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Régularisation de charges reçue à l’automne 2026 : décompte, justificatifs et comment contester le solde à Paris

Chaque automne, des milliers de locataires parisiens ouvrent la même enveloppe avec la même appréhension : le décompte annuel de régularisation des charges, accompagné d’un solde à payer qui atteint parfois plusieurs centaines d’euros. Provisions mensuelles versées toute l’année, chauffage collectif, ascenseur, gardiennage, taxe d’enlèvement des ordures ménagères : le total imprimé sur le papier semble tomber du ciel, et le réflexe le plus fréquent consiste à payer sans vérifier. C’est une erreur coûteuse. La loi du 6 juillet 1989 encadre strictement ce que le bailleur peut réclamer, comment il doit le justifier et dans quels délais vous pouvez contester. Un décompte adressé sans détail par nature de charges, des pièces justificatives jamais mises à disposition, des postes qui ne figurent pas sur la liste des charges récupérables, une régularisation réclamée quatre ans après : chacun de ces manquements ouvre un motif précis de contestation, validé par la Cour de cassation et les tribunaux parisiens. Cet article explique, pas à pas, comment lire le décompte reçu à l’automne 2026, comment exiger les justificatifs avant de payer le solde, et comment faire annuler ce que vous ne devez pas, à Paris et en Île-de-France.

I. Lire le décompte annuel et exiger les justificatifs avant de payer le solde

A. Provisions, régularisation annuelle et charges récupérables : ce que le bailleur peut vous réclamer

Le point de départ est simple : en location vide comme en location meublée avec provisions, vous versez chaque mois des provisions pour charges en plus du loyer, et le bailleur doit arrêter les comptes une fois par an. L’article 23 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dispose que « Les charges locatives peuvent donner lieu au versement de provisions et doivent, en ce cas, faire l’objet d’une régularisation annuelle ». Les demandes de provisions doivent elles-mêmes être justifiées par les résultats arrêtés lors de la précédente régularisation et, lorsque l’immeuble est soumis au statut de la copropriété ou lorsque le bailleur est une personne morale, par le budget prévisionnel. Autrement dit, le montant prélevé chaque mois ne peut pas être fixé au hasard : il doit reposer sur les dépenses réelles constatées l’année précédente ou sur le budget voté.

Toutes les dépenses de l’immeuble ne sont pas pour autant refacturables au locataire. Le même article 23 précise que « Les charges récupérables, sommes accessoires au loyer principal, sont exigibles sur justification en contrepartie : 1° Des services rendus liés à l’usage des différents éléments de la chose louée ; 2° Des dépenses d’entretien courant et des menues réparations sur les éléments d’usage commun de la chose louée », auxquelles s’ajoutent « 3° Des impositions qui correspondent à des services dont le locataire profite directement ». La liste exacte de ces charges est fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987, qui énumère poste par poste ce qui est récupérable : ascenseurs, chauffage et eau chaude collectifs, entretien des parties communes et des espaces extérieurs, hygiène, et certaines impositions comme la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Tout ce qui n’y figure pas reste à la charge du propriétaire : les grosses réparations relevant de l’article 606 du code civil, les travaux d’amélioration, les frais de gestion locative et les honoraires de l’agence ne peuvent jamais gonfler votre décompte.

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères mérite une attention particulière car elle figure sur presque tous les décomptes parisiens et donne lieu à de fréquentes erreurs de report. Le bailleur peut la refacturer au locataire au prorata du temps d’occupation, mais c’est à lui d’en justifier le montant par l’avis d’imposition. Sur ce point, notre analyse de l’avis de taxe foncière 2026 reçu à Paris et de ce que le bailleur peut refacturer au locataire détaille les montants, les proratas et les contestations possibles. De même, les dépenses de gardiennage et de conciergerie obéissent à une règle propre : seule une fraction du salaire du gardien est récupérable, le reste demeurant à la charge du bailleur. Nous avons consacré un développement complet aux charges de gardiennage et aux 40 % récupérables sur le décompte, avec la méthode pour contester le surplus. Quand vous recevez le décompte d’automne, commencez donc par ce tri : chaque ligne doit correspondre à un poste de la liste réglementaire, faute de quoi elle doit être rayée du solde.

La jurisprudence parisienne illustre concrètement ce contrôle poste par poste. Dans un arrêt du 26 novembre 2024, la cour d’appel de Paris a examiné la contestation par un locataire de plusieurs lignes de son décompte, dont l’entretien des espaces verts (CA Paris, pôle 4, chambre 4, 26 novembre 2024, RG n° 22/06335). Le locataire soutenait que les haies entretenues se situaient dans des espaces qu’il n’utilisait pas et refusait d’en payer la taille. La cour a repris le texte de l’annexe du décret : « V. – Espaces extérieurs au bâtiment ou à l’ensemble de bâtiments d’habitation (voies de circulation, aires de stationnement, abords et espaces verts, aires et équipements de jeux) », puis a rejeté la demande de remboursement : l’entretien des allées bordées de haies profitant à l’ensemble des résidents, la dépense se répartit entre tous les locataires, sans que le non-usage personnel de tel ou tel passage y change quoi que ce soit. La leçon est double : un poste figurant sur la liste est dû même si vous n’en profitez pas personnellement, mais un poste absent de la liste ne peut pas vous être imposé. Dans la même affaire, le bailleur avait d’ailleurs restitué 190,04 euros correspondant à des dépenses non récupérables et à une TVA mal appliquée, preuve qu’une contestation ligne à ligne produit des remboursements sonnants et trébuchants.

Retenez enfin l’obligation symétrique qui pèse sur vous : l’article 7 de la loi de 1989 impose au locataire de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. Contester ne signifie pas cesser de payer les provisions en cours. La bonne méthode consiste à payer sous réserve, par écrit, puis à réclamer le détail et le remboursement de l’indu, plutôt qu’à bloquer les versements et à vous exposer à un commandement de payer.

B. Décompte détaillé et pièces justificatives : votre droit de contrôle avant de payer le solde

Le bailleur ne peut pas se contenter de vous annoncer un chiffre global. L’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 organise votre information en deux temps : « Un mois avant cette régularisation, le bailleur en communique au locataire le décompte par nature de charges ainsi que, dans les immeubles collectifs, le mode de répartition entre les locataires », avec le cas échéant une note sur le calcul des charges de chauffage et d’eau chaude collectifs. Puis « Durant six mois à compter de l’envoi de ce décompte, les pièces justificatives sont tenues, dans des conditions normales, à la disposition des locataires ». Vous disposez donc d’un mois pour étudier le décompte avant l’échéance du solde, et de six mois pour consulter les factures, contrats d’entretien et avis d’imposition qui le soutiennent. Le bailleur doit également vous transmettre, si vous le demandez, le récapitulatif des charges du logement, par voie dématérialisée ou postale.

Ce droit de contrôle n’est pas théorique : son non-respect prive le bailleur de son dû. La troisième chambre civile de la Cour de cassation l’a tranché le 10 février 2015 dans une affaire où des locataires réclamaient le remboursement de leurs provisions (Cass. 3e civ., 10 février 2015, pourvoi n° 13-27.209) : « les charges locatives ne sont récupérables que si le bailleur apporte la preuve qu’il a adressé au locataire le décompte annuel et le mode de répartition », et faute d’avoir adressé les régularisations annuelles pour les exercices concernés, « les charges locatives n’étaient pas justifiées pour les années correspondantes et […] les provisions versées devaient être restituées ». Les sommes restituées s’élevaient à 2 394,83 euros pour une année et 2 507,40 euros pour l’autre, avec intérêts légaux. Si votre bailleur vous réclame un solde sans jamais vous avoir adressé le décompte détaillé ni le mode de répartition, la réponse juridique est nette : les charges ne sont pas justifiées et les provisions doivent vous être rendues.

En pratique parisienne, les juges appliquent cette exigence avec constance. Le 23 janvier 2025, la cour d’appel de Paris a rappelé, dans un litige opposant une SCI à sa locataire, que « Le défaut de justification ou le défaut de régularisation annuelle peut justifier le remboursement des provisions versées par le locataire », tout en précisant la limite : « L’obligation de régularisation annuelle des charges n’est cependant assortie d’aucune sanction et le bailleur peut en justifier à tout moment, y compris devant le juge, notamment pour s’opposer à l’action du locataire en répétition de charges indûment perçues par le bailleur » (CA Paris, pôle 4, chambre 3, 23 janvier 2025, RG n° 23/04216). Dans cette affaire, le bailleur avait fini par produire des décomptes détaillés et individualisés pour les années 2019, 2020 et 2021, et la cour a validé les régularisations. Moralité : exigez les pièces tôt, car un bailleur qui régularise tardivement mais complètement devant le juge peut encore sauver sa créance. Votre fenêtre d’action la plus efficace se situe donc dans les semaines qui suivent la réception du décompte, avant toute procédure.

Le revers existe aussi pour le locataire négligent. Dans l’arrêt du 26 novembre 2024 déjà cité, la bailleresse objectait que le locataire n’avait pas exercé son droit de solliciter les justificatifs dans le mois de la réception du décompte, et la cour a déclaré « irrecevables la demande de production sous astreinte des contrats de maintenance « Enerchauff » de 2018, 2019 et 2020 et des contrats « Orona » de 2017 et 2018 » (CA Paris, 26 novembre 2024, RG n° 22/06335). La procédure à suivre est donc impérative : dès réception du décompte, adressez au bailleur ou à son gestionnaire une lettre recommandée demandant la communication du décompte par nature de charges, du mode de répartition et la consultation des pièces justificatives. Fixez un rendez-vous pour les consulter, photographiez les factures litigieuses et consignez par écrit ce qui vous a été refusé. Ce courrier fera foi si le litige se poursuit.

Si le dialogue reste bloqué, la commission départementale de conciliation offre une voie gratuite et rapide : l’article 20 de la loi de 1989 prévoit qu’elle « rend un avis dans le délai de deux mois à compter de sa saisine » et que sa compétence couvre notamment « Les litiges relatifs à l’état des lieux, au dépôt de garantie, aux charges locatives et aux réparations ». À Paris, la commission siège auprès du préfet et peut être saisie par le bailleur comme par le locataire. Son avis ne s’impose pas, mais il pèse lourd dans la suite du litige et suffit souvent à débloquer un remboursement.

II. Contester le solde, refuser l’indu et faire trancher le juge

A. Charges non récupérables, erreurs de calcul et forfait : les motifs qui font annuler le solde

Une fois les pièces en main, la contestation au fond repose sur quatre leviers. Le premier est la liste limitative du décret n° 87-713 du 26 août 1987 : toute dépense qui n’y figure pas doit être écartée. Sont typiquement à biffer les frais de gestion et honoraires d’agence, les travaux d’amélioration et de mise aux normes autres que l’entretien courant, les grosses réparations, les primes d’assurance de l’immeuble hors les cas prévus, et les salaires du personnel au-delà des fractions récupérables. Le deuxième levier concerne les erreurs de calcul et de TVA : dans l’affaire parisienne de 2024, le bailleur avait appliqué 20 % de TVA au lieu du taux réduit de 10 % sur la maintenance des ascenseurs et avait dû rembourser le trop-perçu, avec application du taux corrigé à compter de 2019. Vérifiez les taux, les tantièmes, les proratas d’occupation en cas d’entrée ou de sortie en cours d’année, et la cohérence entre le budget prévisionnel, les appels de provisions et le décompte final.

Le troisième levier tient à la répartition. Même pour un poste récupérable, une clé de répartition erronée ou appliquée à votre détriment vicie le solde : tantièmes de copropriété mal reportés, surface erronée, étage pris en compte pour l’ascenseur alors que votre lot en est exonéré par le règlement de copropriété. Rapprochez systématiquement le décompte du règlement de copropriété et, en immeuble collectif, du mode de répartition communiqué. Le quatrième levier est celui des consommations individuelles : relevés de compteurs d’eau et de chaleur, index de début et de fin de période, note d’information sur les modalités de calcul du chauffage collectif. Un index incohérent ou l’absence de relevé individualisé suffit à faire écarter la ligne correspondante, car les charges sont exigibles « sur justification » et c’est au bailleur de prouver, conformément à l’article 1353 du code civil selon lequel « Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver ».

Un cas particulier mérite d’être isolé : le forfait de charges en location meublée. Quand le bail prévoit un forfait, il n’y a ni décompte ni régularisation à attendre, et le bailleur ne peut réclamer aucun complément. L’administration le rappelle sur sa fiche officielle : en cas de forfait, le montant inscrit au bail est définitif pour l’année et le bailleur ne peut exiger ni complément ni régularisation en plus (service-public.fr, charges à payer par le locataire). Si vous êtes en meublé au forfait et que vous recevez malgré tout un appel de solde au titre d’une prétendue régularisation, refusez-le par écrit en visant cette règle : le montant inscrit au bail est définitif pour l’année, sous réserve de sa révision annuelle dans les mêmes conditions que le loyer. À l’inverse, si votre bail meublé prévoit des provisions avec régularisation, tout ce qui précède s’applique à vous exactement comme en location vide.

La charge de la preuve mérite d’être bien comprise car elle varie selon l’objet du litige. Quand le bailleur réclame le solde, c’est à lui de justifier chaque poste par le décompte, le mode de répartition et les pièces. Quand c’est vous qui réclamez la restitution de provisions déjà versées en soutenant qu’elles étaient indues, certains bailleurs objectent qu’il vous appartient de prouver l’indu. La Cour de cassation a écarté cette objection : dès lors que le bailleur ne produit ni décompte ni mode de répartition, les charges ne sont pas justifiées et les provisions sont restituées, sans que le locataire ait à démontrer poste par poste le caractère indu (Cass. 3e civ., 10 février 2015, n° 13-27.209). Conservez néanmoins toutes vos quittances et relevés : si le bailleur finit par justifier devant le juge, comme dans l’affaire parisienne de janvier 2025, seules des pièces précises permettront de contester utilement les postes un par un.

B. Prescription de trois ans, conciliation et juge : payer, déduire ou faire trancher à Paris

Le temps joue un rôle décisif, dans les deux sens. L’article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que « Toutes actions dérivant d’un contrat de bail sont prescrites par trois ans à compter du jour où le titulaire d’un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d’exercer ce droit ». Pour le bailleur, cela signifie qu’un arriéré de charges vieux de plus de trois ans est prescrit ; pour le locataire, qu’une action en restitution de provisions indues doit être engagée dans le même délai de trois ans à compter du versement. Au-delà du bail, le droit commun de l’article 2224 du code civil ramène à cinq ans les actions personnelles ou mobilières, mais en matière locative le délai de trois ans prime pour les actions dérivant du bail.

Les tribunaux parisiens appliquent ce délai de trois ans avec rigueur. Le 30 juin 2026, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris, saisi d’un litige mêlant arriéré locatif et contestation de régularisations de charges, a jugé que « ces demandes, antérieures au 15 novembre 2021, sont prescrites » et que « Seules les demandes relatives à la période postérieure au 16 novembre 2021 sont recevables, car non prescrites » (TJ Paris, pôle civil de proximité, 30 juin 2026, RG n° 25/08187). Dans le même jugement, le tribunal a condamné solidairement les occupants à payer 70 853,35 euros d’arriéré, charges de l’année 2026 régularisées incluses, après avoir constaté que la bailleresse justifiait des provisions appelées et de leurs régularisations régulières pour 2022, 2023 et 2026. Le message est équilibré : la prescription protège contre les très vieilles réclamations, mais ne fait pas échapper au paiement des années récentes dûment justifiées. Quelques mois plus tôt, le même tribunal avait déclaré prescrite l’action d’un bailleur social qui n’avait réclamé le solde d’un bail résilié en janvier 2021 que par une assignation de décembre 2024 : « le bail du 5 mars 1985 a été résilié avec la signature du second bail le 21 janvier 2021 », alors que le bailleur « n’a effectué de demande en paiement de sa créance au titre du bail du 5 mars 1985 que par son acte introductif d’instance le 25 décembre 2024 », de sorte que « Sa demande est en conséquence prescrite » (TJ Paris, 15 janvier 2026, RG n° 24/11669). Vérifiez donc toujours la date d’exigibilité de chaque année réclamée : tout ce qui dépasse trois ans peut être opposé comme prescrit, par lettre recommandée puis devant le juge.

Attention toutefois à une subtilité majeure, tranchée par la Cour de cassation le 25 janvier 2026 : l’opération de régularisation elle-même n’est pas enfermée dans le délai de prescription, seule l’action en paiement qui en résulte l’est. La Cour énonce que « En l’absence de sanction prévue par le premier de ces textes, la régularisation des charges locatives peut intervenir jusqu’à l’audience » et que « seule l’action en paiement qui en résulte est soumise à la prescription » (Cass. 3e civ., 25 janvier 2026, pourvoi n° 22-21.379). Concrètement, un bailleur peut régulariser tardivement, y compris en cours de procès, et utiliser cette régularisation pour s’opposer à votre demande de restitution des provisions. Vous ne pouvez donc pas miser sur le seul retard du bailleur pour obtenir un remboursement automatique : il faut attaquer le fond, poste par poste, et soulever la prescription année par année sur les actions en paiement.

La loi prévoit aussi un aménagement lorsque la régularisation arrive très tard : « Lorsque la régularisation des charges n’a pas été effectuée avant le terme de l’année civile suivant l’année de leur exigibilité, le paiement par le locataire est effectué par douzième, s’il en fait la demande » (article 23 de la loi du 6 juillet 1989). Si le bailleur vous présente en 2026 la régularisation de 2024, exigez l’étalement sur douze mois. C’est un droit, pas une faveur, mais il faut le demander expressément et par écrit.

À Paris, le parcours contentieux suit un ordre efficace. D’abord la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception : rappel des textes, détail des postes contestés avec montants, demande de remboursement ou de rectification sous un mois, mention de la prescription pour les années anciennes. Ensuite, à défaut de réponse satisfaisante, la saisine de la commission départementale de conciliation de Paris, gratuite, qui rend son avis sous deux mois. Enfin, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris, compétent pour les litiges locatifs, qui peut vérifier d’office chaque élément de la dette, accorder au locataire de bonne foi des délais de paiement dans la limite de deux ans, et ordonner la compensation avec le dépôt de garantie. Sur ce dernier point, sachez que dans un immeuble collectif le bailleur peut conserver jusqu’à l’arrêté annuel des comptes « une provision ne pouvant excéder 20 % du montant du dépôt de garantie » lorsqu’elle est dûment justifiée (article 22 de la loi du 6 juillet 1989). Si votre dépôt vous a été amputé au-delà de ce plafond ou sans justification, notre guide sur le dépôt de garantie non rendu et la récupération de la caution explique la marche à suivre. Dans tous les cas, n’attendez pas : chaque mois qui passe rapproche vos créances les plus anciennes de la prescription de trois ans.

Conclusion

Le décompte de régularisation reçu à l’automne n’est ni une facture incontestable ni un document que l’on range sans le lire. Exigez le détail par nature de charges et le mode de répartition, consultez les pièces justificatives dans le délai de six mois, rayez les postes absents de la liste réglementaire, faites corriger les erreurs de calcul et de TVA, refusez tout complément en cas de forfait, opposez la prescription de trois ans aux années anciennes et demandez l’étalement sur douze mois en cas de régularisation tardive. La Cour de cassation et les juridictions parisiennes donnent raison aux locataires méthodiques qui contestent par écrit, poste par poste, et dans les délais. À l’inverse, payer sans vérifier ou contester sans pièces conduit presque toujours à l’échec. Ouvrez dès aujourd’hui le décompte de 2026 : c’est maintenant que se gagnent les remboursements de demain.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».