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Maître Reda KOHEN
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Maison fissurée : faire payer l’assurance, contester l’expertise et obtenir l’indemnisation à Paris en 2026

Après un été marqué par la sécheresse, les pluies diluviennes de l’automne révèlent chaque année le même spectacle dans des milliers de pavillons : des fissures en escalier sur les façades, des portes qui ne ferment plus, des carrelages qui se soulèvent au rez-de-chaussée. Environ douze millions de maisons seraient exposées au phénomène de retrait-gonflement des argiles, et les demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour sécheresse se comptent par centaines de communes chaque année. Pour le propriétaire, la question pratique se pose vite : l’assurance habitation va-t-elle payer, comment se déroule l’expertise, que faire si l’assureur refuse ou propose une somme dérisoire, et quels recours existent contre le vendeur quand la maison vient d’être achetée. Les réponses tiennent en deux temps : d’abord faire reconnaître le sinistre et obtenir une offre d’indemnisation dans les délais que la loi impose à l’assureur, ensuite contester utilement une expertise défavorable et activer les garanties parallèles, de la contre-expertise jusqu’à l’action contre le vendeur. Ce guide détaille chaque étape, avec les textes applicables, trois arrêts récents de la Cour de cassation et la procédure à suivre à Paris et en Île-de-France.

I. Comment faire jouer l’assurance habitation pour des fissures de sécheresse

A. Déclarer le sinistre fissures à l’assurance : délai de cinq jours ouvrés et arrêté de catastrophe naturelle, que faire

Le premier réflexe détermine souvent l’issue du dossier : déclarer le sinistre à l’assureur sans attendre, puis surveiller la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle. Le Code des assurances impose à l’assuré de déclarer les circonstances nouvelles et les sinistres dans des délais stricts. L’article L. 113-2 dispose que l’assuré est tenu « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. » (article L. 113-2 du Code des assurances). Concrètement, dès l’apparition des premières fissures, le propriétaire adresse une déclaration en lettre recommandée avec accusé de réception ou par envoi recommandé électronique, décrit les désordres, date leur apparition et joint des photographies datées, les factures d’entretien et, si possible, un premier avis technique. Cette déclaration précoce protège contre tout reproche de déclaration tardive et fait courir les délais qui s’imposent ensuite à l’assureur.

La garantie contre les effets des catastrophes naturelles ne joue toutefois que si un arrêté interministériel reconnaît l’état de catastrophe naturelle pour la commune et la période concernées. L’article L. 125-1 du Code des assurances prévoit que « Sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles, au sens du présent chapitre, les dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel ou également, pour les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, la succession anormale d’événements de sécheresse d’ampleur significative, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises. » (article L. 125-1 du Code des assurances). Le propriétaire a donc intérêt à se rapprocher sans délai de sa mairie pour vérifier si une demande communale de reconnaissance a été déposée, à transmettre à la mairie un dossier avec photos et description des dommages, et à suivre la publication de l’arrêté au Journal officiel. Sans arrêté, l’assureur refuse la garantie catastrophe naturelle ; avec un arrêté qui couvre la commune et la période du sinistre, le refus devient beaucoup plus difficile à soutenir.

Le champ de la garantie mérite une lecture attentive. Pour les mouvements de terrain différentiels liés à la sécheresse, l’article L. 125-2 limite la garantie « aux dommages susceptibles d’affecter la solidité du bâti ou d’entraver l’usage normal du bâtiment » (article L. 125-2 du Code des assurances). Les simples microfissures esthétiques sans conséquence sur la solidité ni sur l’usage normal relèvent rarement de la garantie, tandis que les fissures traversantes, les affaissements de dallage, les portes et fenêtres bloquées par la déformation du gros œuvre et les désordres qui rendent une pièce inutilisable entrent dans le périmètre. Le propriétaire documente donc précisément l’atteinte à la solidité et à l’usage : largeur et longueur des fissures mesurées au fissuromètre ou à la règle, photographies avec repères d’échelle, constats d’huissier de justice devenu commissaire de justice, témoignages sur les portes bloquées et les infiltrations qui suivent les épisodes de pluie. Un état estimatif chiffré des réparations, établi par un artisan ou un maître d’œuvre, accompagne utilement la déclaration.

Deux règles financières encadrent dès ce stade les attentes. D’une part, l’assurance de biens reste une assurance d’indemnité : « L’assurance relative aux biens est un contrat d’indemnité ; l’indemnité due par l’assureur à l’assuré ne peut pas dépasser le montant de la valeur de la chose assurée au moment du sinistre. » (article L. 121-1 du Code des assurances). D’autre part, les indemnisations au titre des catastrophes naturelles supportent une franchise réglementaire dont le montant est fixé par décret et qui reste à la charge de l’assuré. Le propriétaire vérifie le montant de la franchise sur son avis d’échéance et dans les clauses types, et il conserve toutes les factures de mesures conservatoires, car les frais engagés pour limiter l’aggravation des dommages participent de l’indemnisation. Lorsque la résidence principale devient impropre à l’habitation pour des raisons de sécurité, de salubrité ou d’hygiène, les frais de relogement d’urgence peuvent également être pris en charge dans les conditions fixées par décret, ce que le sinistré doit demander expressément avec justificatifs d’hôtel ou de location temporaire.

B. Expertise assurance fissures maison : comment la préparer et quel montant d’indemnisation attendre

Une fois le sinistre déclaré, l’assureur mandate en pratique un expert pour vérifier la cause des désordres et chiffrer les réparations. Cette expertise amiable n’est pas une simple formalité : ses conclusions déterminent le montant proposé et, en cas de refus de garantie, les motifs invoqués. Le propriétaire prépare la visite avec méthode. Il rassemble l’historique de la maison : année de construction, nature des fondations si elle est connue, travaux antérieurs, rapports de diagnostics, photographies anciennes qui montrent l’absence de fissures avant la sécheresse, relevés de consommation d’eau en cas de fuite suspectée sous dallage, et courriers déjà échangés avec l’assureur et la mairie. Le jour de la visite, il accompagne l’expert, signale chaque désordre pièce par pièce, demande que les fissures intérieures soient relevées autant que les fissures extérieures, et exige une copie du rapport ou au minimum un compte rendu écrit. La présence d’un technicien de son choix, architecte, ingénieur structure ou expert d’assuré, rééquilibre les débats techniques et laisse une trace contradictoire.

Sur le fond technique, trois questions dominent l’expertise : la cause déterminante des fissures, leur imputabilité à la période reconnue catastrophe naturelle, et la nature des travaux nécessaires. L’expert recherche si les fissures proviennent d’un tassement différentiel lié à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux, d’un vice de construction, d’un défaut d’entretien comme des drains bouchés ou une végétation trop proche des fondations, ou d’une cause extérieure comme des travaux voisins ou une fuite de canalisation. Les sondages de sol, les relevés de niveaux, l’examen des fondations et l’analyse des relevés météorologiques nourrissent son avis. Le propriétaire qui a élagué, entretenu ses gouttières et réparé les fuites connues se place en position favorable, car la Cour de cassation contrôle désormais strictement la recherche des mesures habituelles de prévention : dans un arrêt du 12 février 2026, la deuxième chambre civile a cassé une décision qui condamnait l’assureur « sans rechercher si les mesures habituelles pour prévenir ces dommages avaient effectivement été prises, ou si, l’ayant été, n’avaient pu empêcher leur survenance » (Cass. 2e civ., 12 février 2026, n° 24-15.504). Autrement dit, l’assuré doit pouvoir démontrer un entretien normal de son bien, et l’assureur qui invoque un défaut d’entretien doit le prouver précisément.

Les délais qui s’imposent à l’assureur constituent un levier puissant et méconnu. L’article L. 125-2 prévoit que l’assureur « fait une proposition d’indemnisation ou de réparation en nature résultant de cette garantie, dans un délai d’un mois à compter soit de la réception de l’état estimatif transmis par l’assuré en l’absence d’expertise, soit de la réception du rapport d’expertise définitif » (article L. 125-2 du Code des assurances). Puis « A compter de la réception de l’accord de l’assuré sur la proposition d’indemnisation, l’assureur dispose d’un délai d’un mois pour missionner l’entreprise de réparation ou d’un délai de vingt et un jours pour verser l’indemnisation due. » Le dépassement de ces délais fait courir les intérêts au taux légal sur l’indemnité, sauf cas fortuit ou force majeure. Le propriétaire note donc chaque date avec soin : envoi de l’état estimatif, réception du rapport définitif, proposition de l’assureur, accord ou refus. Une relance en recommandé qui rappelle ces délais accélère souvent les dossiers qui stagnent.

Quant au montant, il dépend de la nature des reprises : agrafage et rebouchage des fissures stabilisées, reprise en sous-œuvre par micropieux, drainage périphérique, trottoir de protection contre la dessiccation, réfection des revêtements et peintures. Les demandes portant sur le montant de l’indemnisation des fissures de maison figurent parmi les recherches les plus fréquentes des sinistrés, avec plusieurs dizaines de requêtes mensuelles sur l’expertise et le chiffrage. Le propriétaire exige un chiffrage détaillé poste par poste plutôt qu’une somme globale, compare avec au moins deux devis d’entreprises indépendantes, et vérifie que la proposition couvre la remise en état complète et pas seulement un rebouchage cosmétique. Si les fissures évoluent après une première offre, il demande une expertise complémentaire au lieu d’accepter une clôture définitive : les désordres de sécheresse sont par nature évolutifs, et un quitus signé trop tôt complique toute réclamation ultérieure.

II. Comment contester l’expertise et obtenir l’indemnisation des fissures

A. Contester l’expertise d’assurance fissures : contre-expertise, expertise judiciaire et mise en demeure, dans quel délai

Lorsque l’assureur refuse sa garantie ou propose une indemnité manifestement insuffisante, la contestation suit un ordre logique : d’abord exiger les pièces et motiver la critique, ensuite faire établir une contre-expertise, puis saisir le juge en référé pour une expertise judiciaire si le désaccord persiste. La première lettre de contestation, adressée en recommandé, demande la communication intégrale du rapport d’expertise définitif, des pièces et mesures sur lesquelles il se fonde, et des clauses précises justifiant le refus ou l’abattement. Elle expose point par point les désaccords : fissures non relevées, cause retenue contredite par les sondages, chiffrage sous-évalué, oubli des frais de relogement, application contestée de la franchise. Cette mise en demeure interrompt les délais de prescription et constitue la pièce qui démontrera ensuite la bonne foi du demandeur. Le recours au médiateur de l’assurance, préalable fréquent avant tout procès, peut débloquer les dossiers intermédiaires, mais il ne suspend pas à lui seul les délais pour agir en justice, ce qui impose de ne pas laisser passer les échéances pendant la médiation.

La contre-expertise privée change souvent le rapport de force. Un expert d’assuré ou un ingénieur structure indépendant reprend les mesures, analyse les sols argileux, date l’apparition des désordres et chiffre les reprises selon les règles de l’art. Son rapport contradictoire, versé aux débats, oblige l’assureur à répondre techniquement au lieu de se retrancher derrière son propre expert. Si l’assureur maintient son refus, la voie de l’expertise judiciaire s’ouvre : « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. » (article 145 du Code de procédure civile). Les tribunaux judiciaires ordonnent couramment de telles expertises pour des fissures d’habitation, comme l’illustrent les ordonnances de référé rendues au premier semestre 2026 pour des maisons fissurées. L’expert judiciaire, désigné par le juge et tenu à une mission contradictoire, inspecte le bien, entend les parties et dépose un rapport qui pèse lourd dans la négociation comme devant le juge du fond.

Le calendrier de la prescription exige une vigilance particulière, car les sinistres de sécheresse s’étalent sur plusieurs années entre l’apparition des fissures, l’arrêté de catastrophe naturelle et l’assignation. Le principe reste que « Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance. » (article L. 114-1 du Code des assurances), mais le même article porte ce délai à cinq ans pour « les actions dérivant d’un contrat d’assurance relatives à des dommages résultant de mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse-réhydratation des sols, reconnus comme une catastrophe naturelle ». La Cour de cassation a précisé l’articulation avec la connaissance du dommage : « Il résulte de la combinaison de ces textes que le point de départ de la prescription de l’action en indemnisation des conséquences dommageables d’un sinistre de catastrophe naturelle se situe à la date de publication de l’arrêté, mais peut être reporté au-delà si l’assuré n’a eu connaissance des dommages causés à son bien par ce sinistre qu’après cette publication. » (Cass. 2e civ., 11 juillet 2024, n° 22-21.366). Le propriétaire qui découvre les fissures après la publication de l’arrêté, par exemple à l’occasion de travaux ou après l’achat du bien, conserve donc un délai utile, à condition de prouver la date de sa connaissance des dommages. Chaque acte interruptif compte : envoi d’une lettre recommandée à l’assureur, désignation d’un expert, saisine du médiateur dans les cas prévus, assignation en référé. En pratique, le dossier ne doit jamais rester sans écrit pendant plus de quelques mois.

Devant le juge du fond, le débat se concentre sur trois points : la cause déterminante au sens de l’article L. 125-1, la preuve des mesures habituelles de prévention, et le chiffrage. L’arrêt du 12 février 2026 rappelle que le juge doit rechercher activement si les mesures habituelles ont été prises ou si, prises, elles n’ont pu empêcher les dommages, faute de quoi sa décision manque de base légale (Cass. 2e civ., 12 février 2026, n° 24-15.504). Le propriétaire produit les factures d’entretien des gouttières et drains, les attestations d’élagage, les diagnostics et les photographies anciennes, tandis que l’assureur qui allègue une cause exclusive comme un vice de construction ou une sécheresse non déterminante doit l’établir par des éléments techniques précis et pas par de simples affirmations. Lorsque l’expertise judiciaire conclut à l’imputabilité à la sécheresse reconnue catastrophe naturelle, la transaction redevient souvent possible sur le montant, avec indexation sur des devis actualisés et prise en compte des désordres évolutifs.

B. Fissures après un achat à Paris : action pour vice caché contre le vendeur et garantie décennale du constructeur, quel recours

Quand les fissures apparaissent peu après l’achat d’une maison ou d’un appartement en Île-de-France, un second front s’ouvre contre le vendeur, cumulable avec le recours contre l’assureur. Le Code civil dispose que « Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise, ou n’en aurait donné qu’un moindre prix, s’il les avait connus. » (article 1641 du Code civil). Des fissures structurelles antérieures à la vente, masquées par un ravalement ou des enduits frais, entrent typiquement dans cette définition, surtout lorsqu’elles compromettent la solidité ou imposent des travaux de reprise en sous-œuvre. L’acheteur choisit alors entre rendre le bien et récupérer le prix ou garder le bien avec une réduction du prix : « dans ce cas, l’acheteur a le choix de rendre la chose et de se faire restituer le prix, ou de garder la chose et de se faire rendre une partie du prix » (article 1644 du Code civil). La Cour de cassation a jugé que la réparation du vice par un tiers, comme une copropriété, ne supprime pas l’action en restitution partielle du prix contre le vendeur, car elle reste sans incidence sur les rapports contractuels entre acquéreur et vendeur (Cass. 3e civ., 8 février 2023, n° 22-10.743). Pour engager une action pour vice caché immobilier, l’acheteur doit prouver l’antériorité du vice au jour de la vente, son caractère caché malgré un examen normal, et sa gravité, au moyen d’une expertise qui date les désordres et écarte une apparition postérieure à l’acte authentique.

Le délai pour agir contre le vendeur se compte à partir de la découverte du vice : « L’action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l’acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. » (article 1648 du Code civil). La clause d’exonération de garantie insérée dans la plupart des actes notariés ne protège que le vendeur de bonne foi : le vendeur qui connaissait les fissures et les a dissimulées, par exemple en les rebouchant avant les visites, ne peut s’en prévaloir, et le vendeur professionnel est présumé connaître les vices. L’acheteur parisien exploite donc systématiquement les indices de connaissance : annonces antérieures, diagnostics successifs, factures de rebouchage, attestations des voisins, historique des sinistres déclarés par le vendeur à son propre assureur. Pour les maisons récentes, la garantie décennale du constructeur double utilement le recours : « Tout constructeur d’un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l’acquéreur de l’ouvrage, des dommages, même résultant d’un vice du sol, qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou l’un de ses éléments d’équipement, le rendent impropre à sa destination. » (article 1792 du Code civil). Les fissures liées à des fondations inadaptées à un sol argileux connu relèvent de cette responsabilité de plein droit pendant dix ans à compter de la réception, avec l’assurance dommages-ouvrage comme payeur rapide quand elle a été souscrite. Un angle voisin utile concerne l’humidité et les infiltrations découvertes après la vente, déjà traité dans un article consacré aux maisons achetées avec humidité et fissures (maison achetée avec humidité et fissures : annuler ou baisser le prix pour vice caché), qui complète le présent recours centré sur l’assurance sécheresse.

À Paris et en Île-de-France, la procédure suit des repères concrets. Les sols argileux du sud et de l’est francilien, notamment dans plusieurs secteurs de l’Essonne, de la Seine-et-Marne, des Yvelines et du Val-d’Oise, concentrent les sinistres de retrait-gonflement, et les arrêtés de catastrophe naturelle y sont scrutés commune par commune. La demande d’expertise en référé se porte devant le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble, donc le tribunal judiciaire de Paris pour un bien parisien, avec un expert inscrit près la cour d’appel de Paris quand la technicité l’exige. Le dossier parisien type comprend la déclaration initiale à l’assureur, l’arrêté de catastrophe naturelle applicable à la commune, le rapport d’expertise amiable contesté, la contre-expertise privée, les devis d’entreprises franciliennes et, en cas d’achat récent, l’acte authentique avec ses diagnostics et la preuve de l’antériorité des désordres. Les actions personnelles se prescrivent par ailleurs par cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu les faits lui permettant de l’exercer (article 2224 du Code civil), ce qui sécurise les recours contre le vendeur et le constructeur parallèlement à l’action contre l’assureur. La juridiction compétente, les délais de mise en état et le coût des expertises judiciaires justifient une mise en demeure préalable solide et une tentative de résolution amiable documentée avant toute assignation.

Conclusion

Des fissures apparues après la sécheresse se traitent comme un dossier à trois étages : une déclaration rapide à l’assureur dans le délai minimal de cinq jours ouvrés, une expertise préparée qui démontre l’atteinte à la solidité ou à l’usage normal et l’entretien régulier du bien, puis une contestation organisée dès que l’offre s’écarte du chiffrage réel, avec contre-expertise et expertise judiciaire en référé si nécessaire. Les délais protègent l’assuré diligent : un mois pour la proposition de l’assureur après le rapport définitif, vingt et un jours pour le versement après accord, et cinq ans de prescription pour les dommages de sécheresse reconnus catastrophe naturelle, avec un point de départ reporté jusqu’à la connaissance effective des dommages. Quand la maison vient d’être achetée, l’action contre le vendeur pour vice caché et la garantie décennale du constructeur prennent le relais ou se cumulent, avec un délai de deux ans depuis la découverte du vice et le choix entre rendre le bien ou en obtenir une réduction du prix. À Paris comme ailleurs en Île-de-France, la rigueur du dossier fait la différence : photographies datées, constats, factures d’entretien, arrêté de catastrophe naturelle, rapports d’expertise et devis détaillés. Le propriétaire qui constitue cette preuve dès les premières fissures obtient plus vite une indemnisation complète et aborde la contestation, s’il en faut une, en position de force.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».