevabilité, la loi bloque les poursuites sur les dettes non alimentaires. Le texte applicable prévoit : « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires. » La dette de recours de Visale, qui porte sur des loyers d’habitation, entre dans le champ de cette suspension : saisie-attribution sur compte bancaire, saisie-vente de meubles, saisie des rémunérations et cessions de salaire consenties antérieurement se trouvent suspendues et interdites pour les dettes visées, à compter de la notification de la recevabilité. La Cour de cassation reprend ce principe dans une décision du 23 octobre 2025 : « Selon le deuxième, la recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur. » Conservez la notification de recevabilité et adressez-en copie au commissaire de justice par lettre recommandée avec accusé de réception, en visant le dossier de surendettement et le montant concerné. Si une saisie-attribution a déjà été pratiquée avant la recevabilité, elle produit ses effets pour le passé, mais les actes postérieurs à la recevabilité peuvent être contestés ; si une saisie des rémunérations est en cours devant le tribunal, sollicitez la suspension en produisant la décision de recevabilité.

Cette suspension ne règle pas tout, et trois limites doivent être comprises. D’abord, elle ne vaut que pour les dettes entrant dans la procédure : une pension alimentaire ou une amende pénale poursuivent leur cours. Ensuite, elle ne suspend pas le paiement du loyer courant ni des charges courantes : même avec un dossier recevable, vous restez tenu de payer chaque mois le loyer du logement que vous occupez, faute de quoi le bailleur retrouve le chemin de la résiliation et de l’expulsion. Les textes sur les dettes locatives organisent d’ailleurs la coordination entre les délais accordés par le juge du bail et les mesures de la commission, puisque la commission peut imposer de nouveaux délais de paiement de la dette locative dont le bailleur est avisé, et la notification des mesures imposées rappelle que la suspension de la clause résolutoire n’affecte pas l’exécution du contrat et ne suspend pas le paiement du loyer et des charges, l’expulsion reprenant en cas d’impayé ou de non-respect des mesures. Enfin, la suspension n’efface pas la dette : elle fige les poursuites pendant l’instruction, avant que la commission impose un rééchelonnement, un effacement partiel ou un rétablissement personnel. Si vos revenus chutent pendant cette période, signalez-le immédiatement pour obtenir une révision ou une suspension des mensualités plutôt que de laisser naître des impayés qui conduiraient à la déchéance du plan.

La même décision du 23 octobre 2025 apporte une précision précieuse sur les délais : « l’impossibilité d’agir dans laquelle la banque s’était trouvée du fait de la procédure de surendettement avait seulement eu pour effet de suspendre, et non pas d’interrompre, le cours de la forclusion, et ce seulement à compter de la date de la décision de recevabilité de la demande de traitement de la situation de surendettement ». Autrement dit, la prescription ou la forclusion biennale des professionnels ne repart pas de zéro après votre dossier : elle est seulement suspendue à compter de la recevabilité, puis reprend son cours. Pour Visale, l’enseignement pratique est double : d’un côté, Action Logement ne peut pas vous reprocher une inaction pendant la période où elle était elle-même empêchée d’agir ; de l’autre, vous ne pouvez pas spéculer sur une extinction automatique de sa créance par l’écoulement du temps pendant la procédure. Vérifiez donc les dates : date du premier impayé, date de la mise en demeure du garant, date du dépôt du dossier, date de la recevabilité, date des actes de poursuite. Ce calendrier conditionne à la fois la suspension, la vérification de la créance et, plus tard, la contestation des mesures.

À Paris et en Île-de-France, ajoutez les réflexes locaux. La commission de surendettement de Paris instruit au siège départemental de la Banque de France ; adressez vos compléments au secrétariat indiqué sur vos courriers, par lettre recommandée avec accusé de réception, en rappelant votre numéro de dossier. Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris tient les audiences de contestation sur convocation ; présentez-vous avec un dossier classé, vos trois derniers justificatifs de revenus, vos relevés bancaires, le contrat Visale, le décompte d’Action Logement et les actes du commissaire de justice. Si vous relevez d’une commune de la petite ou de la grande couronne, vérifiez le tribunal compétent pour votre domicile et les délais de convocation, souvent de plusieurs semaines : pendant ce temps, la suspension issue de la recevabilité continue de vous protéger pour les dettes visées, à condition de payer le loyer courant et de respecter les mesures. En cas de commandement de quitter les lieux ou d’assignation en résiliation, ne laissez passer aucun délai d’audience et produisez systématiquement la décision de recevabilité et l’échéancier en cours.

B. Comment contester l’état des dettes, les mesures imposées et obtenir l’effacement sans tout perdre ?

Après la recevabilité, la commission arrête l’état du passif, puis propose ou impose des solutions. Chaque étape se conteste, mais dans des délais distincts que vous devez respecter. D’abord, l’état des dettes : quand la commission vous notifie le passif incluant le recours Visale, contrôlez le principal, les intérêts, les frais et l’imputation de vos paiements, puis saisissez le juge en cas de désaccord selon la voie indiquée dans la notification. Ensuite, les mesures : en cas d’échec de la conciliation, la commission peut imposer le rééchelonnement, le report ou d’autres mesures dans la limite de sept ans ou de la moitié de la durée restant à courir. La notification précise les voies de contestation, et la contestation des mesures imposées se forme par déclaration au secrétariat de la commission dans un délai de trente jours à compter de leur notification, avec vos nom, prénoms, adresse, mesures contestées et motifs, revêtue de votre signature. Une contestation hors délai ou non motivée expose à l’irrecevabilité ; une contestation précise, chiffrée et pièces à l’appui conduit à l’audience devant le juge, qui vérifie les créances, apprécie votre capacité de remboursement et peut réformer les mesures.

Si votre situation est irrémédiablement compromise, la commission peut imposer un rétablissement personnel sans liquidation, qui efface les dettes non professionnelles. La Cour de cassation, dans un arrêt du 23 novembre 2023, énonce la règle applicable : « en l’absence de contestation dans les conditions prévues à l’article L. 741-4, le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne l’effacement de toutes les dettes non professionnelles du débiteur, arrêtées à la date de la décision de la commission, à l’exception des dettes mentionnées aux articles L. 711-4 et L. 711-5 et des dettes dont le montant a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques. » Trois enseignements pour votre dossier Visale. Premièrement, la date qui compte est celle de la décision de la commission, pas celle du dépôt : dans cette affaire, la cour d’appel avait retenu le 7 juin 2019 alors que l’effacement visait le passif arrêté au 27 août 2019, et la cassation sanctionne cette erreur. Vérifiez donc que le décompte d’Action Logement retenu par la commission s’arrête à la bonne date, en incluant les mois réglés au bailleur jusqu’à la décision. Deuxièmement, l’exception pour les sommes payées par une caution personne physique ne joue pas pour Action Logement, personne morale : le recours d’un garant institutionnel reste effaçable. Troisièmement, les créanciers non avisés restent protégés par la règle symétrique : « Les créances dont les titulaires n’ont pas été avisés de la décision imposée par la commission et n’ont pas contesté cette décision dans le délai fixé par décret mentionné à l’article L. 741-4 sont éteintes. » D’où l’importance de faire aviser Action Logement : une créance régulièrement déclarée et notifiée entre dans l’effacement, tandis qu’une créance dissimulée expose à des poursuites ultérieures.

L’arrêt de la première chambre civile du 13 avril 2023 complète le tableau pour les cautions. Dans cette affaire, un emprunteur avait obtenu un plan puis un effacement, tandis que la société de caution avait payé la banque en cours de procédure avant de se retourner contre lui. La Cour juge que la commission informe la caution de l’ouverture de la procédure et que le garant peut faire valoir ses observations, en reprenant le visa d’alors : « lorsque la commission constate que le remboursement d’une ou plusieurs dettes du débiteur principal est garanti par un cautionnement, elle informe la caution de l’ouverture de la procédure. » Il en résulte que la caution personne morale, devenue créancière par son paiement en cours de procédure, peut se voir opposer les mesures rendues exécutoires si elle a été avisée. Transposé à Visale, le raisonnement signifie que, dès lors qu’Action Logement a été informée de votre dossier et mise en mesure de déclarer son recours, elle ne peut pas exiger ensuite l’intégralité de la somme comme si la procédure n’avait pas existé : elle doit respecter le rééchelonnement, l’effacement partiel ou l’effacement total imposé, sous le contrôle du juge en cas de contestation. À l’inverse, si vous omettez de déclarer le recours Visale et que le garant n’est jamais avisé, vous prenez le risque qu’il poursuive le recouvrement intégral après la procédure, en soutenant que la mesure ne lui est pas opposable.

Reste la question des autres garants. L’effacement obtenu dans votre dossier ne libère ni la caution qui s’est engagée pour vous, ni le coobligé tenu avec vous, et le créancier payé par eux conserve son recours. Concrètement, si un parent s’est porté caution de votre bail en plus de Visale, ou si votre conjoint est colocataire solidaire du même logement, Action Logement ou le bailleur pour le reliquat non garanti peuvent poursuivre ce coobligé malgré votre effacement. Prévenez vos proches de cette conséquence et, quand c’est possible, coordonnez les dépôts : un dossier commun ou deux dossiers parallèles, chacun examiné pour lui-même au regard de la bonne foi, évitent qu’un garant mal informé découvre la procédure après l’effacement. Si une saisie-attribution a été pratiquée par Action Logement avant l’effacement, faites vérifier par le juge la date de la décision de la commission, l’avis adressé au garant et l’assiette exacte des sommes saisies : toute somme prélevée après l’effacement pour une dette effacée doit être restituée, tandis que les effets acquis avant la recevabilité restent discutés au cas par cas. Enfin, si vos revenus baissent en cours de plan, demandez sans attendre la révision, la suspension ou le moratoire plutôt que de cesser de payer : un plan révisé à temps préserve le logement et évite la déchéance, alors qu’un plan abandonné rouvre toutes les poursuites, y compris celle du garant.

Conclusion

Quand Visale a payé votre bailleur, ne laissez pas le recours d’Action Logement hors du dossier : déclarez-le avec le contrat de garantie, les preuves de paiement au bailleur et le décompte détaillé, faites jouer la suspension des saisies dès la recevabilité, payez sans faute le loyer courant, puis contestez dans les délais l’état du passif et les mesures imposées chaque fois que le montant ou l’échéancier vous paraît inexact. Les textes et les arrêts cités montrent que le garant informé de la procédure doit respecter les mesures, que l’effacement se calcule à la date de la décision de la commission, que la bonne foi s’apprécie pour chaque déposant et que la suspension ne vaut qu’à compter de la recevabilité. Avec un dossier complet, un calendrier précis des actes et, à Paris comme en Île-de-France, des courriers adressés au bon secrétariat et au bon tribunal, vous placez le juge en mesure de vérifier, de réformer et, quand votre situation l’impose, d’effacer. C’est ce chemin, déclaré, suspendu puis contesté pied à pied, qui permet de sortir du recouvrement du garant sans perdre le logement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».