Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Dossier de surendettement : licencié pendant le plan — perte d’emploi, mensualités impayables, révision et contestation devant le juge, que faire ?

Vous remboursiez votre plan de surendettement tant bien que mal, puis votre employeur vous licencie. Le salaire disparaît, l’allocation chômage reste incertaine, et la mensualité fixée par la commission de la Banque de France devient impayable. Cette situation touche de nombreux débiteurs à Paris et en Île-de-France comme dans le reste du pays, et elle ouvre des droits précis : signaler la perte d’emploi, demander la révision du plan, préserver la suspension des saisies et, si nécessaire, saisir le juge des contentieux de la protection pour contester des mesures devenues incompatibles avec vos ressources. Le licenciement ne fait pas perdre le bénéfice de la procédure quand la bonne foi demeure, mais l’inaction expose à la déchéance du plan et à la reprise des poursuites. Ce dossier explique, pas à pas, comment réagir vite, quels documents réunir, quelles mesures solliciter et comment obtenir un effacement quand la situation reste durablement compromise.

Le cadre légal reste celui du Code de la consommation. L’article L711-1 du Code de la consommation dispose que « Le bénéfice des mesures de traitement des situations de surendettement est ouvert aux personnes physiques de bonne foi. » La même disposition ajoute que « L’impossibilité de faire face à un engagement de cautionner ou d’acquitter solidairement la dette d’un entrepreneur individuel ou d’une société caractérise également une situation de surendettement. » Autrement dit, la perte d’emploi n’efface pas la qualité de débiteur de bonne foi : elle renforce souvent la preuve de l’impossibilité manifeste de payer. La commission compétente peut alors, selon l’article L712-2 du Code de la consommation, « soit proposer ou imposer des mesures de traitement dans les conditions prévues au titre III, soit imposer un rétablissement personnel sans liquidation judiciaire ou saisir, avec l’accord du débiteur, le juge des contentieux de la protection aux fins d’ouverture d’une procédure de rétablissement personnel avec liquidation judiciaire dans les conditions prévues au titre IV. » Pour situer l’ensemble du dispositif, notre guide surendettement : dettes éligibles et effacement légal décrit le parcours complet du dossier. Le présent article traite le cas précis du salarié licencié en cours de plan, avec les recours concrets devant la commission et devant le juge.

I. Mon employeur m’a licencié pendant mon plan de surendettement, comment faire réviser mes mensualités impayables ?

A. Recevabilité maintenue après un licenciement : déclarer la perte d’emploi à la commission Banque de France sans perdre la suspension des saisies

La première urgence consiste à informer la commission de votre changement de situation, par courrier recommandé avec accusé de réception adressé au secrétariat de la commission de votre département, en joignant la lettre de licenciement, l’attestation France Travail, les derniers bulletins de salaire, l’avis d’imposition et un budget mensuel actualisé. Cette démarche protège votre recevabilité : la commission examine la situation à la date où elle statue, et une baisse brutale de revenus liée à une perte d’emploi involontaire confirme l’impossibilité manifeste de faire face aux dettes. Conservez chaque preuve de bonne foi : paiement des mensualités jusqu’au licenciement, recherche active d’emploi, inscription à France Travail, absence de nouveau crédit, absence de dissimulation d’actif. La bonne foi s’apprécie sur l’ensemble du comportement, et le fait d’avoir respecté le plan tant que le salaire le permettait joue en votre faveur.

La recevabilité, une fois acquise, produit un effet protecteur immédiat. L’article L722-2 du Code de la consommation prévoit que « La recevabilité de la demande emporte suspension et interdiction des procédures d’exécution diligentées à l’encontre des biens du débiteur ainsi que des cessions de rémunération consenties par celui-ci et portant sur les dettes autres qu’alimentaires. » Concrètement, un commissaire de justice ne peut plus engager une saisie-vente ou une saisie-attribution sur les dettes visées, et une cession de rémunération déjà consentie se trouve suspendue pour les dettes non alimentaires. Cette protection dure pendant l’instruction puis pendant l’exécution des mesures, dans la limite légale de deux années renouvelables selon les textes applicables. Elle ne couvre ni les dettes alimentaires courantes ni les dettes exclues par la loi, et elle suppose le respect strict des obligations du plan : payer ce qui reste exigible, ne pas aggraver l’endettement, déclarer tout changement de ressources.

Le tribunal judiciaire de Nancy l’a rappelé le 30 juillet 2026 dans un jugement rendu sous le numéro RG 25/00111, disponible à l’adresse officielle https://www.courdecassation.fr/decision/6a6c2b7bd6da041962915fd9. Dans cette affaire, une bailleresse contestait la recevabilité en soutenant que la débitrice avait manqué à un plan précédent alors qu’elle travaillait en contrat à durée indéterminée. Le juge a écarté l’argument, avec au dispositif : « REJETTE les contestations formées par Mme [F] [U] et M. [J] [H] » puis « CONFIRME la décision de recevabilité rendue par la commission de surendettement des particuliers de Meurthe et Moselle ». La leçon vaut pour le salarié licencié : un plan antérieur non respecté, à lui seul, ne suffit pas à démontrer la mauvaise foi quand la situation financière s’est dégradée. En revanche, la décision rappelle aussi que certaines sommes restent hors procédure : « la DGFIP AMENDES de Meurthe et Moselle indique que les sommes qui lui sont dues sont exclues de la procédure de surendettement ». Les amendes pénales et certaines dettes fiscales sanctionnées restent donc exigibles même après la recevabilité, point que l’article L711-4 du Code de la consommation confirme en listant les dettes exclues de toute remise, rééchelonnement ou effacement, dont les dettes alimentaires, les réparations allouées aux victimes dans le cadre d’une condamnation pénale et les amendes pénales. Gardez ce partage en tête : la suspension protège contre les créanciers ordinaires, pas contre l’obligation alimentaire ni contre l’amende pénale.

Signalez aussi, dans le même courrier, tout risque de saisie en cours : saisie sur salaire déjà engagée par un créancier, menace de saisie du véhicule, commandement de payer un arriéré de loyer. La commission peut demander au juge la suspension des voies d’exécution sensibles, et le dossier actualisé servira ensuite devant le juge si un créancier conteste. N’attendez pas la convocation pour agir : un débiteur licencié qui continue à verser, même partiellement, ce qu’il peut payer démontre sa loyauté, tandis que des mois d’impayés sans explication alimentent un grief de mauvaise foi. Si France Travail tarde à verser l’allocation, joignez les captures de suivi, les relevés bancaires montrant l’absence de versement et l’attestation de droits : le juge préfère un dossier incomplet mais sincère à un dossier silencieux.

La commission dispose d’un délai encadré pour instruire. L’article L721-2 du Code de la consommation indique que « La commission saisie par le débiteur dispose d’un délai déterminé par décret, à compter du dépôt du dossier pour examiner la recevabilité de la demande en vérifiant que le débiteur se trouve dans la situation définie à l’article L. 711-1 ». Pendant ce temps, gardez le contact avec le secrétariat, répondez aux demandes de pièces et actualisez chaque changement : fin des indemnités de rupture, début de l’allocation de retour à l’emploi, reprise d’un temps partiel, naissance d’une charge nouvelle. Chaque évolution modifie la capacité de remboursement et justifie une orientation adaptée, du simple rééchelonnement jusqu’au rétablissement personnel quand aucun remboursement n’apparaît possible.

B. Demander la révision du plan après une baisse de revenus : moratoire, report des échéances, mensualités réduites et pièces qui prouvent le chômage

Une fois la perte d’emploi déclarée, sollicitez par écrit une révision des mesures : suspension temporaire de l’exigibilité des créances, rééchelonnement sur une durée compatible avec l’allocation chômage, réduction du taux d’intérêt, imputation des paiements sur le capital. L’article L733-1 du Code de la consommation permet à la commission, à la demande du débiteur et après observations des parties, d’imposer notamment de « Rééchelonner le paiement des dettes de toute nature, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d’une partie d’entre elles, sans que le délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder sept ans ou la moitié de la durée de remboursement restant à courir des emprunts en cours ». Le même texte autorise de « Suspendre l’exigibilité des créances autres qu’alimentaires pour une durée qui ne peut excéder deux ans », avec cette précision : « Sauf décision contraire de la commission, la suspension de la créance entraîne la suspension du paiement des intérêts dus à ce titre. » Pour un salarié licencié, ces deux leviers répondent à deux moments distincts : la suspension couvre la période sans revenu entre le solde de tout compte et le premier versement France Travail, puis le rééchelonnement ajuste la mensualité à l’allocation réellement perçue.

La mensualité révisée ne se fixe pas au hasard. L’article L731-1 du Code de la consommation prévoit que « Pour l’application des dispositions des articles L. 732-1 , L. 733-1 ou L. 733-4 , le montant des remboursements est fixé, dans des conditions précisées par décret en Conseil d’Etat, par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu’elle résulte des articles L. 3252-2 et L. 3252-3 du code du travail, de manière à ce que la part des ressources nécessaire aux dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité. » Joignez donc un budget détaillé : loyer ou échéance de prêt immobilier, charges, énergie, assurance habitation, mutuelle, transport pour chercher un emploi, frais de garde, pension alimentaire versée, reste à vivre. Déduisez les aides réelles : allocation de retour à l’emploi, allocations familiales, allocation logement. La commission retient une capacité mensuelle de remboursement après réservation du minimum vital, et le juge contrôle ensuite ce calcul quand un recours est formé. Un débiteur qui présente un budget sincère, même déficitaire, obtient plus facilement un moratoire qu’un débiteur qui se contente d’affirmer ne plus pouvoir payer.

Constituez un dossier de révision rigoureux : lettre de licenciement ou rupture conventionnelle homologuée, solde de tout compte, attestation destinée à France Travail, notification de droits avec montant journalier et durée, relevés bancaires des trois derniers mois, justificatifs de charges, tableau des dettes avec numéros de contrats, copie du plan en cours et des échéanciers. Si vous avez retrouvé un contrat court ou un temps partiel, ajoutez les bulletins correspondants : la reprise d’activité, même modeste, montre votre volonté de payer et permet un rééchelonnement progressif plutôt qu’une déchéance. À l’inverse, un découvert creusé après le licenciement, un crédit renouvelé ou un achat coûteux fragilise la demande. La frontière avec le crédit et les litiges bancaires généraux reste nette : ce dossier traite la révision du plan de surendettement, pas la contestation du taux d’un prêt ni du litige commercial, qui relèvent d’autres matières.

Anticipez le sort du plan en cours : tant que la commission n’a pas statué sur la révision, continuez à régler ce que le budget permet, par virement avec mention du contrat, et conservez les preuves. Si la commission impose un moratoire de douze ou vingt-quatre mois, respectez l’obligation de ne pas souscrire de nouvelle dette et de déclarer toute amélioration, comme une indemnité prud’homale ou un rappel de salaire. Une rentrée exceptionnelle n’appartient pas au train de vie : elle doit être signalée et peut être affectée aux créanciers. En cas de refus de révision ou de mesures restées calées sur l’ancien salaire, la contestation devant le juge devient l’étape suivante, dans le délai figurant sur la notification. Ne laissez pas passer ce délai : une contestation tardive rend les mesures définitives et expose aux sanctions du non-respect.

Les pages concurrentes consultées pour préparer ce dossier confirment l’angle manquant. La Banque de France décrit les étapes générales et le rôle du secrétariat, un site de rachat de crédit liste les causes de non-respect du plan dont la baisse de revenus liée au chômage, et un site d’accompagnement détaille les recours après refus ou aggravation financière. Aucune de ces trois pages ne traite le cas précis du salarié licencié en cours de plan avec la révision chiffrée, les pièces France Travail et la contestation au fond devant le juge des contentieux de la protection. Cet article comble ce manque : il part de la lettre de licenciement, suit la suspension des saisies, chiffre la mensualité révisée à partir de l’allocation réelle et prépare le recours juridictionnel avec les références vérifiées.

II. Comment contester devant le juge des contentieux de la protection et obtenir l’effacement quand le chômage dure ?

A. Contester les mesures imposées, le refus de révision ou la déchéance : délais, requête au juge et suspension des poursuites à Paris et en Île-de-France

Quand la commission maintient une mensualité calculée sur l’ancien salaire, refuse le moratoire ou prononce la déchéance du plan pour impayés, le recours appartient au juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire. L’article L733-13 du Code de la consommation dispose que « Le juge saisi de la contestation prévue à l’article L. 733-10 prend tout ou partie des mesures définies aux articles L. 733-1 , L. 733-4 et L. 733-7 . » Le même texte ajoute que « Dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux dépenses courantes du ménage est déterminée dans les conditions prévues à l’article L. 731-2 . Elle est mentionnée dans la décision. » Et il ouvre une issue décisive pour le chômeur durable : « Lorsqu’il statue en application de l’article L. 733-10, le juge peut en outre prononcer un redressement personnel sans liquidation judiciaire. » Concrètement, le juge refait le calcul à partir de vos ressources actuelles, pas de celles qui existaient au dépôt initial, et il peut substituer aux mensualités intenables une suspension, un rééchelonnement réduit, voire un effacement quand la situation l’exige.

La cour d’appel de Versailles l’a illustré le 5 juin 2026 dans un arrêt rendu sous le numéro RG 25/04725, consultable à l’adresse officielle https://www.courdecassation.fr/decision/6a23aa34cdc6046d47572d47. Après des mesures imposant un rééchelonnement sur 79 mois au taux de zéro pour cent avec une capacité mensuelle de 2 197 euros, puis un jugement retenant 78 mois et un effacement partiel au terme, les débiteurs ont fait appel en expliquant que « leur situation financière a beaucoup changé, et qu’elle ne leur permet pas des remboursements mensuels de 648 euros [comme déterminé par le jugement] ». Ils précisaient que « M. est arrivé en fin de droits au titre du chômage au mois de février 2026 », avant d’ajouter « qu’il vient de retrouver un travail, dans un emploi de VRP, qui lui rapporte 1 400 euros nets par mois, outre d’éventuelles commissions ». L’arrêt retient aussi que l’épouse travaille à temps partiel pour 450 euros mensuels, avec 300 euros d’allocations familiales pour deux enfants à charge et un loyer de 774 euros. La cour, après avoir écarté le moyen de mauvaise foi de la banque, a infirmé le jugement sauf sur quelques points de fixation de créances et a réexaminé les mesures au regard des facultés contributives actuelles. Pour un salarié licencié, l’enseignement reste direct : documentez la fin de droits, le montant exact de la nouvelle paie ou de l’allocation, le loyer et les charges, et demandez des mesures compatibles avec ce budget réel plutôt que de subir l’ancien échéancier.

En pratique francilienne, le recours se forme par lettre recommandée avec accusé de réception adressée au greffe du juge des contentieux de la protection, dans le délai imprimé sur la notification de la commission, en joignant la décision contestée et l’ensemble des pièces actualisées. Pour un débiteur domicilié à Paris, le tribunal judiciaire de Paris concentre ce contentieux, avec une audience où la comparution personnelle reste déterminante : apportez les originaux, expliquez la chronologie entre le licenciement et les impayés, présentez les démarches de recherche d’emploi et le budget actuel. En Île-de-France hors Paris, le tribunal du domicile s’applique, par exemple Nanterre, Bobigny, Créteil, Évry, Versailles, Pontoise ou Melun selon le département, avec des délais d’audiencement variables et des juridictions habituées aux dossiers de salariés du secteur privé comme aux agents dont la rémunération a chuté. Demandez au juge, à titre principal, la suspension de l’exigibilité pendant la période de chômage, puis un rééchelonnement à la capacité réelle, avec intérêts ramenés au taux légal, et, à titre subsidiaire, un redressement personnel sans liquidation si aucun remboursement sérieux n’apparaît envisageable. Sollicitez aussi le maintien de la suspension des voies d’exécution jusqu’à la décision, afin d’éviter une saisie sur allocation ou sur compte pendant l’instance.

Préparez l’audience comme un rendez-vous décisif : tableau chronologique du licenciement, de l’inscription à France Travail et des versements, relevés bancaires sans zone d’ombre, attestations de recherche d’emploi, promesses d’embauche ou contrats courts, certificats médicaux si la santé limite la reprise. Répondez avec précision aux moyens des créanciers : une banque invoque parfois la mauvaise foi après un plan antérieur non respecté, mais la cour de Versailles montre qu’un changement professionnel documenté fait échec à ce moyen quand le débiteur reste transparent. Si la déchéance du plan est encourue pour impayés, expliquez chaque échéance manquée par une pièce datée, et proposez un calendrier de reprise crédible dès le premier revenu retrouvé. Le juge statue en dernier ressort dans de nombreux cas de surendettement, d’où l’importance d’un dossier complet dès la première audience, sans pièce gardée pour plus tard.

B. Quand le retour à l’emploi tarde : rétablissement personnel sans liquidation, effacement des dettes, FICP et dettes qui restent dues malgré le chômage

Si le chômage s’installe au-delà du moratoire, si l’âge, la santé ou le marché du travail rendent la reprise improbable, ou si l’actif se limite au mobilier courant sans bien saisissable de valeur, la commission peut orienter vers un rétablissement personnel sans liquidation, et le juge peut le prononcer à l’occasion d’un recours. L’article L741-2 du Code de la consommation prévoit qu' »En l’absence de contestation dans les conditions prévues à l’article L. 741-4 , le rétablissement personnel sans liquidation judiciaire entraîne l’effacement de toutes les dettes, professionnelles et non professionnelles, du débiteur, arrêtées à la date de la décision de la commission, à l’exception des dettes mentionnées aux articles L. 711-4 et L. 711-5 et des dettes dont le montant a été payé au lieu et place du débiteur par la caution ou le coobligé, personnes physiques. » Pour un ancien salarié sans perspective de remboursement, cet effacement couvre les crédits à la consommation, le solde du prêt personnel, le découvert, les arriérés de loyer déclarés, les dettes fiscales ordinaires non sanctionnées et les dettes d’énergie ou de téléphone, arrêtés à la date fixée. Il ne couvre ni la dette alimentaire, ni les réparations dues aux victimes dans le cadre pénal, ni les amendes pénales, ni les dettes fiscales assorties de majorations non rémissibles, ni les dettes frauduleuses envers les organismes sociaux. Vérifiez donc, ligne par ligne, l’état détaillé des dettes avant de réclamer l’effacement total : une dette exclue mal identifiée ressurgit après la clôture et ruine l’effet du redressement.

Le rétablissement personnel avec liquidation judiciaire suit une autre voie, réservée au débiteur qui possède un actif réalisable, comme un bien immobilier autre que la résidence principale insaisissable dans certains cas, un portefeuille de valeurs ou un bien de valeur. La commission ne peut saisir le juge de cette ouverture qu’avec votre accord, et un liquidateur réalise alors l’actif avant un effacement du solde, hors dettes exclues. Pour le salarié licencié locataire sans patrimoine, cette procédure reste exceptionnelle : la commission privilégie le rétablissement sans liquidation quand l’inventaire ne révèle rien à vendre. Dans les deux cas, la procédure collective des entreprises reste étrangère au dossier : un ancien salarié qui exerce ensuite une activité indépendante modeste doit veiller à la frontière, car les dettes professionnelles nées après la décision relèvent d’un autre traitement. De même, le crédit et les litiges bancaires généraux ne se règlent pas dans ce cadre : on ne demande pas ici l’annulation d’un taux ou la faute de la banque, mais l’adaptation des mesures à la perte d’emploi.

L’inscription au Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers accompagne toute la procédure. La recevabilité entraîne l’inscription, les mesures la maintiennent pendant leur exécution, et le rétablissement personnel y figure pendant la durée légale avant radiation. Après un effacement, vérifiez votre fiche auprès de la Banque de France, contestez par écrit toute mention inexacte et conservez la décision d’effacement : un créancier qui reprendrait des poursuites sur une dette effacée s’expose à une contestation devant le juge de l’exécution et devant le juge des contentieux de la protection. Les voies d’exécution suspendues pendant la procédure ne disparaissent pas par magie : une saisie-attribution déjà pratiquée avant la recevabilité produit des effets conservatoires qu’il faut faire vérifier, et une saisie immobilière obéit à un régime propre. L’article L722-4 du Code de la consommation rappelle qu' »En cas de saisie immobilière, lorsque la vente forcée a été ordonnée, le report de la date d’adjudication ne peut résulter que d’une décision du juge chargé de la saisie immobilière, saisi à cette fin par la commission, pour causes graves et dûment justifiées. » Un débiteur licencié propriétaire doit donc cumuler la demande de révision du plan et, si une adjudication approche, la saisine ciblée du juge de la saisie par la commission.

Préparez l’après-chômage dès maintenant. Si vous retrouvez un emploi mieux rémunéré, signalez la hausse à la commission : le plan révisé peut être augmenté loyalement, ce qui évite une déchéance pour dissimulation de ressources. Si vous percevez des indemnités prud’homales, un rappel de salaire ou une indemnité de rupture supérieure au prévu, ne les consommez pas sans avis : affectez-les en priorité aux arriérés du plan ou placez-les sur un compte identifié en attendant les instructions. Si une dette oubliée réapparaît, demandez son rattachement plutôt que de la payer en priorité au détriment des autres créanciers, car le principe d’égalité impose un traitement collectif. Enfin, refusez toute proposition de nouveau crédit présentée comme une solution au chômage : un crédit souscrit pendant la procédure caractérise une aggravation volontaire et peut fonder un refus de révision ou une déchéance. La sortie durable passe par un budget stabilisé, un échéancier tenu et une radiation FICP obtenue au terme, pas par un endettement supplémentaire.

Conclusion

Un licenciement en cours de plan ne signe ni la fin du dossier ni une faute, mais il impose une réaction rapide et documentée. Déclarez la perte d’emploi à la commission avec la lettre de rupture et les droits France Travail, demandez la suspension puis un rééchelonnement calé sur l’allocation réelle, maintenez la suspension des saisies par un comportement loyal et, si la mensualité reste intenable, contestez devant le juge des contentieux de la protection pour obtenir des mesures compatibles avec vos ressources actuelles, voire un rétablissement personnel quand aucun remboursement n’apparaît possible. Les décisions récentes montrent que le juge écarte la mauvaise foi alléguée par un créancier quand le changement professionnel est prouvé, et qu’il recalcule la capacité de remboursement à partir du budget réel, allocations et loyer compris. Gardez chaque justificatif, respectez les délais de recours inscrits sur les notifications, et refusez tout nouveau crédit pendant la procédure. Avec un dossier sincère et actualisé, la perte d’emploi devient un motif de révision légitime, pas un motif de déchéance.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous venez d’être licencié en cours de plan et vos mensualités deviennent impayables. Obtenez une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet pour faire réviser vos mesures ou préparer votre contestation devant le juge. Appelez Maître Reda Kohen au 06 46 60 58 22 ou écrivez via notre page contact. Intervention à Paris et en Île-de-France comme sur l’ensemble du territoire national.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».