Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Comment fermer votre SASU ou EURL à Paris sans liquidation : dissolution-confusion (TUP), opposition des créanciers en 30 jours et radiation

Vous êtes associé unique d’une SASU ou d’une EURL à Paris et vous voulez fermer la société sans passer par une liquidation longue et coûteuse : la dissolution-confusion, appelée transmission universelle du patrimoine (TUP), permet de transmettre l’intégralité du patrimoine social à l’associé unique sans nommer de liquidateur. L’opération paraît simple sur le papier, mais l’été 2026 a montré qu’elle se joue devant le tribunal dès qu’un créancier s’en mêle : le 7 août 2026, le tribunal des activités économiques du Havre a ordonné le remboursement d’une créance de 4 659,13 euros avant toute transmission définitive, le 22 juillet 2026 celui de Nanterre a suspendu les effets d’une dissolution et ordonné la réinscription de la société au registre du commerce, et le 4 août 2026 celui de Marseille a été saisi par l’URSSAF pour 42 254 euros de cotisations impayées. À Paris, où le greffe du tribunal des activités économiques applique des règles de publicité strictes, une formalité manquée ou une opposition ignorée bloque la radiation et maintient la société en vie contre votre volonté.

Cet article explique comment fermer sans liquidation en sécurisant chaque étape : les conditions exactes de la TUP et les sociétés qui en sont exclues, les formalités qui font courir le délai d’opposition de trente jours, les créanciers qui peuvent bloquer l’opération et ce que le juge exige d’eux, puis ce que l’associé unique reçoit vraiment et les démarches parisiennes de radiation. Les règles sont illustrées par quatre décisions rendues entre 2025 et 2026, dont les motifs sont cités dans leur texte exact.

I. Fermer une SASU ou une EURL sans liquidation : quand la transmission universelle du patrimoine s’applique

La dissolution d’une société entraîne en principe sa liquidation, avec un liquidateur, des comptes de liquidation et des délais incompressibles. La transmission universelle du patrimoine constitue l’exception prévue pour les sociétés devenues unipersonnelles : tout le patrimoine passe d’un bloc à l’associé unique, dettes comprises, sans liquidation. Encore faut-il entrer dans le cadre légal, car l’exclusion est brutale pour ceux qui s’y trompent.

A. EURL, SASU, SCI : qui peut fermer sans liquidateur et qui doit liquider

La transmission universelle du patrimoine s’applique obligatoirement lorsque deux conditions sont réunies : la société est unipersonnelle, c’est-à-dire une EURL ou une SAS, et l’associé unique est une personne morale, c’est-à-dire une autre société, comme l’expose la fiche officielle de Service Public Entreprendre consacrée à la dissolution simplifiée, vérifiée le 4 septembre 2026 (Service Public Entreprendre, dissolution simplifiée d’une société : transmission universelle du patrimoine). Le cas visé est celui de la filiale à cent pour cent : la holding qui absorbe sa filiale devenue inutile, la SAS qui réunit les titres de sa SASU après un rachat, la société qui simplifie son organigramme en fin d’année.

Le texte qui fonde l’opération est l’article 1844-5 du Code civil, qui dispose : « En cas de dissolution, celle-ci entraîne la transmission universelle du patrimoine de la société à l’associé unique, sans qu’il y ait lieu à liquidation. » La même phrase écarte donc le liquidateur, les opérations de réalisation de l’actif et les répartitions entre associés : il n’y a qu’un transmettant qui disparaît et un bénéficiaire qui recueille tout, à l’actif comme au passif. Le dirigeant parisien qui détient sa SASU en direct doit comprendre immédiatement la conséquence : tant que l’associé unique reste une personne physique, la TUP lui est fermée.

Lorsque l’associé unique est une personne physique, la même fiche officielle est formelle : pour une EURL, une SASU ou une SCI détenue par une personne physique, la TUP n’est pas possible et il faut procéder à la dissolution anticipée suivie de la liquidation amiable de la société puis de sa radiation (Service Public Entreprendre, dissolution simplifiée, conditions de la TUP). L’associé unique personne physique nomme un liquidateur, fait établir les comptes, paie les créanciers et ne radie qu’au terme de la procédure. Vouloir « faire une TUP » d’une SASU détenue en propre expose au rejet du dossier par le greffe du tribunal des activités économiques de Paris et à des mois perdus.

Une précision utile concerne la réunion des parts en une seule main : l’article 1844-5 du Code civil prévoit que la réunion de toutes les parts sociales en une seule main n’entraîne pas la dissolution de plein droit de la société, que tout intéressé peut demander cette dissolution si la situation n’a pas été régularisée dans le délai d’un an, et que le tribunal peut accorder à la société un délai maximal de six mois pour régulariser la situation. Autrement dit, devenir associé unique ne fait pas disparaître la société automatiquement : la dissolution doit être décidée, et pendant l’année qui suit la concentration des titres, la société continue de vivre, de facturer et de payer ses dettes. Le dirigeant qui rachète les parts de son associé parisien en septembre ne peut donc pas considérer la société comme éteinte en octobre : il doit faire constater la dissolution et publier l’opération.

Le montage conseillé à Paris consiste à vérifier trois points avant tout acte : l’associé unique est-il bien une personne morale au jour de la décision de dissolution, la société est-elle in bonis et non en cessation des paiements, et les titres sont-ils intégralement réunis entre les mêmes mains. Si la société ne paie plus ses dettes exigibles avec son actif disponible, la voie n’est plus la TUP mais la déclaration de cessation des paiements, et la tentative de transmission universelle d’une société insolvable expose le dirigeant à des actions en responsabilité. Pour les groupes parisiens, la filialisation inverse mérite aussi un examen : la dissolution de la mère par la fille, dite TUP inversée, suit le même article mais soulève des difficultés propres sur l’évaluation des apports et l’information des créanciers de l’absorbante, ce qui justifie un calendrier resserré et une publicité sans faille.

B. Procès-verbal, annonce légale, guichet unique et Bodacc : les formalités qui font partir les 30 jours

La dissolution sans liquidation suit un circuit administratif précis, et chaque étape conditionne la suivante. La fiche officielle détaille les démarches dans l’ordre : rédiger un procès-verbal de dissolution, publier une annonce légale de dissolution sans liquidation dans un support habilité, puis déposer le procès-verbal et l’annonce légale auprès du guichet des formalités des entreprises, le greffier du tribunal de commerce ou des activités économiques effectuant ensuite une publication au Bodacc (Service Public Entreprendre, formalités de la dissolution sans liquidation). La publication au Bodacc résulte de l’article R123-159 du Code de commerce, cité en référence par la fiche officielle.

Le procès-verbal de dissolution mérite une rédaction soignée : il constate la décision de l’associé unique, mentionne expressément la transmission universelle du patrimoine au profit de l’associé unique désigné, et, lorsque l’opération est placée sous le régime fiscal de faveur des fusions, comporte l’engagement de respecter les obligations de ce régime. À noter, la fiche officielle signale que le procès-verbal de dissolution n’a pas à être enregistré auprès du service des impôts des entreprises du lieu du siège (Service Public Entreprendre, formalités de la dissolution sans liquidation). Cette dispense d’enregistrement ne supprime ni l’annonce légale ni le dépôt au guichet : un dossier parisien déposé sans attestation de parution est rejeté, et le délai d’opposition ne court pas.

L’annonce légale doit mentionner la dissolution sans liquidation et l’identité de l’associé unique bénéficiaire, car ce sont ces mentions qui informent les créanciers de l’opération et de la personne contre laquelle ils devront agir. Le dépôt s’effectue auprès du guichet unique des formalités, qui transmet au greffe compétent, à Paris celui du tribunal des activités économiques. Le greffier procède alors à la publication au Bodacc, et c’est cette publication qui déclenche le compteur : les créanciers peuvent faire opposition à la dissolution dans le délai de trente jours à compter de la publication de celle-ci, selon l’article 1844-5 du Code civil. Toute erreur sur la dénomination, le siège ou l’associé unique dans la chaîne de publicité fragilise la sécurité de l’opération, car un créancier pourrait soutenir qu’il n’a pas été valablement informé.

Le point de départ exact du délai mérite l’attention des dirigeants franciliens : la fiche officielle précise que le point de départ du délai d’opposition commence le lendemain du jour de la publication au Bodacc (Service Public Entreprendre, opposition des créanciers à la dissolution). Concrètement, pour une publication au Bodacc un vendredi, le délai de trente jours commence à courir le samedi et s’achève trente jours plus tard, avec une règle de report lorsque l’échéance tombe un jour non ouvré. Le tribunal des activités économiques de Nanterre l’a rappelé le 22 juillet 2026 dans une affaire de portage salarial : la transmission universelle avait été publiée au Bodacc le 13 février 2026, l’assignation en opposition avait été signifiée le 16 mars 2026, et le tribunal a jugé l’opposition recevable en appliquant la règle selon laquelle « Tout délai expire le dernier jour à vingt-quatre heures. Le délai qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant » (TAE de Nanterre, 6e chambre, 22 juillet 2026, n° 2026F00607). Le 15 mars 2026 tombant un dimanche, le délai expirait le lundi 16 mars, et l’assignation de ce jour-là sauvait l’opposition du créancier. Pour un dirigeant parisien, la leçon est double : le créancier vigilant calcule les reports de week-end, et l’associé unique qui croit la transmission acquise le trentième jour doit vérifier le calendrier avant de disposer des actifs.

En pratique parisienne, le dossier de TUP se pilote comme un acte notarié : procès-verbal daté et signé, attestation de parution de l’annonce légale, récépissé du guichet unique, Bodacc surveillé chaque semaine, et tableau de suivi du délai de trente jours avec report de fin de semaine intégré. Les groupes dont la filiale exploite un établissement à Paris et un autre en province centralisent la surveillance au siège de la dissoute, car c’est la publication relative à cette société qui compte. Pour approfondir la stratégie de fermeture et ses alternatives judiciaires, les dirigeants peuvent consulter la page d’expertise en droit des sociétés à Paris, qui présente l’accompagnement des dissolutions et des transmissions de patrimoine.

II. Opposition des créanciers en 30 jours et radiation : comment le tribunal tranche et ce que l’associé unique reçoit

Le délai de trente jours n’est pas un simple formalisme : il suspend la disparition de la société et donne à chaque créancier antérieur le pouvoir de paralyser l’opération. L’article 1844-5 du Code civil est explicite sur l’effet de l’attente : « La transmission du patrimoine n’est réalisée et il n’y a disparition de la personne morale qu’à l’issue du délai d’opposition ou, le cas échéant, lorsque l’opposition a été rejetée en première instance ou que le remboursement des créances a été effectué ou les garanties constituées. » Pendant le délai, la société dissoute subsiste donc pour les besoins de l’opposition, et l’associé unique qui vendrait un immeuble ou viderait les comptes avant l’expiration s’exposerait à voir l’acte contesté. Les trois décisions de l’été 2026 montrent comment les tribunaux des activités économiques appliquent ce mécanisme au franc des créances.

A. Créancier impayé, URSSAF, salarié : qui peut bloquer la TUP et ce que le juge exige

Tout créancier dont la créance est antérieure à la dissolution peut former opposition, et la palette des opposants est large : fournisseur impayé, client titulaire d’un avoir, ancien salarié qui réclame des indemnités devant le conseil de prud’hommes, administration fiscale, et URSSAF pour les cotisations impayées. La fiche officielle donne l’exemple de l’ancien salarié qui réclame des indemnités à son employeur devant le conseil de prud’hommes et qui peut craindre que l’opération retarde le versement de ces indemnités : il use de son droit d’opposition pour se protéger (Service Public Entreprendre, opposition des créanciers à la dissolution). En pratique, les créanciers s’opposent lorsqu’ils craignent que la transmission diminue leurs chances d’être payés, par exemple quand le bénéficiaire est une société étrangère aux garanties incertaines ou quand la dissoute a cessé toute activité.

L’opposition se forme par assignation délivrée à la société non encore dissoute, qui reste le défendeur tant que la transmission n’est pas définitive. Une fois saisi, le tribunal dispose de trois issues : rejeter l’opposition du créancier, ordonner le remboursement des créances, ou ordonner la constitution de garanties, comme le rappelle la fiche officielle (Service Public Entreprendre, opposition des créanciers à la dissolution). Le dirigeant parisien doit donc préparer deux dossiers dès la décision de dissolution : le dossier de publicité, pour purger le délai, et le dossier de réponse aux oppositions, avec l’état des créances, les pièces de paiement et, si la société en offre, les garanties jugées suffisantes.

Le filtre que le juge applique à l’opposant est sévère, et la cour d’appel de Dijon l’a formulé le 20 février 2025 dans un litige funéraire où une société se disait titulaire d’un droit de préférence : « l’article 1844-5 du code civil ne comporte aucune précision à ce sujet, mais la procédure d’opposition qu’il instaure prévoit qu’une décision de justice soit la rejette, soit ordonne le remboursement des créances ou la constitution de garanties si elles sont offertes et suffisantes. Il se déduit de cette alternative que l’opposition ne peut prospérer que si le créancier justifie d’une créance certaine dans son existence, liquide et exigible antérieure à l’opération envisagée permettant au juge saisi de l’opposition d’ordonner son remboursement » (CA de Dijon, 2e chambre civile, 20 février 2025, RG 24/00093). Dans cette affaire, la créance indemnitaire invoquée n’était ni certaine ni exigible avant la dissolution, faute d’avoir saisi un juge de la résiliation contestée, et la cour a infirmé le jugement en ce qu’il avait déclaré l’opposition recevable : « Le jugement sera en conséquence infirmé en ce qu’il a déclaré l’opposition recevable » (CA de Dijon, 2e chambre civile, 20 février 2025, RG 24/00093). L’enseignement pour le créancier parisien est net : une créance éventuelle, contestée au fond ou née après la dissolution, ne bloque pas la TUP, et l’opposant doit produire un titre ou des pièces établissant une dette certaine, chiffrée et échue avant la publication.

À l’inverse, le créancier muni d’un titre obtient des mesures énergiques. Le 7 août 2026, le tribunal des activités économiques du Havre a statué sur l’opposition d’un fournisseur d’audioprothèses contre la transmission universelle du patrimoine d’un centre d’audition : la publication de la dissolution était intervenue le 3 juin 2026, l’opposition pouvait donc être réalisée jusqu’au 3 juillet 2026, et le tribunal a relevé que la société créancière justifiait d’une créance antérieure à l’opération (TAE du Havre, 7 août 2026, n° 2026J00096). La créance résultait d’une condamnation en référé du 6 mai 2026 d’un montant total de 4 659,13 euros, principal, intérêts, indemnité forfaitaire de recouvrement, article 700, timbre et frais, et le tribunal a constaté que la société créancière justifiait d’une créance certaine, liquide et exigible (TAE du Havre, 7 août 2026, n° 2026J00096). Le dispositif ne laisse aucune marge : « DECLARE recevable et bien fondée l’opposition formée par la société SONOVA France », « CONSTATE que la société SONOVA FRANCE est titulaire d’une créance certaine, liquide et exigible à l’encontre de la société [X] AUDITION », « ORDONNE, avant la réalisation définitive de la transmission universelle du patrimoine décidée le 12 mai 2026, le remboursement de la créance détenue par la société SONOVA FRANCE d’un montant de 4.659,13 €, outre intérêts et pénalités à parfaire », et « DIT qu’à défaut de remboursement intégral de cette créance, intérêts, frais et pénalités comprises, la transmission universelle de patrimoine ne pourra produire effet à l’égard de la société SONOVA France » (TAE du Havre, 7 août 2026, n° 2026J00096). Le tribunal a ajouté 3 000 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile. Pour l’associé unique, la morale est financière : une petite dette documentée bloque une grosse transmission tant qu’elle n’est pas payée.

Le jugement de Nanterre du 22 juillet 2026 va plus loin encore dans la protection du créancier. Saisi par une société de portage salarial titulaire d’une ordonnance d’injonction de payer de 9 792 euros, impayée, face à une transmission universelle au profit d’une société étrangère aux garanties incertaines, le tribunal a déclaré l’opposante recevable et bien fondée, puis a suspendu les effets de la dissolution jusqu’au paiement : « Dit la SAS [H] recevable et bien fondée en son opposition contre le transfert universel de patrimoine de la SAS [R] au profit de la SDE BHM EUROPÄISCHE BETEILIGUNGEN UG ; Suspend les effets de la dissolution/TUP de la SAS [R] au profit de la SDE BHM EUROPÄISCHE BETEILIGUNGEN UG en date du 22 janvier 2026, publié le 13 février 2026, jusqu’à l’exécution de l’ordonnance d’injonction de payer du 31 décembre 2025 et le paiement par [R] des créances d'[H] ; Ordonne la réinscription d'[R] au registre du commerce et des sociétés de Nanterre » (TAE de Nanterre, 6e chambre, 22 juillet 2026, n° 2026F00607). La société dissoute a donc été contrainte de renaître au registre, et le tribunal a condamné la société dissoute à 1 000 euros de dommages-intérêts pour résistance abusive : « Condamne la SAS [R] à payer à la SAS [H] la somme de 1 000 euros à titre de dommages-intérêts pour résistance abusive » (TAE de Nanterre, 6e chambre, 22 juillet 2026, n° 2026F00607). L’associé unique parisien qui envisagerait de transférer le patrimoine vers une structure lointaine pour décourager les créanciers mesure le risque : le juge ordonne la réinscription et sanctionne la manœuvre.

L’URSSAF manie l’opposition avec la même efficacité. Le 4 août 2026, le tribunal des activités économiques de Marseille a été saisi par l’union de recouvrement contre la transmission universelle du patrimoine d’une société marseillaise au profit de sa holding : l’opposition avait été formée par assignation signifiée le 11 juin 2026 pour une transmission publiée le 16 mai 2026, et l’organisme produisait des mises en demeure des 28 avril et 29 mai 2026 de 8 808 et 16 060 euros, des contraintes des 13 et 22 mai 2026 de 17 386 et 17 631,67 euros, et un état des débits au 2 juin 2026 faisant apparaître des cotisations salariales et patronales impayées de janvier à avril 2026 d’un montant de 42 254 euros (TAE de Marseille, 4 août 2026). Le dirigeant parisien qui laisse filer les cotisations avant de dissoudre s’expose donc à la même assignation, et la holding bénéficiaire peut se voir réclamer des garanties à hauteur des sommes dues. La parade consiste à solder l’URSSAF et le fisc avant la publication, à conserver les attestations de paiement, et à provisionner les redressements en cours.

En défense, l’associé unique dispose de trois leviers : contester la recevabilité de l’opposition formée hors du délai de trente jours à compter de la publication, en appliquant strictement le point de départ du lendemain de la parution au Bodacc et les reports de fin de semaine ; contester la qualité de la créance, en démontrant qu’elle est postérieure à la dissolution, incertaine dans son principe ou non exigible ; proposer des garanties suffisantes, par exemple une consignation ou une caution bancaire, pour obtenir le rejet de l’opposition sans payer immédiatement l’intégralité. Ces moyens doivent être articulés dès l’assignation, car le tribunal statue en premier ressort et la transmission reste suspendue jusqu’au jugement de rejet, au remboursement ou à la constitution des garanties.

B. Associé unique à Paris : patrimoine reçu, bail transmis, caution perdue et radiation en un mois

Lorsque le délai de trente jours expire sans opposition, ou lorsque les oppositions ont été rejetées, payées ou garanties, la transmission devient définitive : l’associé unique reçoit l’intégralité du patrimoine de la société dissoute, c’est-à-dire les actifs comme le passif, et la personne morale disparaît. La fiche officielle décrit cet effet sans détour et en tire les conséquences sur les contrats en cours : certains contrats ne sont pas transmis automatiquement et prennent fin au plus tard à la dissolution, notamment le cautionnement, la franchise et le mandat, sauf accord du cocontractant pour les prolonger (Service Public Entreprendre, effets de la TUP). Le dirigeant parisien qui s’était porté caution des dettes de sa filiale ne peut donc pas supposer que son engagement suit le patrimoine : l’engagement de la caution peut s’éteindre avec la société dissoute, tandis que le créancier cherchera à agir contre le bénéficiaire pour les dettes transmises.

Le sort du bail commercial mérite une attention particulière pour les commerces parisiens : la fiche officielle indique que le bail commercial est obligatoirement transmis à l’associé unique bénéficiaire de la TUP, en visant les deuxième et troisième alinéas de l’les dispositions du Code de commerce relatives à la transmission du bail commercial (Service Public Entreprendre, effets de la TUP). Le bailleur d’une boutique à Paris ne peut donc pas s’opposer au transfert du droit au bail résultant de la TUP, ni réclamer une indemnité de ce seul fait, mais il conserve son droit d’opposition en tant que créancier pour les loyers impayés antérieurs. Symétriquement, l’associé unique qui recueille une boutique parisienne doit vérifier l’état des loyers, des charges et du dépôt de garantie, car il reçoit le bail avec ses arriérés.

La même vigilance s’impose pour les salariés, les dettes fiscales et les garanties réelles : les contrats de travail se poursuivent avec le bénéficiaire, les dettes suivent le patrimoine, et les sûretés attachées aux biens transmis grèvent désormais le patrimoine de l’associé unique. Le régime fiscal de l’opération suit le régime des fusions et peut bénéficier du régime de faveur si l’associé unique s’engage dans l’acte de dissolution à en respecter les obligations, si les deux sociétés sont soumises à l’impôt sur les sociétés et si l’opération est motivée par des raisons économiques et non par un objectif exclusivement fiscal, comme l’expose la fiche officielle (Service Public Entreprendre, régime fiscal de la TUP). Un engagement fiscal omis dans le procès-verbal coûte la neutralité et déclenche l’imposition immédiate des plus-values : la mention doit figurer dans l’acte de dissolution lui-même, pas dans un courrier ultérieur.

La dernière marche est administrative et parisienne : dans le délai d’un mois à compter du transfert du patrimoine, l’associé unique doit effectuer la radiation de la société dissoute auprès du guichet unique des formalités, en remettant notamment le certificat de non-opposition délivré par le greffe lorsque aucun créancier ne s’est manifesté, selon la fiche officielle qui vise l’article R123-75 du Code de commerce et l’article R123-265 du Code de commerce (Service Public Entreprendre, effets de la TUP). Si une opposition a été formée, la radiation attend l’issue de la procédure : rejet en première instance, remboursement ou garanties constituées. Le dirigeant qui omet la radiation dans le mois laisse subsister une immatriculation sans activité, avec des obligations déclaratives qui continuent de courir et des pénalités à la clé.

À Paris et en Île-de-France, le calendrier type d’une TUP sans opposition tient en trois mois : décision de l’associé unique et annonce légale le premier mois, publication au Bodacc et purge du délai de trente jours le deuxième mois, certificat de non-opposition puis radiation dans le mois du transfert. Avec une opposition, le contentieux devant le tribunal des activités économiques de Paris ajoute plusieurs mois, et l’associé unique avisé consigne les sommes contestées pour obtenir la mainlevée de la suspension. Les pièces à conserver pendant cinq ans au siège du bénéficiaire sont le procès-verbal, l’attestation de parution, le récépissé du guichet, le Bodacc, le certificat de non-opposition ou les jugements rendus sur les oppositions, et la déclaration de radiation : en cas de contrôle fiscal ou de réclamation tardive d’un créancier, ce dossier prouve la régularité de l’opération.

Conclusion

Fermer une filiale parisienne sans liquidation est possible, rapide et économique, à condition de respecter l’ordre des opérations : vérifier que l’associé unique est une personne morale, publier une annonce légale exacte, déposer un dossier complet au guichet unique, surveiller la parution au Bodacc, purger le délai de trente jours en appliquant le point de départ du lendemain de la publication et les reports de week-end, puis radier dans le mois du transfert avec le certificat de non-opposition. Les décisions du Havre, de Nanterre, de Marseille et de Dijon rendues entre 2025 et 2026 fixent la jurisprudence applicable : le créancier muni d’une créance certaine, liquide et exigible antérieure à la dissolution obtient le remboursement avant toute transmission, voire la réinscription de la société au registre, tandis que l’opposant sans créance établie voit son opposition rejetée. L’associé unique qui solde ses dettes avant de publier, qui propose des garanties suffisantes dès la première assignation et qui mentionne l’engagement fiscal dans l’acte de dissolution traverse l’opération sans contentieux et reçoit un patrimoine purgé, avec le bail parisien transmis et la radiation obtenue dans les délais.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».