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Diagnostic amiante en location en 2027 : ce que le bailleur doit préparer dès 2026

Le nouveau plan d’actions interministériel amiante 2026-2030 remet au premier plan une question que beaucoup de propriétaires ont traitée comme secondaire : l’information du locataire sur l’amiante dans les logements anciens. En 2026, la situation reste source de confusion. Le diagnostic amiante est bien lié au dossier de diagnostic technique, mais, en pratique, il n’est pas remis comme le DPE ou le constat de risque d’exposition au plomb dans la majorité des locations. Le bailleur doit surtout pouvoir le tenir à disposition du locataire qui le demande.

L’évolution annoncée pour 2027 vise à rendre cette information plus systématique au moment du bail. Pour un propriétaire, l’erreur serait d’attendre la veille de la signature du prochain contrat. Pour un locataire, l’erreur serait de commencer des travaux de perçage, de ponçage ou de rénovation dans un logement ancien sans avoir demandé les documents utiles.

L’enjeu n’est pas seulement administratif. Un mauvais repérage, un document absent ou une information transmise trop tard peut devenir une vraie difficulté si des matériaux suspects apparaissent pendant des travaux, si le logement présente un risque pour la santé, ou si les parties se disputent sur l’état du bien.

Ce qui est annoncé pour 2027

Le PAIA 2, présenté par les pouvoirs publics pour la période 2026-2030, prévoit de renforcer l’information des locataires sur l’amiante. Les acteurs du diagnostic immobilier ont relayé une mesure attendue : un décret devrait préciser les matériaux concernés par l’état d’amiante à annexer au bail et prévoir un support d’information sur les risques d’exposition, notamment en cas de bricolage dans le logement.

Il faut rester précis : tant que le décret d’application n’est pas publié, le contenu exact de la future obligation doit être vérifié. Mais le signal est suffisamment clair pour que les bailleurs de logements anciens commencent à réunir les pièces et à sécuriser leur dossier. Le sujet concerne surtout les immeubles dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, date d’interdiction de l’amiante dans les constructions neuves.

En pratique, le futur texte devrait surtout déplacer le centre de gravité : l’information ne serait plus seulement disponible sur demande, elle serait organisée dès la mise en location. Cela change beaucoup pour les agences, les administrateurs de biens, les bailleurs particuliers et les locataires qui découvrent l’existence d’amiante après l’entrée dans les lieux.

La règle applicable en 2026

L’article 3-3 de la loi du 6 juillet 1989 impose au bailleur de fournir un dossier de diagnostic technique lors de la signature ou du renouvellement du bail. Ce dossier comprend notamment le DPE, le constat de risque d’exposition au plomb lorsque le logement est ancien, l’état des risques, et les diagnostics gaz ou électricité lorsque les installations sont concernées.

Sur l’amiante, la fiche officielle Service-public sur les diagnostics à fournir au locataire indique que le diagnostic amiante fait partie du dossier, mais qu’il n’a pas à être annexé au bail en 2026 : le bailleur doit le tenir à la disposition du locataire sur demande.

Ce point explique les nombreux malentendus. Certains locataires pensent que l’absence d’un diagnostic amiante dans le bail suffit automatiquement à annuler le contrat. Ce n’est pas aussi simple. À l’inverse, certains bailleurs pensent qu’ils n’ont rien à faire tant que le locataire ne réclame rien. C’est tout aussi dangereux, surtout dans un immeuble ancien, en copropriété, ou lorsqu’un projet de travaux est connu.

Qui doit s’en préoccuper en priorité

Le premier critère est l’ancienneté du bâtiment. Un appartement ou une maison construits avant le 1er juillet 1997 doivent déclencher un réflexe amiante. Cela ne veut pas dire que le logement contient nécessairement de l’amiante, ni que le locataire est en danger. Cela veut dire qu’il faut vérifier les documents existants avant de répondre, de relouer ou d’autoriser des travaux.

Le deuxième critère est le type de bien. En copropriété, le bailleur doit distinguer les parties privatives du logement et les parties communes. Le dossier technique amiante de l’immeuble, lorsqu’il existe, relève souvent du syndic pour les parties communes. Le bailleur ne peut donc pas toujours répondre seul en quelques minutes. Il doit demander les bons documents, les conserver et pouvoir justifier de ses démarches.

Le troisième critère est le contexte. Une location suivie de travaux, une plainte du locataire sur des matériaux dégradés, un plafond ancien, des dalles de sol suspectes, une gaine technique, une cave ou une toiture en fibrociment justifient une vigilance renforcée. Le risque apparaît surtout quand des fibres peuvent être libérées : perçage, ponçage, découpe, démolition, dégradation ou intervention non préparée.

Bailleur : les vérifications à faire avant de relouer

Le bailleur doit commencer par retrouver les diagnostics déjà réalisés. Il faut chercher le DAPP lorsqu’il s’agit d’un appartement en immeuble collectif, l’état amiante éventuellement réalisé lors d’une vente, les documents fournis par le syndic, le dossier technique amiante de l’immeuble, les rapports liés à des travaux et les courriers déjà échangés avec un diagnostiqueur.

Il faut ensuite vérifier si le document correspond réellement au logement loué. Un rapport ancien, incomplet ou limité aux parties communes ne répond pas forcément à la question du locataire sur la salle de bains, la cuisine, les sols, les conduits ou les faux plafonds de son appartement. Le bailleur doit aussi regarder les réserves du diagnostiqueur : une zone non visitée, une cave inaccessible ou une toiture non examinée peuvent devenir décisives en cas de litige.

Si un bien doit être reloué en 2026 ou au début de 2027, la bonne méthode consiste à préparer un dossier clair : diagnostics obligatoires du bail, état amiante disponible, demande au syndic si nécessaire, preuve de transmission au locataire ou à l’agence, et consignes écrites en cas de travaux. Il ne suffit pas d’avoir un fichier quelque part. Il faut pouvoir démontrer ce qui a été remis, à quelle date, et sur quel périmètre.

En cas de doute sérieux, le bailleur doit éviter les promesses approximatives. Mieux vaut faire intervenir un diagnostiqueur certifié avant la relocation que découvrir le problème après la signature du bail ou après un chantier mal préparé.

Locataire : que demander si le logement est ancien

Le locataire d’un logement construit avant juillet 1997 peut demander au bailleur les informations disponibles sur l’amiante. La demande doit être écrite : courriel, lettre recommandée ou message envoyé par l’intermédiaire de l’agence. Il faut préciser le logement, le bail, les zones concernées et, s’il y a un projet de travaux, la nature de ces travaux.

Le locataire doit éviter de se mettre lui-même en difficulté. Percer un plafond, poncer des dalles anciennes ou casser un coffrage suspect sans information préalable peut aggraver le risque et compliquer la preuve. Si des matériaux sont dégradés, il faut photographier, conserver les échanges, demander les documents au bailleur et, si nécessaire, solliciter un avis technique avant toute intervention.

Lorsque le bailleur ne répond pas, le locataire peut relancer par écrit en fixant un délai raisonnable. Si la situation semble présenter un risque manifeste pour la santé ou la sécurité, l’étape suivante peut être une mise en demeure, puis une saisine adaptée selon le dossier : commission départementale de conciliation pour certains litiges locatifs, juge des contentieux de la protection, voire signalement aux autorités compétentes lorsque l’état du logement paraît dangereux.

Si le document manque ou si le diagnostic paraît faux

L’absence d’un document amiante ne produit pas automatiquement le même effet dans tous les dossiers. Il faut distinguer trois situations.

Première situation : le locataire demande simplement l’information. Le bailleur doit répondre et produire ce dont il dispose. S’il n’a rien, il doit expliquer pourquoi et régulariser lorsque le bien est concerné.

Deuxième situation : des travaux sont envisagés. Là, l’urgence est pratique. Il faut identifier le périmètre des travaux, éviter toute intervention destructive non sécurisée et demander un avis technique sur les matériaux concernés. Le litige porte souvent moins sur le principe abstrait du diagnostic que sur la preuve du risque, la sécurité du chantier et la responsabilité de celui qui a laissé faire.

Troisième situation : l’amiante est découvert après un diagnostic rassurant ou incomplet. La responsabilité peut alors se déplacer vers le diagnostiqueur, le vendeur, le bailleur, l’agence ou l’entreprise de travaux selon les faits. Une décision récente du tribunal judiciaire de Privas du 16 juin 2026, rendue à propos d’une vente, illustre le risque d’un repérage incomplet : le tribunal a retenu une faute lorsque des éléments visibles n’avaient pas été signalés sans réserve utile. Ce n’est pas une règle automatique pour toute location, mais cela montre l’importance des réserves, du périmètre de mission et des preuves techniques.

Paris et Île-de-France : pourquoi le sujet est sensible

À Paris et en Île-de-France, beaucoup de logements loués se trouvent dans des immeubles anciens. Les copropriétés peuvent disposer d’archives techniques, mais elles ne sont pas toujours immédiatement accessibles au bailleur ou à l’agence. Les travaux courants sont aussi fréquents : rénovation d’une salle de bains, changement de cuisine, percement de murs, remplacement de sols, intervention dans une cave ou une gaine technique.

Dans ce contexte, le bailleur doit anticiper avec le syndic et son gestionnaire. Le locataire doit, de son côté, éviter les travaux improvisés dans un logement ancien sans avoir demandé les informations amiante. Quand un conflit apparaît, les pièces les plus utiles sont souvent très concrètes : bail, dossier de diagnostic technique, état des lieux, courriels avec l’agence, procès-verbaux ou documents du syndic, photos datées, devis de travaux, rapport du diagnostiqueur, et échanges prouvant que l’information a été demandée ou refusée.

Cette préparation permet aussi d’éviter une confusion fréquente : l’amiante n’implique pas toujours une interdiction d’habiter. Tout dépend des matériaux, de leur état, de leur accessibilité, du risque de libération de fibres et des travaux prévus. Le bon recours n’est donc pas le même selon que le locataire veut obtenir un document, faire suspendre des travaux, demander une réparation, contester l’état du logement ou engager la responsabilité d’un professionnel.

Les pièces à réunir avant de consulter

Avant de saisir un avocat ou de lancer une procédure, il faut rassembler les pièces dans un ordre simple.

Pour le bailleur : le bail, les diagnostics remis au locataire, l’état amiante ou le DAPP, les documents transmis par le syndic, les échanges avec l’agence, les preuves de remise au locataire, les devis ou factures de diagnostic, et tout document lié à des travaux.

Pour le locataire : le bail, le DDT reçu, la demande écrite adressée au bailleur, les relances, les photos, les échanges avec l’agence, les devis de travaux, les constats éventuels et les documents médicaux uniquement s’ils sont réellement utiles et liés au litige.

Pour les deux parties, la question principale est la même : que savait-on, quand, sur quel matériau, et quelles précautions ont été prises ? C’est cette chronologie qui permet de choisir entre une simple régularisation, une négociation, une mise en demeure ou une action judiciaire.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».